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24 juin 2011

Les intellectuels faussaires

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Le triomphe médiatique des experts en mensonge. Pascal Boniface. Editeur : Jean-Claude Gawsewitch. Mai 2011.

Pascal Boniface est directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseignant à l’Institut d’études européennes de l’université de Paris VIII. Parce qu’il dit et écrit ce qu’il pense, contre l’air du temps, certaines portes lui sont fermées, mais sa liberté d’expression  participe à l’équilibrage  des convictions, à condition toutefois que nul citoyen ne cesse d’exercer son esprit critique.

[A la suite d’une note interne au PS, en 2001, devenue publique, il subit une violente campagne d’accusation d’antisémitisme dans les médias. Il regrettait qu’on n’applique pas les principes universels au conflit israélo-palestinien et pensait qu’on ne pouvait mettre sur le même plan l’occupé et l’occupant…Un jugement de 2006, confirmé par la cour d’appel de Paris du 5/07/2007 ne reconnut pas le bien-fondé des accusations portées contre la note de Pascal Boniface et lui rendit justice: elle prêtait à discussion mais nullement à condamnation et avait été déformée par divers organes de presse.] www.iris.france.org http://fr.wikipedia.org/wiki/pascal_boniface

 

Extraits du livre.

Je suis estomaqué par tous ces intellectuels et experts qui n’ont pas de scrupules à employer des arguments de mauvaise foi, à énoncer des contrevérités, afin d’emporter l’adhésion. Loin de subir une réprobation générale, on les acclame de plus belle…

Plus grave que ceux qui se trompent, il y a ceux qui trompent : les « faussaires».

Pire encore : les «mercenaires ». Ceux-là ne croient en rien, si ce n’est à eux-mêmes. Ils vont adhérer (ou plutôt faire semblant d’adhérer) à des causes, non parce qu’ils sont convaincus de leur bien-fondé, mais parce qu’ils estiment qu’elles sont porteuses, qu’elles vont dans le sens du vent dominant… quitte d’ailleurs à s’auto-présenter, comme c’est souvent le cas, comme allant à l’encontre du politiquement correct.

Dans tous les cas, tous sont conscients qu’ils sont aux antipodes de l’honnêteté intellectuelle, et ils ne s’en soucient pas pour deux raisons.

La première est que pour eux la fin justifie les moyens.

La seconde est qu’à partir du moment où ils défendent les thèses dominantes, leurs méthodes répréhensibles ne seront jamais sanctionnées…

Celui qui dénoncera les mensonges d’intellectuels médiatiques n’aura pas toujours accès aux médias, ces derniers ne voulant pas se critiquer eux-mêmes… 


L’expression « fascisme islamique » est surtout utile en raison de sa charge émotionnelle. Elle permet d’alimenter la peur en accréditant l’idée que l’Occident combat un nouveau fascisme et de nouveaux Hitler. Ce concept permet de préparer l’opinion à accepter l’idée que la guerre peut et doit être préventive…

Fabriquer de faux concepts : voilà encore une nouvelle trahison des clercs. Au lieu de permettre au citoyen de réfléchir à des phénomènes complexes, on simplifie à l’extrême, on fournit à l’opinion publique des produits intellectuellement frelatés et toxiques et on fabrique des leurres idéologiques…

La dénonciation de l’Islam, ou des arabes, passe par le filtre masquant de la lutte contre le terrorisme, la censure religieuse, la défense de la laïcité, ou la liberté des femmes. Bizarrement, les seules femmes qui méritent qu’on se mobilise pour les défendre sont musulmanes. Mais qui pourrait affirmer que les violences conjugales, en France, sont le monopole des musulmans ?

Comment ne pas s’apercevoir en fait que les reproches faits aujourd’hui aux musulmans et/ou Arabes étaient ceux autrefois faits aux juifs : « Ils ne sont pas comme nous ; la religion nous différencie totalement; ils ne peuvent ou ne veulent pas s’intégrer ; ils sont une menace pour notre identité et notre sécurité » ?

Dans un Etat démocratique, le souci de vérité doit être sacré. Nos « faussaires » sapent subrepticement la démocratie.

De quelques faussaires en particulier.

Alexandre Adler- Caroline Fourest, « sérial-menteuse »-Mohamed Sifaoui- Thérèse Delpech, Madame Tapedur- Frédéric Encel, un homme d’influence- François Heisbourg- Philippe Val- BHL, le seigneur et maître des faussaires.

