Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15 février 2010

Le Brevet des Collèges

iceberg_emerge_brevet_puteaux.jpg

Dans Puteaux-Infos de Janvier 2010, en page 59, dans la tribune de la majorité municipale, Monsieur Vincent Franchi, Adjoint au Maire, chargé, en particulier, des affaires scolaires, écrit :

... « Par ailleurs, si les collèges de Puteaux obtiennent de bons résultats au brevet, pourquoi n'aurions-nous pas le droit de féliciter les établissements et les collégiens de notre ville ? »...

Monsieur Franchi peut, en effet, féliciter individuellement des collégiens, surtout si cette marque de considération les motive et remercier les enseignants pour leur engagement.

Mais, en aucun cas, il ne peut féliciter les collèges pour leurs bons résultats au brevet. Les résultats collectifs au brevet, exprimés en pourcentages, n'évaluent pas un établissement.

Un Maire, un Adjoint au Maire ne sauraient perpétuer des « idées reçues » en ignorant les faits.

L'EDUCATION NATIONALE A POUR OBLIGATION DE CONSTRUIRE UNE CERTIFICATION TERMINALE EFFICACE, VALABLE, DU COLLEGE, DANS SA GLOBALITE.

« ...Le brevet n'est plus un diplôme national et a perdu de son sens. Cette formule, brutale, résume le sentiment du Haut Conseil de l'Evaluation à l'Ecole.

[Ce Haut Conseil est un organisme officiel créé en 2000. Il a eu pour mission, non pas d'évaluer l'école, mais de faire état de l'évaluation de celle- ci. Il s'est s'intéressé à tous les niveaux du système éducatif. Il comprenait 35 membres représentants l'ensemble des usagers et partenaires de l'Education Nationale .Il a été remplacé en 2005 par le Haut Conseil de l'éducation aux fonctions encore plus larges].

Les conditions actuelles d'organisation et surtout de pilotage de cet examen ne lui permettent pas de remplir ses fonctions.

Vu la forme des épreuves actuelles, les modalités d'élaboration des sujets, les très fortes disparités des appréciations des élèves entre établissements et entre enseignants (disparités qui ne concernent pas le seul contrôle continu), l'absence à peu près générale d'harmonisation de la notation (y compris souvent au plan de chaque département), sans parler de l'hétérogénéité des séries, le brevet peut difficilement apprécier de façon fiable et cohérente les acquis des élèves en fin de troisième et encore moins donner des indications utiles à son orientation.

L'absence d'un pilotage national de l'examen est manifeste : il ne fait pas l'objet d'un véritable suivi au niveau national et l'administration centrale ne dispose pas d'un fichier des résultats qui lui permettrait de réaliser des études de nature à alimenter le pilotage du système éducatif, comme elle peut le faire pour le baccalauréat...

Cependant, sur le terrain, le brevet ... conserve une valeur symbolique forte, notamment aux yeux des familles populaires et modestes, ceci bien qu'il ne bénéficie plus d'une reconnaissance de la part des employeurs »...

Christian Forestier, Claude Thélot, Jean- Claude Emin, dans « Que  vaut l'enseignement en France ? » Editeur Stock, mars 2007, permettent d'acquérir une connaissance approfondie du système éducatif. Cette source d'information très expérimentée et fiable est indispensable à tous les responsables en instruction.

college_puteaux.jpgPRIORITE AU SAVOIR

Il est de notoriété publique que les communes ne sont pas responsables des locaux des collèges ou des lycées. Le Lycée Agora, à lui seul, démontre que si des locaux réfléchis et entretenus sont nécessaires, ils ne sont pas suffisants pour réaliser la réussite scolaire. Rien ne s'oppose cependant à ce que la ville de Puteaux (trop riche par rapport à d'autres villes) appuie, à tous les niveaux, la scolarité des élèves, en concertation avec les autres autorités.

Ainsi participera-t-elle, par un renforcement du langage par exemple, à un moindre chômage ultérieur puisque, dès le cours préparatoire, ceux qui échouent y sont prédestinés. Un engagement complémentaire précis, au niveau des collèges et des lycées, pour l'apprentissage des langues et de la culture générale, sur une longue durée, serait plus pertinent que les quotas (trop tardifs) d'entrée dans les Grandes Ecoles.

Le soutien renforcé du Collège des Bouvets, page 18 de Puteaux-Infos de décembre, paraît être une orientation précoce vers le monde du travail : une insistance sur les compétences pratiques (alors que l'adaptation au monde demande des capacités d'abstraction), une résurgence d'un diplôme minimal (CFG) sans valeur sociale, un retour déguisé, modulé, anachronique, malgré sa sincérité, aux anciennes classes préparatoires à l'apprentissage (filière CPPN, CPA).

Combien y a- t-il d'enfants d'enseignants ou de cadres supérieurs dans cette structure ?

Où est l'égalité des chances sociales?

Le rapport de Jean Etienne et de Roger- François Gauthier sur l'évaluation des collèges et des lycées en France, présenté au Ministre de l'Education Nationale en 2004, reste un document complet sur ce sujet . Il est accessible sur le site :

ftp://trf.education.gouv.fr

Annie Keszey pour Atelier des Idées

Publié dans Ecole, France, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : atelierdesidees, france, politique, école, éducation, brevet, collège | | |  Facebook

01 février 2010

Le « travail au noir » des élèves de l’Ecole Publique

devoir_travail_noir 01_puteaux.jpg

Les devoirs du soir

L'arrêté du 23/11/1956 aménage les horaires des écoles primaires et inscrit les devoirs pendant le temps scolaire. En application de l'arrêté, la circulaire du 23/11/1956 supprime, sans équivoque les devoirs à la maison :

« Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail ne peut qu'apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l'équilibre nerveux des enfants. Enfin, le travail écrit fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu'un intérêt éducatif limité. En conséquence, aucun devoir écrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif et les inspecteurs départementaux de l'enseignement du premier degré sont invités à veiller à son application stricte. Libérés des devoirs du soir, les enfants de 7 à 11 ans pourront consacrer aisément le temps nécessaire à l'étude des leçons. »

L'interdiction est rappelée en 1962, 1964, 1971, 1986, 1990, 1994, 2002.

Toutes les Ecoles Publiques transgressent la loi républicaine, alors qu'elles sont, de plus, chargées de l'instruction civique. Les élèves travaillent au noir.

Cette situation a des conséquences négatives:

  • Les devoirs du soir échappent au contrôle des Inspecteurs de l'Education Nationale qui évitent de s'y intéresser, par prudence diplomatique.
  • Aucune enquête de l'Education Nationale ne porte sur le temps qu'ils demandent aux élèves, ni sur les conditions de leur réalisation, ni même sur leur sens.
  • Nul ne peut dire s'ils sont efficaces ou non : ils ne font l'objet d'aucune évaluation globale quant à leur effet sur le système éducatif.

Au collège, les devoirs sont autorisés, mais la coordination entre professeurs d'une même classe est pratiquement inexistante, ce qui a pour effet d'éliminer les devoirs sur l'acquisition de compétences transversales, pourtant essentielles : savoir résumer, comparer, synthétiser...

Les collèges publics ayant défini collectivement (professeurs- parents- délégués des élèves) une politique des devoirs du soir, dans leur projet d'établissement, sont rares. (Un exemple suit ce texte).

Lire la suite