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11 février 2009

SDF : indignation, revue d'un malaise général et solutions actives

sdf ralentir sdf_puteaux.jpg

L'atelier des idées remercie doublement Gérard Brazon pour sa chronique du 3/02/2009 « Les nouveaux pauvres sont souvent des vieux » et pour en avoir proposé la publication sur http://www.atelier-idees.org

Ce témoignage est accessible sur son blog : http://puteaux-libre.over-blog.com

Nous partageons  son indignation de constater que les pauvres et les nouveaux pauvres, dont les personnes âgées à faibles retraites, coexistent avec des dépenses inconsidérées : train de vie de l'Etat,  bonus des banquiers, parachutes dorés...

A partir de son nouveau rappel d'une situation inacceptable, nous entreprenons la recherche de  nouvelles mesures pour combattre toutes les pauvretés, applicables aux niveaux national et local.

Nous nous référons, ce jour, aux propositions de Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités Actives, interviewé  par le journal Le Monde.

[Une chronique ultérieure présentera le travail « Expériences, Science et lutte contre la pauvreté.]


sdf martin hirsch_puteaux.jpg« CE QUE J'AI A DIRE SUR LES SANS- DOMICILE- FIXE » Martin Hirsch - Document - Journal Le Monde du 3 décembre 2008.

« Sur ce sujet grave, notre société oscille entre indifférence et emballement...Des idées simplistes s'entrechoquent avec une réalité complexe...La question des SDF fonctionne sur le mode du « tragique de répétition »...

Evoquer cette question c'est donc partir d'un malaise.

Malaise quand, responsable associatif, on ressent que les associations sont dépassées...

Malaise quand, après avoir maraudé avec le SAMU social, on constate qu'on refuse un hébergement faute de disponibilité, mais qu'il est difficile de savoir avec certitude la part d'insuffisances de places et la part de manque de coordination avec les acteurs...

Malaise quand les premiers bâtiments mobilisés...sont d'anciens pavillons de psychiatrie désaffectés...qui accueillent, les soins en moins, ceux qui auraient nécessité une hospitalisation antérieure...

Malaise quand il fallait batailler pour éviter que les personnes en situation irrégulière se voient refuser l'hébergement, au moment des tests ADN ...

Malaise quand on s'échine à parler des SDF comme si c'était une réalité homogène appelant une réponse unique...

Malaise quand on feint de croire que le droit au logement opposable aurait été la solution au « sans-abrisme »...

Une politique visant à réduire le nombre de  sans-abri, consensuelle, existe, née du travail de plusieurs mois d'acteurs associatifs, rejoints par Etienne Pinte.

C'est une politique qui affronte la complexité, en 10 propositions.

1. Mieux prendre en compte les diversités pour les quantifier. La solution est-elle l'octroi d'un logement, le traitement d'une souffrance psychique ou d'une addiction, l'obtention de papiers pour légaliser une situation ?...Il faut produire des connaissances pour affiner les diagnostics d'intervention.

2. Enoncer clairement des objectifs adaptés à chaque problématique. Accroître le taux de sortie des travailleurs pauvres de l'hébergement d'urgence vers le logement durable. Réduire le non accès aux soins, aux soins aussi de santé mentale. Assurer l'accès au DALO. Améliorer le taux de prise en charge en sortie d'hôpital, de prison, d'aide sociale à l'enfance. Prévenir les expulsions...

3. Prendre à bras le corps la spécificité des problèmes de la région parisienne. La nécessité de repenser la gouvernance du « Très Grand Paris » s'applique avec une particulière acuité pour la question du logement et de l'hébergement...Il faudrait des procédures exceptionnelles...avec un équilibre de contraintes et d'incitations, sous l'égide de l'Etat qui...pourrait avoir recours à la loi pour imposer ce qui ne se ferait pas spontanément et mettre en place des procédures dérogatoires au droit commun...

4. Financer ces besoins en les intégrant aux mesures de relance ... et d'ailleurs soutenir le BTP.

5. Repenser la prise en charge des personnes sans abri dans le cadre d'un véritable service public. Les associations deviendraient délégataires, afin d'avoir une vision d'ensemble des places disponibles, de coordonner les maraudes et de clarifier les financements en corrigeant les écarts relevés par la Cour des Comptes...

6. Développer le recours à l'intermédiation locative. Elle consiste à ce qu'un propriétaire puisse être sécurisé en louant à un intermédiaire- association ou organisme public- qui sous-loue à une personne fragile en endossant le risque...

7. Elargir la réponse aux besoins des SDF au développement d'activités rémunérées qui contribuent à leur projet de vie ...Activités de récupération, de ramassage, de vente, d'entretien de l'espace public... Des « charity-shops » peuvent être créées, associant bénévoles et personnes en difficulté. La loi généralisant le Revenu de Solidarité Active a officialisé un statut de « travailleur solidaire »inspiré des communautés d'Emmaüs.

8. Renforcer l'effort vers les zones où les sans-abri se cachent. Quelle est la signification de cette volonté de se cacher ? Echapper à une certaine forme de violence ? Eviter le harcèlement ? Trouver une plus grande organisation collective ? Sortir de la rue ?

9. Mieux prendre en compte les problématiques spécifiques des jeunes. Utiliser le fonds d'expérimentation en faveur des politiques sociales à l'égard des 18- 25 ans.

10. Continuer à traiter les controverses par des méthodes de consensus...Il y a quelques années, on égrenait inexorablement les morts de la route. Il y a eu un déclic, une mobilisation sans précédent. Le nombre de morts sur la route a été divisé par deux. Si on commençait à faire de même avec les SDF, ce ne serait pas si mal...Est-ce vraiment un objectif plus inaccessible ?

Publié dans France, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, france, sdf, martinhirsch | | |  Facebook

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