19 janvier 2012
FRANCOIS, PARLEZ POUR DIRE.
Lettre ouverte à François Hollande, candidat à l’élection présidentielle.

Monsieur Hollande,
Jean d’Ormesson de l’Académie française, Nicolas Domenach et Laurent Neumann, journalistes de l’hebdomadaire « Marianne », Plantu, dessinateur du journal « Le Monde » et les autres…, en termes parfois vifs, critiquent votre absence de programme à 100 jours de l’élection présidentielle.
Jean d’Ormesson écrit: En face (de Nicolas Sarkozy), François Hollande. Il a un immense avantage: il n’a rien fait. Impossible de l’attaquer sur son action : il n’y en a pas. Elle se limite pratiquement à la Corrèze, dont il serait un peu vain de souligner qu’elle est le département le plus endetté de France…Non content d’avoir rien fait, il s’acharne à ne rien dire qui puisse l’engager si peu que ce soit…L’idéal pour Hollande, soucieux de ne faire aucune vague, serait de ne pas exister du tout. Il n’est pas très loin de ce rêve exaltant. C’est pour une absence de candidat qui fera une absence remarquable de président que beaucoup de Français se préparent à voter… (« Le Monde » du 13/01/2012)
En page 12 du numéro 769 de « Marianne », à la fin de l’article « Etonnez-moi, François» les deux journalistes écrivent : Que François Hollande nous dise donc comment il va s’y prendre pour que les plus riches participent à l’effort national à proportion de leurs moyens ; comment il compte redonner foi en l’avenir de ces jeunes dont le marché du travail ne veut pas; comment il va procéder pour restituer un pouvoir d’achat à ceux qui en ont tant perdu, rendre fierté et autorité aux enseignants, sauver l’hôpital du naufrage, réindustrialiser ce pays qui a oublié ces petites et moyennes entreprises, ses artisans, ses petits producteurs…
Réveillez-vous François !
Plantu est le plus rude ! François, statufié, est un penseur de Rodin : coude droit appuyé sur la jambe gauche, visage soutenu par la main et dos courbé. Le candidat, joufflu, crâne haut et lunettes rondes est nu, assis sur une « urne- trône » très réaliste et des bulles conduisent de sa tête à sa pensée du moment : Bon ! Heu…Et si je pondais vraiment un programme? La petite souris citoyenne debout et la rose socialiste restent perplexes. (« Le Monde » du 19/01/2012).
Monsieur François Hollande, écoutez votre « coach »: restez ordinaire et posé, vous n’empruntez pas des gestuelles oratoires éloignées de votre sobre personnalité et inutiles quand elles accompagnent des messages politiques d’attente particulièrement légers. Libérez-vous des contradictions de votre environnement proche et répondez aux attentes par un programme précis, stable, exigeant, créatif, passionnant de « Visionnaire concret».
Vous n’arrêterez pas la destruction en cours de l’école publique par d’importants recrutements de professeurs (en supposant qu’ils soient utiles) : c’est plus compliqué. Développez, expliquez !
N’oubliez aucun domaine du rôle de l’Etat, par exemple celui de sa politique étrangère : continuerez-vous l’ingérence humanitaire guerrière à la manière de Messieurs Sarkozy et Henri Lévy en Lybie ou choisirez-vous l’ingérence humanitaire pacifique définie par Rony Brauman?...
Vos conseillers, en urgence, doivent « travailler plus ». Ont-ils lu Pierre Joxe, Philippe Bilger… (délinquance des jeunes, justice) Benjamin Coriat, Dominique Plihon, Henri Sterdyniak, Bernard Maris, Susan George…(économie), Pierre Rosanvallon, Michel Crozier, Michel Serres, Pierre Lascoumes, Edgar Morin…(société),, François Dubet, Philippe Meirieu, Marie Duru-Bellat… (école), André Grimaldi, Didier Tabureau…( santé). [Thomas Piketty (finances) ? Oui, c’est fait !]
Alors que les producteurs d’idées talentueux, en France et ailleurs, sont nombreux, aucun programme présidentiel ne propose encore le projet global espéré d’Union nationale.
Image: www.forums.france2.fr
Annie Keszey.
15 janvier 2012
UN AVENIR ECONOMIQUE AU-DESSUS DES CLIVAGES POLITIQUES.
La France a rompu avec le modèle économique qui a prévalu pendant les Trente Glorieuses pour se tourner vers un modèle libéral-financier.
Elle doit maintenant faire le chemin inverse. Vers un avenir libéral-financier qui ne correspond pas à son identité, elle perdra toujours face aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne. Elle ne concurrencera jamais la City. Son adaptation à un modèle commercial-industriel, (vers lequel tous les pays d’avenir se tournent), qui ne renie pas sa spécificité qu’est l’art de vivre, est plus facile et souhaitable. Vraiment, il est temps de choisir.
Jean-Louis Beffa, Président d’honneur de la Compagnie de Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie publie « La France doit choisir », 286 pages, au Seuil.
www.saint-gobain.fr rappelle sa carrière.

C’est donc un Grand Patron français qui expose, avec une rare rigueur, la complexité économique du monde et définit plusieurs scénarios d’avenir pour le France et l’Europe, pour n’en défendre qu’un.
Au lecteur ordinaire, il transmet d’abord une méthode très structurée d’interrogation, valable pour tous les modèles économiques:
Pour repérer les effets économiques de la mondialisation et pour distinguer les 4 grands modèles économiques actuels, il faut discerner les 2 types d’entreprises dominants, reconnaître les 2 modèles du rôle des actionnaires, les 3 types d’innovation des entreprises, les 3 attitudes possibles des Etats, les 3 sortes de relations sociales, les 3 conceptions des relations entre les Etats et les entreprises. L’analyse du modèle français d’aujourd’hui permet de prévoir 4 avenirs possibles : la poursuite aveugle de l’orthodoxie libérale, voulue par Nicolas Sarkozy et le MDEF, le dirigisme teinté de « baba-coolisme » dur et interventionniste de Jean-Luc Mélenchon, le déclin dû aux hésitations et absence de choix politiques actuels et la solution, proposée par Jean-Louis Beffa, d’un nouveau pacte national.
Au sein de l’évolution de l’environnement concurrentiel des firmes occidentales, la nature du métier d’une entreprise est devenue un critère de gestion essentiel. Il convient à ce titre de distinguer les
« métiers mondiaux » des « métiers régionaux ».Les métiers mondiaux sont ceux où la production d’un pays donné est en concurrence directe avec les productions d’un autre pays même lointain (mémoires électroniques, logiciels informatiques transmis par satellite ou réseaux optiques à grande vitesse)…Dans ce type de métiers, les entreprises doivent, pour maintenir leur avantage concurrentiel, disposer, en permanence d’un niveau de technologie élevé, d’inventivité et de service au client supérieur à celui de leur concurrentes . Elles réalisent l’essentiel de leur effort de recherche et de développement sur leur territoire national, pour préserver aussi leurs secrets industriels. Elles exportent à l’extérieur une part importante de leur production. Telle est la stratégie d’entreprises comme Siemens en Allemagne ou Toyota au Japon.
Les métiers régionaux sont ceux où les concurrents, au contraire, se situent à une faible distance dans un même pays ou un pays voisin et disposent du même coût de travail et du même coût d’énergie.
Certaines firmes à métier régional, dont Saint-Gobain, se mondialisent et inévitablement, le marché d’origine pèse de moins en moins dans le chiffre d’affaires global de ces sociétés.
Internet est une incroyable machine à mondialiser les métiers régionaux, dans le secteur des biens culturels, par exemple.
La nouvelle donne économique ne fera qu’accentuer la disparité entre ces deux catégories d’entreprises.
Aujourd’hui l’économie n’est plus définie par l’affrontement entre le capital et le travail, mais par la bataille entre les Etats pour les ressources rares. Dans cette optique, le nerf de la guerre se trouve pour chaque état dans ses industries nationales exportatrices. C’est par trois choix politiques qu’un état délimite les moyens d’action pour former des champions nationaux: le rôle des actionnaires, l’innovation des entreprises, les relations sociales.
1.
Le rôle des actionnaires.
Dans le modèle de la primauté actionnariale, typique de l’idéologie libérale, les dirigeants (conseil d’administration et direction générale) doivent gérer l’entreprise dans l’intérêt exclusif des actionnaires. Cette position se retrouve dans les pays anglo-saxons, en Europe et en France. Elle favorise la déstabilisation des entreprises par des actionnaires activistes, vise à empêcher tout acte de défense émanant du conseil d’administration lors d’offres publiques d’achat hostiles…Cette idéologie actionnariale participe d’une déconnexion entre économie financière et économie réelle : elle est défendue par les instances européennes et nationales et par la City de Londres qui gagne de l’argent sur toutes les opérations financières qui affaiblissent les entreprises. L’actionnariat familial cependant vise plus la pérennité de l’entreprise que sa rentabilité maximale (Bouygues, l’Oréal…). La primauté donnée à l’actionnariat ne va pas sans risque.
Le modèle de l’intérêt partagé.
L’intérêt social. Les sociétés et leurs dirigeants agissent en tenant compte de tous les ayants-droit de l’entreprise, salariés et environnement économique compris. Il facilite une gestion responsable et transparente qui prend en compte le long terme.
