Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18 février 2009

Ouverture du cinéma « Le Central » à Puteaux : état des lieux des cinémas de proximité en France

cinema_de_quartier_central_puteaux.jpg

Les salles de cinéma de proximité, indépendantes des grands circuits, souvent classées Art et Essai, comme « Le Central » que nous sommes amenés à fréquenter à Puteaux, subissent actuellement une crise profonde.

HISTORIQUE

La chaîne de la production à l'exploitation d'un film telle qu'elle a été forgée en France après-guerre a permis de tisser un réseau de salles de proximité unique au monde, qui participe incontestablement à la diversité de la culture française et mondiale. Elle bénéficie de l'aide du Centre National de la Cinématographie (CNC) et de son outil efficace, le Fonds de soutien, enveloppe alimentée par une taxe prélevée sur chaque ticket.

Avec une production annuelle de 200 films, un parc de cinémas de plus de 2.000 établissements répartis sur tout le territoire, souvent soutenus par des associations de bénévoles et des municipalités, et une fréquentation annuelle supérieure à 170 millions d'entrées, le cinéma français est perçu, à juste titre, comme un modèle par nos voisins européens.


Ce modèle repose sur quatre principes essentiels :

  • l'exception culturelle qui légitime l'intervention des pouvoirs publics de la production à la diffusiond'un film ;
  • la solidarité entre tous les acteurs du secteur, à travers le système du Fonds de soutien;
  • la défense du cinéma comme outil culturel d'aménagement du territoire et de cohésion sociale;
  • enfin l'éducation au cinéma, la recherche de nouveaux talents, qui légitime l'action culturelle de terrain.

En résumé, cette politique volontariste, menée avec efficacité depuis plusieurs décennies, est basée sur l'intérêt général du public et des œuvres.

 

QUELQUES REPERES CHIFFRES

En 2006, parmi les cinémas de France :

- 35% sont gérés par une association qui totalisent 6,1% des recettes.

- 18% sont des cinémas municipaux qui totalisent 1,9% des recettes.

Ce véritable maillage culturel est énorme par sa densité (53% des sites, 1.000 cinémas sur tout le territoire) mais est extrêmement minoritaire par son importance économique (8% du marché).

Cette faiblesse de part de marché s'explique par le fait que ces salles sont généralement situées dans des zones rurales ou des villes de moyenne importance où la densité de population est nettement plus faible que celle desservie par les mutiplex.

L'action de ces salles dites de « proximité » sont pourtant reconnues comme essentielles pour :

  • l'action culturelle:grâce à la diversité des films proposés et les animations mises en place, notamment les festivals et autres moments de rencontres et d'échanges avec les créateurs;
  • l'aménagement du territoire:par la présence de ces salles sur des quartiers sensibles ou des zones rurales, ouvertes tous les jours et tous les soirs au public;
  • l'éducation,grâce au travail effectué auprès des jeunes via les dispositifs scolaires qui facilite financièrement l'accès aux cinémas de proximité pour les lycéens notamment, et grâce aux débats organisés régulièrement sur des sujets de société.

 

LES DIFFICULTES DES CINEMAS INDEPENDANTS

Depuis plusieurs années, de nombreux cinémas de proximité ont fermé leurs portes sur l'ensemble du territoire faisant face à une baisse de fréquentation liée à la concurrence que leur livre les multiplex. Les exploitants de salles soulèvent les dysfonctionnements de la profession :

  • la remise en cause de l'intervention publique

Les grands réseaux mènent une campagne juridique et médiatique à l'encontre de nouveaux projets de salles d'initiatives municipales (Le Méliès à Montreuil) ou privés (Comoedia à Lyon). Le prétexte de ces attaques est la concurrence déloyale que constitueraient les subventions que reçoivent ces établissements pour s'installer, s'agrandir...

Ils estiment qu'au nom de la libre concurrence, la règle de l'exception culturelle est remise en question pour l'exploitation cinématographique de proximité, ce serai un millier de lieux cinématographiques, ouverts tous les jours, dans 1.000 communes de France, qui seraient menacés.

  • la remise en cause du travail de programmation et la question du numérique

Le parc des salles a été élargi massivement : 146 multiplexes construits en 12 ans (soit 7% des lieux) réalisent 55% des recettes. Les opérateurs ont investi dans des lieux tout spécialement dédiés aux jeunes (avec confiseries, jeux vidéo..). Or la part de ce public est en baisse depuis 25 ans (50% de baisse). Face à un vieillissement caractérisé du public (qui préfère sa salle de proximité plus proche de ses attentes en termes d'accueil, de taille et de convivialité) et face à une fréquentation en deçà de leurs attentes, les multiplexes cherchent à conquérir de nouveaux publics qu'ils cherchent dans les salles indépendantes.

