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27 septembre 2015

PUTEAUX : LYNCHAGE MEDIATIQUE*.

 

Lyncher ignore le droit républicain. C’est aussi, trop souvent, le signe d’une inculture générale ou de motifs inavouables tels que la jalousie maladive, le désir, comme les hyènes, de dévorer la chair et les os de l’autre, le conditionnement aux cris répétitifs des chacals... 

Mais ces « inquisiteurs » et ces « imprécateurs » amoureux des boniments parfois arbitraires et toujours vexatoires, qui n’instruisent qu’à « charge », contrairement aux juges autorisés spécialisés dans l’équilibre « à charge et à décharge »,   s’abritent toujours, par leurs mots, derrière leur vocation à agir pour l’éthique.  

Pas plus qu’eux, l’historien  ne dispose du « smoking gun proof », expression américaine pour « la preuve irréfutable par le pistolet qui fume encore » mais l’historien, lui, applique une méthode d’exactitude documentaire et raconte les événements non par vanité et narcissisme mais par esprit de responsabilité. Tel Patrick Boucheron, historien, qui au lieu de combler les manques, cerne les lacunes, circonscrit les silences,  fait ainsi l’expérience de l’insuffisance de l’histoire... 

Dans la quasi-totalité de ces hallalis médiatiques, la présomption de culpabilité remplace le droit fondamental de la présomption d’innocence. Parmi ces bricoleurs  en meutes, certains  prévoient même une pré-sanction, qui ne correspond nullement aux sanctions du code pénal, au nom de la morale publique et politique dont ils se souviennent dans ces moments-là !

Cette pré-sanction, folklorique, peut correspondre à un strict intérêt personnel : par exemple, le retrait  de son mandat, d’un maire élu... quand on veut obsessionnellement prendre sa place.

Mediapart, spécialisé en « chocs » au nom du très beau « droit de savoir pour tous les citoyens » piétine pourtant « le droit de garder le silence pour certains », principe du code. 

 

Il y a 5 ans, François-Gilles Egretier (lui aussi), haut fonctionnaire, conseiller discret auprès de Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie et des Finances, est entraîné dans un tintamarre  médiatique, conspué, où Libération et France 2, en particulier, mettent en cause son intégrité, en dehors de toute intervention de l’institution judiciaire...

Le juge Renaud Van Ruymbeke met le conseiller en examen l

 

En mai 2015, après une attente éprouvante, trop longue, grave imperfection judiciaire qui crée des impairs, le tribunal correctionnel de Paris  blanchit et relaxe François-Gilles Egretier. Il n’y aura pas d’appel.

 

Que disent alors les acteurs responsables du lynchage pré-jugement ?

RIEN !

Ils devraient avoir une qualité, impossible pour eux, celle de reconnaître leurs erreurs. 

Monsieur David Pujadas, présentateur du 20 heures de France 2, en particulier, doit être contraint à rétablir l’honneur perdu de François-Gilles Egretier. 

Ce cas n’est pas unique. 

François Pérol, conseiller économique de Nicolas Sarkozy, a plus de chance. La presse nous a annoncé le 26/09/2015, sa relaxation par le tribunal correctionnel.  Certes, François Pérol est un « puissant », président du directoire de la BPCE. Le parquet  a fait appel de la décision.   

Mieux vaut être sous la responsabilité professionnelle d’un juge à l’expérience talentueuse tel Marc Trévidic, par exemple, plutôt que sous la coupe d’amateurs trop souvent bourbeux, rarement aussi  puissants intellectuellement qu’Emile Zola dans « J’accuse », en d’autres temps !!!

 *Titre de l’article de Jean-Claude Jaillette, page 53, du numéro 961 de « Marianne ». 

Annie Keszey. 

http://www.notreputeaux.com 

http://rupture-et-metamorphose.org 

http://atelier-idees.org

 

 

 

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15 juillet 2015

LE PARRICIDE.

 

« Par essence un parti politique fonctionne sur le mode de la horde primitive, la horde primitive freudienne de Totem et tabou : c’est un sas qui accueille et qui rejette, une bande qui se définit par sa différence, voire son opposition à ce qui lui est étranger...

 

Le réveil de l’archaïque est toujours possible. Ce qui est très intéressant dans la représentation de la horde  primitive, c’est que le vœu de tuer, de manger et de dévorer  le père, ou un proche en politique, renvoie à une appropriation archaïque de sa puissance ...

 

La transmission dramatique est inhérente à nombre d’héritages politiques...

 

Le parricide en politique, l’assassinat d’un proche – et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de son géniteur -, n’est pas un élément neutre comme les pincements et tirages de cheveux entre Placé et Duflot, le vote d’une motion de synthèse au PS ou un colloque UMP changeant d’intitulé à mesure que l’on approche de sa date. Non. Cela fait vibrer quelque chose de bien plus fort. Car le meurtre d’un père, d’une mère, d’un proche, symbolique ou réel, accompagne l’humanité à la façon d’un invariant anthropologique. 

 

Plus on avance dans la modernité politique, plus les parricides commis dans le cadre d’une rivalité pour une conquête du pouvoir vont migrer vers le symbolique, sans abandonner leur charge de scandale et de violence... » 

 

Les journalistes Joseph Macé-Scaron, Alexis Lacroix et le psychanalyste Philippe Grimbert, dans le numéro récent 948 de l’hebdomadaire Marianne, étudient les origines, les évolutions et des cas célèbres du parricide. 

 

Ces analyses de grande qualité du parricide en politique rencontreront certainement un vif intérêt auprès des électeurs et particulièrement des récents électeurs de Puteaux.

 

Annie Keszey