La cogestion. Elle est surtout présente en Allemagne. C’est le modèle le plus avancé de la participation des salariés aux décisions de l’entreprise. Les représentants des salariés siègent en tant que tels au conseil d’administration de l’entreprise. La négociation collective et la cogestion recherchent un consensus.
Si un état considère le solde positif de son commerce extérieur comme un des objectifs indispensables à sa politique économique, il doit rééquilibrer la balance entre les actionnaires d’une part, les gestionnaires d’autre part (et les salariés).
2.
L’Etat et l’innovation des entreprises. Pour rester en situation de leadership, les entreprises doivent maintenir coûte que coûte leur avance technologique, contrainte essentielle dans les métiers mondiaux. Dans une typologie des systèmes d’innovation, le système de marché, le système dirigé par l’entreprise, le système public-privé, c’est ce dernier que l’on observe en France et en Allemagne, avec des différences notables. En France, l’interaction entre le public et le privé manque d’efficacité.
L’action de l’Etat dans la promotion de l’innovation, devrait être continue et cohérente dans ses choix, c’est-à-dire mettre en œuvre un véritable modèle économique. Or, la France est incertaine, changeante, quant à son modèle économique.
3.
Les relations sociales.
Le modèle coopératif allemand et japonais développe un fort lien d’appartenance entre le salarié spécialisé et la firme dans laquelle il évolue. En France, il ne concernerait que 40% des salariés.
Le modèle de la dominante professionnelle qui s’est développé avec l’apparition de professions extrêmement qualifiées donne aux détenteurs de compétences, les traders, par exemple, de véritables rentes de situation et un excellent rapport de force avec les employeurs. Les plus importants salaires des banques françaises sont 428 fois plus élevés, en 2006, que le salaire brut moyen. En France, ce modèle concernerait 10% des salariés du privé.
Le troisième modèle, celui de la flexibilité du marché prévaut dans toutes les entreprises qui emploient des personnes peu qualifiées. En matière de protection sociale, ce modèle est inférieur aux autres : mobilité, variabilité des horaires, masse de chômeurs, faible syndicalisation. Ce modèle est devenu dominant en France puisqu’il concerne 50% des salariés.
4.
Le rôle des Etats.
Dans l’approche libérale, la législation du travail est fondée sur le contrat de travail lequel peut être rompu à tout moment, selon des modalités définies, sans recours pour le salarié. Cette approche coexiste aux Etats-Unis avec d’autres secteurs très protégés par les syndicats. L’approche réglementaire, en France par exemple, inspire largement des textes législatifs : l’Etat reste le pivot des relations sociales dans la mesure où les partenaires sociaux n’ont pas une tradition de négociation.
Le modèle coopératif, allemand, par exemple, dans la cogestion, donne aux syndicats un droit à l’information sur la stratégie des firmes, un droit de consultation et de décision.
5.
Les modèles économiques des Etats.
Jean-Louis Beffa décrit quatre modèles: le libéral-financier (pays anglo-saxons, Etats-Unis), le commercial-industriel (Allemagne, Japon, Chine), le rentier (Les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite) et l’autocentré sur la demande interne (Brésil, Inde).
L’indécision et l’inconstance historique française quant à son modèle mérite réflexion.
Le Général de Gaulle, à partir de 1958, Georges Pompidou avaient défendu un modèle commercial-industriel dont la politique s’inscrivit dans ELF, la CEA, Areva, EDF, Airbus, Ariane, la SNECMA, le TGV…
Raymond Barre d’abord, puis Pierre Bérégovoy sous la présidence socialiste de François Mitterrand, ont impulsé la transition vers le modèle libéral-financier dans les années 1990, poursuivie sous les présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.
[ Jean-Louis Beffa ne cite ni Dominique Strauss-Kahn, ni Lionel Jospin, ni Martine Aubry qui n’ont nullement inversé cette tendance dans les années 2000, années de croissance, pendant lesquelles la puissance publique n’a pas équilibré les dépenses et les recettes, n’a pas réindustrialisé].
Le changement de modèle, plus idéologique que savant, a marqué les réglementations nationales et inspiré les doctrines des régulateurs de marchés financiers.
L’ouverture aux mouvements de capitaux étrangers s’est accompagnée d’un alignement du comportement des gestionnaires de l’épargne française sur les idéologies élaborées à Wall Street et à Londres. Sous ces influences un profond changement de la gouvernance s’est mis en place dans les entreprises du CAC 40, en particulier. Les groupes diversifiés ont éclaté en groupes monométiers lesquels ont la préférence des investisseurs anglo-saxons. La Compagnie Générale d’Electricité, CGE, s’est éparpillée (Alcatel, Alstom Nexans…). Siemens, en Allemagne, concurrent de la CGE, solide et diversifié, s’est maintenu. La compagnie générale de radiologie du groupe Thomson a été vendue au groupe Général Electrics et la France ne dispose plus d’une seule entreprise de rang mondial dans le domaine des appareils médicaux. Siemens vient de renforcer son secteur médical.
Le mouvement de l’association des travailleurs à la gouvernance de l’entreprise, la cogestion lancés par le Général de Gaulle ont disparu. La gouvernance des entreprises vise la primauté de l’actionnariat et le système des stocks-options influence les dirigeants en alignant leurs intérêts sur ceux des actionnaires.
Le régime du modèle libéral- financier a favorisé en France une déconnexion croissante entre les intérêts du pays tels qu’ils sont incarnés par les entreprises des métiers mondiaux et les entreprises leaders françaises centrées sur des métiers régionaux, entreprises qui se développent très bien aussi à l’étranger.
Cette scission, profonde est alarmante. Elle se traduit par une séparation de la France industrielle en deux secteurs : l’un multirégional et prospère, l’autre exportateur et en difficulté de compétitivité. C’est bien l’acceptation de la primauté de l’actionnaire qui est à l’origine de la désindustrialisation française et du déficit croissant du commerce extérieur.
Le primat de la concurrence vive, libre et non faussée, les charges accrues imposées aux entreprises pour l’amélioration de l’environnement, la protection excessive du consommateur, les augmentations irréalistes des salaires ont également dégradé la compétitivité française.
L’Etat, autrefois incitateur, est devenu inerte. Sans vision industrielle à long terme il a assujetti la France aux forces du marché. Nicolas Sarkozy devenu Président a mis fin immédiatement à l’Agence de l’Innovation industrielle créée par Jacques Chirac.
La France doit faire un choix quant à son modèle économique et quant à son rapport au travail, à partir d’un scénario raisonnable et réaliste : celui d’un nouveau pacte national. Il faut renforcer les acquis essentiel de l’art de vivre français et développer les industries du luxe, des loisirs, de la gastronomie de qualité, des activités culturelles par une vision plus organisée et plus industrielle du secteur. Il faut valoriser les entreprises productrices d’énergies nouvelles, économiser les énergies, mettre fin à la primauté de l’actionnaire pour des stratégies de long terme et stabiliser le capital des entreprises. Les producteurs ne doivent plus être pénalisés par des mesures disproportionnées en faveur des consommateurs : il leur faut créer des emplois compétitifs. La hausse des impôts est inévitable et l’effort doit être large. La pression fiscale sur les métiers mondiaux doit diminuer, parce qu’ils affrontent la concurrence. L’Etat doit définir le cadre général des stratégies industrielles mais ne pas gérer à la place des entrepreneurs. L’association directe des syndicats est indispensable à la réussite du changement.
Renforcer la coopération avec l’Afrique serait, positivement, s’opposer aux futurs monopoles de la Chine et des Etats-Unis, déjà présents.
L’ABANDON DU MODELE LIBERAL- FINANCIER POUR RECONSTRUIRE UN MODELE COMMERCIAL-INDUSTRIEL EST URGENT POUR LA FRANCE.
L’AVENIR DE L’EUROPE FAIT FACE A 2 POSSIBILITES :
- L’EFFONDREMENT DE LA MONNAIE UNIQUE,
- LE RENFORCEMENT DE L’INTEGRATION EUROPEENNE AUTOUR DE L’AXE FRANCO-ALLEMAND ET UN NOUVEAU COMPROMIS AUTOUR DU MODELE COMMERCIAL-INDUSTRIEL.

Image : www.saint-gobain.com
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.
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10 janvier 2012
L'AUSTERITE JUSTE: contre les privilégiés de l'Etat.
Supprimer Le Sénat.
En 1969, le Général de Gaulle tenta de supprimer le Sénat qui avait perdu son pouvoir essentiel- celui de renverser un gouvernement- au profit de l’Assemblée Nationale.

Le Sénat est une institution obsolète et inutile, repliée sur elle-même, comme assise sur un tas d’or, plutôt étrangère à la loi républicaine et qui rend peu de comptes.
La suppression totale du Sénat pourrait intervenir progressivement et s’achever en 2017, les sénateurs élus en octobre 2011 l’ayant été pour 6 ans. Les attributions sénatoriales seraient alors réparties, par exemple, entre l’Assemblée Nationale, le Conseil Constitutionnel et le Conseil Economique et Social…
L’économie annuelle minimale de l’Etat, si sa dotation actuelle restait constante serait proche de :
340 millions d’euros!
