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25 mai 2009

3 grandes priorités pour les élections européennes

choisir la decroissance europe puteaux.jpg

1 - CROISSANCE VERTE ET DECROISSANCE SELECTIVE

L’Union européenne est le meilleur lieu pour marier croissance verte et décroissance sélective.

En France, 80% de la législation environnementale provient du droit communautaire…et cet espace politique et géographique peut et doit jouer un rôle crucial pour sortir le moins mal possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués…

C’est à Strasbourg et à Bruxelles que se joue une grande partie de notre avenir. La responsabilité de celles et ceux que nous enverrons nous représenter est immense… Chacun doit s’astreindre à un diagnostic rigoureux pour clairement trancher sur la question de savoir s’il faut changer le système ou de système. Si, dorénavant, c’est bien l’épanouissement du genre humain qui doit cristalliser toutes les décisions politiques et non plus le profit, l’accumulation et le toujours- plus… La pyramide de complexité et la gravité des menaces nous obligent à ne pas nous accommoder de recettes éculées, de vulgaires corrections de trajectoire…

La croissance verte …donne l’illusion qu’on pourrait remplacer une expansion par une autre…


Comment prospérer sans croître ? Là est l’équation écologique…

Y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite, comme l’est la récession actuelle, et la décroissance conduite ?...

Peut-être la croissance sélective doublée d’une décroissance choisie est-elle l’ultime voie ? Un nouveau chemin où l’on procède individuellement et collectivement à des renoncements et à des acquiescements. Un tri rigoureux pour nous mobiliser sur l’essentiel et passer du maximum à l’optimum…

La sobriété et la régulation, qui vont de pair, sont une exigence des stratèges de la paix. Raison de plus pour revenir à la noblesse de l’économie. Une économie qui change de boussole et qui n’attribue plus de la valeur qu’au seul argent ou biens produits, mais aussi et surtout aux hommes et à la nature.

Et dans cet impératif, le poids de l’Europe est essentiel et, dans l’Europe, aux fondements désespérément ultralibéraux, les ambassadeurs d’une économie qui protège sans concession et qui distribue équitablement sont indispensables.

Cherchez-les. Ils existent.

Extraits d’un article de Nicolas Hulot, Président de la Fondation pour la nature et l’homme. Journal Le Monde du 14/05/2009.

Observation :

L’idée selon laquelle  80% des règles juridiques qui s’appliquent en Europe seraient d’origine communautaire est à nuancer. S’il est indéniable que les règles de coordination (ou d’harmonisation, correspondant aux principes généraux de la jurisprudence communautaire) ont tendance à accroître leur champ constamment, la décision et la substance des règles précises restent du ressort national. (Jean-Claude Barbier).

anti corruption_puteaux.jpg2. LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Aujourd’hui les enquêteurs sont limités à leur territoire national alors que la criminalité financière est internationale. L’Union européenne doit se contenter d’agir avec l’Office européen de lutte anti-fraude qui n’est que l’embryon d’un organe  d’enquête. Il n’existe pas de parquet européen.

Une justice supranationale doit donc être instaurée. Un procès contre la France, par exemple, se déroulerait devant les tribunaux français mais resterait hors du parquet français.

L’Europe dispose d’un Tribunal des Droits de l’homme, et la grande corruption peut être assimilée à une violation des droits de l’homme.

Il est donc concevable de créer également un tribunal européen chargé de la criminalité économique transfrontière.

La volonté politique de lutte contre les paradis fiscaux est faible, parce que les liens financiers sont très forts entre le pouvoir et le capital. En 2007, en France, il y a eu 120 ouvertures d’instructions financières et en 2008, 26 ouvertures ! Les Anglais et les Luxembourgeois accepteront difficilement la réforme du système dont ils sont bénéficiaires…

Au niveau international, il faut fermer les paradis fiscaux où les personnalités corrompues cachent leur butin.

En Islande, pays ruiné par la crise, Eva Joly vient de constituer une équipe de vingt enquêteurs à laquelle vont se joindre des experts internationaux pour comprendre comment les banques opèrent dans le monde. Ce « laboratoire » aura des conséquences étendues.

