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22 février 2013

POUR SUPPRIMER LES PARTIS POLITIQUES!?

Daniel Cohn-Bendit.
Réflexions d’un apatride sans parti. Editions Indigène : « Ceux qui cherchent contre le vent ».

Un parti, c’est un blindage, une structure fermée, presque génétiquement hermétique à la société… Le débat politique, en son sein, se limite pour l’essentiel, à des questions d’organisation du parti, de répartition du pouvoir, de stratégie et de gestion des différents processus plus ou moins démocratiques auxquels il faut recourir…Dans un tout autre style on a aussi le « modèle » du parti politique qui fonctionne comme une machine électorale…Le parti-entreprise en est une autre version…La matrice idéologique d’un parti, c’est en fait une armure ; mais une armure fragile car le moindre coup risque de la désintégrer. Le blindage, c’est finalement l’artifice permettant de contrecarrer la moindre déviance….

Daniel Cohn-Bendit, député européen, co-fondateur d’ Europe-Ecologie,  en 2009, propose de constituer une forme d’action collective qui ne passe pas forcément par un parti politique.

Extraits discontinus.
La lecture de son livre court, de 37 pages, au prix bas de 3.10 €, est un plaisir intellectuel et un espoir.  C’est le témoignage profond, en fin de carrière, d’un homme politique intelligent, réfléchi, empreint de philosophie et qui parle fort et « vrai », aujourd'hui.
Les conditions de son enfance expliquent ses fondements de vie libertaires : Pour moi, un libertaire se définit dans une opposition à tout concept d’autorité qui s’imposerait autrement que par une volonté collective autonome, ni dieu, ni maître, il n’est pas de sauveur suprême, ni religion, ni idéologie, ni parti, ni Etat…

Les penseurs qui l’ont formé ont ouvert un chemin de pensée qui s’enracine dans la volonté de rester  (tous) libres, mobiles, critiques, de «ne pas appartenir » : refus d’adhérer à un camp, de suivre la ligne d’un parti. C’est le retour de l’autonomie du sujet…
Daniel Cohn-Bendit précise les apports, dans sa pratique politique, de l’Ecole de Francfort, d’André Gorz, premier théologien de l’écologie politique, d’Edgar Morin, du grec Cornelius Castoriadis, cofondateur du groupe « Socialisme ou barbarie ». Pour Castor, «  l’autonomie c’est soumettre ce qu’on a reçu à un examen lucide, à un examen réfléchi et se dire : cela je le retiens, cela je ne le retiens pas…C’est un travail perpétuel, et ce travail est…ce qui définit l’autonomie »…Daniel Cohn-Bendit croit à l’utopie plausible, celle des Etats-Unis d’Europe, par exemple, associée à deux notions, la responsabilité et la véracité du discours politique. Pour être vrais et responsables, les politiques doivent intégrer le risque, tel qu’il a été conceptualisé dans la «Société du risque » d’Ulrich Beck, sociologue à l’Université de Munich : risque nucléaire, risque médical, risque alimentaire, risque du chômage…Les politiques divers pourraient présenter plusieurs stratégies pour affronter les risques et les citoyens électeurs voteraient pour un type de risque en en partageant la responsabilité, au lieu de tout déléguer pour se retrancher dans l’irresponsabilité totale. La démocratie est un risque partagé entre les forces politiques et les citoyens.
La sociologue marocaine, professeur d’Université, Rabat Fatima Mernissi, lui dit : « Dany, il y quelque chose qu’il ne faut jamais oublier, c’est le miracle de la boîte noire, la boîte où tu mets ton bulletin de vote. La liberté de mettre un bulletin de vote change profondément les sociétés… ». C’est l’acte de participation le plus large à la vie publique.
Daniel Cohn-Bendit, à la suite d’Aristote et de Heidegger, rappelle la distinction entre la colère et l’indignation. Il rend hommage au combat « des Indignés » et au mouvement « Occupy Wall Street » mouvements efficaces hors partis, pour le bien commun. Une politique du bien commun ne peut se faire que si tu agis non pas pour les autres mais avec les autres…L’indignation est l’absence de tout intérêt personnel et la seule considération du prochain.

Le 22 mars 2010, Daniel Cohn Bendit , face à l’incurie des partis traditionnels incapables de développer un changement social avait appelé à la formation d’une Coopérative politique, à l’ouverture d’un espace autonome dans le paysage politique français.
Il renouvelle son appel aujourd’hui à former une  Coopérative, ouverte, qui s’appuierait  sur « les collectifs Europe-Ecologie 22 mars » et aurait la volonté de favoriser un rassemblement pour construire un « bien commun ».
Le dernier paragraphe, « En guise de conclusion: le réformisme subversif »,  est une critique très sévère du parti « Europe-Ecologie », perdant, de plus, nullement aidé par le pouvoir socialiste. Le duo Hollande-Ayrault fonctionne avec le disque dur d’un autre siècle. La modernité de la transformation écologique ne leur parle pas, elle leur est complètement étrangère. De « Notre-Dame-des-Landes » au « Lyon-Turin »  en passant par leur vision exclusivement productiviste de la compétitivité économique, ils ratent le rendez-vous avec l’histoire du XXIème siècle

Au regard de cette situation, Europe- Ecologie doit s’imposer en créant l’espace d’un réformisme moderne imaginatif et subversif. Défendre la majorité de gauche contre la droite tout en défendant un projet autonome de transformation écologique, d’une modernisation tout à la fois économique, sociale et politique. Etre simultanément dans la majorité et en dehors- pas contre elle- tout en l’imprégnant des  mobilisations sociétales et en l’investissant aussi bien d’initiatives que de propositions. La qualité subversive vient du refus de s’allier avec les oppositions- même celle à la gauche de la gauche- pour se constituer en force de propositions dans la majorité. Par conséquent, d’être aussi en opposition avec l’opposition. Faire de la politique avec humilité et clairvoyance.

La proposition de Daniel Cohn-Bendit séduit, en particulier, les abstentionnistes nombreux, fatigués du spectacle anachronique des partis politiques traditionnels, impuissants.
Mais qui aura l’énergie, le talent et le désintéressement personnel pour la concrétiser? Daniel Cohn- Bendit annonce sa retraite pour 2014.

Le 7 octobre 2009, l’atelier des idées a publié «  Note sur la suppression générale des partis politiques » écrite par Simone Weil, en 1940, parce que, disait-elle, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration.
www.atelier-idees.org
www.notreputeaux.com
Annie Keszey.

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