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08 octobre 2012

PUTEAUX: LA VILLE DE TOUS LES DANGERS.

Dans une presse, certes mesurée, Puteaux fut autrefois « Chicago-sur-Seine » et, récemment, « Dallas, ton univers impitoyable », puis « Pyongyang ». Aujourd’hui, le Maire, Madame Ceccaldi-Raynaud, reçoit, de Gérard Brazon [Riposte- Laïque], une alerte épistolaire sur l’islamisation de la ville. Le Maire serait dans le collimateur des islamistes et les rues de  Puteaux ont déjà les stigmates de cette islamisation rampante
Dans le Monde du 2/10/2012, Plantu, caricaturiste talentueux, donne son point de vue sur les caricatures de Mahomet publiées par Charlie -Hebdo : « Un artiste est libre comme l’air et il a tous les droits. Cela dit, on est aussi citoyens du monde, et on peut se lever le matin sans avoir envie d’humilier une religion ou de « se faire » Mahomet. Il n’y a pas d’urgence à creuser la fracture qui existe entre des laïcards forcenés et des intégristes forcenés. L’écrivain Salman Rushdie, frappé par une fatwa qui l’oblige à vivre caché depuis une décennie, pense que demander à vivre dans un monde où rien ne nous offense est une absurdité. Victime d’une « culture de l’offensé », il s’est dit, en conscience : ne tombe pas dans le piège de la peur, ne tombe pas dans celui de la vengeance !
Latifa Ibn Ziaten, maman d’Imad, le soldat de l’armée française, tué par Mohamed Merrah et Aurélie Noubissi, mère de Kivin, étudiant, tué par les barbares d’Echirolles, prouvent, dans la douleur, la force digne de l’intégration. (Dignité et indignité, texte de Maurice Szafran, n° 807 de Marianne).
Riposte- Laïque défend la laïcité, c’est une cause juste et nécessaire, mais ses méthodes embrouillées et furieuses sont inadaptées au maintien résolu, mais profondément réfléchi, de l’unité républicaine, de la paix civile et de la liberté de conscience incluant la liberté religieuse. Sur le blog s’étale  un flux de mots agressifs, angoissants qui ne distingue pas des appellations diverses: les dangereux islamistes, les citoyens de confession  islamique, les Arabes, les musulmans, la communauté musulmane…L’instabilité lexicale de Riposte-Laïque participe à  des amalgames et à une dramatisation contraire à la clairvoyance.
Riposte-Laïque a pour premier devoir d’effacer  les stigmates de sa «  laïcardisation » forcenée rampante. La laïcité n’est pas un athéisme militant rudimentaire, mais une SYNTHESE SOCIETALE COMPLEXE.
Un mot de Marine Le Pen, symbolique parce qu’il renvoie automatiquement à l’époque nazie, est repris : Les musulmans, (sous le mandat de l’ancien maire) venaient de partout, des villes voisines mais aussi d’ailleurs ! Ils obéissaient à cette technique doccupation du terrain que nous connaissons bien à Riposte-Laïque pour obliger les maires à bouger et aller dans le sens de l’islamisation progressive… d’une ville, d’un département, d’une région et ainsi de suite…
Gérard Brazon réprouve le laxisme, envers la communauté musulmane, de l’ancien maire et s’interroge sur les intentions du maire actuel, fille du précédent maire : va-t-elle se coucher devant le diktat religieux ? Les conseillers municipaux sont des pions, grapillant  quelques miettes que le Roi ou la Reine du moment laissent tomber volontairement à leurs pieds…
Gérard Brazon est auto-convaincu de détenir LA vérité et le savait depuis longtemps. Si vous n’adhérez pas aux thèses affolées de Riposte-Laïque, vous êtes passéiste, ignorant ou inconscient. Son combat évacue le débat! Or, l’histoire de la construction de la valeur fondamentale « laïcité » se fonde sur une démarche d’égards mutuels.
Trois faits, imprécis pour les habitants de Puteaux qui n’ont malheureusement pas accès à une information officielle de première source, semblent à l’origine de cette  panique et de ces sombres présages (péril non confirmé, par exemple,  lors de la grande braderie populaire, vivante et colorée, du dimanche 30/09/2012, dans la ville basse, ou la frayeur ne semblait pas dominer).
Avec des fonds publics, le Maire participerait aux frais de la mosquée provisoire de la Défense, frais de chauffage en hiver, par exemple, en attendant la fin des travaux de la mosquée rue Saulnier.
Une manifestation de parents d’élèves s’est tenue devant la mairie de Puteaux le 29/09/2012.  Ils venaient demander à la municipalité de prêter une salle à l’association Solidarité Islamique pour les 200 enfants ( de Puteaux ou de villes voisines) qui suivaient des cours et qui n’avaient plus de salle depuis la rentrée. La mairie avait préempté en mai le local privé utilisé.  Ces cours, selon les diverses sources (certes objectives !) étaient des soutiens, des cours de langue arabe, une initiation à la culture arabo-islamique  ou  des cours de langue arabe à partir du Coran et de la vie du prophète…Le maire a proposé d’autres locaux.
Les mairies n’ont pas le droit de  participer financièrement aux cultes religieux mais  peuvent aider des associations culturelles et ont l’obligation de veiller à l’égalité entre toutes les religions et les non-religieux. La difficulté est qu’en 1905, l’islam n’existait pas en France et la loi ne cite pas cette religion restée sans statut, et donc avec un risque permanent d’être traitée à inégalité. Il en est de même pour l’orthodoxie et le bouddhisme. [La Grande mosquée de Paris, inaugurée plus tard, en 1926, commémore l’héroïsme et les sacrifices des 70 000 morts au champ d’honneur, de confession musulmane !] Les difficultés nationales rencontrées depuis un siècle viennent de cette origine et s’amplifient avec l’accroissement du nombre de concernés. De très nombreux rapports sur la question, dont celui de la commission Stasi, de 2003, n’ont été que peu appliqués : pourtant, ce rapport reste un exemple de travail  historique, social et politique équilibré.
Les relations actuelles entre l’Occident et la société islamique sont complexes à partir d’une première et profonde divergence culturelle : l’Occident est un monde dans lequel les faits de voir, d’être vu, de faire-voir et de se faire-voir sont centraux alors que dans les sociétés traditionalistes religieuses, les choses que l’on ne peut faire voir ni voir sont nombreuses. Violer la restriction, dans certains pays, peut entraîner la mort. (Thèse de Raffaele Simone).
La cathédrale… d’Alger !

