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01 septembre 2010

La République exemplaire sous Nicolas Sarkozy

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Juin- Juillet 2010. Les événements, sur ce même sujet, d'Août et de Septembre 2010, seront publiés ultérieurement.

Les faits contredisent le discours politique vertueux. La rigueur pour le Peuple ne peut s’accommoder de faveurs pour les nantis.

1. RAPPELS DE FAITS, CONTRE L’OUBLI

Christine BOUTIN, ministre de la santé, éconduite, a reçu, en compensation, une rémunération de 9500 € nets par mois pour « une mission ». Sous la pression médiatique, elle a renoncé à cette rémunération. Elle garde sa voiture avec chauffeur, ses bureaux et son secrétariat particulier. Cette rémunération s’ajoutait à son indemnité de conseillère régionale de 2605 € bruts et à sa retraite de députée voisine de 6000 €.

Rama YADE, secrétaire d’Etat aux sports, a dénoncé le prix élevé des chambres de l’hôtel de luxe de l’équipe de France de football, en Afrique du Sud. Mais la chambre d’hôtel qui lui fut réservée avait un prix supérieur!

Christian BLANC, secrétaire d’Etat au Grand Paris, a dépensé 12000 €, en 10 mois, sur fonds publics, pour ses cigares « havanes ». Il s’est engagé à  rembourser 3500 €, puis 1000 € de plus et a recherché un bouc émissaire dans son environnement proche !

Alain JOYANDET, secrétaire d’Etat à la coopération, a obtenu un permis de  construire « amical » pour agrandir sa villa provençale, permis d’agrandir auquel il vient de renoncer. Le 22 mars 2010, il avait affrété un jet privé pour une visite éclair aux Antilles. Le coût du déplacement avait été de 116 500 €.

Fadela AMARA, secrétaire d’Etat à la ville et Christian ESTROSI, ministre de l’industrie, ont prêté leur logement de fonction, qu’ils n’habitent pas, à leur famille. Fadela a, de plus, prêté le cuisinier attribué par l’Etat!

Eric WOERTH, ministre du travail, au cœur de la négociation sur les retraites, ancien ministre du budget, trésorier de l’UMP, est pris dans la tourmente. Son épouse a géré certains actifs de Liliane BETTENCOURT, héritière de la fortune l’Oréal, soupçonnée d’évasion fiscale. Madame WOERTH vient d’annoncer sa démission de son poste. François-Marie BANIER, photographe soupçonné d’avoir profité financièrement de la vulnérabilité de Liliane BETTENCOURT a été décoré de la légion d’honneur. Le ministre du budget, François BAROIN s’engage à ce que l’administration fiscale examine la totalité des actifs de Liliane BETTENCOURT …

Six ministres, Roselyne BACHELOT (à la santé), Michèle ALLIOT-MARIE (à la justice), Patrick DEVEDJIAN (à la relance), Michel MERCIER (à l’espace rural), Henri de RAINCOURT (aux relations avec le parlement) et le secrétaire d’Etat Jean Marie BOCKEL ont renoncé à percevoir leur retraite de parlementaire cumulée à leurs rémunérations de membres du gouvernement : Cumul légal cependant! Hubert FALCO et Alain MARLEIX, par exemple, s’étaient dispensés de faire valoir leurs droits à la retraite parlementaire.

Gérard COURTOIS, dans « Le Monde » du 22/06/2010 montre que l’on assiste à un concours de petits arrangements, de prébendes et de cynisme et cite MONTESQUIEU, toujours d’actualité : « Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La République est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous ».

Le Premier Ministre, François FILLON, tance, au coup par coup et à posteriori, ceux qui se servent plutôt qu’ils ne servent, mais avec une efficacité réduite car l’exemple parfait de l’indécence financière vient du sommet !


2. LE NEPOTISME

Extrait de Marianne numéro 687 du 19 au 25 juin.

Une campagne médiatique éphémère contre l’éventualité de l’accession de Jean SARKOZY à la présidence de l’E P A D n’a nullement affecté le népotisme ambiant.

Pierre BACHELOT, fils de Roselyne BACHELOT est employé auprès de sa mère depuis 1994 (assistant parlementaire, conseiller parlementaire…responsable de plaidoyer de la santé dans toutes les politiques publiques). Isabelle BARNIER (femme du commissaire européen) émarge au cabinet de Roselyne BACHELOT.

Ludivine OLIVE, nièce de Michèle ALLIOT- MARIE, est son chef de cabinet.

Aurore LONGUET (fille du sénateur Gérard LONGUET) assure la communication du secrétaire d’Etat au commerce Hervé NOVELLI.

Brigitte LONGUET, ex- femme de Gérard LONGUET, est chargée de mission (non rémunérée).

