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06 avril 2011

Prédation financière sur l'argent des immigrés

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Des banques prélèvent des commissions scandaleuses sur l’argent envoyé, par les immigrés, à leurs familles restées au pays.

Une prédation financière révélée par Mediapart, le 25/02/2011.

Olivier Le Cour Grandmaison, historien, estime les transferts de fonds effectués par les immigrés, au niveau international, en 2010, à 325 milliards de dollars, selon une étude de la banque mondiale. En France, ces transferts de fonds ont atteint 8 milliards d’euros, en 2010. Leurs destinations principales sont les pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.  Toutes origines confondues ces sommes représentent 6.6% du Produit Intérieur Brut du Maroc, 7% au Togo, 9.1% au Sénégal, 12% au Mali et 20% aux Comores. Concrètement, cela signifie que des centaines ou des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dépendent de cet  argent pour survivre.

Les travailleurs immigrés prélèvent les sommes envoyées sur leurs maigres salaires gagnés dans des conditions de travail souvent très difficiles. Deux opérateurs financiers principaux dominent ce marché international particulièrement lucratif : Western Union, en partenariat avec la Banque postale, et Money Gram qui réalisent 65% des opérations. Les coûts des commissions  prélevées sur ces transferts de fonds dépassent souvent 8% à 10% et peuvent atteindre 20% ! Les commissions sont de 8.50 € pour des envois inférieurs à 50 € et de 15 €  pour des envois compris entre 50 € et 100 €,  par exemple.

Entre 10 et 15 milliards de dollars par an, de salaires,  sont ainsi détournés de leur but, au lieu de parvenir à leurs destinataires parmi les plus pauvres du monde, des pays du Sud.

Eric Besson lors d’une conférence de presse, le 20 mai 2010, alors qu’il était ministre en charge de l’immigration, s’était ému de ces excès : il allait mettre en œuvre « une politique ferme mais humaine », (d’autant plus aisément que l’Etat français est l’actionnaire de la Banque postale.)

Eric Besson n’a rien fait, son successeur non plus.

Texte  signalé par Carmen Landré.

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18 février 2011

Une laïque ignorance

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Comme en 1900, la laïcité française est à une croisée des chemins. Des manifestations et révolutions d’actualité interpellent légitimement l’avenir.

La nouvelle menace serait la norme salafiste publique, vision étroite et rigoriste de l’Islam, religion hégémonique de l’identité arabe. Des collectifs prétendent défendre la laïcité mais occultent un siècle d’évolutions souples, pluralistes, pour la cohésion sociale et proposent un modèle laïque rétrograde, figé et répressif. Leur démarche, conflictuelle, est une agitation médiatique, dangereusement provocatrice.

Or, il faut progresser, avec sang-froid, et puiser dans une tradition arabe et musulmane qui, pendant des siècles, a multiplié les espaces d’autonomie culturelle.

L’Education Nationale n’a pas développé  dans ses programmes scolaires  la notion politique, essentielle, des LAICITES : l’ignorance assez répandue de l’histoire, de la géographie, de la sociologie, du droit, constructeurs de cette notion fine, complexe et évolutive, dessert la paix sociale.

Jean Baubérot, universitaire, professeur émérite de la chaire histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et Micheline Milot, universitaire du Québec, dans « LAICITES SANS FRONTIERES » aux éditions du Seuil, nous invitent à revenir aux fondamentaux. http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com

La LAICITE ne se limite pas au cas français  et se distingue de la sécularisation et du sécularisme. La laïcisation anglaise a commencé dans le domaine juridique en 1215, 1679, 1689… La loi française de séparation des églises et de l’Etat en 1905, s’est inspirée de l’Ecosse et de plusieurs états américains, réalisant un équilibre de frustration,  elle avait de quoi déplaire à tout le monde. Si le contexte idéologique de la séparation a été conflictuel, les lois de 1905 à 1908 ont su prendre, avec sang-froid, une distance structurelle avec ce contexte.

Depuis le 17ème siècle, l’idée laïque a pris corps progressivement dans le principe de tolérance à l’égard des cultes, dans le déliement de l’appartenance citoyenne et de l’appartenance religieuse et dans le déplacement de la légitimité de l’Etat, des religions dominantes à la souveraineté du peuple.

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