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23 septembre 2009

Vers la fin de la bipolarisation politique

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Ce début du XXIème siècle consigne la faillite de deux idéologies politiques : le socialisme et le libéralisme. Ces idéologies, progressivement, ont creusé l'écart entre l'économie réelle et l'économie virtuelle révélée par la crise.

Le « Tout  Etat » et le « Tout Argent » ont échoué,  ignorant la place de l'Homme, au cœur de sa finalité, avec le triple impératif de la réalisation de soi, de l'ouverture aux autres et de la solidarité de tous (1)».

Le monde n'est ni juste, ni fraternel.

Depuis un siècle, en France, les représentants politiques de droite et de gauche ont accumulé les erreurs de gouvernance, sans jamais les analyser pour en évaluer les méfaits. La bipolarisation est paradoxale, faite d'entrelacs (1), (ces actions enlacées l'une dans l'autre), et de sectarisme, (cette absolue intolérance des positions adverses).

C'est Pierre Bérégovoy, socialiste, qui permit l'entrée en bourse des produits financiers toxiques (1).

C'est Nicolas Sarkozy, libéral, qui remplit les coffres des banques privées avec l'argent public...

7 gouvernements socialistes (disons sociaux-démocrates) européens et 117 abstentionnistes sur 718 députés présents ont facilité la réélection du Président de la Commission Européenne José-Manuel Barroso, libéral effréné, opposé à toute mesure de régulation financière.


Quelques rares périodes de forte cohérence idéologique, lors du Front Populaire (1936-1937) ou du Gaullisme par exemple (après 1944), ne gomment pas ces entrelacs de l'Histoire. La philosophie gaullienne, en avance sur son temps, avait pour ambition particulière de réduire les clivages entre les partis.

L'appartenance politique des représentants élus, à l'un ou l'autre bloc, emprisonne leur pensée dans la case rigide de leur dogme. Sans culture rigoureuse d'évaluation, les mensonges, bilatéraux, servent  à garder le pouvoir ou à le prendre.

C'est une situation de guerre de mots, d'intrigues et de lynchages, sans trêve ni paix : ce jour, par exemple, un quotidien titre « Duel pour 2012 » !

Cette bipolarisation, devenue anachronique, rejetée progressivement par la base dont l'abstention croissante aux élections souligne, non pas la passivité mais la lucidité, a pour corollaire, l'appel à l'alternance, mot qui ne signifie rien de plus qu'un mouvement dans le temps, vide de contenu.

Les plus démunis des responsables politiques, en l'absence d'un projet de société qu'ils ne savent pas construire, utilisent « la haine de l'autre », haine de ceux dont on ne veut que ravir les places. « Il est vilain le Président de la République », « Elle est nulle Madame Le Maire »... (Le vocabulaire qu'ils utilisent  n'est évidemment pas aussi feutré!)

A la haine entre les partis, s'ajoutent les haines internes aux partis : Haine « torride » entre François Mitterrand et Michel Rocard, à gauche ou entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, à droite...

Une sortie de la bipolarisation est amorcée :

  • Les « listes électorales sans étiquettes » qui rassemblent des citoyens sympathisants des gauche et droite modérées et du centre, sont de petits laboratoires positifs, à la condition qu'elles ne fabriquent pas une nouvelle imposture comme ce fut le cas, par exemple, de « Puteaux Ensemble », liste pour les  élections municipales 2008 de Puteaux. Ce fut une exploitation parfaite des colistiers par les deux têtes de liste, inconstantes et inconsistantes.
  • L'ouverture, pratique nouvelle, interpelle ou irrite puisqu'elle est conduite paradoxalement par l' « ego excessif» de Nicolas Sarkozy,  mais elle est probablement irréversible. Elle devance la nécessaire évolution des mentalités et  se heurte donc, dans ce contexte, aux railleries et jalousies bipolaires au lieu d'initier une critique constructive sur des analyses équilibrées des pertes et des gains. Frédéric Mitterrand, dont le nom patronymique est « sauteur de blocs », est chassé de la fête...de l'Humanité, Humanité que d'aucuns voudraient réduire aux derniers « bernics (2)» du défunt marxisme. Le journal Le Monde du 17/09/2009, titre : « La rhétorique de gauche de l'Elysée exaspère une partie de la majorité »...
  • La fin des partis politiques. Simone Veil, Grande Politique d'aujourd'hui, ne souhaite pas la disparition des partis. Simone Weil, Grande Philosophe     d'hier  (décédée en 1943) souhaitait cette disparition, avec des arguments plus modernes.
  • « Europe-Ecologie » n'est pas un parti, c'est un mouvement peu hiérarchisé qui a intégré des personnalités de plusieurs partis et associations. Son bon résultat aux élections européennes a reposé sur une activité militante en « logiciel libre ». Son évolution sera complexe puisqu'il agit à contre-courant institutionnel, mais la tentative vaut d'être observée.


L'ouverture, qui se démarque des alliances politiques classiques, est un mouvement vers la fin des partis, c'est la recherche, non partisane, d'une majorité politique d'idées.

Il faut en finir avec ces partis, machines méchantes à fabriquer des passions, à exercer des pressions sur la pensée des êtres humains et dont la croissance démocratiquement périlleuse est la seule finalité » (3).

Un « HUMANISME » est possible, instauré par des citoyens ordinaires, non pas résistants, mais créatifs, libérés de tout enfermement intellectuel pour penser librement, travailler avec l'autre et parler vrai.

Sur l'axe politique, sauf aux extrêmes, ces citoyens sont également répartis et cette diversité de sensibilités est apte à dépasser les oppositions. Servir la Démocratie impose toutefois une obligation d'intégrité : il faut savoir dire NON aux menteurs, tricheurs, exploiteurs, « injurieurs », fraudeurs et falsificateurs des élections, ceux qui trahissent dans leurs actes les valeurs de la République et fabriquent des discours dont les références à la pureté sont proportionnelles aux délits.

L'avenir demande une révolution calme et exigeante des structures, des mentalités et des pratiques : législation adaptée, désignation des candidats sur des compétences et non sur des copinages, modalités électorales...

Des projets remarquables d'une marche vers une République novatrice existent déjà et l'atelier des idées va les publier : les  propositions de Jean François Kahn, Jacques Lazure, Véronique Vasseur, Simone Weil, André Breton, Susan George, Eva Joly, Christophe Ginisty, Corinne Lepage et Joseph Stiglitz ... par exemple. Qui d'autre ?

Utopie ? La Grande Histoire du monde raconte les utopies réalisées.

(1) Jean François Kahn.

(2) Mot breton pour berniques, petits coquillages pointus et rugueux qui collent aux rochers.

(3) Simone Weil

Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : atelierdesidees, politique, france, bipolarisation, ump, ps, modem, verts | | |  Facebook

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