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27 février 2012

UNE VISION D'ENSEMBLE LUMINEUSE POUR LE MONDE.

LA TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE DE JEREMY RIFKIN.

 

Jeremy Rifkin est maître de conférences au programme de formation des dirigeants d’entreprise de la Wharton school  (université de Pennsylvanie) et président de la fondation sur les tendances économiques de Washington.

Il conseille l’Union européenne et les chefs d’Etat du monde  entier.

 

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« La Nouvelle Révolution Industrielle (NRI) n’est pas une utopie qui nous conduira à la terre promise mais un plan économique pragmatique, sans fioritures, pour tenter la traversée jusqu’à une ère post-carbone durable.

La NRI est le début d’une ère nouvelle caractérisée par le comportement coopératif, les réseaux sociaux et les petites unités de main- d’œuvre technique et spécialisée. Dans le demi-siècle qui vient, les activités centralisées traditionnelles des première et seconde révolutions industrielles seront progressivement absorbées par les activités distribuées de la troisième ; et l’organisation hiérarchique traditionnelle du pouvoir politique et économique cédera la place au pouvoir latéral, qui étendra sa structure nodale à travers toute la société. La NRI rend obsolètes les clivages politiques gauche-droite, nécessite une refonte de l’école publique, sur la coopération, et un

engagement de tous pour créer un monde transparent, démocratique, durable et juste. Le fil conducteur de la NRI repose sur une observation : les grandes transformations économiques de l’Histoire se produisent quand une nouvelle technologie des communications (exemple : internet) converge avec un nouveau système énergétique (exemple: « l’internet » intelligent des énergies durables) ». 

La NRI applique la stratégie « 20-20-20 en 2020 » : réduire de 20% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990, accroître de 20% les économies d’énergie et élargir de 20% le déploiement des énergies renouvelables.

 

« La NRI, met fin à l’âge du carbone fondé sur l’usage des énergies fossiles. La facture de l’énergie dépensée, des première et  seconde révolutions  industrielles  arrive à échéance. Les deux cents années où l’on a brûlé du charbon, du pétrole et du gaz naturel pour propulser un mode de vie industriel ont envoyé quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour l’avenir de la vie.

Cinq piliers constituent l’infrastructure d’un nouveau système économique global, qui peut nous faire entrer dans un avenir vert. La mise en place de ces cinq piliers doit se faire en même temps, chacun ne pouvant fonctionner sans l’autre.

La NRI passe d’un régime fossile à un système d’énergie renouvelable (énergie solaire, éoliennes, hydroélectricité, géothermie, biomasse). 2. Elle reconfigure le parc immobilier mondial en transformant chaque logement en mini-centrale électrique capable de collecter sur site des énergies renouvelables. 3. Elle installe dans chaque bâtiment et dans toute l’infrastructure de la société, des technologies de l’hydrogène et d’autres moyens de stockage pour conserver l’énergie renouvelable intermittente et garantir la satisfaction de la demande par une offre fiable et continue d’électricité verte. 4. Elle utilise la technologie de communication de l’internet pour convertir le réseau électrique en réseau intelligent, auquel des millions de personnes pourront renvoyer de l’énergie verte produite sur leur maison ou à proximité afin de la partager avec d’autres dans des communaux en source ouverte, un peu comme on produit et partage l’information sur internet.

[Vidéo sur une maison à énergie positive:

 www.paysdesolonnes85.com/article-25049185.html]

5. Elle rééquipe la flotte mondiale des moyens de transport- voitures, autobus, camions, trains- avec des véhicules à pile à combustible et des véhicules électriques branchables,  alimentés par les énergies renouvelables produites sur des millions de sites bâtis, et crée des stations de charge dans tous les pays et continents où chacun peut acheter et vendre de l’électricité sur le réseau électrique distribué.

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L’Union européenne s’est engagée à tirer des énergies vertes un tiers de son électricité en 2020. Il est impératif de numériser le réseau électrique et de le rendre intelligent, pour qu’il puisse gérer  les énergies renouvelables intermittentes que des dizaines de milliers de producteurs locaux vont lui envoyer. En même temps, les technologies de l’hydrogène (flexibles) et les techniques de stockage (pour ne pas couler le projet!) dans l’ensemble des infrastructures de l’Union doivent se développer. En 2007, José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, a annoncé un partenariat public-privé de 7.4 milliards d’euros pour déployer une économie de l’hydrogène sur le continent (mais l’Europe manque d’argent!).

