Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10 avril 2015

DES MAJORITES MINORITAIRES.

Second tour des élections départementales.

 

 

 

Des citoyens français disposant théoriquement du droit de vote ne s’inscrivent pas sur les listes électorales bien qu’il s’agisse d’une obligation : 22.50 % du corps électoral n’est donc pas compris dans les inscrits, selon l’Insee. Ils sont «empêchés de voter » du fait de leur désertion civique.

L’abstention au second tour (50.02 %  des inscrits) les bulletins blancs (2.86 % des inscrits) et nuls (1.30 % des inscrits), au niveau national, soit un total de  54.18 %, dépassent les suffrages exprimés : 45.82 %.

Le Front National, par exemple, obtient 22.23% des suffrages exprimés, 10.18 % des suffrages des inscrits et  un résultat virtuel de 7 % rapporté au corps électoral français.

Le danger d’une «  France frontiste » n’est peut-être qu’une hypothèse superficielle des medias qui ignorent « le plafond de verre »!

La question essentielle pour vaincre le déclin démocratique est de redonner à 85 % des électeurs (évaluation du Cevipof) la confiance perdue dans les partis politiques. Les solutions proposées sont faibles : rendre le vote obligatoire, permettre aux électeurs de s’inscrire jusqu’au 30 septembre sur les listes électorales, simplifier les procurations et le vote par correspondance, étendre les plages horaires des votes, faire des campagnes civiques... «.Le vote blanc reconnu par la loi du 1/04/2014, est « compté » mais toujours pas « comptabilisé » dans les suffrages exprimés. Souvent aussi il devient « nul » tant sa fabrication suit des règles strictes (il doit avoir exactement la dimension d’un bulletin pour être valide). L’enveloppe vide, devenue bulletin blanc, est peu utilisée  à cause de sa légèreté matérielle peut-être décelable par les assesseurs... » (Jérémie Moualek, chercheur en sociologie politique. Votes blancs et nuls. A qui profite la confusion ?)

La progression nationale des votes blancs et nuls est un autre phénomène politique, peu médiatique. 1 677 620 électeurs ont fait ces choix de ne pas renoncer à voter tout en refusant l’offre politique proposée. Leur nombre dépasse les scores de plusieurs formations : Europe-Ecologie-Les Verts, le Parti communiste, Debout la France, le parti radical de gauche, le Front de gauche, le Modem...

Les majorités d’électeurs qui ont élu les binômes gagnants sont minoritaires dans le corps électoral.

Par exemple, le binôme vainqueur du canton de Courbevoie-2, Monsieur Vincent Franchi et Madame Aurélie Taquillan, élu par 63.70 % des suffrages exprimés, (score très honorable)  ne l’est qu’avec un pourcentage de  25. 53 % des inscrits soit un quart des électeurs environ. Le nombre de non-inscrits sur les listes électorales n’est pas connu au niveau du canton.

Ces élections sont bien sûr légales mais elles insistent sur la nécessité de dépasser les clans idéologiques réduits pour servir l’intérêt général.  Une déclaration récente de Vincent Franchi, dans le journal communal, rassure : « La fraternité et la solidarité sont aussi des règles de sagesse et les premiers de nos devoirs. Nous devons défendre nos valeurs, la liberté d’expression et la liberté de penser, fondements de la démocratie, défendre inlassablement les trois belles idées déclinées dans notre devise républicaine et rester rassemblés ».

La nouvelle parité n’a pas vaincu l’obstacle de la désignation  d’hommes aux présidences des départements. Les femmes élues ont voté massivement pour des hommes : 91 sur 101.

Les futures élections régionales vont- elles retomber dans cet abîme d’incompréhension qui sépare les élus des Français ?

Mais non !

Nos chers élus, conscients, travaillent à la reconquête de leur légitimité.

 

Annie Keszey.

 

Image : learn more.

 

14 janvier 2015

MESSAGE A MADAME CECCALDI-RAYNAUD,MAIRE DE PUTEAUX.

 

 Madame,

 

Votre parti, l’UMP, a accepté l’Union nationale voulue par le Président de la République, pour répondre aux carnages terroristes. Vous-même avez approuvé cet appel et vous êtes associée publiquement à l’hommage rendu aux victimes  de Charlie Hebdo, de l’hypermarché  casher et des forces de sécurité : « Nous sommes Charlie ».

Vous avez défendu la liberté d’expression et la liberté de la presse.

L’Union nationale est un rare moment  de paix parfaite et de fraternité, au-dessus des partis, qui suspend les rivalités et les critiques fondées ou infondées. Votre engagement, particulier, est à saluer : vous avez été une cible de Charlie Hebdo, qui vous a caricaturée,  et pourtant vous avez défendu la mémoire des dessinateurs, avec le même engagement apparent que le peuple anonyme.