cathédrale d'Alger.jpgPuteaux a quelques spécificités. Monsieur Ceccaldi-Raynaud a vécu sa jeunesse au Maroc et en Algérie française : il y a étudié, travaillé, milité pendant 25 ans, séjour qui n’a pas été préjudiciable à sa réussite. La loi de 1905, à partir d’un régime dérogatoire de l’Etat colonial français  ne s’est pas appliquée en Algérie où il n’y a pas eu séparation entre l’islam et l’Etat. Revenu en France, à Puteaux, Monsieur Ceccaldi-Raynaud semble avoir accueilli normalement les immigrés du Maghreb, juste « retour d’ascenseur ». Ahmed, se souvient avec émotion de sa rencontre avec ce maire, lors d’une « fête du     mouton », sur l’île.

Une mosquée d'Alger.

mosquée d'Alger.jpgCe maire a fait aussi construire une synagogue, Rue Roque de Fillol, aux frais du contribuable, sur fonds publics. Pour aseptiser sans doute le contournement législatif, la synagogue portait une plaque « Associations », disparue aujourd’hui. Madame Ceccaldi-Raynaud vient d’inaugurer le nouveau campanile,  légal,  près de la vieille église.  Le conseil municipal a donné son accord pour faciliter la construction d’un collège privé dans lequel les filles sont séparées des garçons!  Plus qu’ailleurs, le respect de l’égalité entre cultes est ainsi problématique.
Un temple protestant dans l’Algérois.

temple boufarik.jpgLa résistance aux atteintes à la loi de 1905 est affaire de tous. Puisque cette loi est incomplète du fait des évolutions d’un siècle, ce sont des intelligences consensuelles, de droite et de gauche et non pas des éclats de voix provocateurs qui sauront séparer les faits réversibles  pour les réglementer, des faits irréversibles, qui imposent à l’Etat de légiférer. Les prières de rue, en l’absence de mosquée, sont réversibles, l’excision, la lapidation, par exemple, sont irréversibles.
Une fatwa, le délit de blasphème sont incompatibles avec la liberté de conscience. La laïcité ne saurait admettre toute conception religieuse ou athée qui souhaiterait régenter le système social ou politique français.

Une synagogue d'Alger.

synagogue d'Alger.jpgJean Baubérot, titulaire de la seule chaire d’enseignement de la laïcité, recommande un comportement déterminé, de sang-froid : « La laïcité- roseau est plus solide qu’il n’y paraît, plus apte à affronter les tempêtes qu’une  pseudo laïcité- chêne qui séduira par son aspect massif, alors que cet aspect constitue précisément sa faiblesse ».   
Images :hubertzakine.blogspot.com/algérie.rmc.fr/alger-roi.fr/reforme.net
www.atelier-idees.org/ www.notreputeaux.com/
Annie Keszey                   

02 septembre 2012

LIBERTE D'EXPRESSION, ABUS DE DROIT ET ABUS DE POUVOIR.

