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06 octobre 2011

LE Rêve français. François HOLLANDE.

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Discours  et entretien (2009-2011). Editions Privat. 9.80 €.

Après avoir si souvent porté la parole collective, j’ai voulu faire entendre une parole singulière. J’ai travaillé, rencontré, écouté. De ces échanges, j’ai tiré l’énergie d’une candidature et l’intuition des priorités à mettre en œuvre.

www.francoishollande.fr

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Le programme de François Hollande couvre 286 pages d’entretien avec quatre journalistes puis de discours prononcés dans diverses villes de France de juin 2009 à juillet 2011. François Hollande est député et Président du Conseil Général de Corrèze. Il fut Premier Secrétaire du Parti Socialiste, avant Martine Aubry.

La France n’avance que si elle est portée par une grande ambition. Je propose de reprendre ce rêve français, ébauché par l’esprit des Lumières, dessiné par les révolutionnaires en 1789, affirmé dans la fondation de la République, renouvelé avec la Résistance…Ce rêve de progrès, d’égalité, de justice, de partage, de force collective et de destins individuels qui s’unissent pour faire la France.

La social-démocratie doit redéfinir son modèle. L’avenir du Parti Socialiste (PS) dépend de notre capacité collective à réduire deux tensions : unité/diversité et pouvoir/protestation.

Le PS reconnaît l’économie de marché, mais est un antilibéralisme économique, puisqu’il fait prévaloir les valeurs de solidarité, d’égalité, de réciprocité sur les critères de rentabilité, d’immédiateté ou de rareté.

Arnaud (Montebourg) a fait de la démondialisation son axe de campagne, mais la France ne peut pas prendre le risque de se replier. Quant à Manuel (Valls), il traduit à juste raison le besoin de renouvellement. Les socialistes ne dirigeront pas seuls le pays : je  propose aux écologistes la même diminution du nucléaire civil que l’Allemagne : 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité en 2025.

Le prochain président devra combattre le fatalisme économique, la rancœur sociale et le scepticisme politique. Mais je ne veux pas d’un « omniprésident ». La concentration du pouvoir a conduit paradoxalement à son impuissance. Etre un président « normal », c’est être un président républicain garant des principes fondamentaux. Le chef de l’Etat incarne à la fois une espérance d’action et une référence de stabilité.

L’Union Européenne pourrait au moins se mettre d’accord pour s’en prendre aux paradis fiscaux, aux agences de notation, aux bonus bancaires, aux profits dérivés. La France limitera les écarts de rémunération et envisagera la suppression des stocks options. L’Europe a besoin de traités d’harmonisation fiscale, sociale, budgétaire, économique, voire énergétique. Elle a besoin d’un nouvel élan mené par le couple franco-allemand. Il faut que l’Europe emprunte à la place de la Grèce et que l’Europe puisse régulièrement emprunter.

J’entends défendre une France ouverte et européenne, qui envisage de vraies relations d’égalité pour le développement des pays les moins avancés.

Les jeunes sont aujourd’hui sacrifiés. Ils sont d’abord frappés par les difficultés du système éducatif, producteur d’inégalités et par l’inadaptation des formations. Nous sommes au 24ème rang sur les 27 pays de l’Union Européenne en matière d’emplois des jeunes. L’idée de  « contrat de génération » procède d’une volonté de solidarité intergénérationnelle : il incitera les entreprises à embaucher des jeunes et à les faire former par des seniors. L’employeur sera exonéré de cotisations sociales sur les deux emplois. (Martine Aubry ne partage pas cette proposition). La redistribution consistera en particulier à s’occuper des pauvres, des enfants pauvres qui sont 2.7 millions, en France, à vivre sous le seuil de pauvreté et le plus souvent dans des familles monoparentales.

La dette est mon ennemie et je la combattrai car je suis conscient des dangers et des menaces qu’elle fait peser sur la France et sur l’Europe, avec une spéculation qui ne ralentira pas si l’Europe n’est pas capable de fédérer les énergies et d’apporter une réponse politique rapide.

Une loi de programmation pour l’école prendra pour premier acte la fin de la suppression des postes dans l’Education Nationale : les moyens seront sanctuarisés. Le second acte est la reprise de la formation des enseignants. Le troisième acte est l’augmentation des jours d’école.

Le candidat Sarkozy s’est laissé aller à des formules dangereuses : la « racaille » devait être éradiquée à coup de « Karcher »comme si la sécurité pouvait être assurée à coups de menton comme hier à coups de bâton. La lutte contre la violence se gagne quand tous les leviers sont actionnés en même temps : l’éducation par la famille, l’apprentissage des règles dans l’école, la prévention par des associations, la présence des forces de sécurité, la répression quand elle est nécessaire, la sanction, les établissements pour mineurs délinquants, la réparation pour les victimes…

Garantir l’exécution des décisions de justice est une garantie contre les récidives, à condition de faire de la prison un lieu de réinsertion et pas seulement le lieu de la punition. Conciliation et médiation doivent être encouragées pour désencombrer les tribunaux. Le coût d’accès à la justice doit baisser sérieusement.

