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22 décembre 2010

L'esprit du capitalisme et l'écologie

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« Au-delà de  l’horreur économique  voici venu le temps d’affirmer, contre les économistes, que l’inutile crée de l’utilité, que la gratuité crée de la richesse, que l’intérêt ne peut exister sans le désintéressement »… Dans le monde des comptes, il ne faut pas s’en laisser conter !

Bernard Maris nommé « meilleur économiste », en 1995, est aussi un sociologue, un anthropologue, un romancier, un professeur d’université. Dans son «Antimanuel d’économie», en deux tomes, les Cigales puis les Fourmis, aux éditions Bréal, il convoque tour à tour des économistes de Keynes à Stiglitz , des philosophes et des romanciers tels que Montesquieu, Zola, Orwell ou Houellebecq…

L’atelier des idées publie, à nouveau, d’autres extraits de l’Antimanuel d’économie, après « Altruisme et concurrence ». Bernard Maris étudie et critique, sur un ton léger et incisif, les caractéristiques du capitalisme financier d’aujourd’hui : l’offre, la demande, la concurrence, le commerce, l’argent,  la rareté...

Le capitalisme crée la rareté

« Le capitalisme s’efforce toujours et encore de créer de la rareté là où elle n’existe pas, de la nécessité là où elle a enfin disparu, du manque là où il y a de l’excès, et des besoins là où ils sont inutiles…


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L’éternel recommencement des besoins

La rareté crée le manque, le manque crée le besoin, le besoin crée la rareté…Toute l’activité des marchands et des publicitaires consiste à créer des besoins dans un monde qu croule sous les productions. Cela exige un taux de rotation et de consommation des produits de plus en plus rapide donc une fabrication de déchets de plus en plus forte et une activité de traitement des déchets de plus en plus importante…Dans ce monde obsédé par l’utile et l’utilité, par le «  à-quoi-ça-sert ?», où l’on nous ressert l’efficacité à toutes les sauces, on n’a jamais autant produit de choses inutiles…

En fait, le paradoxe est étonnant, plus j’ai à consommer, plus je suis frustré. Des économistes ultra-libéraux ont bien compris que la seule vraie rareté, la rareté fondamentale, existentielle, était celle du temps humain. Plus je vais vite, moins je dispose de temps, car s’offrent à moi…des milliers et des milliers de possibilités de consommer…

Est-ce que ce processus à une fin ? Non. Plus on accumule, plus le temps est rare. Plus le temps est rare, plus l’on veut aller vite. Et plus la vie va vite, plus le temps devient rare, et plus on a envie d’aller vite pour rattraper ce qui ne se rattrape pas…

Accumuler, c’est, au bout du compte, mettre du temps de côté. Ajouter des grains de sable au sablier.

Mais, qu’est-ce qui m’empêche de m’arrêter ?

La foule qui court avec moi…

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L’esprit du capitalisme et l’écologie

Où pourquoi le déchet est encore plus naturel que la nature…Le capitalisme est amoral et la notion de Nature lui est totalement indifférente. Tout lui appartient. Le capitalisme est total. Pour lui, un bien est un bien et un déchet est un déchet, mais un déchet peut devenir un bien, de même qu’un bien peut devenir un déchet : il suffit de créer un marché pour cela.

L’existence d’un marché des droits à polluer marque simplement une nouvelle victoire : la rareté est arrivée là où elle n’existait pas encore, elle est désormais dans l’air que nous respirons. Tant mieux. Car plus l’air sera pollué, plus le capitalisme sera content. Il pourra le débiter en tranches et le vendre. Tout ce qu’il pollue, il vous le fera payer, il le dépolluera désormais en vous le faisant payer aussi, et sans doute, plus cher…

La puissance publique attribue des droits de propriété sur la pollution (des quotas deCO2, par exemple). Grâce à la libre négociation, ceux qui désirent polluer beaucoup achètent à ceux qui désirent polluer moins. Le prix se fixe. L’offre et la demande s’équilibrent. La pollution se répartit efficacement.

On ne peut qu’être fasciné par la modernité de l’économie…L’économie (le marché) a réussi à donner de la valeur à tout et dès lors à tout dévaloriser. Il est très grave pour l’humanité que le déchet soit traité comme son antithèse. Tout devient indifférencié par le marché et, partant, chaotique et dangereux. »

A suivre… « La création de richesse ne s’effectue pas seulement par le truchement du marché…Tout est imputé au marché, alors que tout est issu de la coopération humaine ! La valeur du marché n’est que la face émergée de l’iceberg social. Les hommes sont altruistes, sociaux et on leur fait croire l’inverse… »

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