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03 décembre 2010

Egalité réelle et réformisme radical selon DSK

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« L’égalité formelle ne s’attaque pas aux sources mêmes de l’exploitation et de la reproduction des privilèges. La République a proclamé l’égalité. Il restait et il reste encore à la réaliser. Pour garantir une société juste,  nous devons compléter la logique de la réparation, propre à la social-démocratie traditionnelle, par une logique de prévention des inégalités sociales, à même de garantir une égalité de destins. » Socialisme de la redistribution, socialisme de la production et socialisme de l’émancipation, c’est cette triple voie que je propose pour que la lutte contre les inégalités devienne une doctrine concrète : le réformisme radical. »

La situation de la France décrite il y a 6 ans, avec une rare expertise, par Dominique Strauss-Kahn, reste d’actualité. La crise financière, économique et sociale, sévère et durable, n’avait pas eu lieu mais son mécanisme, exposé par anticipation, en page 27, est exact. Pour rétablir la croissance et l’égalité, l’homme politique, devenu depuis Directeur du Fonds Monétaire International, définit un projet de société global, français et européen, humaniste et saisissant de démocratie sociale.

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15 novembre 2010

Suffrage universel et démocratie

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« Universel » signifie qui s’étend à l’univers, qui ne souffre pas d’exception, qui est valable pour tous les hommes (et femmes) en tout temps et en tout lieu, sans distinction de race, de sexe, de condition sociale, d’origine… 

Le suffrage « universel », né de la Révolution de 1789, devenu égal, secret et sincère, avait une première fonction : supprimer la transmission héréditaire monarchique du Pouvoir.

Penser que le suffrage universel puisse légitimer, au 21ème siècle, des fils ou filles d’élus, candidats héréditaires à divers pouvoirs républicains, par une continuité dynastique est  « un trou de mémoire ». La filiation privilégiée, inégale, trahit l’égalité.

Le suffrage universel, suite de combats contre l’exclusion du droit de vote des pauvres, des femmes, des militaires, des jeunes, des français d’Outre- Mer  puis des immigrés,  est un progrès, perfectible, de la démocratie.

Le suffrage universel est l’expression d’une majorité et non d’une totalité d’électeurs. La question est de savoir si le suffrage universel est un critère suffisant pour maintenir la démocratie. Une réponse est qu’il est actuellement indispensable mais insuffisant parce que les classes moyennes et populaires sont dépossédées du pouvoir.

La légitimation d’une élection par le suffrage universel dépend de conditions complexes :

  1. L’histoire fluctuante du suffrage universel.
  2. La progression du corps électoral.
  3. La situation politique avant l’élection.
  4. Les candidats de l’oligarchie.
  5. La participation non-universelle au vote.
  6. Les conséquences du choix et la controverse.

 

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 1. L’histoire fluctuante du suffrage universel

Maximilien de Robespierre, député élu de l’Artois, pour le Tiers Etat, dans son discours à l’Assemblée Constituante du 11 août 1791,  plaide pour le suffrage universel  égalitaire,  contre  le « marc d’argent »: « Qu’importe au citoyen qu’il n’y ait plus d’armoiries, s’il voit partout la distinction de l’or ! ». Il s’appuie sur l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen  du 26 septembre 1789, inappliqué pour les élections : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Le décret du 11 août 1792 supprime la distinction entre les citoyens actifs, qui payaient pour voter, et les citoyens passifs, non-possédants. Le principe du suffrage universel masculin, inscrit dans la Constitution montagnarde de 1793 n’est pas utilisé.

Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’Empereur Napoléon Ier, est le premier Président (de la seconde République) élu au suffrage universel, masculin, en 1848. Il devient l’empereur Napoléon III, à la suite de son coup d’état du 2 décembre 1851 motivé par son désir d’obtenir, par la force, un second mandat de 4 ans, interdit par la loi.

Ensuite, le suffrage universel, redouté pour ces déviances inattendues, subit de longues éclipses.

Le Général De Gaulle, Chef de l’Etat, rétablit cette élection du Président de la République au suffrage universel direct par le référendum du 28 octobre 1962 : 62.2% de suffrages favorables.   

Le rôle novateur du suffrage universel direct ajoute une fonction politique à la fonction présidentielle institutionnelle.

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