François GUEANT, fils de Claude GUEANT (secrétaire général de l’Elysée) est directeur du cabinet du président des Chambres de commerce

Olivier MARLEIX, fils d’Alain MARLEIX est conseiller technique sur les questions sociales à l’Elysée, il partage son bureau avec Sébastien VEIL, petit- fils de Simone VEIL.

La demi-sœur de Carla BRUNI-SARKOZY appartient à la cellule diplomatique de l’Elysée.

Thomas DEVEDJIAN travaille sous l’autorité de son père Patrick DEVEDJIAN

« Je vous propose une république fondée sur le mérite » promettait Nicolas SARKOZY en 2007.

 

3. L’EXEMPLE DU PRESIDENT

Ce régime devait compter 15 ministres au maximum, ils sont aujourd’hui 40, dont 13 femmes !

Nicolas SARKOZY a fêté son élection au Fouquet’s-Barrière, 5 étoiles. Sur le site www.fouquets-barriere.com l’on apprend que « le luxe durable, c’est vous, c’est nous : une belle histoire d’amour». Puis, le Président est parti voguer sur le « Paloma », yacht particulièrement luxueux prêté par Vincent BOLLORE (la location de ce bateau de 60 mètres coûte 180 000 € par semaine). Dès sa prise de fonction,  Nicolas SARKOZY a augmenté son salaire de 172 % (21 133 €/ mois, actuellement). C’était son droit!

L’année 2008 marque un tournant : l’Elysée présente pour la première fois un budget consolidé, intégrant peu à peu l’ensemble des dépenses, et celui- ci est soumis à un contrôle de la Cour des Comptes. C’est un nouveau progrès vers la transparence des comptes « secrets ».

Ainsi, le Chef de l’Etat devra-t-il rembourser 14 123 € de dépenses privées payées sur fonds publics. La Cour des Comptes s’interroge également sur des achats faits dans un supermarché proche de l’Elysée, en 2008, pour un montant de 17 545 €.

En 2009, la Cour des Comptes souligne une somme de 3.8 millions d’euros d’études et de sondages, mais l’Elysée et la majorité U M P, s’opposent à la constitution d’une enquête parlementaire. Le 13 juillet et le 14 juillet 2008, un déjeuner et un dîner lors du sommet de l’Union pour la  Méditerranée coûtent 2.3 millions d’euros. En 2009, la réception de l’Elysée, à laquelle 7500 personnes sont invitées coûte 732 826 €. En déplacement à New York, en septembre 2009, l’autre réception pour 4000 invités de la communauté française s’élève à 258 885 €. Les déplacements à l’étranger du chef de l’Etat ont tous des coûts excessifs…

Cette liste n’est qu’un échantillon!

La réception du 14 juillet 2010 serait annulée par le Chef de L’Etat : cette annonce médiatique n’aura pas l’effet apaisant naïvement escompté. La crise a exacerbé la sensibilité des Français aux dérapages de leurs élites et à leurs mensonges.

« …Je veux être le Président qui va remettre la morale au cœur de la politique. Je veux une démocratie irréprochable. Si l’Etat veut être respecté, il doit être respectable ». C’était l’engagement pris par Nicolas SARKOZY dans son discours du 14 janvier 2007.

 

4. L’EQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL ET L’EQUIPE QUI DIRIGE LA FRANCE

Ces deux équipes prévaricatrices ont « perdu », l’une en sport, l’autre en économie, battues par des pays émergents.

C’est la même immaturité qui explique l’insulte de Nicolas ANELKA, entraînant son exclusion de l’équipe de France, et les insultes de Nicolas SARKOZY proférées au salon de l’agriculture ou devant des pêcheurs en colère. Ces invectives, primitives et brutes, signent un manque de sang froid, une incapacité de dialogue et un déficit de « civilisation ».

La même volonté d’omnipotence de ces 2 équipes, au cœur de cafouillages médiatiques, est aujourd’hui démystifiée par la réalité.

Lors de ses vœux du 31/12/2007, Nicolas SARKOZY lança le concept d’une « politique de civilisation » pour re-humaniser la société. Ce projet passait par la rupture : la France devait sortir de l’immobilisme et de la société des avantages acquis.

Ces faveurs pour les nantis et la rigueur pour le peuple français (autrefois régicide) sont une perte de sens, un désordre de l’Histoire.

Sources principales : René Dosière, député de l’Aisne, apparenté socialiste, qui traque depuis 2002 les dérives financières des politiques, la Cour des Comptes, les journaux « Le Monde », « Le Figaro », « Le Parisien », « Marianne », les sites « mediapart » et « Rue 89 »…

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