L’esprit d’entreprise est le contraire de l’esprit de rente. Nous avons besoin de davantage de PME et surtout de les faire grandir. De même l’artisanat reste un formidable potentiel à condition de lui éviter des concurrences déloyales (comme l’auto-entreprise).

Un commissariat général au Plan concevra une stratégie de ré-industrialisation  sur dix ans. Une meilleure affectation de l’épargne vers un livret « industrie », à l’image du livret A, financera les entreprises innovantes.

En politique étrangère deux priorités s’imposent : les efforts constants pour aboutir à une paix durable et à  une sécurité permanente entre Israéliens et Palestiniens ; le soutien aux révolutions arabes.

Les négociations d’adhésion de la Turquie à l’Europe doivent être menées à leur terme et loyalement. J’y ajouterai,  pour ma part, la reconnaissance du génocide arménien.

A ces extraits discontinus, incomplets, il convient d’ajouter l’essentiel des propositions de Martine Aubry exposées dans sa lettre aux Français : base commune aux candidats socialistes.

 

Martine Aubry, François Hollande.

Ces deux candidats socialistes sont idéologiquement, politiquement et professionnellement très proches, peu différentiables dans leur projet. François Hollande, par son livre, nous permet d’accéder à des propositions concrètes plus nombreuses mais tous deux produisent un travail d’analyse méticuleux, réaliste, de la situation et ne dérogent pas aux valeurs théoriques socialistes.

Le vainqueur de la primaire socialiste aura besoin ensuite de tous les talents pour concrétiser, chiffrer, approfondir les nécessités absolues : croissances-décroissances-stabilisations*, éducation, justice sociale, industrialisation verte, primauté de l’économie réelle, amélioration des relations.

« Travaillons à diagnostiquer, à transformer. Travaillons à relier, toujours relier.

Répétons-le : les réformes sont solidaires. Elles ne sont pas seulement institutionnelles, économiques, sociales, elles sont aussi mentales, et nécessitent une aptitude à concevoir les problèmes globaux et fondamentaux, aptitude qui requière une réforme de l’esprit…L’espérance n’est qu’illusion si elle ignore que tout ce qui ne se régénère pas dégénère.

La question vitale du XXIème siècle est celle de la Voie nouvelle et de la métamorphose. » Edgar Morin*.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

Programme  suivant : Lettre à tous les résignés et indignés qui veulent des solutions. Ségolène Royal.

Primaire Présidentielle 2012 : Martine Aubry

 

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Martine Aubry, Première Secrétaire du Parti Socialiste, Maire de Lille, n’a pas publié de livre pour présenter son programme pour l’élection présidentielle de 2012, mais diffusé aux Français une lettre de 7 pages.

Dans cette lettre, concise, on trouve les propositions communes aux 5 candidats socialistes à la primaire de la gauche et les choix personnels de Martine Aubry.

Le texte est accessible sur le site : www.martineaubry.fr

 

 

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Extraits discontinus                                                                           

Martine Aubry n’accepte pas de voir décliner la France et veut redonner à chacun le goût de l’avenir et le choix d’un destin commun, retrouver le progrès en s’appuyant sur une gauche ambitieuse et sérieuse. Les socialistes seront les architectes d’un nouveau modèle de développement économique, social et durable. Elle souhaite une société du respect où la société respecte chacun, ou chacun respecte les autres et où, ensemble, nous respectons l’avenir. Cela passe par une révolution des services publics et un combat sans merci contre toutes les discriminations. Une véritable démocratie sociale et citoyenne constituera un des piliers de sa présidence. C’est de la fraternité, du local au global que viendront les réponses. Martine Aubry veut une République exemplaire: République laïque aussi qui tolère les croyances religieuses ou philosophiques, dès lors qu’elles respectent nos valeurs.

Le cumul des mandats sera supprimé et il sera mis fin aux conflits d’intérêts. Elle refuse la société du mépris qui relègue les plus pauvres hors de la cité, celle qui oublie les plus âgés, celle qui humilie les plus faibles.

Ma France, écrit-elle, c’est celle qui n’a pas peur de s’ouvrir au monde. C’est le sens de mon engagement européen. C’est la profondeur des liens d’amitié avec l’Afrique, le Maghreb, l’Asie.

