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15 novembre 2010

Suffrage universel et démocratie

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« Universel » signifie qui s’étend à l’univers, qui ne souffre pas d’exception, qui est valable pour tous les hommes (et femmes) en tout temps et en tout lieu, sans distinction de race, de sexe, de condition sociale, d’origine… 

Le suffrage « universel », né de la Révolution de 1789, devenu égal, secret et sincère, avait une première fonction : supprimer la transmission héréditaire monarchique du Pouvoir.

Penser que le suffrage universel puisse légitimer, au 21ème siècle, des fils ou filles d’élus, candidats héréditaires à divers pouvoirs républicains, par une continuité dynastique est  « un trou de mémoire ». La filiation privilégiée, inégale, trahit l’égalité.

Le suffrage universel, suite de combats contre l’exclusion du droit de vote des pauvres, des femmes, des militaires, des jeunes, des français d’Outre- Mer  puis des immigrés,  est un progrès, perfectible, de la démocratie.

Le suffrage universel est l’expression d’une majorité et non d’une totalité d’électeurs. La question est de savoir si le suffrage universel est un critère suffisant pour maintenir la démocratie. Une réponse est qu’il est actuellement indispensable mais insuffisant parce que les classes moyennes et populaires sont dépossédées du pouvoir.

La légitimation d’une élection par le suffrage universel dépend de conditions complexes :

  1. L’histoire fluctuante du suffrage universel.
  2. La progression du corps électoral.
  3. La situation politique avant l’élection.
  4. Les candidats de l’oligarchie.
  5. La participation non-universelle au vote.
  6. Les conséquences du choix et la controverse.

 

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 1. L’histoire fluctuante du suffrage universel

Maximilien de Robespierre, député élu de l’Artois, pour le Tiers Etat, dans son discours à l’Assemblée Constituante du 11 août 1791,  plaide pour le suffrage universel  égalitaire,  contre  le « marc d’argent »: « Qu’importe au citoyen qu’il n’y ait plus d’armoiries, s’il voit partout la distinction de l’or ! ». Il s’appuie sur l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen  du 26 septembre 1789, inappliqué pour les élections : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Le décret du 11 août 1792 supprime la distinction entre les citoyens actifs, qui payaient pour voter, et les citoyens passifs, non-possédants. Le principe du suffrage universel masculin, inscrit dans la Constitution montagnarde de 1793 n’est pas utilisé.

Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’Empereur Napoléon Ier, est le premier Président (de la seconde République) élu au suffrage universel, masculin, en 1848. Il devient l’empereur Napoléon III, à la suite de son coup d’état du 2 décembre 1851 motivé par son désir d’obtenir, par la force, un second mandat de 4 ans, interdit par la loi.

Ensuite, le suffrage universel, redouté pour ces déviances inattendues, subit de longues éclipses.

Le Général De Gaulle, Chef de l’Etat, rétablit cette élection du Président de la République au suffrage universel direct par le référendum du 28 octobre 1962 : 62.2% de suffrages favorables.   

Le rôle novateur du suffrage universel direct ajoute une fonction politique à la fonction présidentielle institutionnelle.

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10 septembre 2010

Camp d'internement de Tsiganes de Montreuil-Bellay

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« Le camp, administré par la Préfecture du Maine-et-Loire et gardé par la Gendarmerie était organisé sur le modèle si typique de l'administration française, mélange d'ignominie, de corruption et de laisser-faire.

Le camp d’internement de Tsiganes de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire, France), le plus grand, fut ouvert le 8 novembre 1941, conséquence directe du décret signé le 6 avril 1940 par Albert Lebrun, dernier président de la IIIème République. Il était destiné à rassembler  tous individus sans domicile fixe, nomades et forains, ayant le « type romani».

« Type romani » signe le caractère raciste de la mesure.

Manouches, Gitans, Roms, Sintis... ces Tsiganes, par familles entières, venaient d’une multitude de petits camps ouverts en France dès 1940.

Ce 8 novembre 1941, ils étaient 250, transférés du camp de la Morellerie (Avrillé-les-Ponceaux - Indre-et-Loire). Le 2 décembre, en arrivaient 213 nouveaux interceptés dans les trois départements de la Bretagne de l’Ouest. Pour ne citer que les entrées les plus importantes : 756 du camp de Mulsanne (Sarthe) le 3 août 1942, dont quelque 80 clochards raflés à Nantes qui moururent tous cette même année ; 56 du camp de Rennes, le 5 août ; 304 du camp de Poitiers (Vienne), le 27 décembre 1943.

L’effectif maximum fut atteint en août 1942 avec 1096 internés… Entre 2500 et 3000 personnes vécurent dans ce camp. La famine, de 1941 à 1943 surtout, fut la cause principale des décès. Un 10 novembre par exemple, le menu du déjeuner et du dîner se composait d’une soupe de choux pommés et de navets suivie de légumes : des choux pommés et des navets. Les internés cuisaient des hérissons et des oiseaux.

La médecine fut particulièrement défaillante …

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Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, politique, nazisme, guerre, montreuil bellay, tsiganes, roms, internement | | |  Facebook