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30 novembre 2009

A deux ans, tu seras grand, mon fils !

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Il y a quelques mois, notre ministre de l'éducation nationale du moment, très inspiré, fustigeait la redoutable efficacité des enseignants de maternelles, à mots choisis : « Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? »*

Je vous fais part, en primeur, d'un choc reçu il y a deux semaines, lors de la réunion du Conseil d'Ecole à Défense 2000 (4 classes de maternelles). La Mairie souhaite que la directrice accueille quelques enfants de deux ans révolus (trois enfants, pour le moment), dans une des classes de petite section !

En d'autres termes, pour que le mot si vulgaire de M Darcos trouve sa pleine justification, on bouscule les règles de l'Education Nationale et on décide de placer en maternelle des petits qui, bien évidemment, ne sont pas encore propres, et ne peuvent en aucun cas, en débarquant ainsi en cours d'année (au 15 novembre), suivre un quelconque programme, qui de toute manière, n'est pas conçu pour eux. Inspecteur d'Académie, dites-vous ? Aux abonnés absents, politique de l'autruche... Elle est belle notre République de la Liberté, l'Égalité et la Fraternité...

En d'autres termes encore, Madame le Maire, qui ne fait pas beaucoup d'efforts, depuis sa prise de poste en 2004, pour faire mieux que son père, c'est à dire,  pour ouvrir des lits de crèche archi-nécessaires (en 2007, à la Rotonde, à une question que je lui avais posée à ce sujet, elle m'avait dit que toutes les statistiques indiquaient une baisse du nombre des enfants sur les 5 ans à venir ! La réalité, même statistique, est exactement inverse**... hormis pour les enfants de 2 ans, en effet ! Je ne sais pas qui lui communique ses chiffres...), préfère tordre le cou à certaines règles nationales pour pallier au manque de place en crèche. Sans compter la probable manipulation démagogique : l'école ne coûte rien aux parents (enfin, hormis la cantine) au contraire de la crèche...

N'est-ce pas un sujet qui vous fait bondir ? Personnellement, j'en suis resté « estomaqué » ! Et la directrice est "contrainte" d'accepter, parce que sur ses quatre classes, elle n'atteint pas le quota minimum francilien, de 26 enfants par classe ! Son inquiétude est la suivante : refuser, c'est s'exposer à une vérification de l'IA, et peut être voir celle-ci décider d'une fermeture de classe pour l'année prochaine...


Mais que dit la loi ?

Âge de scolarisation en maternelle.13 ème législature - Question écrite n°10167  de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

• publiée dans le JO Sénat du 17/09/2009 - page 2188

• Rappelle la question 09110

<http://www.senat.fr/questions/base/2009/qSEQ090609110.html>

M. Jean Louis Masson rappelle à M. le ministre de l'éducation nationale les termes de sa question n°09110 posée le 11/06/2009 sous le titre : " Âge de scolarisation en maternelle ", qui n'a pas obtenu de réponse à ce jour. Il s'étonne tout particulièrement de ce retard important et il souhaiterait qu'il lui indique les raisons d'une telle carence.

Réponse du Ministère de l'éducation nationale

• publiée dans le JO Sénat du 29/10/2009 - page 2533

Comme le précise l'article L. 211-1 du code de l'éducation, « l'éducation est un service public national, dont l'organisation et le fonctionnement sont assurés par l'État, sous réserve des compétences attribuées par le présent code aux collectivités territoriales pour les associer au développement de ce service ». Conformément aux dispositions de l'article D.211-9 du code précité, la définition du nombre moyen d'élèves accueillis par classe est une compétence de l'inspecteur d'académie, directeur des services départementaux de l'éducation nationale, qui le fixe en fonction des considérations locales, après avis du comité technique paritaire départemental. La définition de l'âge requis pour être accueilli dans une école relève également de l'État, et non pas des autorités communales. Cet âge est précisé aux articles L. 131-1 pour les enfants de six ans, L. 113-1 pour les enfants de trois ans et D. 113-1 pour les enfants de deux ans.

Pour ces derniers, l'article D. 113-1 du code de l'éducation spécifie que « les enfants qui ont atteint l'âge de deux ans au jour de la rentrée scolaire peuvent être admis dans les écoles et les classes maternelles dans la limite des places disponibles. Ils y sont scolarisés jusqu'à la rentrée scolaire de l'année civile au cours de laquelle ils atteignent l'âge de six ans, âge de la scolarité obligatoire ». Ainsi, l'accueil des enfants de deux ans dans une école maternelle disposant de places est une possibilité ouverte aux parents à leur demande, mais non un droit. La décision de principe de les accueillir appartient à l'inspecteur d'académie. C'est ce qu'a jugé le tribunal administratif de Nantes dans un arrêt du 9 juillet 1987 « commissaire de la République de la Loire-Atlantique c/commune de Vigneux-de-Bretagne » (recueil Lebon, page 485), au motif que « cette mesure, par sa nature, relève de l'organisation générale de l'enseignement qui ressortit à la compétence de l'éducation nationale et non à celle de l'administration communale ». Si l'inspecteur d'académie ne s'y oppose pas, et que l'école dispose de places, le maire ne peut pas refuser, par principe, l'accueil des enfants de moins de trois ans à l'école."

http://www.senat.fr/questions/base/2009/qSEQ090910167.html

Où j'ai découvert depuis que la FCPE (notamment) a milité pour amener l'âge d'admission en maternelle à 2 ans.

Et je me dis que parfois, les associations de parents d'élèves feraient mieux de tourner sept fois leurs idées dans leur tête avant de les exprimer comme certitudes. Quelle situation pervertie et absurde : car si une telle disposition peut éventuellement se comprendre dans certains cas, où les écoles sont moins chargées et où on peut supposer une autre forme de solidarité (hum, je dis bien supposer), voilà l'exemple type d'une loi qui aboutit à un effet pervers : à mes yeux, et vu la demande tardive (mi-novembre), il fait peu de doute que les trois enfants (si il n'y a pas d'autres demandes sur d'autres écoles à Puteaux) dont on sollicite le placement via la Mairie, avec aval de l'inspection d'Académie, sont des enfants dont on souhaite satisfaire les parents pour une raison ou une autre, et dont on ne peut garantir une place en crèche vu la pénurie locale !

Il ne s'agit donc nullement d'une motivation liée à l'éveil et l'éducation, puisque sinon, le processus aurait été mis en place dès la rentrée, à travers la création d'une classe dédiée, dans l'une des écoles de Puteaux... Mais au delà, je reste abasourdi par ce principe légal qui fait aussi peu de cas de l'évolution des petits, leur capacité à s'intégrer dans un groupe d'enfants plus âgés (les enfants vont être placés dans une classe de petite maternelle, moyenne d'âge 3 ans 1/2, autre stade de maturité, d'élocution, de propreté, de cohésion de groupe, de motricité !)

Affolant : Dolto, reviens, ils sont fous et n'ont rien compris à tes observations...

Histoire à suivre

Aux dernières nouvelles, un seul petit garçon a intégré la classe de ses aînés, et cela se passe « bien ». Mais qu'en retirera-t-il, ce p'tit gars ? Dommage également, qu'aucun protocole de suivi ne soit mis en place, pour au moins valider le processus, si il était besoin de le remettre en place, ailleurs et en d'autres temps...

Olivier JACQUES

* http://www.rue89.com/2008/09/15/darcos-les-profs-de-mater...

** http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=NATSOS07...

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&re...

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