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04 mai 2009

Etats-Unis : comment combattre l'inégalité

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L’INEGALITE

En août 1981, Ronald Reagan, Président des Etats-Unis d’Amérique, a réagi à la grève des contrôleurs du trafic aérien en licenciant la quasi- totalité des grévistes (plus de 11 000). Il s’agit d’un cas tout à fait exceptionnel qui fait date dans les annales des conflits du travail. Licencier tous les contrôleurs pour renégocier totalement la grille salariale, cela n’a été possible que parce que le contrôle du ciel  des Etats-Unis pouvait être assuré par l’U.S Air Force. La plupart des licenciés ont été réembauchés à de nouvelles conditions.

Cette dérégulation violente a été symbolique du reaganisme et a changé profondément le climat social.

Pour Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, cet événement marque l’origine lointaine de la crise financière, économique et sociale d’aujourd’hui.


 

En effet, cette pratique politique s’est appuyée sur l’écroulement du mouvement syndical américain qui s’est produit à partir de 1970 et a initié un assaut généralisé contre les syndicats dans toute l’économie.

La cupidité capitaliste des dirigeants des grandes entreprises ne rencontrant plus alors d’obstacles sociaux s’est accrue de façon « gigantesque ». La «  contrainte- indignation », s’est encore affaiblie à partir de l’action des medias s’extasiant sur le génie des affaires de ces riches patrons, sans toutefois le démontrer.

En 1970, les Présidents Directeurs Généraux (PDG) de 102 très grandes sociétés étaient payés, en moyenne, 1.2 million de dollars (au cours actuel), c’était 40 fois ce que gagnait l’actif moyen travaillant à temps plein aux Etats- Unis. En 2000, la rémunération moyenne des PDG dépassait 9 millions de dollars annuels: c’était 367 fois celle du salarié moyen !

Georges Bush, en 2001 et 2003, a réduit les impôts des catégories sociales les plus élevées.

Avec l’ascension de l’inégalité, l’accroissement du Produit intérieur brut et des chiffres globaux ne s’est pas traduit par des gains pour les travailleurs ordinaires.

La déconnexion entre  la croissance économique des dernières années et le sort de la grande majorité des travailleurs a contraint ces derniers à emprunter pour maintenir leur mode de vie.

Des millions d’entre eux ont acquis une maison à crédit, au-delà de leurs possibilités, d’autant plus que les bonnes écoles, recherchées pour lutter contre l’inégalité sociale, se trouvent dans des lieux plus chers.

La part du lion de la croissance économique des vingt dernières années est allée à une minorité de riches, ce qui est, de plus, en totale contradiction avec la définition de la démocratie américaine.

DES MESURES POUR RETABLIR UNE EGALITE

  • Accroître, sur le modèle de la France, les transferts sociaux, très faibles actuellement aux Etats-Unis. C’est-à-dire maintenir l’assurance maladie en cas de perte d’emploi, verser des allocations de chômage, de gardes d’enfants, garantir les soins médicaux à tous…Les politiques sociales réduisent la pauvreté de 28% aux Etats-Unis mais de 78% … en Suède !
  • Augmenter le salaire minimum, soit le passer, en un premier temps, de 5.15 dollars de l’heure à 7.25 dollars. 13 millions de salariés verront leurs salaires augmenter.
  • Rendre au mouvement syndical sa vitalité par une action politique. (Le Canada n’a pas vu croître autant son inégalité, à partir d’un taux de syndicalisation élevé).
  • Contester les salaires exorbitants, par un retour à une persuasion morale.

Ces mesures progressistes se heurteront à une opposition féroce des conservateurs du Parti Républicain…

D’après « L’Amérique que nous voulons », Paul Krugman, Flammarion.

Publié dans Monde, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, usa, inégalité, monde, reagan | | |  Facebook

Commentaires

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Écrit par : skambbrer | 26 novembre 2013

keszey.annie@neuf.fr
Très cordialement. Annie K

Écrit par : KESZEY Annie | 29 novembre 2013

Les commentaires sont fermés.