Le beau Palais du Luxembourg et ses jardins, protégés, pourraient, de plus, développer des activités internationales, rentables en devises. Un accueil touristique fondé sur l’Art de Vivre à la française attirerait les Chinois, Japonais ou Indiens dont le nombre ne cesse de croître à Paris.
Les nombreux appartements acquis par le Sénat dans ce quartier favorisé seraient loués ou vendus aux prix du marché.
En complétant ainsi l’abolition des privilèges de la nuit du 4 août 1789, plus d’un demi- milliard d’euros allégerait la dette de l’Etat.
Yvan Stefanovitch, en 2009, avait énuméré les raisons de cette suppression. Ses observations restent justes. Deux modifications du mode de fonctionnement sont cependant intervenues depuis :
- Le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts Comptables, organisme extérieur au Sénat, contrôle les comptes et transmet les résultats à la Cour des Comptes. Ces résultats sont également accessibles sur le site www.senat.fr
- Le nombre des logements à titre gracieux a été réduit.
Sur 348 sénateurs (nombre en augmentation), dont l’âge moyen est voisin de 60 ans, un quart travaille régulièrement, un autre quart épisodiquement et la moitié n’y travaille jamais, mais tous les sénateurs sont rétribués mensuellement! Le Sénat et ses 1222 fonctionnaires*, bardés de privilèges, sont coupés du réel de la vie et des Français. A qualification égale, pour 32 heures par semaine et 9 mois et demi de travail payés 12 mois, les salaires de ces fonctionnaires sont 50 % plus élevés que ceux de la fonction publique et 25 % supérieurs à ceux du privé. Tous les personnels touchent des primes de nuit (même les jardiniers), nuit qui débute à 19 H 05, alors qu’un tiers des personnels seulement assiste aux séances nocturnes. Tout en haut de la pyramide trônent les 220 administrateurs* et 131 administrateurs adjoints*, qui, en début de carrière émargent à 7800 euros, brut, mensuels et terminent à 20 000 euros comme secrétaire général du Sénat ou de la questure. Trois questeurs sont les grands ordonnateurs de ces privilèges : deux d’entre eux, en 2010, logeaient, gratuitement, dans des logements de fonction de 340 m2, avec personnel de maison, voiture de fonction avec chauffeur. Ces questeurs et plusieurs hauts fonctionnaires disposent aussi, chacun, d’un pied-à-terre dans une aile du château de Versailles. Les nombreux personnels hébergés luxueusement, sans justification professionnelle, par le Sénat, peuvent louer leurs propres logements inoccupés et bénéficier de prêts à taux préférentiels. La poche sans fond du contribuable a permis au Palais du Luxembourg de se transformer en propriétaire d’une bonne partie des immeubles des rues de Tournon, Bonaparte, Garancière : tout cela résulte d’un dévoiement antidémocratique, unique au monde, du système parlementaire…
Le Sénat c’est le hit-parade des 4 P : Pognon, Privilèges, Planque et Pouvoir.
Quant au président du Sénat, outre son indemnité parlementaire nette de 5405.46 euros, il reçoit une indemnité de fonction de 7270.55 euros brut. L’Etat lui fournit, pour son logement de fonction, tout le personnel de maison nécessaire et prend en charges toutes ses dépenses quotidiennes. Ce président bénéficie d’une dotation téléphonique de plus de 6000 euros par an, d’une carte SNCF de première classe, de deux voitures 607 de fonction, avec chauffeur...
Le Sénat des Etats- Unis d’Amérique compte 100 Sénateurs (2 par état) pour une population de 307 millions d’habitants !
Les dérives monarchiques, les gaspillages et le luxe du Sénat, exposés dans le livre « Aux frais de la princesse. Enquête sur les privilégiés de la République » d’Yvan Stefanovitch, condamnent cette Institution.
*Données de 2009. Images: www.lesjournéesdupatrimoine.culture.fr
Annie Keszey.
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27 décembre 2011
VOEU POLITIQUE 2012: Halte aux fous !
L’urgence citoyenne est de se vacciner contre les fous, afin de ne plus les élire.

Pascal de Sutter, professeur de psychologie à l’Université de Louvain-la-Neuve et expert auprès de l’OTAN, publia, en 2007 « Ces fous qui nous gouvernent », aux éditions Les Arènes.Il avait contacté les profileurs de la CIA qui observent les leaders politiques mondiaux. Ces profileurs procèdent par analyse des discours spontanés, des expressions faciales, des gestes et des réponses aux questionnaires adressés à des proches ou à des opposants. Les docteurs Langer et Murray de l’Office of Strategic Services, services secrets américains antérieurs à la CIA, avaient déjà, dans les années 40, dressé un portrait approfondi d’Hitler, psychotique paranoïaque, schizophrène et mégalomane…Le but était d’aider les armées à trouver des stratégies de combat efficaces. Ron Rosenbaum, Michèle Enriquez, Bokor et Wiener ont ensuite affiné le portrait psychique de ce tueur en série. « Cette voix, profonde, chaude et brûlante, devenait sourde et rauque par instants, et en public, s’élevant par degrés, poussait jusqu’à la véhémence, jusqu’à des rugissements et à des accents d’hystérie réelle ou simulée, dans un déluge de paroles sauvages, d’authentiques transes oratoires et une indéniable incontinence verbale, imprécatoire, vocifératrice »... « Le fait de haïr l’autre au point de souhaiter sa mort, par dégoût de soi-même, aurait donc poussé Hitler au pire »… « Cette maladie de la haine consiste à attribuer systématiquement à l’autre ses propres impulsions et désirs : pour se justifier de vouloir éliminer les juifs, Hitler les accusait de désirer la perte de la race aryenne »…
Sur www.Dailymotion.com/.../xblazn_nicolas-sark...Pascal de Sutter,interrogé par Ursula Gautier présente son livre sur d’autres « fous », plus actuels, à des degrés divers. Ségolène Royalest méticuleuse, ambitieuse, consciencieuse, intègre, rigide et autoritaire. Nicolas Sarkozy est ambitieux dominant, narcissique compensatoire, inventif, hyperactif, méfiant et instable…
La psychologie politique ne peut pas prévoir le choix, émotif et non rationnel des électeurs. La communication non verbale des candidats est cruciale. (Le sourire de Ségolène Royal fut son meilleur atout). Le plus cocasse est que si les fous sont au pouvoir, c’est parce que nous les y avons mis.
Quitter un monde politique sans conscience suppose l’apparition de contre-pouvoirs efficaces afin que nos futurs élus qui ont toutes les chances de devenir complètement fous ne nous entraînent dans leur perte. L’urgence citoyenne est de se vacciner contre les fous en apprenant le plus possible sur la nature de la psychopathie et son influence sur nous. Il nous faut quitter aussi l’indulgence inouïe que nous avons pour les menteurs, par exemple. (Noël Mamère, pour un entretien, arriva après de Karl Zéro, essoufflé, parce que, venu à bicyclette, il avait lutté contre le vent. Or, sa voiture était à cent mètres! Jacques Chirac, gaspilleur champion en « frais de bouche » voulait lutter contre la fracture sociale)…Sur www.psychotherapeute.blogspot.com
Apprenons ! Jean-Charles Bouchoux, psychanalyste, auteur de « Les pervers narcissiques. Qui sont-ils ? Comment fonctionnent-ils ? Comment leur échapper ? », 155 pages, aux éditions Eyrolles veut aider les uns à se reconstruire, les autres à se remettre en question et chacun à prendre soin de soi dans la bienveillance et le respect de l’altérité.
Extraits discontinus. Les personnalités narcissiques ont des comportements « grandioses ». Elles se placent au-dessus des autres, ont besoin d’être admirées comme des êtres exceptionnels. Elles sont rapidement auto- satisfaites, manquent de modestie et le font sentir aux autres. Elles ont peu de scrupules à abuser des autres, surestiment leurs qualités et sous-estiment leurs erreurs ce qui peut entraîner des situations d’échec et des difficultés relationnelles. Elles ne comprennent pas les affects des autres qui ne sont là que pour les servir. Elles ne présentent aucune culpabilité et cherchent à dévaloriser l’autre, à le discréditer, pour tenter de prendre sa place…Le pervers narcissique, égocentrique, exige de l’autre, la perfection. C’est aussi un menteur. Généralement habile avec la parole, il se sert largement du double sens des mots pour manipuler, se positionner en victime pour se faire plaindre ou rendre l’autre volontairement mal à l’aise. Mais, il n’a aucune valeur propre, il utilise les valeurs des autres et la morale pour arriver à ses fins. Il ne supporte pas la critique mais critique sans cesse. Pour se revaloriser, il se nourrit de l’image de sa victime : plus il la dévalorise, plus il se sent fort. Il projette dans l’autre sa culpabilité en le culpabilisant. La perversion narcissique serait un moyen pour le sujet de ne pas délirer, de faire porter à l’autre son chaos et de ne pas entrer en psychose. Le pervers narcissique colle à sa victime, il ne lui permet pas de s’échapper, il l’englue avant de l’entraîner dans un climat délétère, mais la retient en même temps : utilise-t-il un mot pour véhiculer une information ou bien pour obtenir un effet, pour blesser ou manipuler l’autre ? Pour justifier ses dévalorisations et se donner un air de respectabilité, il va se positionner en victime, c’est-à-dire qu’il va créer les circonstances qu’il reprochera ensuite à sa victime…Quand un pervers entre dans un groupe, il arrive souvent qu’une partie du groupe devienne perverse et que la communauté se coupe en deux : le pervers a su externaliser ses perversions en utilisant et manipulant une partie des gens, les plus fragiles. La force du pervers est de ne rien donner mais de beaucoup promettre. Le pervers est à l’abri de risques psychiques tant qu’il conserve une victime pour se décharger. Cependant la violence est l’un des mécanismes en réponse à ses attaques. Si la victime peut espérer sortir de son enfer, le pervers, lui, restera prisonnier de sa structure. On ne peut aider que dans la distance juste : distance et neutralité d’un tiers sont nécessaires dans la relation d’aide.
Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychothérapeute, dans « Le Harcèlement Moral, la violence perverse au quotidien », 243 pages, aux éditions Pocket, confirme et enrichit l’analyse précédente.
Un individu pervers l’est constamment, car il lui est impossible de se remettre en question. Ces individus ne peuvent exister qu’en « cassant » quelqu’un : il leur faut rabaisser les autres pour acquérir une bonne image de soi, et par là même acquérir le pouvoir, car ils sont avides d’admiration et d’approbation. Même si l’on considère, très justement, la perversion comme un aménagement défensif (contre la psychose ou la dépression), cela n’excuse pas le pervers pour autant. Pour lui, la présence de l’autre est vécue comme une menace, pas comme une complémentarité .Si le partenaire du pervers est trop docile, le jeu n’est pas excitant. Il faut qu’il y ait suffisamment de résistance pour que le pervers ait envie de poursuivre la relation, mais pas trop pour qu’il ne se sente pas menacé. Au moment où la victime donne l’impression de lui échapper l’agresseur éprouve un sentiment de fureur et se déchaîne. Les marques d’hostilité sont là d’une façon constante, permanente, à petites touches, tous les jours et plusieurs fois par semaine, pendant des mois, voire des années. L’agression est distillée lorsqu’il y a des témoins. Si la victime réagit et tombe dans le piège de la provocation en haussant le ton, c’est elle qui paraît agressive et l’agresseur se pose en victime. Comme le pervers donne peu et demande beaucoup un chantage est implicite : si je me montre plus docile, pense la victime, il pourra enfin m’apprécier ou m’aimer. Cette quête est sans fin car l’autre ne peut être comblé. Bien au contraire, cette quête d’amour et de reconnaissance déclenche la haine et le sadisme du pervers-narcissique. Si la victime réagit, elle est génératrice du conflit, si elle ne réagit pas, elle laisse se répandre la destruction mortifère. Ne pas emmener les autres dans le registre de la violence est un échec pour un pervers, c’est donc le seul moyen d’enrayer la propagationdu processus pervers. Les mots, pour lui, n’ont aucune importance, seule importe la menace. La version des faits, par la victime, n’intéresse pas le pervers qui refuse de l’écouter. Il s’agit de retirer à quelqu’un toute qualité, de lui dire et lui répéter qu’il (ou qu’elle) ne vaut rien, jusqu’à l’amener à le penser. Un paradoxe consiste également à faire ressentir à la victime de la tension et de l’hostilité sans que rien ne soit exprimé à son égard. Ce sont des agressions indirectes ou le pervers s’en prend à des objets : il peut jeter des objets et nier ensuite l’agression. Le discours du pervers est un discours totalisant qui énonce des propositions qui paraissent universellement vraies. Lorsqu’un pervers a désigné une proie, il ne la lâche plus: le seul but est de l’empêcher de vivre. Et il s’arrange pour que cela devienne vrai, sans aucune culpabilité: il ne le fait pas exprès, il ne sait pas faire autrement pour exister. Le moteur du noyau pervers c’est l’envie, le but, c’est l’appropriation. Pour le pervers-narcissique, tout commence et s’explique par le Narcisse vide, construction en reflet, à la place de lui-même et rien à l’intérieur, de la même manière qu’un robot est construit pour imiter la vie, sans la vie. De nombreux politiques pervers ne s’embarrassent pas de MORALE pour liquider un rival. Ils se posent en sauveurs pour obtenir le pouvoir et s’y maintiendront par des grandes et petites corruptions
.Image : www.bioutiful-photos-net
www.atelier-idees.org Annie Keszey.
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20 décembre 2011
Vingt ans d'aveuglement
L’EUROPE AU BORD DU GOUFFRE.
Après leur manifeste, « les Economistes atterrés », aux Editions « Les liens qui libèrent », proposent une autre Europe, sociale, écologique et solidaire.
« Les réformes successives d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy conduisent vers l’implosion de l’Europe. La réduction de nos déficits ne pourra intervenir que dans un autre modèle économique.
Les difficultés qu’ont connues les finances publiques avant la crise proviennent de la concurrence fiscale organisée. Leur restauration passe par la lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux. Pour réduire les déficits publics, il faut accroître la taxation des revenus financiers, des plus-values, des hauts revenus, dont le gonflement est une des causes de la crise. A l’échelle européenne cela passe par une stratégie d’harmonisation fiscale, avec des taux d’imposition minimale pour les entreprises, pour les revenus élevés et pour les patrimoines, et la garantie, pour chaque pays de pouvoir taxer ses entreprises et ses résidents.
Le capitalisme financier actuel se caractérise par le développement prodigieux des marchés financiers. Tandis que les institutions financières (banques, fonds de placement, fonds spéculatifs) réalisent des profits exorbitants en jouant de la volatilité de ces marchés, des masses énormes de capitaux sont perpétuellement à la recherche des placements les plus rentables, les plus liquides et les moins risqués possibles. Mais comment trouver la contrepartie : des emprunteurs sans risque et prêts à payer des taux d’intérêts élevés ? Il faut obligatoirement qu’il y ait un montant énorme de dettes face à un montant énorme d’actifs financiers. Les prêteurs veulent investir de grosses sommes, mais s’inquiètent ensuite de ce que les emprunteurs sont trop endettés : ils recherchent des rentabilités élevées, mais cela fragilise les emprunteurs ; c’est la malédiction du prêteur. Les pays, les entreprises ou les ménages qui bénéficient d’apports de fonds importants sont fragilisés, puisqu’ils deviennent fortement endettés et donc dépendants des marchés de capitaux ; c’est la malédiction de l’emprunteur.
Le système financier international est ainsi perpétuellement à la recherche d’emprunteurs : Après les pays du Tiers Monde, l’Asie, les Etats-Unis puis les ménages anglo-saxons, ce sont les états, qui, en 2010, ont emprunté. Dans ce système, il y a en permanence des doutes quant à la solvabilité des emprunteurs. Or, les marchés sont moutonniers, leurs anticipations sont auto-réalisatrices: par exemple, si tout le monde anticipe une baisse du cours d’une action, tout le monde vend, ce qui provoque effectivement la baisse du cours... La globalisation financière contraint donc l’économie mondiale à vivre en permanence sous la menace d’une crise de la dette.
Les états sont ainsi soumis à des exigences contradictoires : soutenir leur activité économique y compris en aidant les banques défaillantes et maintenir équilibrée leur propre situation financière.
En 2007, plusieurs pays de la zone euro avaient de larges excédents courants : 230 milliards d’euros (Les Pays-Bas, l’Allemagne, la Finlande, la Belgique et l’Autriche). Ces excédents du Nord créaient et finançaient les 180 milliards de déficits des pays méditerranéens. Le cadre économique européen mis en place par le traité de Maastricht a été incapable d’empêcher le creusement des déséquilibres, devenus insoutenables. De 2007 à 2010, la dette de la France est passée de 34% du Produit Intérieur Brut à 57% du PIB. Ces dégradations proviennent de contre-révolutions fiscales qui ont alimenté le gonflement de la dette : réductions d’impôts (en France, le bouclier fiscal) sur les revenus des plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales…Ce désarmement fiscal a été décidé par les classes dominantes afin de tirer parti du déficit ainsi créé pour déclarer inéluctable la baisse des dépenses publiques.
Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir des titres (porteurs d’intérêts) de la dette publique émise afin de financer les déficits publics provoqués justement par les réductions d’impôts... » Henri Sterdyniak
« Il faut libérer les économies européennes du joug de la dette et des marchés. Cela implique de restructurer à court terme les dettes souveraines, de s’attaquer frontalement au pouvoir des marchés et de jeter les bases d’une autre Europe solidaire et écologique.
La stratégie de sortie de crise mise en œuvre en Europe n’est pas soutenable, car elle est à la fois socialement injuste et économiquement inefficace. Sortir rapidement de la spirale récessive est une nécessité impérieuse. Il faut restructurer la dette, par un rééchelonnement de la dette (recul des échéances), une dispense de paiement des intérêts, ou encore une réduction de la dette elle-même (défaut). Une part importante des dettes souveraines peut être considérée comme illégitime : l’immense majorité des citoyens n’a pas à en subir le coût. Au contraire, il apparaît légitime que les créanciers- c’est-à-dire les détenteurs du capital financier- supportent une partie de l’apurement de dettes souveraines. Par référendum, le 6 mars 2010, les Islandais ont refusé de rembourser la dette contractée par leurs banques.
