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06 octobre 2011

Primaire Présidentielle 2012 : Martine Aubry

 

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Martine Aubry, Première Secrétaire du Parti Socialiste, Maire de Lille, n’a pas publié de livre pour présenter son programme pour l’élection présidentielle de 2012, mais diffusé aux Français une lettre de 7 pages.

Dans cette lettre, concise, on trouve les propositions communes aux 5 candidats socialistes à la primaire de la gauche et les choix personnels de Martine Aubry.

Le texte est accessible sur le site : www.martineaubry.fr

 

 

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Extraits discontinus                                                                           

Martine Aubry n’accepte pas de voir décliner la France et veut redonner à chacun le goût de l’avenir et le choix d’un destin commun, retrouver le progrès en s’appuyant sur une gauche ambitieuse et sérieuse. Les socialistes seront les architectes d’un nouveau modèle de développement économique, social et durable. Elle souhaite une société du respect où la société respecte chacun, ou chacun respecte les autres et où, ensemble, nous respectons l’avenir. Cela passe par une révolution des services publics et un combat sans merci contre toutes les discriminations. Une véritable démocratie sociale et citoyenne constituera un des piliers de sa présidence. C’est de la fraternité, du local au global que viendront les réponses. Martine Aubry veut une République exemplaire: République laïque aussi qui tolère les croyances religieuses ou philosophiques, dès lors qu’elles respectent nos valeurs.

Le cumul des mandats sera supprimé et il sera mis fin aux conflits d’intérêts. Elle refuse la société du mépris qui relègue les plus pauvres hors de la cité, celle qui oublie les plus âgés, celle qui humilie les plus faibles.

Ma France, écrit-elle, c’est celle qui n’a pas peur de s’ouvrir au monde. C’est le sens de mon engagement européen. C’est la profondeur des liens d’amitié avec l’Afrique, le Maghreb, l’Asie.

L’urgence commande que la Banque Centrale Européenne intervienne massivement et que les moyens du Fonds européen soient doublés. Je proposerai à nos partenaires de prendre des mesures pour une croissance durable et riche en emplois : une taxe sur les transactions financières et des emprunts européens -eurobonds- contre les spéculateurs, mais aussi, pour financer des projets d’avenir : un gouvernement économique, une communauté européenne des énergies, une harmonisation fiscale et sociale, la réciprocité commerciale. Pour atteindre ces objectifs, il faudra une avant-garde : les six pays fondateurs, suivis des états de la zone euro sont les mieux placés pour en faire partie. Cette refondation est le devoir partagé de la France et de l’Allemagne.

Nous, socialistes, annulerons 50 milliards de niches fiscales, inefficaces et injustes pour réduire la dette. Je procéderai à une ample réforme fiscale, avec une fiscalité verte. Les revenus du capital seront taxés comme les revenus du travail ; les grandes entreprises comme les PME ; et l’impôt sur le revenu et la CSG seront rapprochés et prélevés à la source. Les ressources provenant des différentes politiques seront réparties : 50% pour le désendettement, 50% pour financer les priorités.

Je veux insister sur mes quatre priorités : l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation et la sécurité.

L’accès à l’éducation commence par un service public de la petite enfance incluant un accueil en crèche et la scolarisation possible dès l’âge de 2 ans. Dès 2012, une loi-cadre définira les orientations fixées à notre école et je mettrai fin aux suppressions massives de postes. J’accorderai une priorité à l’école primaire. La lutte contre l’échec scolaire mobilisera aussi le gouvernement. Je donnerai au lycée l’objectif de 100% des lycéens sortant du secondaire avec une formation générale, technologique ou professionnelle. La culture c’est celle qui doit transmettre ce goût de l’art et de la pratique artistique à chaque enfant.

Parvenir à ces résultats supposera de créer une véritable formation pratique initiale et continue des enseignants, de repenser les rythmes scolaires. Je rétablirai la sécurité dans les établissements scolaires et proposerai aux étudiants un parcours d’autonomie.

Donner la priorité à l’emploi, c’est mobiliser toutes les énergies pour produire « durable », en France et en Europe, protéger les salariés, permettre à chaque jeune d’accéder rapidement à une première expérience professionnelle : 300 000 emplois seront créés, dont 100 000 dans les six premiers mois du quinquennat (secteurs de l’environnement, du service à la personne, de la sécurité et de l’éducation).

