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29 juin 2012

LES CARNETS A SPIRALE DE FRANZ-OLIVIER GIESBERT.

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Franz-Olivier Giesberg, journaliste, nous dit avoir tout noté depuis les années quatre-vingt, sur des cahiers à spirale, qu’il vient de vider dans « Derniers carnets- Scènes de la vie politique en 2012, et avant », édité chez Flammarion.
Le style est « percutant », les analyses sévères et les portraits sans complaisance. Quelques morceaux choisis.
Martine Aubry.
Martine Aubry pète volontiers les plombs. Elle ment comme une arracheuse de dents. Elle affuble tout le monde de noms d’oiseaux. Une cocotte-minute où bout un mélange de fiel et de vinaigre. Et pourtant elle peut inspirer de la sympathie, sans doute parce qu’elle fait penser irrésistiblement  à George Sand, l’une des héroïnes de  ma vie, dont  Gustave Flaubert disait : Il faut la connaître pour savoir tout ce qu’il y a de féminin dans ce grand homme …



Nicolas Sarkozy.
Qu’est-ce qui m’a toujours gêné chez Sarkozy ? Sûrement pas sa propension à vous hurler dessus. La colère est la force des pleutres et, dans son cas, elle fait souvent pitié.
Ni son intarissable  babil de tyranneau latino-américain qui laisse à penser qu’il parle même quand il dort : mort, il jactera encore, j’en suis sûr. C’est comme une maladie.
Ni, enfin, son incroyable confiance en soi de Napoléon de poche, toujours en autopromotion : inutile de convoquer la psychanalyse pour comprendre qu’il a trouvé là le moyen de noyer les doutes qui le travaillent…[Le portrait complet, fin, justifie la lecture à lui seul !]
Laurent Fabius.
Soudain, je comprends à quoi il pense. Fabius a une bouche à aimer les confitures. On dirait qu’il les goûte mentalement pendant que Sarkozy le dépèce. Il en a plein l’estomac, elles remontent à ses lèvres pourléchées d’amour de soi, et il les savoure avec l’indolence des personnages de haute extraction…
Jean-Luc Mélenchon.
…Qui connaît cet homme le trouvera irrésistible. Il a tout ce qui manque à ses congénères du monde politique : la colère, la violence, la passion, la culture historique et philosophique. Sans parler du charisme…
En cours de lecture l’on approche George Pompidou,  Jacques Chirac, Edouard Balladur, Alain Juppé, François Mitterrand, Dominique de Villepin, François Hollande, (remarquable chapitre 18 : le cadenas de la chattemite) François Bayrou. Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, Pierre Moscovici, Stéphane Le Foll… et Marine Le Pen, char d’assaut coiffé de cheveux blonds…
L’auteur commente des réalités politiques  telle que la dette et cible fermement  les responsabilités. Il rend publiques de multiples conversations inconnues, parfois détonantes, entre nos représentants politiques, au sommet de l’Etat.
Toutes ces vérités sont bonnes à dire. Elles intéressent, distraient et plongent le lecteur dans une réflexion plaisante mais grave sur les heurs et heurts du fonctionnement démocratique.
Franz-Olivier Giesbert ne s’oublie pas : …Bayrou n’a pas grand-chose d’un loup. Je le verrais plutôt en bovin, ce qu’on dit souvent de moi, et que je prends pour un compliment. Le bovin a la démarche lente et lourde que rien ne dévie jamais de sa route. Le bovin taiseux et volontaire qui ne connaît pas la peur et ne se laisse jamais guider par ses émotions de l’instant…
www.atelier-idees.org  Annie Keszey.

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