- Il faut restructurer sans attendre les dettes de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, en les rééchelonnant, en abaissant les taux d’intérêt pour les ramener à 3.5% et en les réduisant ( de moitié pour la Grèce et du tiers pour l’Irlande).
- La banque centrale européenne (BCE) doit pouvoir effectuer de la création monétaire pour financer une partie de la dette publique : ce qui impose une modification de son statut. Un état ne peut pas faire faillite s’il peut recourir à la création monétaire et lever des impôts.
- Il est nécessaire de s’attaquer au pouvoir de la finance par tous les moyens au lieu de chercher à « rassurer les marchés », politique vouée à l’échec.
- Lutter contre la spéculation sur les marchés de la dette souveraine appelle trois mesures prioritaires:l’interdiction des ventes à découvert (spéculer sur la baisse d’un titre en vendant à terme ce titre dont on ne dispose pas), fermer les marchés opaques qui échappent à toute surveillance et créer une agence publique de notation européenne. Cette agence fonctionnerait sur des normes objectives.
La survie de l’Europe passe par une nouvelle conception des politiques économiques. Le principe de coordination fondé sur la solidarité des pays membres doit l’emporter sur le principe de coordination par la concurrence des états.
L’émission d’eurobonds pour financer de grands projets paneuropéens innovants tels que le ferroutage ou le développement de nouvelles sources d’énergie jetterait les bases d’une Europe écologique et solidaire. » Dominique Plihon.
Annie Keszey.
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19 décembre 2011
Puteaux : lettre au journal Le Parisien
Annie Keszey, colistière de la liste de Christophe Grébert aux élections municipales de 2008,
A Madame La Directrice de la publication du journal Le Parisien. Lettre RAR.
Objet : les articles de Valérie Mahaut, dans le Parisien du 16/12/2012 : « Puteaux. L’opposante risque d’être expulsée de son HLM » et dans le Parisien du 17/12/2012 : « Les élus se donnent en spectacle au conseil ».
Madame La Directrice,
Ces articles de votre journal ne sont-ils pas partisans ? Vous en jugerez.
Il est écrit, dans le premier article : « Nicole Berlemont en convient elle-même : bénéficier d’un logement social de 5 pièces de 100 m2 pour elle seule n’est pas tout à fait normal ». Valérie Mahaut n’intervient pas. Or, cette situation est tout à fait anormale selon la loi qui autorise l’expulsion, en particulier, quand le locataire dispose de deux pièces ou plus au-dessus du nombre de pièces auquel il a droit en logement social. Nicole Berlemont est seule dans un logement de 5 pièces, elle a moins de 65 ans et n’abrite pas de personne handicapée. Sa demande d’expulsion pour ce motif serait légale. A Puteaux, des familles avec enfants, attendent un logement social en vivant ensemble dans des pièces uniques de taudis. L’expulsion doit être préparée selon des délais et des procédures définis par la loi. En particulier, un logement plus petit, conforme au droit, doit être proposé au locataire titré ! Ce que Valérie Mahaut ne dit pas, dans son second article, c’est que la procédure d’expulsion s’appuie sur le fait que Nicole Berlemont n’a pas de contrat de location pour son logement social. Nicole Berlemont reconnaît avoir reçu plusieurs lettres recommandées de Mme Ceccaldi- Raynaud, maire de Puteaux et responsable de l’attribution des HLM, mais n’avoir pas voulu y donner suite pour des raisons très graves qu’elle exposerait éventuellement, en justice. Lors du conseil du 17/12, le maire a précisé avoir proposé un « 3 pièces » à Nicole Berlemont. Le maire applique le droit.
Nicole Berlemont est, en effet, une opposante au maire: elle reste fidèle à l’ancien maire, Monsieur Ceccaldi-Raynaud. Or la haine violente entre l’ancien maire et sa fille, maire actuel, s’étale publiquement, indécemment. C’est Nicole Berlemont, entre les deux tours de l’élection municipale de 2008, qui a tenté d’organiser la fusion entre deux listes d’opposition : celle de Christophe Grébert dont elle était colistière et celle de Monsieur Ceccaldi- Raynaud opposé à la liste de sa fille. Christophe Grébert, pour gagner le pouvoir, ne s’est guère préoccupé, à ce moment-là, de « clientélisme » ou des dérives du système « Ceccaldi », qu’il a voulu partager. Si l’on ajoute que Sylvie Cancelloni, acolyte de Christophe Grébert, fut une conseillère municipale de Monsieur Ceccaldi-Raynaud, l’on doute, de leur part, d’un combat aux mains pures. Christophe Grébert fait, déjà, lui-même, du clientélisme alors qu’il n’est que dans une opposition politique. Il a œuvré pour que son ami, de Nanterre, devienne tête d’une liste lors des élections pour la présidence de la section MoDem de Puteaux alors que les textes internes au MoDem l’interdisaient. Il a donc fourni une fausse adresse à son ami, celle de Sylvie Cancelloni, pour le domicilier à Puteaux. Cette liste a perdu. La vengeance de leur clan, politiquement équivoque, est décrite sur le site : www.puteauxdemocrate.fr
Christophe Grébert vient de dénoncer, sur son blog, des bénéficiaires, putéoliens privilégiés, de logements sociaux. Bien que journaliste, il n’a la rigueur requise ni dans ses textes, ni dans ses comportements. Dans l’un de ses textes, il dénonce les conseillers municipaux de la majorité bénéficiant de logements sociaux et donne leur adresse et leur patrimoine mais mélange les ayants- droit confirmés et les éventuels « profiteurs ». Dans un autre texte, il se présente comme la victime d’une agression, son procédé préféré, lors d’une enquête sur un immeuble social, mais occulte son comportement provocateur qui induit les événements qu’il dénonce, le statut de victime étant son moteur politique. Votre journaliste parle d’un « accueil glacial » de la part du couple visité par Christophe Grébert et Sylvie Cancelloni, dans son domicile privé, sans autorisation…Qu’aurait-elle fait ?
Christophe Grébert souhaite la présence d’un conseiller municipal de l’opposition dans la commission d’attribution des HLM, mais dans son groupe Alternance, de 3 conseillers, Bruno Lelièvre, des Verts, n’a pas assisté aux conseils municipaux depuis plusieurs mois et n’a pas plus assisté aux commissions d’appels d’offres. Sylvie Cancelloni, du MoDem, brille par ses nombreuses absences au CCAS. Christophe Grébert s’agite, irrite, brame, dans l’irrespect total des groupes au sein desquels il intervient, mais n’obtient rien pour les citoyens. Au conseil municipal d’hier soir, Bruno Lelièvre, exceptionnellement présent, a sorti son appareil photo pour provoquer le règlement, qui l’interdit. Le maire, excédé, (et c’est la recherche permanente du groupe alternance), mais avec maîtrise, a demandé l’intervention du service d’ordre…Le groupe Alternance, provocateur, se « plaindra- réjouira », une fois de plus, d’être victime du Maire! Valérie Mahaut accepte tout ce que dit Christophe Grébert et réfute tout ce que dit le maire. Est-ce une journaliste ou une militante du MoDem ? La pauvre réalité, regrettable et lassante, des conseils municipaux de Puteaux est cependant plus « nuancée ». Mme Le Maire devrait aussi discipliner les conseillers de la majorité.
L’opposante, de la liste de Christophe Grébert, bénéficiaire sans droit d’un logement HLM, n’est convoquée devant la justice, pour l’instant, que parce qu’elle n’a pas de contrat de location. Votre journaliste noie la réalité dans le spectacle du conseil, à tort. Son second article est un « embrouillamini » peu utile, incomplet quant au fond et partial.
Oui, il faut OUVRIR, partout, les commissions d’attribution des HLM mais à des personnalités ou à des organismes de la société civile (et surtout pas à des oppositions de potaches, type Alternance). Laisser encore cette fonction majeure pour la justice sociale, à une personne effectivement seule, relève des dictatures. Quant à Nicole Berlemont, la décision de justice pourrait la rendre triste, aussi triste que ceux qui attendent désespérément un logement social: la mairie de Puteaux, trop riche, devrait construire davantage de logements sociaux,(même si elle a le pourcentage requis, devenu insuffisant), avant un conservatoire de musique.
L’opposition aurait-elle approuvé, étrangement, la construction de ce nouveau conservatoire ?
Merci.
Annie Keszey.
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28 novembre 2011
Une litanie victimaire

Un Conseiller municipal d’opposition du MoDem, primo-candidat perdant aux élections municipales de 2008, toujours aux prises avec l’ennemi, témoigne, par une complainte réitérée et médiatisée, de sa dernière « auto-victimisation » (de façon plus nuancée, de son auto-victimation). Sa diabolisation du Maire UMP, pour en induire le rejet, afin de prendre sa place, reste en toile de fond. Le témoignage, pleurnicheur et orchestré, habituel, déforme sans doute la réalité puisqu’il est unilatéral.