L’urgence commande que la Banque Centrale Européenne intervienne massivement et que les moyens du Fonds européen soient doublés. Je proposerai à nos partenaires de prendre des mesures pour une croissance durable et riche en emplois : une taxe sur les transactions financières et des emprunts européens -eurobonds- contre les spéculateurs, mais aussi, pour financer des projets d’avenir : un gouvernement économique, une communauté européenne des énergies, une harmonisation fiscale et sociale, la réciprocité commerciale. Pour atteindre ces objectifs, il faudra une avant-garde : les six pays fondateurs, suivis des états de la zone euro sont les mieux placés pour en faire partie. Cette refondation est le devoir partagé de la France et de l’Allemagne.

Nous, socialistes, annulerons 50 milliards de niches fiscales, inefficaces et injustes pour réduire la dette. Je procéderai à une ample réforme fiscale, avec une fiscalité verte. Les revenus du capital seront taxés comme les revenus du travail ; les grandes entreprises comme les PME ; et l’impôt sur le revenu et la CSG seront rapprochés et prélevés à la source. Les ressources provenant des différentes politiques seront réparties : 50% pour le désendettement, 50% pour financer les priorités.

Je veux insister sur mes quatre priorités : l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation et la sécurité.

L’accès à l’éducation commence par un service public de la petite enfance incluant un accueil en crèche et la scolarisation possible dès l’âge de 2 ans. Dès 2012, une loi-cadre définira les orientations fixées à notre école et je mettrai fin aux suppressions massives de postes. J’accorderai une priorité à l’école primaire. La lutte contre l’échec scolaire mobilisera aussi le gouvernement. Je donnerai au lycée l’objectif de 100% des lycéens sortant du secondaire avec une formation générale, technologique ou professionnelle. La culture c’est celle qui doit transmettre ce goût de l’art et de la pratique artistique à chaque enfant.

Parvenir à ces résultats supposera de créer une véritable formation pratique initiale et continue des enseignants, de repenser les rythmes scolaires. Je rétablirai la sécurité dans les établissements scolaires et proposerai aux étudiants un parcours d’autonomie.

Donner la priorité à l’emploi, c’est mobiliser toutes les énergies pour produire « durable », en France et en Europe, protéger les salariés, permettre à chaque jeune d’accéder rapidement à une première expérience professionnelle : 300 000 emplois seront créés, dont 100 000 dans les six premiers mois du quinquennat (secteurs de l’environnement, du service à la personne, de la sécurité et de l’éducation).

Cela passe par le choix de compétitivité-qualité : c’est privilégier la production plutôt que la finance en réduisant, (par exemple), le taux de l’impôt sur les sociétés et les entreprises qui réinvestissent leurs profits dans l’économie réelle. Une banque publique d’investissement sera créée sous forme de fonds régionaux.

Une conférence salariale annuelle réunira l’Etat, le patronat et les syndicats afin de rétablir l’esprit du dialogue social et de la négociation collective. Des mesures vigoureuses feront de l’égalité salariale femmes-hommes enfin une réalité. Une sécurité sociale professionnelle avec un compte temps-formation permettra à chacun de reprendre ses études, de rebondir après un licenciement, de progresser professionnellement. Les travailleurs aux métiers pénibles ou aux longues carrières pourront prendre leur retraite à 60 ans.

Un rayon de prix-citoyens sera instauré dans les grandes surfaces et les loyers seront encadrés dans les zones de spéculation.

Pour la sécurité, il faudra tout reprendre à zéro et ouvrir toutes les voies de solutions. Tout acte d’incivilité ou de délinquance doit entraîner une sanction rapide proportionnée et juste. Les sanctions seront  progressives: travaux d’intérêt général, centres de placements immédiats, centre de discipline et de réinsertion.

Pour cela, il faut d’abord des effectifs pour la police et la justice. Les soldats français reviendront d’Afghanistan.

Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Martine Aubry.

Le programme de Martine Aubry se situe à la gauche socialiste de Manuel Valls et à la droite socialiste d’Arnaud de Montebourg. C’est un programme « encastré » dans les valeurs républicaines historiques, très sérieux, travaillé, expérimenté et sincère : plusieurs fois ministre, Martine Aubry a prouvé son « humanité » juste (la couverture maladie universelle, par exemple). L’ensemble des mesures vise à corriger les erreurs, les reculs, les excès, les déséquilibres, les échecs, les dangers politiques et économiques actuels, parfaitement analysés. Le programme manque encore d’une vision plus profonde, radicale, du nouveau modèle sociétal attendu, et fortement novatrice, adaptée à l’ampleur du redressement économique et moral urgent. Le candidat élu (ou la candidate) à la primaire de gauche, devra développer, lors de la vraie campagne électorale 2012, les nouvelles pratiques socialistes volontaristes pour produire de la croissance, pour transformer l’éducation, pour défendre l’euro, pour industrialiser «  vert », pour contrer l’économie virtuelle et réduire les inégalités.

Pour évaluer l’action, l’accroissement des objectifs évaluables s’impose.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

Programmes suivants : François Hollande et Ségolène Royal.

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