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23 septembre 2009

Le panier de crabes : les dessous d'une campagne électorale

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Ce texte suit une précédente publication du site: « Vers la fin de la bipolarisation politique ».

Véronique Vasseur, médecin, travaille à l'Assistance publique des Hôpitaux de Paris. Elle fut médecin-chef à la prison de la santé. Elle est l'auteur de plusieurs livres dont Médecin- chef à la prison de la santé et l'Hôpital en danger. Ces publications sans complaisance vont l'estampiller « pasionaria » des détenus ou « grande gueule socialisante »

Avant 2006, année de son immersion dans le militantisme, comme représentante de la société civile, Véronique Vasseur n'avait jamais fait de politique.

Elle n'est ni de droite, ni de gauche, favorable à un libéralisme mesuré et social.

Du fait de sa notoriété, l'UMP l'appelle pour être candidate aux législatives, dans la 10ème circonscription de Paris, imprenable par la droite, lieu d'échec pour Jacques Toubon. L'UMP la rappelle une seconde fois pour devenir la tête de liste aux élections municipales de Paris, dans le 13ème arrondissement, imprenable ! Elle  accepte parce qu'elle idéalise le pouvoir de Nicolas Sarkozy, désirant changer les choses au profit de la société.

Elle perd ces élections. Elle perd ses illusions.

Son livre décrit avec expertise et sensibilité ses deux campagnes électorales, « cavales en politique, dans un panier de crabes ». Ses observations, critiques et propositions sont une mise en cause pertinente des campagnes électorales et des partis politiques.

Les extraits suivants ne sont qu'une partie très limitée du témoignage de l'auteur qui détaille, dans son livre, ses prises de position.


Les campagnes électorales à l'ancienne, écrit-elle, sont dépassées.

Arpenter les marchés, distribuer des tracts, se réunir en appartement, dans des cafés ou autres lieux ne sert à rien. C'est de plus, un énorme gaspillage financier : Véronique Vasseur, très raisonnable, a pourtant englouti près de 47 000 € pour les Législatives et près de 70.000 € pour les Municipales. Au niveau national, ce gaspillage, s'il était abandonné, représenterait  un nombre important de logements sociaux.

« Il faudrait envisager un système calqué sur la publicité comparative, où les électeurs seraient clairement informés des propositions contradictoires, à la télévision, dans les journaux, sur internet »...

La débâcle, sa débâcle, était inévitable.

Véronique Vasseur n'avait pour atout que sa notoriété, dans un fief de gauche. Au lieu de l'aide attendue, « elle a dû lutter contre la fourberie de certains de son camp qui végétaient sur place depuis des lustres et ne supportaient pas le parachutage d'un membre de la société civile ».

Les esprits indépendants et libres : on n'en veut pas.

« ...Si j'avais soupçonné qu'en m'engageant, je plongerais dans un monde de faux-semblants, de calculs sordides, d'agitation superficielle, où l'humain n'a pas sa place, je n'aurais jamais fait le grand saut. Tout m'éloigne de ce marigot où tant de gens grenouillent pour être choisis. Certes, j'ai été flattée d'avoir été choisie...mais j'en ressors meurtrie et écoeurée. Je me suis retrouvée dans la nasse d'un panier de crabes hostiles. Distant, camouflé, omnivore, ce crustacé se nourrit des déchets de ce qui passe à portée de ses petits yeux. Une belle métaphore des prédateurs qui occupent ce terrain.

Car il y a des petits, des plus gros, de toutes couleurs, qui ne cherchent qu'à s'arracher les pinces, à s'entredévorer, à grimper les uns sur les autres...J' ai découvert en somme la famille des Atrides, avec poignards dans le dos, injures, crocs- en- jambe. Un clan qui se déchire mais se reforme telle une hydre monstrueuse aussitôt l'élection passée...

J'ai vite compris qu'on me manipulait, qu'on se servait de mon image, en l'occurrence celle de Sarkozyste de gauche, de médecin au grand cœur engagé au service des plus faibles...

Des hommes politiques m'avaient pourtant prévenue : tu flingues d'abord, tu discutes ensuite. ..

En politique, on n'a pas d'amis, juste des faux amis. Tout est intérêt. Humainement, c'est zéro ; intellectuellement, très pauvre. Je refusais, avant, de croire à cette vérité »...

Le slogan de Véronique Vasseur était : « La vérité, c'est mon combat » ! Le 9 mars 2008, elle a démissionné et retrouvé avec soulagement sa liberté de parole.

Quelques rares politiques de l'UMP, ont aidé Véronique Vasseur : Jean Pierre Raffarin est « populaire, au sens noble », Christine Lagarde est « une femme délicieuse »...

Le Parti Radical, auquel Véronique Vasseur a adhéré en cours de campagne, ne l'a pas aidée et l'a exclue parce qu'elle a osé refuser de bien placer sur sa  liste  l'un des membres cooptés du Parti...Jacques Toubon fut un ennemi de l'intérieur !

Véronique Vasseur est une victime de l'ouverture de la Droite. Prisonnière des mentalités, des pratiques et des ambitions dénaturées, cette ouverture-là est un échec.

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