Je suis agressé en visitant un immeuble appartenant à la ville de…Enfin, je précise que lors de notre visite de la résidence…ma collègue élue et moi-même avons fait l’objet de menaces verbales et physiques du mari de Mme X…Sans aucune raison, celui-ci nous a violemment ordonné de quitter l’immeuble. Il m’a bousculé…
Sans aucune raison? Ces deux visiteurs-compères n’étaient-ils pas plutôt en situation irresponsable de violation de domiciles privés ? Le mari de Mme X reste présumé innocent.
Le sociologue Guillaume Erner dénonce, dans « La société des victimes », un nouvel ordre moral qui s’instaure et confère à la victime un statut sacré, puisqu’elle serait une version laïcisée des martyrs et des saints. La victime en prenant la parole publiquement pour dire sa souffrance, susciterait la compassion d’autrui, focaliserait les sympathies, ce qui lui permettrait d’être reconnue, voire même d’obtenir des droits à réparation... Les politiques joueraient eux aussi sur la fibre victimaire.
L’accusation du procédé « victimisation » ne peut naître que de l’analyse rigoureuse de chaque situation afin de séparer les revendications légitimes des jeux tactiques répréhensibles ou maladifs. Les femmes battues et les homosexuels conspués furent longtemps des victimes réelles de violences et de discriminations, occultées. Leurs luttes justes pour identifier les causes de leurs préjudices et leurs revendications ne sont socialement et politiquement légitimées que depuis trop peu de temps.
La victimisation est un mot piège, emprunté aux Etats-Unis, à décrypter avec précaution.Son usage, d’abord en droit et en psychiatrie se propagea aux sciences sociales.
En psychiatrie, les nombreuses théories divergent. Le professeur Bukowski, du Québec, rappelle que les enfants victimes, pour leur part, sont perçus comme des enfants qui se font taper dessus ou bousculer par les autres, qui se font tabasser, sont ignorés et sur lesquels les autres enfants disent beaucoup de mal à leur insu.
Thierry Gallois, psychothérapeute, écrit que petit à petit on perçoit le monde environnant avec un miroir déformant, au travers de verres gris foncé, où les autres et les situations vont contribuer à votre mal-être…La sensation de subir une vie domine, entraîne toute une série de frustrations…Derrière le statut de victime se profile un manque d’assertivité, d’affirmation de soi, relié la plupart du temps à un problème d’estime de soi... Les victimes se sont construites sur une faille : il leur faut d’abord sortir de ce fatalisme…Ils ressentent un sentiment de frustration quand ils n’arrivent pas à manipuler leur proie.
« Victimisation » qualifie aussi, maintenant et à partir du témoignage cité, l’utilisation stratégique et manipulatrice du statut de victime- ce statut étant alors indûment revendiqué, pour exister ou pour transformer un sort précis personnel ou collectif. C’est une instrumentalisation politique fondée sur l’exploitation de l’émotivité des masses (le risque est d’instaurer ainsi des dictatures).
La culture de la plainte ne permet ni à la société, ni à la victime de se construire, malgré le fort désir de dénoncer des abus révoltants, des manipulations ou de solliciter l’amour par pitié. Utilisée à l’excès elle risque le rejet du témoignage victimaire pour contresens et encombrement.
Cependant, la Contre-Démocratie, explorée par Pierre Rosanvallon (Edition du Seuil en 2006), est indispensable parce que la Démocratie reste une promesse et un problème. L’organisation de la défiance compense l’érosion de la confiance, en politique. Un contrôle citoyen permanent s’ajoute au lien électoral insuffisant pour obliger les représentants à tenir leurs engagements et l’opposition maintient, en le redressant, le pouvoir qu’elle combat.
Pour Christophe Gaudier, surveiller, dénoncer, noter sont des attributs essentiels de la démocratie. Le rebelle, le résistant et le dissident sont les trois figures militantes historiques, actrices de l’évolution de la Démocratie. Un râleur impénitent, par contre, ne peut rêver de réussite politique d’autant qu’il estime plus rentable de démolir le concurrent que de faire valoir sa propre réussite.
Une solide réputation peut, seule, organiser la confiance.
L’auto-victimisation du Conseiller municipal d’opposition, sa judiciarisation du politique par l’attente de procès, ses tentatives de pression par des révélations majoritairement bancales, ses provocations superflues n’enclenchent, objectivement, aucune réactivité d’action concrète du Pouvoir en place, sur l’Essentiel : l’équité, la fraternité, le « vivre ensemble » durable, la transparence de la gestion, la rationalité, la modernité des décisions, la morale…
La victimisation, depuis trois ans, crée des charivaris jouissifs, pour certains, mais n’a eu aucun pouvoir correcteur.
Ce conseiller, à partir d’une éthique de responsabilité* gagnerait à se décentrer de sa seule stratégie conflictuelle de contre- pouvoir, pour vouloir des progrès incontestables : quitter sa démocratie du rejet, paralysante et engager la démocratie du projet.
Le conflit et le consensus doivent être également reconnus, en démocratie…Cela implique que progressent, en même temps, la qualité de la régulation démocratique et l’attention à la construction démocratique**
Pour cet « ego » figé, la marche vers une citoyenneté partagée sera longue, d’autant plus longue que cette évolution concerne aussi la majorité UMP d’un Conseil municipal sectaire.
Autres sources : *Le savant et le politique de Max Weber- **La légitimité démocratique de Pierre Rosanvallon. Le titre est emprunté à Guillaume Erner. Image : www.stress-counselling.co.uk
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.
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19 novembre 2011
La corruption : un relation tumultueuse
LES QUATRE ACTEURS D'UNE SITUATION D'ATTEINTES LOCALES A LA PROBITE. QUE FAIRE?

Les contradictions entre intérêts individuels, intérêts collectifs et intérêt général constituent un problème inhérent à toute société organisée. C’est en cela que notre démocratie est corruptible et que la corruption peut être qualifiée de phénomène « normal » au sens de Durkheim…La corruption est normale dans le sens où les atteintes à la probité présentent des traits réguliers dans les façons d’agir des gouvernants mais aussi des gouvernés : elle est un acte de transgression prévisible. Les atteintes endémiques à la probité…entretiennent la défiance à l’égard des institutions et des activités politiques : on est ici au cœur du désenchantement citoyen. Aucune recette (économique, morale ou répressive) n’a été trouvée pour y remédier …La corruption se définit à partir de normes variables : les normes juridiques, l’intérêt général, les règles d’un marché…
Pierre Lascoumes, directeur de recherche au CNRS, travaille au Centre d’études européennes de Sciences Po. Depuis 2009, par ses publications, il nous livre des analyses précises de la corruption. Les extraits discontinus pour adaptation aux faits locaux, publiés ici, proviennent de son dernier livre : « Une démocratie corruptible. Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêts ». La République des Idées, aux éditions du Seuil.
La corruption, pour lui, est une relation à trois. Elle met en relation le « décideur »- doté de responsabilités particulières garantes de l’impartialité, mais aussi de pouvoirs que lui permettent de la rompre-, le « solliciteur » (un particulier ou une entreprise)- demandeur d’un appui favorisant ses intérêts au détriment de ceux des autres-, et le « public », formé par l’ensemble des citoyens, le plus souvent en position de censeurs passifs et d’autant plus ambivalents qu’ils estiment que le décideur est à leur service et qu’il est donc légitime d’en attendre des avantages pour soi-même ou pour le groupe.
Une corruption locale, d’actualité, est, plus précisément, une relation à quatre.
Le Maire de notre commune, « le décideur », fille de l’ancien Maire, exerce ses fonctions au sein du népotisme semi- séculaire familial. Par tolérance ou par un pragmatisme atypique, elle tente de perpétuer cette monarchie élective en favorisant, à trois reprises au moins, la carrière de son fils et reste indifférente aux alertes citoyennes. Le fils, élu communal puis élu conseiller général aux dernières élections, serait administrateur d’un Syndicat (un organisme), au passé trouble, gestionnaire d’un marché de chauffage urbain. Le grand-père de ce petit-fils, anciens maire et administrateur du même syndicat, est soupçonné d’y avoir reçu des commissions occultes. La justice passera.
Madame Le Maire aurait aussi possédé un « très puissant » compte bancaire, et, ou, de l’argent placé, dans des paradis fiscaux.
Elle aurait accordé des logements sociaux à près d’un élu sur deux de sa majorité!
Ceci pour l’actualité du moment.
« Les solliciteurs », conseillers municipaux statistiquement peut-être trop nombreux à disposer d’un logement social, n’auraient rien sollicité. L’accusation, par un amateur, de ces conseillers municipaux en HLM, n’a pas l’extrême rigueur attendue du « dénonciateur », quatrième acteur de la situation de manquements à la probité politique. La liste contient un certain nombre d’ayants-droit, livrés à la réprobation souhaitée, par amalgame, dont les noms et les adresses sont divulgués, à tort. Le père du Maire (patriarche d’une famille en dysharmonie) affirme que sa « fille-Maire actuel », (ennemie publiquement détestée) aurait promis ces logements aux citoyens qui accepteraient d’être sur sa liste électorale pour les élections municipales de 2008.