Le réseau intelligent entraînera la création de milliers d’emplois dans les domaines de l’énergie, du bâtiment, du stockage par l’hydrogène et dans les transports. (En Allemagne en 2007, moins de 10% de l’énergie totale produite par des sources renouvelables a créé presque autant  d’emplois- 249 300- que les 90% des énergies traditionnelles, charbon, pétrole, gaz et uranium : 260 000 emplois). La fabrication de véhicules électriques branchables et à pile à combustible, en cours, induira plus d’un million d’emplois dans le monde en 2020 …Daimler, associé à sept partenaires prépare l’introduction massive des véhicules à hydrogène en 2015.

La NRI est en marche dans l’Union européenne, à Huesca en Espagne, à Rome, à Utrecht particulièrement, à Monaco (le Prince étant un écologiste scientifique) à San Antonio aux Etats-Unis, ville expérimentale »…

Les conséquences de la NRI sont, en effet, « révolutionnaires ». L’énergie centralisée, avec ses entreprises géantes telles EDF ou Areva, rencontre la concurrence avec « l’internet de l’énergie durable » aux relations obligatoirement latéralisées qui réduisent les hiérarchies traditionnelles. La continentalisation remplace progressivement la mondialisation, par la création de vastes réseaux intelligents distribués de circulation des énergies. L’évidence est que ces transformations sont fortement conflictuelles entre intérêts divergents : Desertec, l’initiative industrielle dans le Sahara en est un exemple. www.desertec.org

La salle de classe change de visage : les élèves ne sont plus punis s’ils copient sur leur voisin puisque la coopération et la solidarité sont la base du nouveau capitalisme « distribué », de l’entreprenariat social, des entreprises coopératives… Les programmes et les méthodes ne peuvent être celles d’aujourd’hui.

En économie, Adam Smith est « mis à la retraite ».

« La troisième révolution industrielle est, indissociablement la dernière phase de la grande saga industrielle et la première de l’ère coopérative  émergente. C’est un interrègne entre deux périodes de l’Histoire économique, la première caractérisée par le comportement industrieux et la seconde par le comportement coopératif ».

Extraits de : La troisième révolution industrielle de Jeremy RIFKIN aux Editions « Les liens qui libèrent », février 2012, 414 pages, 24 € TTC.

Images: France. Inter et www.agencebretagnepress.com

www.atelier-idees.org

 

COMMENTAIRE : La proposition de réseau énergétique indépendant, latéralisé, rencontrera en France les partisans de l’énergie centralisée, hiérarchisée, dont l’énergie nucléaire.  Les coûts comparés des deux choix contraires ne sont pas évalués et ce manque d’informations essentielles ne permet pas actuellement de choisir. Les travaux requis par la révolution de Jeremy Rifkin sont complexes et ne pourront exister avant des décennies !  Les réseaux démultipliés restent difficiles à coordonner et semblent plutôt adaptés aux zones isolées. Le projet du super-réseau électrique européen reliant les parcs éoliens en Ecosse et les fermes solaires en Espagne et en Afrique, dont le coût dépasserait les 100 milliards d’euros, rencontre pour l’instant de nombreux obstacles : réglementaires, idéologiques, politiques, financiers. Microsoft Research fait des serveurs informatiques une nouvelle source d’énergie et deux sociétés californiennes développent une autre technologie pour stocker la chaleur du soleil : le solaire thermique qui produit de l’électricité en utilisant les rayons du soleil pour faire bouillir de l’eau. Cette eau peut servir à chauffer du sel qui emmagasine l’énergie pour un usage extérieur…

Annie Keszey.

 

15 janvier 2012

Un avenir économique au-dessus des clivages politiques

La France a rompu avec le modèle économique qui a prévalu pendant les Trente Glorieuses pour se tourner vers un modèle libéral-financier.

Elle doit maintenant faire le chemin inverse. Vers  un avenir libéral-financier  qui ne correspond pas à son identité, elle perdra toujours face aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne. Elle ne concurrencera  jamais la City. Son adaptation  à un modèle commercial-industriel, (vers lequel tous les pays d’avenir  se tournent), qui ne renie pas sa spécificité qu’est l’art de vivre, est plus facile et souhaitable. Vraiment, il est temps de choisir.


