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20 mai 2012

LA PARITE GOUVERNEMENTALE?

Message adressé à Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes…

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La parfaite égalité quantitative « femmes-hommes » dans le premier gouvernement de François Hollande, imposée par la loi, marque un important progrès politique.
La photographie officielle, publiée dans la plupart des journaux, interroge cependant sur l’égalité qualitative: au premier plan posent sept hommes et quatre femmes !
Les ministères régaliens, au cœur de l’Etat, qui fondent la souveraineté, c’est-à-dire la défense, les affaires étrangères, la justice, la sécurité intérieure et les finances sont attribués à quatre hommes et une femme, auprès du binôme masculin du président et du premier ministre. Alors que ces hommes semblent nommés dans les domaines de leurs compétences et de leur expérience politique, la nomination de Christiane Taubira, (docteur en Sciences économiques), au Ministère de la Justice, paraît, pour l’instant, plutôt fortement symbolique. Elle fut un soutien d’Arnaud Montebourg  à  la primaire socialiste, représente l’Outre-Mer, la diversité et la loi qui porte son nom reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Elle souhaite le retrait du mot « race » de la constitution. L’important ministère de l’Education Nationale, en personnels  et budget, est attribué, encore, à un homme. Deux hommes sont chargés des secteurs les plus en difficultés : l’emploi et le redressement productif.
La santé, les affaires sociales, la famille, les personnes âgées, la dépendance, la culture, la communication, les sports, la jeunesse, la vie associative, l’éducation populaire, la francophonie… restent des domaines majoritairement attribués aux femmes, selon la tradition dichotomique des décideurs masculins. Les représentations stéréotypées du rôle et de la place des femmes persistent dans ce gouvernement.

Le cabinet de François Hollande, à l’Elysée, ignore la parité : une femme, énarque de la promotion Voltaire où elle a rencontré François Hollande et sept hommes dont quatre énarques. Le secrétaire général de l’Elysée, préfet, est un ami du président issu, lui-aussi, de la même promotion Voltaire.
Ce n’est plus, à ce niveau, un cabinet représentant le peuple, mais celui d’une élite masculine à instruction et formation élevées, socialement très sélectives et au mode de pensée formaté. A l’ENA, l’insuffisance du nombre d’inscriptions de femmes, à l’entrée (37%), se réduit encore tout au long du processus de sélection. Dans la période récente les femmes admises ne représentaient que 26% !
Ce cabinet porte en lui, inconsciemment, la dévalorisation et la sous-estimation  classiques des femmes aux postes à responsabilités.
La composition du gouvernement est accessible sur : www.gouvernement.fr

www.atelier-idees.org    Annie Keszey


15 mai 2012

LA METAMORPHOSE ECONOMIQUE ET POLITIQUE D'EDGAR MORIN.

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Il faut dépasser les insuffisances et carences de l’idée de réforme et de révolution dans la notion de métamorphose qui combine conservation et transformation.

La crise que nous vivons n’est pas seulement économique, c’est une crise de civilisation. Un Président doit être capable d’indiquer les directions de salut public pour que la France retrouve son rôle d’éclaireur. On ne peut rétablir confiance et espérance que si l’on indique une voie nouvelle, pas seulement la promesse de sortir de la crise, mais de changer la logique dominante. Par une confluence de réformes multiples, il faut remettre la France en mouvement, faire confiance aux capacités créatrices des citoyens…Je souhaiterais que François Hollande réponde à ce que disait Beethoven dans son dernier quatuor : «  Est-ce possible ? Oui, il faut montrer que c’est possible… »
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Une grande politique économique comporterait selon moi la suppression de la toute- puissance  de la finance  spéculative tout en sauvegardant le caractère concurrentiel du marché : comme je l’ai dit, le dépassement de l’alternative croissance-décroissance en déterminant ce qui doit croître: une économie plurielle, comportant le développement d’une économie verte, de l’économie sociale et solidaire, du commerce équitable,  de l’économie de convivialité, de l’agriculture fermière et biologique, de l’entreprise citoyenne. Mais aussi ce qui doit décroître: l’économie créatrice de besoins artificiels, du futile, du jetable, du nuisible, du gaspillage, du destructeur. Ne faut-il pas envisager une grande politique de la consommation, qui inciterait les consommateurs à s’éclairer sur les produits et mènerait une action  éducative sur les intoxications et addictions consuméristes, ce qui, favorisant la qualité des produits, favoriserait la qualité de la vie et la santé des personnes ? Ne faudrait-il pas prohiber les multiples produits soit jetables, soit à obsolescence programmée ce qui favoriserait les artisanats de réparation ?

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Ne faut-il pas envisager une grande politique de ré-humanisation des villes qui veillerait à opérer la dé-ségrégation sociale, à ceinturer les villes-parkings pour y favoriser les transports publics et la piétonisation, et favoriser la réinstallation des commerces de proximité ? Une nouvelle politique pour la France rurale ne devrait-elle pas être promue, qui ferait régresser l’agriculture et l’élevage industrialisés devenant nocifs pour les sols, les eaux, les consommateurs, et progresser l’agriculture fermière et bio ? Elle revitaliserait les campagnes en les repeuplant d’une nouvelle paysannerie en y réimplantant bureaux de poste et dispensaires locaux et elle inciterait à réinstaller dans les villages  boulangeries-épiceries-buvettes. Elle instaurerait l’autonomie vivrière dont nous aurions besoin en cas de grave crise internationale…
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Je pense que toute pensée politique doit se formuler à partir d’un diagnostic pertinent du moment de l’ère planétaire que nous vivons, y concevoir une voie de salut, et y situer une politique française. Je pense qu’il faut dépasser les insuffisances et carences de l’idée de réforme et de révolution dans la notion de « métamorphose » qui combine conservation et transformation.

Extrait du « grand entretien », journal Le Monde du 5/05/2012. L’intégralité de l’entretien est accessible sur Lemonde.fr

Images:Maria Vittoria Benatti- pixeljoint.com- surélévation de la tour AXA à la Défense- Vladimir Kush
www.atelier-idees.org
Annie Keszey.