Cela passe par le choix de compétitivité-qualité : c’est privilégier la production plutôt que la finance en réduisant, (par exemple), le taux de l’impôt sur les sociétés et les entreprises qui réinvestissent leurs profits dans l’économie réelle. Une banque publique d’investissement sera créée sous forme de fonds régionaux.

Une conférence salariale annuelle réunira l’Etat, le patronat et les syndicats afin de rétablir l’esprit du dialogue social et de la négociation collective. Des mesures vigoureuses feront de l’égalité salariale femmes-hommes enfin une réalité. Une sécurité sociale professionnelle avec un compte temps-formation permettra à chacun de reprendre ses études, de rebondir après un licenciement, de progresser professionnellement. Les travailleurs aux métiers pénibles ou aux longues carrières pourront prendre leur retraite à 60 ans.

Un rayon de prix-citoyens sera instauré dans les grandes surfaces et les loyers seront encadrés dans les zones de spéculation.

Pour la sécurité, il faudra tout reprendre à zéro et ouvrir toutes les voies de solutions. Tout acte d’incivilité ou de délinquance doit entraîner une sanction rapide proportionnée et juste. Les sanctions seront  progressives: travaux d’intérêt général, centres de placements immédiats, centre de discipline et de réinsertion.

Pour cela, il faut d’abord des effectifs pour la police et la justice. Les soldats français reviendront d’Afghanistan.

Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Martine Aubry.

Le programme de Martine Aubry se situe à la gauche socialiste de Manuel Valls et à la droite socialiste d’Arnaud de Montebourg. C’est un programme « encastré » dans les valeurs républicaines historiques, très sérieux, travaillé, expérimenté et sincère : plusieurs fois ministre, Martine Aubry a prouvé son « humanité » juste (la couverture maladie universelle, par exemple). L’ensemble des mesures vise à corriger les erreurs, les reculs, les excès, les déséquilibres, les échecs, les dangers politiques et économiques actuels, parfaitement analysés. Le programme manque encore d’une vision plus profonde, radicale, du nouveau modèle sociétal attendu, et fortement novatrice, adaptée à l’ampleur du redressement économique et moral urgent. Le candidat élu (ou la candidate) à la primaire de gauche, devra développer, lors de la vraie campagne électorale 2012, les nouvelles pratiques socialistes volontaristes pour produire de la croissance, pour transformer l’éducation, pour défendre l’euro, pour industrialiser «  vert », pour contrer l’économie virtuelle et réduire les inégalités.

Pour évaluer l’action, l’accroissement des objectifs évaluables s’impose.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

Programmes suivants : François Hollande et Ségolène Royal.

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02 octobre 2011

Primaire présidentielle 2012 : Arnaud Montebourg

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La République plus forte que la mondialisation. 2€. Flammarion. Site: www.demondialisation.eu

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Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche, Président du conseil général de Saône-et-Loire et député, centre son programme sur la démondialisation verte, entre le socialisme de l’impasse, socialisme redistributif condamné et le socialisme de la dérive, socialisme de l’ajustement qui veut nous adapter à la mondialisation.

La mondialisation libérale est un système qui a méthodiquement organisé la mise en concurrence mondiale, sans limite, sans scrupule, sans filet, sans foi ni aucune loi, des salariés, des entrepreneurs, des agriculteurs et de tous ceux qui ont été placés en concurrence directe avec des travailleurs chinois, des ingénieurs indiens et des paysans argentins, ceux-là même qui n’ont d’autres choix que d’accepter des rémunérations de misère pour vivre ou survivre. Le bilan de la dernière décennie est un désastre  pour ceux qui n’ont d’autres ressources que leur travail : délocalisations en série, destructions d’emplois et d’outils de travail, diminution des salaires et revenus du travail par la pression à la baisse.

Finalement, ouvriers, cadres, syndicalistes, même directeurs d’usine, élus locaux, parlementaires, peu importe, nous sommes devenus les otages enchaînés d’un système qui n’a plus le sens de l’être humain, de la modération et de l’équilibre. Un système extrémiste et inhumain auquel il faut mettre fin.