Les grands opérateurs souhaiteraient visiblement réduire l'accès aux copies des films porteurs, ce qui affaiblirait le Fonds de soutien qui sert toute la chaîne cinématographique. La mise en place de la diffusion numérique quasi imminente pénaliserait un peu plus les petites exploitations.

  • le désengagement annoncé de l'Etat.

A tout cela s'ajoute le désengagement progressif mais réel de l'Etat, et le non positionnement d'autres collectivités territoriales. De très nombreuses structures professionnelles se sont mobilisées pour demander aux pouvoirs publics le maintien des crédits des DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) destinés à l'action culturelle cinématographique (dont les crédits étaient en baisse en 2008). L'action culturelle, qui se fait actuellement dans une économie basée que les contrats aidés, le bénévolat, les subventions des communes...) a besoin de la reconnaissance des pouvoirs publics pour continuer.

Les professionnels du secteur évoquent une exploitation à deux vitesses avec des sorties nationales pour un public qui a les moyens de fréquenter les grands complexes avec leur confiserie et des sorties largement différées pour un public rural, de villes moyennes et de banlieue.

 

LA BATAILLE DES ELUS LOCAUX POUR LA SAUVEGARDE DE LEURS CINEMAS

L'organisme chargé d'assurer le développement régional du cinéma se nomme l'ADRC et s'adresse à tous les exploitants et aux collectivités locales désireuses de pérenniser les salles de proximité sur l'ensemble du territoire.

Cet organisme est devenu aujourd'hui la vitrine des élus locaux qui veulent sauver la diversité de l'offre cinématographique sur le territoire. Les sénateurs interpellent régulièrement le Gouvernement sur les différentes mesures touchant « leurs » cinémas, à l'image de la situation des cinémas de proximité en 2000, de l'extension de l'exonération de la taxe professionnelle pour les salles d'art et d'essai en 2006 ou du projet de réduction des aides à la diffusion pour ces mêmes cinémas en 2008.

Les associations ou les actions de défense des cinémas locaux sont légion partout en France, comme en Aquitaine, en Languedoc-Roussillon ou dans le nord de la France. Défendre les cinémas de proximité est devenu un véritable enjeu électoral tant il est au cœur du lien social que les élus locaux tentent de conserver.

 

CONTRASTE DE PUTEAUX : LES DEUX VISIONS DU CINEMA FRANÇAIS

Son multiplexe UGC Ciné Cité La Défense

Le 26 avril 2006, c'est au bas d'un grand tapis rouge (qui s'étalait sur les marches menant au Dôme de La Défense), que l'acteur américain Tom Cruise est arrivé en hélicoptère pour parrainer l'ouverture du multiplexe UGC de La Défense.

Avec ses 16 salles et ses 3.700 places, le multiplexe bénéficie d'une excellente fréquentation depuis la réhabilitation du Centre Commercial des Quatre Temps. Les séances du soir attirent une clientèle parisienne ou frontalière plutôt jeune et désireuse de fuir les cinémas parisiens souvent beaucoup plus engorgés.

Côté tarifs, et en dehors de la carte UGC, comptez 10,10 € en plein tarif, entre 5,90 € et 6,90 € en tarif réduit et 5,90 € pour la première séance du matin.

Site internet de l'UGC Ciné Cité La Défense

Son cinéma de proximité Le Central (Palais de la Médiathèque - centre ville de Puteaux)

Le 18 février 2009 à 13H30, Puteaux retrouvera son cinéma qu'elle avait perdu au début des années 70. C'est la même famille qui est appelé à gérer ces nouvelles salles installées au bas du Palais de la Médiathèque.

La programmation sera variée et éclectique selon les souhaits (et la surveillance) qu'entend appliquer la Ville de Puteaux. Des films s'adressant à toute la famille avec pour objectif prochain une programmation dite d'art et d'essai. La proximité du centre ville et son accessibilité devrait remporter un succès attendu auprès de toute la population.

Côté tarifs : 7,50 € pour un plein tarif, entre 5,50 € et 6 € pour les tarifs réduits et 4,50 € pour la première séance du matin

Site internet du cinéma Le Central de Puteaux

Publié dans Loisirs, Puteaux, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : puteaux, cinema, lecentral, ugc, ladéfense, loisirs | | |  Facebook

Commentaires

C'est un bel article. J'ai beaucoup aimé. Je l'ai publié sur mes réseaux sociaux

Écrit par : mutuelle lentille | 09 mars 2012

Les commentaires sont fermés.