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01 juin 2010

Le triomphe de la cupidité

 

FANNIE MAE.jpgJoseph STIGLITZ, économiste aux prévisions justes, décrypte la crise actuelle d'un capitalisme dévoyé. Il définit les conditions pour créer un nouveau système financier, économique et politique, basé sur un idéal éthique, apte à réduire la fracture entre les nantis  et les autres.

Joseph E. STIGLITZ, économiste américain, Prix Nobel en 2001, est l'un des rares à mettre en garde, depuis plusieurs années, contre la libre circulation des capitaux, la financiarisation du marché et les déréglementations...

Son dernier livre, de février 2010, « LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE », publié chez « Les Liens qui Libèrent », est un combat d'idées fondé sur une analyse de la « fabrication » de la crise, des responsables, des réponses politiques et des hypothèses quant à l'avenir du monde.

Dix chapitres structurent cette étude dont le quatrième expose l'une des principales causes directes de la crise : le scandale des prêts hypothécaires américains. La conclusion, à la page 465, envisage deux issues possibles pour l'avenir du monde : l'une, tragique, reconduirait le même système capitaliste dévoyé, l'autre, développée par l'auteur, mettrait à plat les fondements de l'économie mondiale afin de réformer une science économique qui s'est fourvoyée entraînant dans son sillage l'accroissement des inégalités, de la pauvreté, de la crise environnementale et une faillite de la morale.

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11 mai 2010

Michel Serres : le temps des crises

 

le temps des crises.jpg

Les politiques ne connaissent pas cette science complexe qu'est l'écologie. La sortie de crise, pour Michel Serres, académicien,  suppose l'implication, éthique, des savants.

Mais que révèle le séisme financier et boursier  qui nous secoue aujourd'hui ? Si nous vivons une crise, aucun retour n'est  possible. Les termes relance et réforme sont hors de propos. Il faut donc inventer du nouveau. Financière et boursière la crise qui nous secoue aujourd'hui cache et révèle des ruptures qui dépassent, dans le temps, la durée même de l'Histoire.

EXTRAITS "LE TEMPS DES CRISES" - Manifeste Le Pommier

LES RUPTURES

1. L'agriculture

Au 20ème siècle, le néolithique se termine : l'humanité occidentale, bien qu'elle continue à se nourrir d'elle, quitta donc, ici au moins, la terre. Parallèlement, la proportion d'humains vivant dans les villes avoisinera les 75%, en 2030. Or, lorsque se déterritorialise ainsi la majorité des humains, le rapport au monde se transforme.

Premier coup : tout devient politique, du grec polis, la ville. Second coup : or, précisément, à ce moment-là, le monde se venge et menace les hommes. Dès lors, rien ne sera plus vraiment politique au sens traditionnel. Basculement.

2. Les transports

La mobilité des hommes a cru. En 2008, elle s'élève, pour le transport aérien, à trois mille milliards de kilomètres- passagers. La distance d'où proviennent les marchandises dans les hypermarchés se chiffre par milliers de kilomètres. La France devient une cité  dont le TGV est le métro et les autoroutes, les rues.

3. La  santé

Après les années 50 émerge un organisme humain d'une nouveauté dont nous ne nous formons peut- être pas encore une idée assez juste : moins de souffrances, moins de maladies incurables, moins de traces de ces douleurs sur la peau. Le temps de naître, les pics de douleur, la durée des maladies dépendent en partie de nous désormais, même peut- être le moment de la mort que nous pouvons , en partie, différer.

4. La démographie

Le nombre des humains passera bientôt à 7 milliards, le plus souvent serrés en gigantesques mégalopoles. L'espérance de vie augmente de 3 à 6 mois par an. C'est une recomposition du paysage humain qui n'est pas accompagnée des transformations en profondeur des institutions et des coutumes.

5. La connexion

Après le monde et le corps : nos relations. Les dites nouvelles technologies changent nos liens, nos voisinages, nos savoirs et nos manières d'en prendre connaissance. Le connectif remplace le collectif.

6. Les conflits

La seconde guerre mondiale fut le premier conflit où, selon les experts, les humains réussirent à tuer plus de leurs semblables que ne le firent les microbes et les bactéries au cours des précédents affrontements. Quel modèle atroce de domination. Il n'est pas sûr que le plus fort, même de plus en plus fort, reste très longtemps le maître.

En dépensant plus de mille milliards de dollars, l'hyper-puissance incontestable n'a pu gagner, en ces jours, une guerre contre l'un des pays les plus faibles de la planète. Etrange crise de la puissance.

En quelques décennies se transformèrent radicalement : le rapport au monde et à la nature, les corps, leur souffrance, l'environnement, la mobilité des humains et des choses, l'espérance de vie, la décision de faire naître et parfois de faire mourir, la démographie mondiale, l'habitat dans l'espace, la nature du lien dans les collectivités, le savoir et la puissance.

 

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