Jean-Louis Beffa, Président d’honneur de la Compagnie de Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie publie « La France doit choisir », 286 pages, au Seuil.

www.saint-gobain.fr rappelle sa carrière.

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C’est donc un Grand Patron français qui expose, avec une rare rigueur, la complexité économique du monde et définit plusieurs scénarios d’avenir pour le France et l’Europe, pour n’en défendre qu’un.

Au lecteur ordinaire, il transmet d’abord une méthode très structurée d’interrogation, valable pour tous les modèles économiques:

Pour repérer les effets économiques de la mondialisation et pour distinguer les 4 grands modèles économiques actuels, il faut discerner les 2 types d’entreprises dominants, reconnaître les 2 modèles du rôle des actionnaires, les 3 types d’innovation des entreprises, les 3 attitudes possibles des Etats, les 3 sortes de relations sociales, les 3 conceptions des relations entre les Etats et les entreprises. L’analyse du modèle français d’aujourd’hui permet de prévoir 4 avenirs possibles : la poursuite aveugle de l’orthodoxie libérale, voulue par Nicolas Sarkozy et le MDEF, le dirigisme teinté de « baba-coolisme » dur et interventionniste de Jean-Luc Mélenchon, le déclin dû aux hésitations et absence de choix politiques actuels et la solution, proposée par Jean-Louis Beffa, d’un nouveau pacte national.

 

Au sein de l’évolution de l’environnement concurrentiel des firmes occidentales, la nature du métier d’une entreprise est devenue un critère de gestion essentiel. Il convient à ce titre de  distinguer les

 « métiers mondiaux » des « métiers régionaux ».Les métiers mondiaux sont ceux où la production d’un pays donné est en concurrence directe avec les productions d’un autre pays même lointain (mémoires électroniques, logiciels informatiques transmis par satellite ou  réseaux optiques à grande vitesse)…Dans ce type de métiers, les entreprises doivent, pour maintenir leur avantage concurrentiel, disposer, en permanence d’un niveau de technologie élevé, d’inventivité et de service au client supérieur à celui de leur concurrentes . Elles réalisent l’essentiel de leur effort de recherche et de développement sur leur territoire national, pour préserver aussi leurs secrets industriels. Elles exportent à l’extérieur une part importante de leur production. Telle est la stratégie d’entreprises comme Siemens en Allemagne ou Toyota au Japon.

Les métiers régionaux sont ceux où les concurrents, au contraire, se situent à une faible distance dans un même pays ou un pays voisin et disposent du même coût de travail et du même coût d’énergie.

Certaines firmes à métier régional, dont Saint-Gobain, se mondialisent et inévitablement, le marché d’origine pèse de moins en moins dans le chiffre d’affaires global de ces sociétés.

Internet est une incroyable machine à mondialiser les métiers régionaux, dans le secteur des biens culturels, par exemple.

La nouvelle donne économique ne fera qu’accentuer la disparité entre ces deux catégories d’entreprises.

Aujourd’hui l’économie n’est plus définie par l’affrontement entre le capital et le travail, mais par la bataille entre les Etats pour les ressources rares. Dans cette optique, le nerf de la guerre se trouve pour chaque état dans ses industries nationales exportatrices. C’est par trois choix politiques qu’un état délimite les moyens d’action pour former des champions nationaux: le rôle des actionnaires, l’innovation des entreprises, les relations sociales.

1.

Le rôle des actionnaires.

Dans le modèle de la primauté actionnariale, typique de l’idéologie libérale, les dirigeants (conseil d’administration et direction générale) doivent gérer l’entreprise dans l’intérêt exclusif des actionnaires. Cette position se retrouve dans les pays anglo-saxons, en Europe  et en France. Elle favorise la déstabilisation des entreprises par des actionnaires activistes, vise à empêcher tout acte de défense émanant du conseil d’administration lors d’offres publiques d’achat hostiles…Cette idéologie actionnariale participe d’une déconnexion entre économie financière et économie réelle : elle est défendue par les instances européennes et nationales et par la City de Londres qui gagne de l’argent sur toutes les opérations financières qui affaiblissent les entreprises. L’actionnariat familial cependant vise plus la pérennité de l’entreprise que sa rentabilité maximale (Bouygues, l’Oréal…). La primauté  donnée à l’actionnariat ne va pas sans risque.