Caroline Fourest : 16 pages de ses mensonges.

...La technique de Caroline Fourest consiste à accuser ceux avec lesquels elle n’est pas d’accord de complicité avec l’islamisme, de non-dénonciation de l’antisémitisme, de passivité devant les viols, le sexisme, l’homophobie dans les cités, de vouloir par compassion défendre tous les exclus, des désœuvrés  de banlieue aux Palestiniens, le problème, c’est qu’elle ne cite jamais un texte qui pourrait confirmer ces affirmations gratuites. Au tribunal de Fourest, la vigueur de l’accusation tient lieu de preuves. La vigueur de l’accusation est inversement proportionnelle à la rigueur de la démonstration.

Comme le souligne Mona Cholet : « On peut n’avoir aucune sympathie pour Tariq Ramadan, et être néanmoins saisi de dégoût devant le sensationnalisme à 3.50 € de la biographie approximative qu’elle lui a consacrée. » Pour mieux faire trembler dans les chaumières, elle emploie à chaque page les adjectifs « inquiétant », « sinistre », « effrayant », « terrifiant », « guère rassurant », « à faire frémir », « à faire froid dans le dos », « à glacer le sang »…

Mona Cholet, à partir de ses critiques, cessa de pouvoir publier chez Calmann-Lévy, également éditeur de Caroline Fourest…

Caroline Fourest a contre-attaqué dans l’émission « les grandes gueules », du 6/06/2011, sur RMC Info, mais ses propos, très maladroits et « aériens », conforteraient plutôt ce que Pascal Boniface a écrit sur elle. http://pascalbonifaceaffairesstratégiques.blogs.nouvelobs...

 

Bernard Henry Levy : une critique de 46 pages, à partir de nombreux faits.

A tout seigneur tout honneur : BHL est certainement le modèle même du « faussaire », le maître absolu, le mètre étalon. Il a créé le prototype et en a fait une référence.

BHL passe pour un intellectuel éclairant le public alors que c’est un désinformateur. Il passe pour quelqu’un de profondément engagé en faveur de la morale alors que c’est le cynisme même…Il passe pour un universaliste alors que c’est un communautariste forcené…

A partir de ses amitiés en réseau (Arnaud Lagardère, Serge Dassault, François Pinault), particulièrement dans le monde médiatique, il fait taire tous ceux dont les opinions ne lui plaisent pas. En 1999, il avait inauguré cette stratégie à l’encontre de Régis Debray puis il fit décommander l’invitation faite à Tarik Ramadan au Forum social européen. Président de la commission d’avances sur recettes, il rejeta le scénario de Germinal par le producteur Claude Berri, qui ne souhaitait pas Arielle Dombasle. Il voulut empêcher la publication du livre sur lui de Philippe Cohen et déprogrammer un documentaire de Canal Plus. Christophe de Ponfilly, authentique ami de Massoud, tenta de faire passer un article dévoilant les mensonges de BHL sur sa (fausse) proximité avec le résistant afghan. Ni le Monde, ni Libération, ni Le Figaro ne voulurent passer cette contribution.  Les journalistes  d’Entrevue ayant été censurés, c’est une ONG britannique qui a publié une enquête sur l’entreprise de BHL, en Afrique : « Les travailleurs se contentent de ruisseaux pour s’alimenter en eau, ils sont dépourvus de médicaments … »

Après la triste affaire Botul, BHL confond Rodrigo Taddei, joueur de football et Frédéric Taddeἳ journaliste de « Ce soir ou jamais » sur  « France  3 », dont il voulait annuler  la  prolongation du contrat. Frédéric Taddeἳ envoie un droit de réponse : « Je croyais naïvement que M Lévy voulait être le Sartre de son époque. Je me trompais, il se contente d’un rôle moins ambitieux, agent de la circulation médiatique : il siffle quand  ça lui déplaît, agite son bâton, demande les papiers, fait souffler dans le ballon, heureusement que nous vivons en démocratie sinon il nous passerait à tabac… »

Au cours d’un débat organisé par Radio Communauté Juive le 23/03/2011. Bernard-Henri Lévy a traité Bernard Boniface de « triste personnage » en lui attribuant des propos anciens que ce dernier n’a jamais tenu, la Justice l’ayant confirmé.

La lecture d’un autre livre de Bernard Boniface «  Est-il permis de critiquer Israël ? » chez Robert Laffont nous interpelle en révélant la véracité assez élastique des affirmations de BHL, ce jour-là.

Annie Keszey

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