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02 octobre 2011

Primaire présidentielle 2012 : Arnaud Montebourg

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La République plus forte que la mondialisation. 2€. Flammarion. Site: www.demondialisation.eu

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Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche, Président du conseil général de Saône-et-Loire et député, centre son programme sur la démondialisation verte, entre le socialisme de l’impasse, socialisme redistributif condamné et le socialisme de la dérive, socialisme de l’ajustement qui veut nous adapter à la mondialisation.

La mondialisation libérale est un système qui a méthodiquement organisé la mise en concurrence mondiale, sans limite, sans scrupule, sans filet, sans foi ni aucune loi, des salariés, des entrepreneurs, des agriculteurs et de tous ceux qui ont été placés en concurrence directe avec des travailleurs chinois, des ingénieurs indiens et des paysans argentins, ceux-là même qui n’ont d’autres choix que d’accepter des rémunérations de misère pour vivre ou survivre. Le bilan de la dernière décennie est un désastre  pour ceux qui n’ont d’autres ressources que leur travail : délocalisations en série, destructions d’emplois et d’outils de travail, diminution des salaires et revenus du travail par la pression à la baisse.

Finalement, ouvriers, cadres, syndicalistes, même directeurs d’usine, élus locaux, parlementaires, peu importe, nous sommes devenus les otages enchaînés d’un système qui n’a plus le sens de l’être humain, de la modération et de l’équilibre. Un système extrémiste et inhumain auquel il faut mettre fin.

Fin de partie pour ce monde du libre-échange sans frein, tellement déséquilibré qu’il n’est plus utile à personne. Le libre-échange c’est la guerre de tous contre tous.

La grande modernité de la démondialisation c’est qu’elle agit comme un instrument de changement du monde. Protectionnisme vert et ouverture : ces deux principes sont conciliables.Le protectionnisme européen, à la fois vert et social, c’est le keynésianisme du XXIème siècle. Une volonté politique d’organiser de façon réaliste, juste et efficace, l’économie de marché mondiale.

Les principales propositions d’Arnaud Montebourg.

- Intégrer, dans les traités de libre-échange de l’Organisation Mondiale du Commerce, de nouvelles conditions non-marchandes,  afin de garantir que la compétition ne se fasse pas au détriment du travail et de l’environnement. Imposer des taxes douanières sur les produits en provenance de pays violant les obligations du protocole de Kyoto luttant contre le réchauffement climatique.

- Instaurer une taxe carbone extérieure aux frontières de l’UE et une autre intérieure aux frontières.

- Instaurer une taxe sur le transport maritime. (Quel est le sens de consommer des crevettes pêchées au Sénégal, épluchées en Hollande et consommées dans le monde entier ? Toujours moins de coûts, toujours plus de volume, 550 millions de tonnes transportées en 1955, 8 milliards en 2008.)

- Créer une agence sanitaire, sociale et environnementale chargée de calculer le coût écologique et social des produits étrangers afin de proposer à l’UE des mesures anti-dumping.

- Pratiquer la préférence commerciale régulée avec les pays s’adaptant aux normes sociales et écologiques internationales.

- Encadrer par une loi française, puis européenne, les filiales hors Europe, des entreprises transnationales afin qu’elles respectent les standards internationaux de production, des conditions de travail et de respect de l’environnement.

- Contraindre les entreprises à la transparence des comptes, à la publication de registres de leurs actionnaires et de rapports annuels sur l’impact social et environnemental de leurs activités.

Institutionnaliser les labels avec certifications sociales et environnementales pour informer le consommateur

- Doter l’UE d’un instrument de surveillance de certains investissements sensibles, engager la convergence fiscale et sociale, avec un salaire minimum état par état, abonder un budget communautaire par un impôt sur les bénéfices et les transactions.

- Interdire, en France, la commercialisation de certains produits, hors UE, aux prix déloyalement bas.

- Faire un accord stratégique industriel, avec l’Allemagne, en définissant 20 secteurs dans lesquels les intérêts sont communs. Passer un nouveau marché avec l’Allemagne : discipline budgétaire en Europe contre la hausse des salaires en Allemagne et en France ; maintien de l’euro sous gouvernance de la Banque Centrale européenne contre protectionnisme vert. Depuis la fin des années 1990 et les réformes Schröder, le « faux modèle allemand » s’est bâti sur une flexibilisation brutale du marché de l’emploi et sur la modération salariale. De 1998 à 2010, le pouvoir d’achat de chaque salarié allemand a baissé de 1% tandis qu’il augmentait de 18% en France. L’Allemagne est devenue «la Chine de l’Europe », celle qui exporte à tout prix, tire les salaires vers le bas et vit des déficits des autres. Le modèle allemand c’est un gagnant et vingt-six perdants. Il ne s’agit pas de dresser un portrait apocalyptique de l’Allemagne dont la force des PME est à envier et à imiter, comme la puissance de sa recherche développement qui conduit à 3 fois plus de brevets par habitant qu’en France.

Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

Deux socialistes aux projets divergents. Manuel Valls, à la droite de la Gauche, sans être au Centre, propose une Réforme, pragmatique, possible à court terme, tempérée,  de la mondialisation et de l’économie virtuelle.

Arnaud Montebourg, à la gauche de la Gauche, avec refus des extrêmes, définit une politique de rupture complexe avec le néo-capitalisme débridé, marquée par sa formation d’avocat : les lois, règles, contraintes et contrôles nombreux exigeraient une concertation permanente et de haute technicité entre tous les états européens puis avec tous les états du monde. Arnaud Montebourg n’explore pas, dans ce livre, les contre- attaques des forces du marché et les contournements de son programme qu’il lui faudrait affronter.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

 

Programme suivant: Martine Aubry

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