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13 mai 2012

L'HYPOCRISIE DES SOIREES ELECTORALES.

Extraits d’une analyse d’ Eric  Legale.

Eric Legale est Directeur d’ISSY MEDIA, Société d’Economie Mixte chargée de la communication et des Technologies de l’Information de la ville d’Issy-les-Moulineaux (Paris, France), depuis 1991, il travaille auprès du maire d’Issy-les-Moulineaux, André Santini. Il organise chaque année le Forum Mondial de l’e-Démocratie.
Il  représente également la ville d’Issy-les-Moulineaux, présidente du Global Cities Dialogue (un réseau international de maires engagés à promouvoir une Société de l’Information pour tous), aux réunions des sherpas du réseau (www.globalcitiesdialogue.org), comme au sein de projets européens ayant trait aux Technologies de l’Information et de la Communication
L'hypocrisie des soirées électorales va-t-elle durer longtemps ?
A quoi servent les soirées électorales à l'heure d'Internet ? Nous étions plus de 31 millions de Français réunis devant notre téléviseur, selon Médiamétrie, dimanche 6 mai à 20h00 à regarder s'afficher le visage du nouveau Président. Mais combien d'entre nous connaissions déjà le résultat, grâce aux sites Internet belges et suisses ? Le site de la radio-télévision publique belge, RTBF, a enregistré 1,6 million de "visiteurs uniques" pendant la journée et celui de sa concurrente privée RTL.be près de 500.00. Idem pour les sites de la presse écrite : Le Soir a enregistré 1,4 million de visiteurs uniques et La Libre Belgique 600.000 sur la journée, avec des pics vers 18H00, soit deux heures avant la clôture des derniers bureaux de vote en France. Le nom du vainqueur était annoncé dès le milieu de l'après- midi, tandis que l'édition spéciale du journal télévisé de la RTBF, à 18H00, rassemblait 220.000 téléspectateurs, ce qui est "beaucoup pour un dimanche après-midi", selon le porte-parole de la chaîne de télévision publique cité par l'AFP. Avec ces envoyés spéciaux faire semblant de ne rien savoir en direct d'une place de la Bastille noire de monde ou d'une place de la Concorde complètement déserte, on avait atteint le comble de l'hypocrisie.  Voir le fils du nouveau Président, Thomas Hollande, sauter de joie à 20h00, puis, quelques heures plus tard, le voir féliciter par téléphone son père une heure et demie avant l'annonce du 20h00, en rajoute inutilement. On se met à rêver et à imaginer la soirée électorale de 2017, grâce au billet d' Erwann Gaucher, qui lance quelques pistes intéressantes. Ce sera peut-être la fin d'un cauchemar pour les informaticiens belges et suisses qui voient débarquer des millions de français tous les cinq ans sur leurs serveurs Internet. Et la fin d'images stupides de sourires entendus, échangés entre journalistes sur les plateaux télévisés dans les minutes précédant le 20 heures.
Les résultats de l'élection présidentielle sur Google Maps.
Cartographie très bien faite et très pratique des résultats du second tour de l'élection présidentielle.  La carte donne une vision générale de la France électorale, département par département et ville par ville. Il suffit de passer la souris sur un département ou un village pour visualiser les résultats de chaque candidat.



08 mai 2012

6 mai 2012, au soir.

Bain de foule jusqu’à minuit.

PUBLIC SENAT BASTILLE.png


Une vraie foule: épaisse, compacte, mouvante, immobile, écrasante, pressurisant les milliers de personnes venues fêter la victoire de François Hollande.
Elle bouscule, propulse, entraîne dans un courant implacable. Que faire quand le nez à hauteur d’épaules, les côtes corsetées par des bras, des coudes, des manteaux, le souffle circule moins librement ? Quand le cerveau suggère qu’un peu d’espace vital est nécessaire ? Que la toux décide de se manifester ? Crier, pardi. Crier ! Au nord, au sud, vers l’est et vers l’ouest. Crier fort. Suffisamment fort en se mettant sur la pointe des pieds toujours portés par le flot continu et hurler : « Arrêtez de pousser ! Tout est bloqué. J’étouffe. » Alors, tout de suite, les habitués écartent les coudes, les relient et vous ménagent un sas de respiration. Bonheur inexprimable. Seul, un sourire large, rayonnant de la bouche aux yeux, exprime la reconnaissance et dit merci. Le cerveau pense : « Ils sont sympa. » Ensuite, c’est à nouveau la cohue organisée. Ceux qui poussent derrière, ceux qui se fixent au sol, ceux qui pressent en sens inverse, on ne sait pourquoi.
Main accrochée à la parka juste devant, suivez le flot, laissez-vos porter. Il n’y a rien d’autre à faire. Suivre jusqu’à la prochaine ouverture à gauche. A droite, les cabines Hommes/Femmes hermétiquement closes, n’offrent aucune échappatoire. Suivez donc. Avancez. Sentez les ondes. Mobilisez énergie, respiration, sensations tactiles. Les trottoirs sont parfois assez hauts et ils sont invisibles. Evidemment, si vous baissez la tête, vous apercevrez bien une déclivité. Trop tard peut-être. Alors, écoutez votre pointe de pied. Elle vous dira soudain : « Attention ! C’est le rebord. Incline ton articulation et prépare ta cheville au contact du bitume. Voilà; c’est fait».
Et, là, le fleuve trouve un nouveau lit pour charrier les corps agglutinés. La parka, à laquelle votre main est toujours agrippée, s’oriente vers la gauche où apparaissent d’abord une lueur puis une vraie éclaircie. Vous jouez du coude droit, prenez appui sur le talon gauche et modifiez ainsi votre trajectoire. Hourrah ! La mer est à l’étale. Malgré les barrières pour travaux, le véhicule de la Sécurité Civile stationné à droite et les clients de la brasserie d’en face qui squattent le trottoir, il y a de la place. Votre rythme respiratoire s’amplifie, plus besoin de flotter, vos pieds touchent terre. Vous pouvez même vous arrêter. Vite, le portable pour tenter de rallier les trois autres aventuriers de ce dimanche 6 mai au soir.
« Ah ! Ca ira, ça ira, ça ira ! » Mais ça ne va pas du tout! Seul le répondeur à peine audible se fait entendre. Un message et silence radio. La parka, qui se révèle être un ami de longue date, et vous-même reprenez le chemin de l’Hôtel de Ville, bouteille d’eau à la main. Un couple, la quarantaine, croisé au hasard, jette d’une voix ironiquement souriante : « C’est déjà fini La Bastille ? »

Claude Klein
7 mai 2012
Image Public Sénat.

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