L’un de vos opposants, conseiller municipal du MoDem, justicier permanent d’un tribunal populaire fantôme, s’est fait prendre en photo, au sein du cortège défenseur de la liberté d’expression, or, ce blogueur censure son blog ! Il s’est approprié la notoriété funèbre des «  Charlie Hebdo » en rééditant des caricatures  vous concernant : mitrailleur  opportuniste, cassant ainsi l’Union  locale de Puteaux par sa recherche exténuante de   promotion politique. Ce n’était pas le moment de réactiver le combat permanent interpartis, dont  les  nombreux électeurs abstentionnistes sont lassés. Bien sûr, de nombreux extraits de Charlie Hebdo ont envahi la presse et les réseaux sociaux, mais sans capturer le prestige des auteurs. L’erreur humaine   cesse d’être répréhensible quand elle est corrigée avant de nuire: ainsi, le directeur de BFM TV qui avait publié le nombre anormalement élevé de téléspectateurs sur la chaîne en liaison avec l’horreur djihadiste a-t-il vite effacé ses statistiques publicitaires, conscient de leur indécence.

Votre opposant est un dissident à l’intérieur de son parti. François Bayrou, en précurseur visionnaire, le 15 mai 2014, demandait « l’Unité nationale pour conduire une politique de restructuration et reconstruire massivement les piliers qui font la France »… L’erreur fut de ne pas l’entendre.

La belle France « debout » contre ce terrorisme barbare, est d’une  haute conscience,   rassurante, au-delà des partis. Chacun sait les graves préoccupations et les divergences que recouvre  cette apparente unité.

La France est un conglomérat de communautés diverses qui interroge l’indivisibilité républicaine, sans que cette lente évolution, irréversible, n’ait été prise en compte par les responsables politiques. Les confrontations et les ajustements sont devant nous.

Les politiques, en tête de cortège, ont récupéré la tristesse collective, sans pouvoir embrigader cependant la foule éprouvée et lucide qui avait, la première, défendu les valeurs républicaines. Les présences du ministre turc des affaires étrangères, du chef de la diplomatie russe, du premier ministre hongrois et du président gabonais, en particulier, représentants de régimes peu portés sur la liberté de la presse, n’ont pas fait illusion. La question de Reporters sans Frontières « Au nom de quoi les représentants de régimes prédateurs de la liberté de la presse viennent-ils défiler à Paris ? » était aussi la question des citoyens ordinaires. En ajoutant les représentants de l’Egypte, de l’Algérie et des Emirats arabes unis, il était très difficile de légitimer la seule exclusion « conceptuelle » du FN français, parti   d’extrême droite, mais toujours reconnu légal par la République! L’extrême gauche défilait !

La foule, convaincue du fait que « nous sommes en guerre asymétrique », n’a  pas davantage succombé aux discours atténués, contournés, enlisés dans l’impuissance relative des responsables chargés de la prévention des massacres terroristes. Amedy Coulibaly a été condamné sept fois, en douze ans, à vingt-deux ans de prison! Ce 13/01/2015, l’ennemi est clairement désigné en haut lieu : l’islamisme radical.

« Je suis Charlie » slogan unitaire remarquablement rassembleur de Français endeuillés   n’a pas signifié non plus l’adhésion à un art unique de la caricature: celui de Charlie Hebdo, art aux confins de la provocation courageuse et dangereuse.

Le peuple de la France laïque, a confirmé  sa Liberté. Il a reconnu l’efficacité de la Présidence de la République, de l’Exécutif et des Forces de sécurité pendant ces jours de traque.

La liberté d’expression, celle de la presse ne sont pas absolues. Des lois en marquent les limites. Les représentants politiques d’aujourd’hui et de demain devraient maîtriser pour tous, et donc d’abord pour eux-mêmes, cette valeur collective républicaine. Dans les Hauts-de-Seine, par exemple, le PS accepterait la candidature aux prochaines élections  d’un condamné, au pénal, pour diffamation, par la Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Le candidat a été sanctionné pour ses expressions  violentes et son extrême virulence. Ce choix est-il compatible avec la nouvelle rigueur des « engagés » qu’impose le risque national ? Non !

Le changement, c’est maintenant : laïcité ferme, éducation, instruction, autorité de la Justice, force du renseignement, sécurité de l’emploi, égalité et fraternité.  

 

Madame Ceccaldi-Raynaud, poursuivez, sans faillir, la défense de la liberté d’expression.

Chantez la Marseillaise, tous ensemble, lors du prochain conseil municipal, comme viennent de le faire, spontanément, tous les députés.

Annie Keszey.