 

Le modèle de l’intérêt partagé.

L’intérêt social. Les sociétés et leurs dirigeants agissent en tenant compte de tous les ayants-droit de l’entreprise, salariés et environnement économique compris. Il facilite une gestion responsable et transparente qui prend en compte le long terme.

La cogestion. Elle est surtout présente en Allemagne. C’est le modèle le plus avancé de la participation des salariés aux décisions de l’entreprise. Les représentants des salariés siègent en tant que tels au conseil d’administration de l’entreprise. La négociation collective et la cogestion recherchent un consensus.

Si un état considère le solde positif de son commerce extérieur comme un des objectifs indispensables à sa politique économique, il doit rééquilibrer la balance entre les actionnaires d’une part,  les gestionnaires d’autre part (et les salariés).

2.

L’Etat et l’innovation des entreprises. Pour rester en situation de leadership, les entreprises doivent maintenir coûte que coûte leur avance technologique, contrainte essentielle dans les métiers mondiaux. Dans une typologie des systèmes d’innovation, le système de marché, le système dirigé par l’entreprise, le système public-privé, c’est ce dernier que l’on observe en France et en Allemagne, avec des différences notables. En France, l’interaction entre le public et le privé manque d’efficacité.

L’action de l’Etat dans la promotion de l’innovation, devrait être continue et cohérente dans ses choix, c’est-à-dire mettre en œuvre un véritable modèle économique. Or, la France est incertaine, changeante, quant à son modèle économique.

3.

Les relations sociales.

Le modèle coopératif allemand et japonais développe un fort lien d’appartenance entre le salarié spécialisé et la firme dans laquelle il évolue. En France, il ne concernerait que 40% des salariés.

Le modèle de la dominante professionnelle qui s’est développé avec l’apparition de professions extrêmement qualifiées donne aux détenteurs de compétences, les traders, par exemple, de véritables rentes de situation et un excellent rapport de force avec les employeurs. Les plus importants salaires  des banques françaises  sont 428 fois plus élevés, en 2006, que le salaire brut moyen. En France, ce modèle concernerait 10% des salariés du privé.

Le troisième modèle, celui de la flexibilité du marché prévaut dans toutes les entreprises qui emploient des personnes peu qualifiées. En  matière  de protection sociale, ce modèle est inférieur aux autres : mobilité, variabilité des horaires, masse de chômeurs, faible syndicalisation. Ce modèle  est  devenu dominant en France puisqu’il concerne 50% des salariés.

4.

Le  rôle  des Etats.

Dans l’approche  libérale, la législation du travail est fondée sur le contrat de travail lequel peut être rompu à tout moment, selon des modalités définies, sans recours pour le salarié. Cette approche coexiste aux Etats-Unis avec d’autres secteurs très protégés par les syndicats. L’approche réglementaire, en France par exemple, inspire largement des textes législatifs : l’Etat reste le pivot des relations sociales dans la mesure où les partenaires sociaux n’ont pas une tradition de négociation.

Le modèle coopératif, allemand, par exemple, dans la cogestion, donne aux syndicats un droit à l’information sur la stratégie des firmes, un droit de consultation et de décision.

5.

Les modèles économiques des Etats.

Jean-Louis Beffa décrit quatre modèles: le libéral-financier (pays anglo-saxons, Etats-Unis), le commercial-industriel (Allemagne, Japon, Chine), le rentier (Les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite)  et l’autocentré sur la demande interne (Brésil, Inde).

L’indécision et l’inconstance historique  française quant à son modèle mérite réflexion.

Le Général de Gaulle, à partir de 1958, Georges Pompidou avaient défendu un modèle commercial-industriel dont la politique s’inscrivit dans ELF, la CEA, Areva, EDF, Airbus, Ariane, la SNECMA, le TGV…

Raymond Barre d’abord, puis Pierre Bérégovoy sous la présidence socialiste de François Mitterrand, ont impulsé la transition vers le modèle libéral-financier dans les années 1990, poursuivie sous les présidences de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy.

[ Jean-Louis Beffa ne cite ni Dominique Strauss-Kahn, ni Lionel Jospin, ni Martine Aubry qui n’ont nullement inversé cette tendance dans les années 2000, années de croissance, pendant lesquelles la puissance publique n’a pas équilibré les dépenses et les recettes, n’a pas réindustrialisé].

