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13 mars 2009

La crise des multinationales de l’informatique

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On peut comprendre que des entreprises en difficulté licencient, mais la logique nous dépasse  quand des entreprises largement bénéficiaires et, de surcroît, en progression, licencient.

Les exemples sont nombreux.

Dans l'industrie pharmaceutique,  Pfizer licencie  20 000 personnes alors que l'entreprise s’apprête à acquérir la société Wyeth pour 68 milliards de dollars… Des sociétés informatiques licencient.

  • Les sociétés américaines: Texas Instruments: 3400 licenciements, 10% de l’effectif (dont à Nice Sophia Antipolis). Intel: 6000. Sprint Nextel: 8000.
  • La société japonaise Sony : 5000.
  • La société néerlandaise Philips : 9000 (8% de l’effectif).
  • La société suédoise Ericsson : 5000

En 2008, dans le monde, tous secteurs confondus, plus de 2,5 millions d'emplois ont ainsi été perdus dont près de 600 000 pour le seul mois de décembre 2008.


Le recul du chiffre d’affaires annuel et (ou) du bénéfice, induit par la diminution des commandes,  la perte d’abonnés et surtout le renforcement de la concurrence, explique, en partie, ces licenciements. D’autres mesures anti-crise sont prises : restructurations, baisse des prix (la console Sony, par exemple), changement de Président (Texas Instruments), investissement dans la recherche…

Des entreprises « en bonne santé » licencient.

Pour ces entreprises, le cumul des annonces de résultats en hausse avec une politique de licenciement fait monter le cours de l’action, en bourse.

SAP AG, société allemande : Le 28/01/2009, suite à ses annonces du licenciement de 3000 postes (pour 51 800 salariés), des bénéfices d'exploitation en progression de 4% (soit 2,84 milliards d'euros), du chiffre d'affaires total en hausse de 14%, à 8,46 milliards d'euros, l'action, à 27,82 euros, a gagné 6.06% et a continué sa progression ensuite.

IBM : IBM a annoncé, en interne, la suppression de 2800 postes à la direction commerciale et à la division logicielle. L'information a été reprise par le Wall Street Journal.

 

En 2008, le bénéfice de l’entreprise a été de 12 M$ pour un chiffre d’affaires de 103 M$.

En France, la procédure de licenciement étant plus difficile, IBM a baissé la partie fixe du salaire de ses commerciaux.

La rémunération de Sam Palmisano, PDG d’IBM, a été, en 2008, de 21 M$, composée d’un fixe, d’une prime pour objectif dépassé, d’un bonus en rapport avec la performance financière de l’action et d’un certain rapport d’actions personnelles…

[La rémunération du PDG de HP, Marc Hud, est passée, en un an, de 25 à 42.5 M$].

 

Oracle

Le bénéfice net d’Oracle a progressé de 29% en 2008 et l’action a gagné 18%.

Larry Ellison, PDG d’Oracle, a gagné 84.6 M$ en 2008, avec quelques avantages supplémentaires de fonction.

L’entreprise compte licencier.

 

Microsoft

Microsoft a aussi annoncé le licenciement de 5000 salariés sur 94300 (6%)  dont 1400 immédiatement,  dans la recherche- développement, les ventes, le juridique, les ressources humaines et l'informatique. Cette décision a été prise simultanément à l'annonce des résultats. Si ses bénéfices reculent un peu, Microsoft arrive à maintenir un niveau de profitabilité très élevé.

Sur le dernier exercice 2007- 2008 (clos le 30 juin), Microsoft avait réalisé 17 milliards de bénéfices nets, sur un chiffre d'affaires de 60 milliards de dollars. Microsoft a dégagé des bénéfices substantiels ces 5 dernières années : près de 55 milliards de dollars.

 

Comment justifier ces suppressions de postes ?

Sans doute le principe de précaution s’applique-t-il, afin de préserver le cours des actions et de poursuivre les acquisitions, la sous-traitance peut aussi s’accroître et la recherche d’une encore plus grande rentabilité individuelle se poursuivre au détriment de la motivation des salariés.

Mais l’explication est plus complexe et sera développée dans un texte ultérieur sur l’Inégalité.

 

Déduction

En France, nous assistons actuellement à la détérioration des conditions de travail ou licenciement passif. Le principe est simple : ne pas recruter, diminuer les salaires, supprimer les avantages. Si ce n'est pas suffisant, des plans de licenciement verront le jour.

 

Comment ?

Pour pouvoir licencier en France, il faut que la filiale française soit mise en difficulté. La surfacturation des services provenant des filiales de l’étranger en donnera l’apparence.

Ainsi vis- à- vis de la loi, l'entreprise française est reconnue en difficulté, et peut donc licencier.

 

Que peut faire l'état ?

Les filiales françaises des multinationales ne semblent pas financer les partis politiques. Les lobbies pèseront moins sur les décisions de l’état qu’aux Etats-Unis, par exemple.

Le Service Public Français  est un client important pour ces entreprises de l’informatique.

L’état, en cette période de crise :

  • Supporte le chômage lié au licenciement (passif ou actif),
  • Supporte des saisies de prud'hommes de plus en plus nombreuses à cause de pratiques de licenciement passif douteux.
  • Continue de payer  des licences à des sociétés étrangères qui déséquilibrent la balance commerciale du pays.

Ni l’extrémisme du passage à l’Open Source, ni le protectionnisme ne sont des réponses adaptées.

L’état, en tant que client majeur de ces entreprises informatiques, se doit de leur imposer une politique responsable avant de leur attribuer des marchés publics.

L’attribution des marchés publics pourrait ainsi prendre en compte un grand nombre de facteurs tels que : le nombre de saisines des prud’hommes, le nombre de saisines du tribunal de commerce, l’évolution de l’effectif, le paiement correct des impôts, la contribution de l’entreprise à la balance commerciale ... , le tout à mettre en regard du chiffre d'affaires, et des bénéfices réalisés.

Nous pourrions ainsi voir apparaître, Microsoft, IBM sur une liste noire, au profit d'entreprises appartenant par exemple au CEDRE, (Comité des Entrepreneurs pour un Développement Responsable de l'Economie)  fondé en 2008 par Aides d’Etat Conseil, ATOL, CARGLASS et SAMAS.

Publié dans Monde, Travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, crise, informatique, entreprises | | |  Facebook

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