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23 novembre 2009

Grands sujets du moment : ce qu'en pense Robert Badinter

robert badinter.jpgFaut-il légaliser l'euthanasie ?

« Chacun, en France, est libre de disposer de sa vie, libre, s'il le désire, de se suicider. Le suicide n'étant pas un délit, l'aide au suicide ne peut-être poursuivie. Il n'est donc pas nécessaire de légiférer »...

 

Faut-il une loi sur le port de la burqa ?

« Je suis un adversaire résolu de la burqa. Elle exprime une conception du rapport  de la femme aux autres et à la société que nous refusons...Mieux vaut procéder par des arrêtés municipaux interdisant le port de la burqa dans certains lieux publics et notamment dans les services publics. L'arrêté sera contesté et le Conseil d'Etat décidera au cas par cas »...

 

Faut-il pénaliser les délinquants sexuels qui refuseraient un traitement par castration chimique ?

« La castration est une mutilation irréversible de l'homme contraire à nos valeurs et aux principes de notre droit. Ce dont on parle, c'est d'un traitement hormonal destiné à réduire la libido. Il ne peut être administré qu'avec le consentement du sujet et doit être réversible...

Ces traitements (complexes) nécessitent le concours de praticiens qui actuellement font cruellement défaut »...

 

Le débat sur l'identité nationale est-il nécessaire ?

« L'arrière- pensée politique est évidente. Si l'on voulait un débat consensuel, il aurait fallu que les responsables politiques de tous les partis soient reçus à l'Elysée pour discuter de son contenu et de ses modalités »...

 

Quelle est votre définition de l'identité nationale ?

« Je lui vois trois composantes essentielles :

  • la culture française exprimée dans une langue prestigieuse, le français,
  • le triptyque, liberté, égalité, fraternité, auquel s'ajoute la laïcité spécifique de notre pays,
  • la conscience d'un avenir commun : les Français partagent une communauté de destin  qui fonde le modèle social français »...

Extraits du Parisien du 22/11/2009. Propos recueillis par Eric Hacquemand et Henry Vernet.

Image : Sénat

Annie Keszey

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20 novembre 2009

Les grands discours politiques du vingtième siècle

L'éloquence est un art, une compétence, que se partagent les très grands prédicateurs et responsables politiques.

« Le narcissisme ne permet pas d'accéder à l'éloquence. L'usage trop fréquent du « je » ou du « moi », réduit le monde aux dimensions de celui ou de celle qui parle et décrédibilise le discours. Cette mise en scène du « je » engendre une parole incapable de véhiculer quelque chose de l'ordre du politique, qui soit général, s'applique à tout le monde et en quoi chacun puisse se reconnaître.

Ce manque de générosité, ajouté au désir de séduire en peu de mots, affaiblit l'art de parler et donc de convaincre.

L'art du discours ne se réduit pas aux formules pérennisées : « Yes, we can » de Barack Obama, « I have a dream » de Martin Luther King ou « Je vous ai compris de Charles de Gaulle »... Il repose sur la composition tripartite équilibrée d'arguments rationnels fondés sur la raison, de transcendance et d'émotion » (François Sureau, avocat et écrivain).

Ces deux exemples de discours radiodiffusés sont extraits de l'anthologie de Christophe Boutin :

 

 

puteaux-parisdegaulleleclerc1944.jpg

PARIS LIBERE

Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains ?

Non ! Nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de France, avec l'appui et le concours de la France toute entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

Eh bien, puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris chez elle. Elle y rentre sanglante mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé.

Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit en vainqueur. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la Grande Armée Française d'Italie a débarqué dans le midi  et remonte rapidement la vallée du Rhône.

C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète.

Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France.

Vive la France !

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