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31 juillet 2012

EVOLUTION DU RACISME AUX ETATS-UNIS.

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L’américain Randall Kennedy, professeur de droit à Harvard a examiné, dans le Monde du 16/06/2012, le poids de la question raciale dans les Etats-Unis de Barack Obama.

Un lycéen noir de 17 ans, Trayvon Martin, a été assassiné par un vigile blanc auto-proclamé Georges Zimmerman, à Sanford, en Floride, le 26 février 2012.
Le meurtrier, laissé libre et impuni, n’aurait  pas été inculpé le 12 avril, sans la très forte pression populaire exercée par des manifestations sur tout le territoire.


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Ce meurtre est un révélateur de l’état de l’opinion, qui reste partagé.
Les Blancs trouvent, contrairement aux Noirs, que les medias ont trop parlé de cette affaire, cependant certains d’entre eux ont participé aux protestations. Le pays s’est divisé en une mobilisation et une contre-mobilisation, deux versions de l’histoire qui s’opposent avec, des deux côtés, des tentatives pour simplifier, généraliser le sujet…

Les Afro-américains pensent toujours que la vie d’un noir vaut moins que celle d’un Blanc. C’est une réalité non seulement dans le domaine de la sécurité mais aussi dans les domaines de la mortalité infantile, l’éducation, la santé ou les prisons…

« Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin » a fini par dire Obama. L’ambiguïté est volontaire et étudiée, du pur Obama ! Il n’a pas parlé expressément de race. Il a une liberté de parole plus limitée dans ce domaine qu’un président blanc. Il sait que la société est instable dans ce domaine et que le sujet peut lui exploser à la figure. Certains conservateurs ont pu comprendre qu’il parlait en tant que noir et lui ont reproché de diviser le pays. Mais la phrase pouvait aussi avoir été prononcée par n’importe quel père de famille. Cela suffit à montrer la centralité de la question raciale aux Etats-Unis…

Tout ce qui arrive de négatif- chômage, catastrophe naturelle, épidémie- touche particulièrement les Noirs parce qu’ils sont plus vulnérables socialement. Mais les Noirs resteront la catégorie sociale la plus farouchement pro-Obama…Ils voient bien que, jour après jour, cela modifie la psychologie de la société américaine…

Mon sentiment est que la campagne présidentielle 2012 va être plus sale que celle de 2008. Depuis le début de son mandat on entend dire que le président n’est pas né aux Etats-Unis, qu’il est secrètement musulman. Les leaders républicains n’ont pas cessé ces calomnies. Je pense que ces rumeurs sont des substituts au racisme…

Indirectement, l’opposition acharnée des républicains à la loi Obama sur la santé à une composante raciale, car beaucoup de gens pensent qu’il s’agit principalement d’aider les Noirs…
Dans l’absolu, les Blancs pauvres sont plus nombreux que les Noirs pauvres. Mais la pauvreté fait immédiatement penser aux Noirs, sans doute, parce que, dans les medias, on ne montre jamais de Blancs pauvres…Il en est de même pour la réforme sur la santé : elle concerne beaucoup plus de Blancs, mais ses détracteurs, les plus conservateurs, considèrent qu’elle a été conçue au bénéfice des Noirs…
La cour suprême, majoritairement conservatrice, (5 juges sur 9), fin juin, a déclaré constitutionnelle la loi sur l’assurance maladie, l’Obamacare, qui sera maintenue dans sa totalité  (les 4 voix libérales et celle du président conservateur John Roberts POUR et les 4 voix conservatrices CONTRE)…

Images:"R" us, l'Express et taxboard.com
www.atelier-idees.org    Annie Keszey

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