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01 août 2010

Le règne des multinationales

 

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La multinationale est organisée pour faire « ce qu’elle veut où elle veut », comme le disait le patron d’ABB (leader mondial dans les technologies de l’énergie et de l’automation), Percy Barnevic, en profitant au maximum des législations, subventions et facilités nationales. Ce qui revient à aller là où les législations sociales sont faibles, à installer les centres et rapatrier les profits là où les législations fiscales sont favorables. Les multinationales sont européennes et américaines. Sur les cent premières en termes de capitalisation 54 sont américaines, 27 européennes, 5 japonaises et 5 suisses.

Les huit plus importantes sont américaines : General Electric, Microsoft, Exxon Mobil, Wall Mart, Citygroup, Pfizer, Intel, Jonhson and Jonhson, suivies par Shell et BP, européennes…

Les multinationales sont des entités autonomes, des féodalités aux marches de l’autorité des états. Aux « marches », le mot sonne juste ! Les marchés sont ce  que les états laissent en dehors de leur autorité, sous la loi des contrats privés : or, contrats privés sont eux-mêmes théoriquement soumis à la loi publique. Autrefois les marchés se réunissaient hors des remparts. Hermès, dieu des marchés, était aussi le dieu des portes de la ville…La création de marchés naquit de contradictions permanentes entre l’Etat représentant de la collectivité et de l’intérêt collectif, et les multinationales et les lobbies, représentant des intérêts particuliers.

Extrait de « l’Antimanuel d’économie : 1. les fourmis » de Bernard Maris.

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15 juillet 2010

BP ou le cauchemar de la Louisiane

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L’explosion de la plate-forme Deepwater-Horizon, au large des côtes de la Louisiane est à l’origine d’un désastre écologique et économique sans précédent. Elle met aussi en évidence les carences politiques de la gouvernance des très grandes entreprises comme BP.

L’histoire de BP se confond avec celle de la montée en puissance du pétrole comme source d’énergie vitale pour nos économies. En 2007, son chiffre d’affaires était de 220 milliards d’euros, soit l’équivalent du Produit Intérieur Brut (P I B) de la Pologne, 24ème puissance mondiale. Le quart du budget de la Louisiane est dû aux subventions de B P.

BP exploite 7 % du pétrole mondial et 40 % des réserves américaines dans le golfe mexicain et en Alaska. Le travail de ses 80 000 salariés a produit un bénéfice de 16 milliards d’euros en 2007.

BP est une société anglaise et américaine, cotée à Londres, britannique à 41% et américaine à  36 %. Son capital est dilué dans le public et réparti entre plus d’un million d’actionnaires, dont 21 % sont des petits porteurs et 79 % des fonds de pension ou d’investissement…

Effet collatéral important : l’évolution de son titre et de ses bénéfices affecte donc les placements de milliers de ménages et les retraites… Comment ce géant est-il gouverné ? Ni les salariés, ni les retraités, ni les clients ne sont représentés à son conseil d’administration. On n’y trouve aucun spécialiste de l’environnement.

BP est une entreprise gouvernée par une poignée de spécialistes du management

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