Le changement de modèle, plus  idéologique que savant, a marqué les réglementations nationales et inspiré les doctrines des régulateurs de marchés financiers.

L’ouverture aux mouvements de capitaux étrangers s’est accompagnée d’un alignement du comportement des gestionnaires de l’épargne française sur les idéologies élaborées à Wall Street et à Londres. Sous ces influences un profond changement de la gouvernance s’est mis en place dans les entreprises du CAC 40, en particulier. Les groupes diversifiés ont éclaté en groupes monométiers lesquels ont la préférence des investisseurs anglo-saxons. La Compagnie Générale d’Electricité, CGE,  s’est éparpillée (Alcatel, Alstom Nexans…). Siemens, en Allemagne, concurrent de la CGE, solide et diversifié, s’est maintenu. La compagnie générale de radiologie du groupe Thomson a été vendue au groupe Général Electrics et la France ne dispose plus d’une seule entreprise de rang mondial dans le domaine des appareils médicaux. Siemens vient de renforcer son secteur médical.

Le mouvement de l’association des travailleurs à la gouvernance de l’entreprise, la cogestion  lancés par le Général de Gaulle ont disparu. La gouvernance des entreprises vise la primauté de l’actionnariat et le système des stocks-options influence les dirigeants en alignant leurs intérêts sur ceux des actionnaires.

Le régime du modèle libéral- financier a favorisé en France une déconnexion croissante entre les intérêts du pays tels qu’ils sont incarnés par les entreprises des métiers mondiaux et les entreprises leaders françaises centrées sur des métiers régionaux, entreprises qui se développent très bien aussi à l’étranger.

Cette scission, profonde est alarmante. Elle se traduit par une séparation de la France industrielle en deux secteurs : l’un multirégional et prospère, l’autre exportateur et en difficulté de compétitivité. C’est bien l’acceptation de la primauté de l’actionnaire qui est à l’origine de la désindustrialisation française et du déficit croissant du commerce extérieur.

Le primat de la concurrence vive, libre et non faussée, les charges accrues imposées aux entreprises pour l’amélioration de l’environnement, la protection excessive du consommateur, les augmentations irréalistes des salaires ont également dégradé la compétitivité française.

L’Etat, autrefois incitateur, est devenu inerte. Sans vision industrielle à long terme il a assujetti la France aux forces du marché. Nicolas Sarkozy devenu Président a mis fin immédiatement à l’Agence de l’Innovation industrielle créée par Jacques Chirac.

 

La France doit faire un choix quant à son modèle économique et quant à son rapport au travail, à partir d’un scénario raisonnable et réaliste : celui d’un nouveau pacte national. Il faut renforcer les acquis essentiel de l’art de vivre français et développer les industries du luxe, des loisirs, de la gastronomie de qualité, des activités culturelles par une vision plus organisée et plus industrielle du secteur. Il faut valoriser les entreprises productrices d’énergies nouvelles, économiser les énergies, mettre fin à la primauté de l’actionnaire pour des stratégies de long terme et stabiliser le capital des entreprises. Les producteurs ne doivent plus être pénalisés par des mesures disproportionnées en faveur des consommateurs : il leur faut créer des emplois compétitifs. La hausse des impôts est inévitable et l’effort doit être large. La pression fiscale sur les métiers mondiaux doit diminuer, parce qu’ils affrontent la concurrence. L’Etat doit définir le cadre général des stratégies industrielles mais ne pas gérer à la place des entrepreneurs. L’association directe des syndicats est indispensable à la réussite du changement.

Renforcer la coopération avec l’Afrique serait, positivement, s’opposer aux futurs monopoles de la Chine et des Etats-Unis, déjà présents.

L’ABANDON DU MODELE LIBERAL- FINANCIER POUR RECONSTRUIRE UN MODELE COMMERCIAL-INDUSTRIEL EST URGENT POUR LA FRANCE.

 

L’AVENIR DE L’EUROPE FAIT FACE A 2 POSSIBILITES :

-        L’EFFONDREMENT DE LA MONNAIE UNIQUE,

-        LE RENFORCEMENT DE L’INTEGRATION EUROPEENNE AUTOUR DE L’AXE FRANCO-ALLEMAND ET  UN NOUVEAU COMPROMIS AUTOUR DU MODELE COMMERCIAL-INDUSTRIEL.

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Image : www.saint-gobain.com

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Annie Keszey.