Il ne semble plus possible, cependant, « d’instruire contre le pouvoir à très haut niveau, y compris dans des pays démocratiques. Le pouvoir finit toujours par ne plus tolérer les intrusions qui le menacent ».

Extraits de l’entretien avec Eva Joly (ancienne Juge d'Instruction). Télérama du 15/04/2009.

longue marche europe sociale_puteaux.jpg3. RETOUR A L’EUROPE SOCIALE

La construction européenne fut une œuvre de paix et de réconciliation. Ses fondateurs ont choisi  l’économie comme outil principal, mais la construction économique ne s’est pas accompagnée d’une protection sociale, de politiques sociales communes et unifiées, dans les domaines de l’emploi, de la redistribution, de l’éducation, de la justice sociale, de l’immigration, de l’accueil des étrangers…

En 2009, ce sont les variétés nationales qui dominent la scène d’une solidarité européenne en gestation.

Les suédois, les danois, les norvégiens ont construit des programmes de protection sociale à orientation universelle et majoritairement égalitaire, alors que les allemands et les français ont construit des systèmes de solidarité différenciés selon les professions et les statuts.

La protection sociale suppose deux conditions de possibilité :

  • le sentiment que la redistribution et l’allocation des prestations et services est légitime et juste,
  • le sentiment qu’elles s’insèrent dans une réciprocité généralisée,


Ces conditions sont étroitement dépendantes des cultures politiques différentes des 27  états membres qui s’expriment en 23 langues.

Par exemple, les mots underclass, exclusion, social inclusion, marginalidad, marginalisering, unterschicht qui se rapportent à des politiques nationales complexes ne peuvent se ramener à un seul mot collectif de la langue anglaise. Passer de politiques sociales singulières à une politique sociale « universelle » exige une nouvelle communication, plus profonde, au niveau européen.

De 1986 à 2003, des décisions communautaires ont été prises :

  • tous les pays ont adopté une prise en charge collective des risques associés à la maladie,
  • le rôle des négociations entre partenaires sociaux a été institutionnalisé,
  • les fonds structurels ont été doublés et concentrés sur des zones identifiées,
  • l’égalité des hommes et des femmes a été approuvée,
  • les principes de la sécurité et l’hygiène des travailleurs ont été définis…

La méthode ouverte de coordination (MOC) s’est révélée efficace. Jacques Delors, Allan Larsson (PS scandinave) et Jean Claude Juncker (Luxembourg), par exemple, en furent des artisans.

De 2004 à 2009, l’économie est redevenue prioritaire et l’Europe sociale a stagné, à partir  de l’échec de 3 référendums (Pays-Bas, France et plus tard, Irlande), à partir de l’élargissement à 27 états et de la domination des adeptes du « tout économique », dont José Manuel Barroso, l’actuel Président de la commission européenne.

Une harmonisation supplémentaire communautaire et une solidarité accrue de la redistribution entre les états membres exigera la construction d’un idiome politique multilingue qui ne peut être l’anglais international. Il s’agit d’un renversement des priorités, à la fois en termes de contenus (formation aux humanités et aux langues) et en terme de destinataires (les moins qualifiés, les plus démunis). Cela suppose de rompre avec la portion congrue faite aux politiques culturelles. La participation politique étant nécessaire pour tous les citoyens européens, il convient de tout faire pour qu’ils puissent apprendre de plus en plus de langues étrangères. C’est la condition pour qu’un espace politique de niveau fédéral puisse commencer à se matérialiser. Il faut des passeurs partout. La visée de l’éducation dans les langues doit être effectivement universelle et impliquer tous les élèves, sans oublier les sections professionnelles. La multiplication des personnes pouvant faire de la politique dans plusieurs pays et dans plusieurs langues est la nouvelle condition pour une politique sociale européenne.

D’après Jean-Claude Barbier, directeur de recherche au CNRS, « La longue marche vers l’Europe sociale ».

Publié dans Europe, France, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, france, europe, priorité | | |  Facebook

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