« Le public ». Il existe des différences majeures dans la perception citoyenne de la corruption. Pierre Lascoumes reprend les distinctions d’Arnold Heidenheimer de 1970, toujours valides: certaines déviances politiques suscitent soit un consensus de réprobation, la zone noire, soit de la tolérance, la zone blanche. D’autres déviances, quand il y a incertitude sur la gravité des faits et leur sanction, sont jugées illicites et dangereuses pour les uns, mais excusables ou tolérables pour d’autres, la zone grise. Ces différents modèles culturels de la relation entre élus et citoyens coexistent. Chaque modèle repose sur des normes et des valeurs spécifiques.
La zone noire s’organise autour de quatre dimensions: la corruption d’élus et de fonctionnaires, le détournement d’argent public, la tromperie et le mensonge et enfin la défense d’intérêts économiques particuliers.
La zone blanche comprend deux dimensions : les rapports de proximité avec les élus et le déni des conflits d’intérêts. Par exemple, le public y banalise l’attribution d’un logement social (ou d’une place en crèche) à un citoyen, biens rares, en dehors de la commission d’attribution. Le contournement de la procédure est considéré majoritairement comme « pas grave » ou « pas grave du tout », dans l’enquête décrite par Lascoumes!
La zone grise est celle des ambiguïtés et des ambivalences, avec trois dimensions de la confusion des rôles : le clientélisme, la confusion entre les intérêts publics et privés, la corruption privée. L’acceptabilité du clientélisme, dans cette zone, par exemple adhérer à un parti politique pour obtenir un logement social fait « dissensus » : 50% de Très Grave et 50% de Pas Grave ou Pas Grave du Tout. Il en est à peu près de même pour le népotisme !
A partir de ces ambiguïtés, l’on comprend pourquoi les votes qui se dirigeraient sur des candidats « moraux » ou « immoraux » sont des exceptions. La plupart des électeurs arbitrent entre plusieurs types d’informations sur les candidats. Cela les conduit souvent à minorer les accusations au profit des positions politiques défendues par le candidat. « La fin justifie les moyens » convertit une violation de principes en une finalité acceptable.
Si la vertu était la première condition exigée des candidats, on ne retrouverait pas à des postes- clés d’anciens condamnés pour abus de biens sociaux, fraude fiscale et autres délits. Même la petite partie de l’électorat à haute exigence morale (moins du quart) n’a pas de jugements automatiques !
La public inclut un quatrième acteur, " les dénonciateurs ". La dérision et l’ironie constituent une première forme de banalisation de la corruption. C’est le modèle utilisé par les humoristes professionnels. Le Canard Enchaîné ou « Les Guignols de l’info » sont en France les archétypes de cette approche. La répétition des transgressions, petites ou grandes, la constance de leur déni et la faiblesse des sanctions qu’elles suscitent sont la base de scénarios stéréotypés. C’est un registre de comique de répétition : « Encore un », « toujours plus ».
Le Canard Enchaîné dénonce les dérives attribuées au Maire de notre ville.
L’autre dénonciateur, de proximité, présente une double face, virtuelle et réelle.
C’est un blogueur du MoDem, « lessiveuse orange pérenne », peu drolatique, adepte des « buzz » à ricochets pour railler les dérives morales et s’auto-congratuler quand les sources d’information répétitives prolifèrent.
La réalité, de ce conseiller municipal d’opposition du MoDem, « recadre » cependant les messages de la toile : il flingue le Maire pour prendre sa place lors des prochaines élections municipales, la critique destructive étant son unique munition politique.
En réactualisant fréquemment l’information donnant le nombre de passages sur son blog, peut-être souhaiterait-il une place de communiquant dans l’équipe stratégique, en cours de composition, de François Bayrou, futur candidat à la Présidentielle ? Mais François Bayrou, « ne sera pas le candidat du MoDem, mais du Rassemblement et le logo du MoDem devrait s’effacer de toute la campagne »…Oui, mais…
La posture morale du blog est un phénomène de surface qui ne résiste pas aux pratiques.
Le blogueur trempe dans « la zone grise », française, des petits arrangements entre amis et s’en défend, comme toujours, par le déni et spécifiquement par la victimisation. Il a soutenu le mensonge de son acolyte catholique préféré (e) falsifiant les résultats électoraux de sa liste sans étiquette lors de la dernière élection municipale. Il a trahi la première charte éthique qu’il avait rédigée au point d’être abandonné très rapidement par les trois quarts de ses colistiers, acteurs de son élection, selon un fort consensus de réprobation. Entre les deux tours des élections, il a tenté une alliance avec la liste de l’ancien Maire UMP, souhait dont la cohérence morale est soumise à l’appréciation des électeurs.
Il a trahi la charte éthique de son nouveau parti, le MoDem, au sein duquel, localement, il a brillé par son favoritisme (il a permis à un ami étranger à la ville d’être candidat pour présider la section locale en lui fournissant une fausse adresse, celle de son acolyte), il a brillé par son irrespect des textes fondateurs et des procédures (son ami n’étant pas élu, son clan a contesté les élections, pourtant strictement surveillées et conformes), il a brillé par son inégalité de respect entre citoyens… du même parti !.
Le site www.puteauxdemocrate.fr présente une lettre ouverte à l’ancien sénateur Denis Badré, dont la dernière page, entre autres, détaille finement l’immersion en zone grise du blogueur, et de son acolyte…
Un « auto-lessivage » freinerait la chute du clan dans un autre panier de crabes comparables aux crabes rencontrés par le Docteur Véronique Vasseur, à Paris, plus agressifs et pitoyables les uns que les autres.
Les mains pures ne sont qu’un affichage, voire une fiction.
Que faire ?
Pour commencer, les mesures suivantes changeraient peut-être un vieux système :
- Décréter non- éligibles les responsables politiques sans vertu et interdire le cumul des mandats.
- Instaurer un apprentissage constant et modeste des bonnes règles du « Vivre ensemble, parce que l’enjeu de la probité ne concerne pas seulement l’Etat ».
- Renforcer le statut du Service Central de la prévention de la corruption, les commissions molles nationales, celles des comptes de campagne et des financements politiques, de la prévention des conflits d’intérêt et la commission pour la transparence financière de la vie publique…
Image: nomadiste blogspot.fr
www.atelier-idees.org Annie Keszey
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08 novembre 2011
Un Pouvoir amnésique : le déclin de l’Europe pronostiqué en 2005
Austérité et Majestic Barrière.


Les Français et les Néerlandais, particulièrement ceux qui ont voté NON au référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen, refusaient et refusent le néolibéralisme sauvage, la cupidité et l’impunité des puissants, la concentration des richesses et les écarts sociaux de l’Union Européenne. La campagne référendaire avait été riche en avertissements de nombreux mouvements et associations, ignorés par les medias traditionnels, contre une constitution encore plus libérale que les précédents traités, privilégiant le marché, la concurrence, les banques et les grandes entreprises multinationales.
Une convention, en 2002, sous la présidence de Valérie Giscard d’Estaing, avait rédigé ce Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE), après, en particulier, l’instauration du système monétaire européen, de l’acte unique, du traité de Maastricht, du traité d’Amsterdam, de la banque centrale européenne pour mettre en place l’euro et du traité de Nice de 2000. Ce TCE est un modèle abscons non modifiable de principes et de procédures lourds et inadaptés. L’immobilité du traité s’ajoute à la rigidité de l’euro commun, piège « mortel », autant que le fut l’étalon-or, en l’absence d’un gouvernement économique européen ou fédéral chargé de gérer les écarts de compétitivité. Le vocabulaire utilisé, pernicieux, dévoile le risque : la constitution offre à ses citoyens « un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée ». Mais elle œuvre pour la justice, le développement durable et tend vers le plein emploi et la cohésion sociale.
En dehors de la concurrence obligatoire, le traité ne propose aucun engagement contraignant pour soutenir l’éducation, les prestations sociales, les services publics et l’emploi.
Les opposants au TCE voulaient (et veulent) pour l’Europe, un modèle de réussite alternatif à celui des Etats-Unis, ultralibéral et à celui de la Chine, autoritaire. L’Europe du « bien commun » attendue est sociale, juste, écologique, démocratique et égalitaire. Elle s’oppose aux objectifs des élites : accaparer les richesses pour elles-mêmes au détriment du salariat, détruire la démocratie et briser l’état. Cette Europe des élites est celle de la droite politique, en France, mais, de plus, pourrait devenir celle des sociaux- démocrates devenus sociaux-libéraux depuis François Mitterrand ! Michel Rocard, Jack Lang, Jacques Delors ont défendu le OUI à la Constitution malgré son danger. Les députés européens socialistes ont fait des contre-propositions, DSK a présenté un important rapport, sans succès. Même inquiets, ces derniers ont voté « oui ».
Nicolas Sarkozy a cassé la décision populaire majoritaire par le traité de Lisbonne.
L’exigence complexe, lucide et pertinente des opposants au référendum était une voie pour détourner l’Europe de son déclin et de son impuissance d’aujourd’hui.