Fin de partie pour ce monde du libre-échange sans frein, tellement déséquilibré qu’il n’est plus utile à personne. Le libre-échange c’est la guerre de tous contre tous.

La grande modernité de la démondialisation c’est qu’elle agit comme un instrument de changement du monde. Protectionnisme vert et ouverture : ces deux principes sont conciliables.Le protectionnisme européen, à la fois vert et social, c’est le keynésianisme du XXIème siècle. Une volonté politique d’organiser de façon réaliste, juste et efficace, l’économie de marché mondiale.

Les principales propositions d’Arnaud Montebourg.

- Intégrer, dans les traités de libre-échange de l’Organisation Mondiale du Commerce, de nouvelles conditions non-marchandes,  afin de garantir que la compétition ne se fasse pas au détriment du travail et de l’environnement. Imposer des taxes douanières sur les produits en provenance de pays violant les obligations du protocole de Kyoto luttant contre le réchauffement climatique.

- Instaurer une taxe carbone extérieure aux frontières de l’UE et une autre intérieure aux frontières.

- Instaurer une taxe sur le transport maritime. (Quel est le sens de consommer des crevettes pêchées au Sénégal, épluchées en Hollande et consommées dans le monde entier ? Toujours moins de coûts, toujours plus de volume, 550 millions de tonnes transportées en 1955, 8 milliards en 2008.)

- Créer une agence sanitaire, sociale et environnementale chargée de calculer le coût écologique et social des produits étrangers afin de proposer à l’UE des mesures anti-dumping.

- Pratiquer la préférence commerciale régulée avec les pays s’adaptant aux normes sociales et écologiques internationales.

- Encadrer par une loi française, puis européenne, les filiales hors Europe, des entreprises transnationales afin qu’elles respectent les standards internationaux de production, des conditions de travail et de respect de l’environnement.

- Contraindre les entreprises à la transparence des comptes, à la publication de registres de leurs actionnaires et de rapports annuels sur l’impact social et environnemental de leurs activités.

Institutionnaliser les labels avec certifications sociales et environnementales pour informer le consommateur

- Doter l’UE d’un instrument de surveillance de certains investissements sensibles, engager la convergence fiscale et sociale, avec un salaire minimum état par état, abonder un budget communautaire par un impôt sur les bénéfices et les transactions.

- Interdire, en France, la commercialisation de certains produits, hors UE, aux prix déloyalement bas.

- Faire un accord stratégique industriel, avec l’Allemagne, en définissant 20 secteurs dans lesquels les intérêts sont communs. Passer un nouveau marché avec l’Allemagne : discipline budgétaire en Europe contre la hausse des salaires en Allemagne et en France ; maintien de l’euro sous gouvernance de la Banque Centrale européenne contre protectionnisme vert. Depuis la fin des années 1990 et les réformes Schröder, le « faux modèle allemand » s’est bâti sur une flexibilisation brutale du marché de l’emploi et sur la modération salariale. De 1998 à 2010, le pouvoir d’achat de chaque salarié allemand a baissé de 1% tandis qu’il augmentait de 18% en France. L’Allemagne est devenue «la Chine de l’Europe », celle qui exporte à tout prix, tire les salaires vers le bas et vit des déficits des autres. Le modèle allemand c’est un gagnant et vingt-six perdants. Il ne s’agit pas de dresser un portrait apocalyptique de l’Allemagne dont la force des PME est à envier et à imiter, comme la puissance de sa recherche développement qui conduit à 3 fois plus de brevets par habitant qu’en France.

Manuel Valls et Arnaud Montebourg.

Deux socialistes aux projets divergents. Manuel Valls, à la droite de la Gauche, sans être au Centre, propose une Réforme, pragmatique, possible à court terme, tempérée,  de la mondialisation et de l’économie virtuelle.

Arnaud Montebourg, à la gauche de la Gauche, avec refus des extrêmes, définit une politique de rupture complexe avec le néo-capitalisme débridé, marquée par sa formation d’avocat : les lois, règles, contraintes et contrôles nombreux exigeraient une concertation permanente et de haute technicité entre tous les états européens puis avec tous les états du monde. Arnaud Montebourg n’explore pas, dans ce livre, les contre- attaques des forces du marché et les contournements de son programme qu’il lui faudrait affronter.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

 

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