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19 mai 2016

VERDUN ET BLACK M.

VERDUN.

Monsieur Samuel Hazard, maire PS de Verdun,

Les médias disent que vous seriez heurté par la polémique politique misérable à la suite de votre annulation du concert de Black M,  que vous aviez prévu après la commémoration de la Première guerre mondiale. Pour Florian Philippot, par exemple, cette venue du rappeur aurait été « un crachat contre un monument aux morts », la ministre de la Culture, de gauche, a dénoncé l’interdiction du concert comme « un ordre moral nauséabond ». Selon Benoist Apparu, il pouvait y avoir un « décalage » entre la personnalité du rappeur et la « symbolique des commémorations, mais à partir du moment où on a fait ce choix, on l’assume, on ne cède pas à des pressions ». Valérie Pécresse aurait demandé à Black M de chanter la Marseillaise... Verdun est devenu le Centre mondial de la paix en 1994 !

Les médias, en général, censurent les paroles  de chansons reprochées à Black M telles que, en 2010, la France « pays de kouffards » (mécréants) et « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent »  ou la reprise du terme de « youpin », en 2015.

Citoyenne ordinaire, je me permets d’émettre un avis en espérant que d’autres le feront, avec respect.  Extrait de « La Grande guerre », de Pierre Miquel

Verdun a laissé durablement le souvenir d’une effroyable tuerie. Louis Gillet, qui y fut soldat, l’a noté plus tard avec force : « A Verdun, une division, dans l’espace d’une relève, laisse en moyenne 4 000 hommes. La terre elle-même change de forme ; les collines sous les coups de rabot des obus, perdent leur relief, leurs contours. Le paysage prend cet aspect monstrueux, jamais vu, cet aspect de néant, cette apparence croulante de fourmilière et de sciure, où des échardes, des fétus, des débris de choses mêlés comme de la paille dans du mauvais pain, rappellent qu’il y a eu du bois, des fusils, des brancards, on ne sait quoi de concassé là. On ne vit plus... on ne dort plus, on ne mange plus, on range les morts sur le parapet, on ne ramasse plus les blessés. On attend le moment fatal dans une sorte de stupeur, dans un tressaillement de tremblement de terre, au milieu du vacarme dément. Toute l’armée française a passé par cette épreuve. »

Il faudrait ajouter : et une grande partie de l’armée allemande. Sans profit, car, dans l’immédiat, c’est la

France qui a tiré de Verdun un immense crédit moral comme le souligne Renouvin : « La résistance de Verdun a soulevé dans le monde entier une émotion, un enthousiasme qui donnent la mesure de l’échec. » Comment ne pas voir dans cette « émotion » une protestation de tous les peuples de la terre contre la tuerie organisée, l’écrasement lucide imposé à des centaines de milliers d’hommes ? Si les Français ont retourné contre les Allemands les armes de l’horreur, s’ils ont tenu bon dans l’apocalypse, c’est pour que jamais le monde ne revoie cela, pour que cette guerre soit vraiment la dernière.

La commémoration prévue, en particulier de cette tuerie dans d’atroces souffrances de 1916, veut honorer légitimement la mémoire  des centaines de milliers de morts, des deux côtés désormais. Le soldat de Verdun, figure symbolique du sacrifice consenti pour la victoire de la France, relève d’une construction mythologique séculaire, « intouchable ».  

L’hommage de la Nation aux héros de Verdun, pour respecter la mémoire de chacun, doit être consensuel, digne, si possible indiscutable, inscrit dans la culture française partagée.

Or, la langue du rap  des chansons de Black M se situe en dehors des trois registres de langue : le registre  soutenu, le registre courant, le registre familier.  La langue française est la base essentielle de notre culture commune et le rap, avec sa syntaxe et sa sémantique spécifiques, échappe à la compréhension de tous. L’usage des majuscules, de la ponctuation, de la conjugaison, de l’orthographe d’usage, du vocabulaire, du sens, de l’articulation, selon des règles strictement personnelles, ignore l’Académie française.

Le rap, expression vocale, a le plus souvent un caractère syncopé, avec des sonorités dures peu évocatrices de la PAIX.

Le rap n’est pas le mode d’expression pertinent pour commémorer Verdun. 

Quelques exemples explicites de paroles « rap » suivent, extraits du site Internet : www.paroles- musique.com, que l’on suppose fiable.

Je Ne Dirai Rien...Toi tu sais pertinemment que t’es fraîche                                                                  

Devant les mecs fauchés tu t’prends pour                                                                                                                     L’Everest                                                                                                                                                                        Negro c’est pas une meuf pour oi-t, est-ce claire ?

Ailleurs... Hello le game, comment allez-vous depuis « Wati House » ?                                                                       

Moi, c’est le Big Black M que tu compares à cet enfoiré de                                                                   

Mickey Mouse                                                                                                                                                                

Click, click, bang #WesleySnipes ...Etc...

Ces extraits ne sont nullement des exceptions.

Jack Lang, ancien ministre de l’Education nationale aurait estimé « qu’aucune raison ne justifiait la suppression d’un tel concert ». Il défend la langue française ! François Hollande, qui s’est exprimé tardivement, a évité diplomatiquement de prendre position pour ou contre Black M.

L’actualité tragique des attentats invite à rappeler qu’à partir des années 2 000, le rap, issu de populations noires, a été considéré par le département d’Etat américain comme un outil diplomatique : la diffusion du bon rap serait un moyen de lutter contre l’embrigadement djihadiste des jeunes du monde entier.

Alors, hello le maire, vouliez-vous honorer les ros-hé de dun-ver ? 

Mon avis donc : Monsieur le maire, vous avez eu tort de pressentir Black M pour cet hommage aux morts de Verdun. Vous avez eu raison de changer d’avis. N’oubliez pas de rétablir l’honneur citoyen de Black M injustement jeté en pâture à certains politiques, aux réseaux sociaux mais sans doute pas aux citoyens ordinaires, plus raisonnables. 

Annie Keszey.

http://www.atelieridees.org

http://www.rupture-et-metamorphose.org http://www.notreputeaux.com

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13 avril 2016

MACRON L'ENCHANTEUR.

Ce titre est celui de la chronique de Gérard Courtois, en page 22 du journal Le Monde du 13/04/2016.

Bien pensé.

Extraits.

« Randonne-t-il au centre ? Roule-t-il pour Hollande ? Court-il à la rencontre de son propre destin ? Ou les trois à la fois ? Les spéculations n’ont pas manqué depuis qu’Emmanuel Macron a lancé son mouvement, En marche !, le 6 avril. Il est vrai que la situation est baroque : un jeune homme de 38 ans, ministre depuis vingt mois à peine, sans mandat ni fief, seulement armé d’une popularité atypique et d’une ambition sans complexe, se permet de dresser un constat d’échec du gouvernement dont il est membre et de faillite de la gauche à laquelle il assure appartenir. Sans démissionner pour aller au bout de son audace. Sans être renvoyé, pour prix de son effronterie.

On verra où le mène cette aventure. Mais il serait prématuré de la balayer, dès à présent, d’un revers de main. Car l’initiative a été conçue soigneusement pour cocher toutes les cases du désenchantement démocratique actuel et tenter d’y répondre...

L’entreprise du ministre de l’Economie paraît symptomatique du marasme où est plongée la gauche... »

A suivre donc !

Annie Keszey.

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