Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15 septembre 2009

Les baumes apaisants de la crise : microcrédit et économie solidaire

microfinance france_puteaux.jpg

Septembre 2008 : Lehman Brothers. Septembre 2009 : chacun se souvient et fête avec amertume le premier anniversaire de la faillite de cette banque d'investissement américaine annonciatrice d'une crise financière mondiale qui n'a pas épargné la France.

La crise trouve l'une de ses sources dans le fait que les banques ont accordé des crédits sans rien connaître des conditions dans lesquelles elles pourraient récupérer leurs mises, ou en ayant investi dans des entreprises en surestimant leur valeur réelle. Les banques ont péri (ou presque) par là où elles ont pêché, emportant avec elles autant d'entreprises que de salariés qui n'avaient rien vu venir.

Etats, salariés, épargnants et entrepreneurs, s'unissent dans leur malheur commun pour chercher les nouvelles pistes qui permettront de sortir la tête hors de l'eau et de repartir sur des bases saines. Parmi toutes ces pistes, le microcrédit et l'économie solidaire, ont souvent joué les parents pauvres de la finance. Souvent vulgarisés car trop liés à l'image de projets humanitaires dans les pays en voie de développement, ces deux concepts s'appliquent désormais comme de véritables baumes apaisants sur les plaies ouvertes par la crise financière.

Moins prêter mais mieux prêter

Telle peut être la nouvelle devise de la planète microfinance qui se lance sur les rails d'une finance socialement et économiquement responsable. Elle s'adresse aux plus modestes d'entre-nous et à toutes les personnes désireuses de lancer ou de pérenniser leur activité, de soutenir des entreprises solidaires ou de créer son propre emploi !


MICROCREDIT PERSONNEL

Le Crédit Municipal de Paris-Ile de France, successeur du Mont de Piété, propose une aide de financement aux particuliers qui souhaitent :

  • acquérir un bien de première nécessité pour le logement (ex. : chauffe eau),
  • faire face à des frais de santé imprévus,
  • passer leur permis de conduire.

Des prêts légers de 300 € à 3.000 €, sont accordés à un taux de 4% remboursables sur une période de 6 à 36 mois.

L'organisme précise que ces prêts ne sont pas des prêts à la consommation et ne sont pas destinés à des remboursements de dettes ou à combler les découverts. Le CMP s'adresse à tous ceux à qui les banques refusent de prêter.

Cette formule vise également à soutenir les projets de formation professionnelle pour des salariés n'ayant pas obtenu d'aide de financement de leur entreprise ou des organismes de gestion.

Attaché à l'idée d'un emprunt utile et responsable, le Crédit Municipal recherche également des bénévoles pour accompagner l'évolution des dossiers, de la contraction du microcrédit à la réalisation du projet final.

MICROCREDIT PROFESSIONNEL

La seconde possibilité de microcrédit concerne le retour à l'emploi des chômeurs ou allocataires de prestations sociales, aux artisans, aux travailleurs indépendants et à toutes les personnes qui envisagent une reconversion professionnelle.

C'est la formule proposée par l'Association pour le Droit à l'Initiative Economique (A.D.I.E) qui offre aux emprunteurs des « coups de pouce de démarrage » ou des financements étudiés pour des achats de matériel par exemple.

Les sommes empruntables sont limitées à 2.000 € la première fois, 3.500 € la seconde et 5.500 € les fois suivantes. Si le taux du crédit est fixé à 9,71 %, l'originalité réside dans le fait que les emprunteurs se voient retenir 5% des sommes empruntées (dite contribution de solidarité) qui permet le financement d'autres projets pour les futurs emprunteurs... Les aidés deviennent ainsi les aidants.

L'OSEO est quant à lui spécialisé dans le soutien et le développement des PME qui ont des projets innovants ou qui souhaitent se développer à l'international.

Le microcrédit professionnel est la formule appliquée depuis de nombreuses années, essentiellement aux femmes des pays en voie de développement, en leur proposant des financements aux remboursements adoucis qui leurs permettent de lancer une activité qui leur assure à la fois une forme de ressource comme d'émancipation.

ECONOMIE SOLIDAIRE

Le dernier volet spécifique de la microfinance est rassemblé sous une dénomination générique d'économie solidaire. Cette disposition permet à tous de soutenir financièrement des projets, des entreprises ou des associations qui agissent sur les thèmes du développement durable, du logement social, de l'emploi ou de la solidarité internationale.

Un organisme comme FINANSOL propose aux épargnants d'investir dans des fonds ou des entreprises spécialisées dans l'économie solidaire, et de participer à leur développement tout en protégeant ses propres placements.

Ainsi, vous pouvez devenir actionnaire d'une entreprise de capital risque solidaire comme Garrigue Finance, qui agit dans les domaines des énergies renouvelables, l'agriculture biologique ou dans le développement des territoires délaissés.

Avec une action de 77 €, vous devenez actionnaire, vous choisissez un domaine majoritaire où votre argent est investi, participez à l'assemblée générale de la société ou donnez votre avis sur les projets futurs. Vous devenez ainsi un actionnaire aussi solidaire que responsable et ne succombez pas aux aléas du CAC 40. Votre investissement vous donne droit à une réduction de votre impôt sur le revenu ou sur votre ISF (pour les plus chanceux).

La crise financière a imposé les limites d'un système devenu incontrôlable où tous les excès étaient permis.  De la finance outrancière à la finance solidaire il n'y a qu'un pas. Tous les choix sont désormais possibles !

Les commentaires sont fermés.