Il fallait, disaient-ils, rétablir la justice entre les revenus du capital et ceux du travail, devenir une économie de la connaissance, pour favoriser la croissance en développant la recherche et en la structurant au niveau européen, concentrer les moyens, d’abord, sur ceux qui en avaient le plus besoin en investissant fortement dans la petite enfance et les banlieues défavorisées, assurer des parcours professionnels sécurisés, se doter d’une vraie politique industrielle et de l’emploi avec de grands projets à la clé, permettre la constitution de grands groupes européens capables d’exceller au niveau mondial. La concurrence fiscale et la concurrence sociale étaient démontrées incompatibles avec le modèle européen attendu et 66 régimes fiscaux déloyaux devaient être bannis. La progression de l’Europe supposait son autonomie énergétique, son indépendance dans le domaine de la Défense aux coûts partagés entre les états et une forte maîtrise de la communication et de l’information.
Bien sûr, l’écologie soutenait ce projet alternatif, (parce que le capitalisme est criminel pour l’environnement), avec une dimension nouvelle: celle de capital naturel.
Un secteur intouchable d’économies, pour le budget français en déséquilibre, avait animé les débats du moment : il fallait diminuer les dépenses militaires, disproportionnées, en veillant bien sûr à la réorientation, par la formation, des nombreux emplois publics du secteur.
Le livre de Susan George, politologue, européenne convaincue et altermondialiste experte « Nous, peuples d’Europe », publié en 2005 chez Fayard commente l’ensemble complet des propositions pour cette Europe radicalement différente.
Il y a 6 ans, Susan George savait que la débâcle surviendrait si une autre Volonté Politique Collective n’émergeait pas :
Aucune nation ne contrôle le mécanisme financier qui fait jouer la concurrence à l’échelle mondiale non seulement entre les productions et les salaires, mais aussi entre les systèmes sociaux. Cette mondialisation ne respecte aucune règle, sauf celles de la rentabilité. Elle approfondit les inégalités et détruit l’environnement. Elle bouleverse les identités culturelles et brime les nations surtout les plus faibles. Elle favorise l’émergence d’ensembles internationaux ou nationaux géants, capables de se concurrencer et d’imposer leur loi au reste du monde.
Le mépris des faibles, la religion de l’argent et le refus de partager sont, à notre époque aussi barbares que l’étaient le colonialisme ou l’esclavage en d’autres temps, et, à terme, aussi destructeurs pour nous tous.
Aujourd’hui, en novembre 2011, la zone euro, menacée par ses dettes folles, s’enfonce dans la tourmente de l’impuissance d’un G20
L’économiste américain Paul Krugman, dans le New York Times du 25/10/2011, publié par Le Figaro, expose « la tragicomédie de la dette européenne ».
Alors que les plans de sauvetage tombent à plat les uns après les autres, les élites économiques européennes-qui sont, est-ce possible?, encore plus prétentieuses et égocentriques que les élites américaines- continuent de se ridiculiser…Les européens avaient réussi à bâtir un système de paix et de démocratie et à édifier des sociétés qui pour être imparfaites sont probablement ce que l’humanité a fait de mieux... L’impuissance de l’Europe des « 17 » nait d’un cercle vicieux. Les investisseurs qui achètent de la dette italienne, par exemple, redoutent une banqueroute et imposent des taux d’intérêts très élevés, ce qui -mécaniquement- alourdit encore le service de la dette et rend le risque de faillite plus vraisemblable. Le sauvetage de l’euro pourrait passer par le Fonds Européen de Stabilité Financière qui, le cas échéant, prêterait suffisamment d’argent à l’Italie (et aux Etats suivants) pour qu’elle n’ait pas à emprunter à de tels taux. Mais ce FESF implique le soutien des principaux Etats européens obligés de faire des promesses crédibles aux yeux des investisseurs. Or, l’Italie appartient au cercle des puissants surendettés : comment pourrait-elle se sauver en se prêtant elle-même de l’argent ? De même, la France, par sa contribution au fonds alourdirait sa propre dette !
La dette française, fin 2007, était de 1211 milliards d’euros, soit 64.2% du Produit Intérieur Brut. En avril 2011, elle atteignait 1646 milliards, 85% du PIB. Un rapport de la Cour des Comptes la prévoit à 90% du PIB en 2012. Les effets d’une crise sévère et une gestion politico-économique lente, faible et éphémère, malgré son effervescence formelle, sont les causes d’un tel trou.
Des sites nombreux analysent le contenu et l’évolution des dettes de l’Europe. Le site www.slate.fr met ces dettes en images pour tenter de les concrétiser et les comparer.

La dette est un sujet rarement débattu dans les medias. Un nouveau site français, récent, www.audit-citoyen.org, lié à d’autres sites européens, souhaite combler cette lacune. Le site s’appuie sur un constat : déléguer la responsabilité des budgets à des ministres conduit souvent à l’échec. Les connaissances sur la « fabrication » des dettes modifient les thèses politiques. Ainsi nous a-t-on expliqué que l’Allemagne acceptait d’être généreuse avec la Grèce : la réalité est moins abrupte. L’Allemagne, excédentaire, produit plus que sa population ne peut consommer, elle a donc besoin de vendre à des pays « déficitaires ». Que ferait-elle de ses surplus ? Il y a eu trop d’emprunts par les prodigues parce qu’il y a eu trop de prêts par les prudents…Les ajustements ne concernent pas les seuls débiteurs !
La dette française actuelle, depuis 4 ans, a des responsables identifiables. Elle a, ce jour, une étrange utilité : en « affolant » le peuple, François Fillon, premier ministre, à la mine patibulaire de circonstance, sert plus facilement l’objectif du pouvoir conservateur de détruire l’Etat-providence en diminuant les prestations sociales au nom d’une nécessaire « rigueur* » (*élément du langage commun de l’UMP!).
Mais les catégories moyennes et défavorisées des peuples européens ne sont pas naïves. La proposition de référendum de Papandréou, démocratique, pour la Grèce, n’avait d’autre but que d’apaiser la société grecque, révoltée de devoir « payer » à la place des coupables, en lui donnant la parole. Mario Draghi, quand il était Vice-Président de la banque Goldman Sachs, accepta le maquillage des comptes grecs, entrepris par le gouvernement conservateur, pour faciliter l’entrée dans la zone euro: il vient pourtant de succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne !
L’austérité renforcée a été imposée à la Grèce lors d’un G20 …de 33 chefs d’état dont le coût est évalué à 28 millions d’euros (80 millions selon le Canard Enchaîné). Les deux nuits de Nicolas Sarkozy au Majestic de Cannes auraient coûté un minimum de 7000 €. Le bling-bling « Fouquet’s-Majestic-Barrière » est un mal chronique, provocateur.
Le plan de rigueur « Merkozy » n’envisage pas de relancer la croissance grecque. Daniel Cohn-Bendit, député européen, coprésident du groupe des Verts, travaille sur un ensemble de mesures d’économies et de recettes nouvelles par solidarité avec le peuple grec afin de lui donner une perspective positive. Par exemple, il propose une refonte écologique du système agricole (en sachant que 70% des olives grecques sont manufacturées en Italie)… et une diminution de dépenses militaires consternantes. De même, l’alliance des députés européens démocrates et libéraux propose, dans la même intention, le projet « reset Greece».
Le plan d’austérité du Gouvernement, pour la France, est un ensemble de « rustines » aléatoires, le montage allemand pour l’Europe s’inscrit désespérément dans un univers néolibéral décadent.
De nombreux plans B s’élaborent pour proposer une alternative crédible européenne: repenser les rapports entre le capital et le travail, renforcer les fondements institutionnels et constitutionnels de l'Europe, redéfinir la place de l’Etat, produire un avenir dynamique, rassurant et juste.
L’atelier des idées tentera de différencier ces plans, très techniques et parfois contradictoires, pour les publier.
Annie Keszey
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13 octobre 2011
Une analyse persuasive de l'actualité politique
Entre les deux tours des Primaires de la gauche.
Philippe Bilger est avocat général à la cour d’appel de Paris. Sur son blog « Justice au singulier », il commente, en général, pour ses lecteurs, des affaires judiciaires.
Actuellement cependant, entre les deux tours des Primaires de la gauche, nouvelle pratique démocratique, il publie une analyse politique « Charles de Gaulle à toutes les sauces », dont un extrait suit.
« Charles de Gaulle, mythifié sans mesure, ne saurait cependant constituer un argument décisif pour toutes les causes. Il est incongru, presque choquant, de le voir mis en avant dans le cadre d'une polémique conjoncturelle, alors que pour l'essentiel, notamment la pratique de l'Etat, l'éthique personnelle et la morale publique, le comportement privé et l'attitude présidentielle, ces quatre dernières années ont été sans doute les plus éloignées qui soient du gaullisme dans ce qu'il avait de respectable pour tous. Il est trop facile de faire surgir le Général à mauvais escient pour oublier sa mémoire quand tant d'épisodes, d'épreuves et de scandales auraient justifié qu'on y songeât à bon escient ! »
Philippe Bilger articule les paroles et les actes des principaux acteurs politiques du moment : Nicolas Sarkozy, François Fillon, de droite, Arnaud Montebourg, François Hollande, Martine Aubry, Eva Joly, de gauche, Hervé Morin et Rama Yade, des centres. Le site www.philippebilgert.com publie ce texte raisonnable et convaincant terminé par… « la droite est gauche » !
Annie Keszey
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