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La liberté d’expression, valeur fondamentale des démocraties occidentales, est née d’abord aux Etats-Unis, puis, en France, lors de la Révolution de 1789. Les débats préparatoires à l’article 11 de la Déclaration des  Droits de l’Homme et du Citoyen opposèrent deux idéologies toujours présentes aujourd’hui : l’abbé Emmanuel-Joseph Sieyès souhaitait des limites à la liberté d’expression tandis que Maximilien de Robespierre et Jean-Paul Marat la souhaitaient indéfinie et illimitée puisque « la liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire »…

Depuis ce temps, la liberté d’expression n’est pas absolue, c’est une liberté restreinte par des contraintes progressives, et des sanctions prévues par la loi, protectrices des Droits des personnes, des groupes, des valeurs et de l’Etat. La justice française sanctionne l’insulte publique, la diffamation, la calomnie, l’incitation à la haine raciale, nationale ou religieuse, l’incitation au meurtre, les propos discriminatoires, le négationnisme, les atteintes à la vie privée et au Droit à l’image, par exemple. Les jeunes sont protégés par les interdictions de la pornographie et de l’usage des stupéfiants…Une récente demande citoyenne opportuniste souhaiterait le cadrage des sites « islamiques » sur « la toile », mais avec l’incapacité d’en définir les critères objectifs de reconnaissance.
La liberté d’expression, illicite, par des  auteurs de propos  litigieux est combattue par les « victimes » s’estimant atteintes  par un abus de Droit. La gestion judiciaire, quand il y a eu incapacité d’autogestion et d’autorégulation, recherche alors un équilibre entre liberté et pouvoir de nuisance. Elle fruste parfois ainsi les militants qui voulaient combattre le mensonge par la vérité et non par des interdictions mais qui ont fait un usage erroné de la belle parole. Transgresser l’actuelle liberté d’expression demande du talent, de la subtilité, une très forte exigence de rigueur envers soi-même, un travail approfondi et la connaissance du Droit. 
Le militantisme pour la liberté d’expression est mondial, contrarié aussi par des organisations nationales et internationales qui ne partagent pas les mêmes attentes : des groupes divers (religieux, sectaires, dictatoriaux) s’opposent à une plus grande ouverture. D’autres organisations et individus transgressent les lois et défient des autorités étatiques, au-delà des frontières, sur internet. En France, la législation existante (expression, opinion, information…) s’applique aux auteurs d’internet.
Les Etats du monde, ceux d’abord qui pratiquent la censure, souhaiteraient réguler « ‘Internet sans frontière »: une charte de coopération internationale est à l’étude. La complexité du but en éloigne sa faisabilité et, de plus, l’initiative est âprement combattue par des Organisations Non Gouvernementales, en particulier.

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Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, est un mini-modèle permanent de lutte entre la liberté d’expression, l’abus de Droit et l’abus de pouvoir. Un conseiller d’opposition du MoDem, blogueur, s’est spécialisé dans le fait «  de l’ouvrir ». Il critique la municipalité UMP et, toujours, le Maire. [Le combat est affaibli parce que le but est moins l’instauration de valeurs démocratiques qu’une lutte banale pour le pouvoir communal]. Les mises en examen du blogueur paraissaient injustes tant qu’il gagnait les procès et s’en réjouissait légitimement. La mise en scène de sa victimisation, servait sans doute, par compassion citoyenne, sa notoriété virtuelle. Mais il vient de perdre deux procès, cette année, pour diffamation et violation de la vie privée. Six autres procès vont suivre contre lui, initiés par le Maire ou ses proches. Sa perte de procès devient incompatible avec sa méthode critique déjà exacerbée.
C’est excessif et déraisonnable, des deux côtés et ce jeu d’impuissance civique déçoit.
L’analyse des raisons qui poussent l’opposant sur la frontière des transgressions, par l’ensemble du Conseil Municipal, conduirait vers une pacification intelligente et, enfin, conviviale. Les amis du blogueur pourraient l’influencer afin que son combat ne se retourne pas négativement contre lui mais positivement au bénéfice des putéoliens, enfin !

Un exemple. De l’extérieur, on peut estimer que le procès à l’initiative des conseillers municipaux de la majorité, accusés, par le blogueur, d’habiter en HLM, sans en avoir le droit,  pouvait être évité, (il reste parfaitement légitime actuellement à partir d’une hypothèse d’amalgame entre les ayants-droit dont certains ont habité en HLM avant d’être conseillers municipaux et les autres, s’ils existent). La partialité de cette dénonciation dénature cette stratégie d’alerte du blogueur dans la mesure où il ne dénonce pas l’illégalité d’une occupation amie, personne seule de son bord politique, qui a occupé un 100 m2 en HLM!
Une politique TRANSPARENTE des procédures d’attribution  des logements sociaux par l’office des HLM, aurait empêché des hypothèses peut-être scabreuses. Des délégations de pouvoir, par le maire, à des personnalités légitimes et compétentes faciliteraient l’accès des citoyens à divers dossiers. L’opacité de l’action « publique » locale, en ce domaine, nourrit un climat délétère de rumeurs, rumeurs banales mais nocives qui circulent dans tous les lieux où les demandes de logements sociaux dépassent l'offre même si cette offre est conforme à la loi. Le président de "l'Office HLM" logerait ses amis,  logerait des «  riches », ceux qui ont une carte du parti, ceux qui s’engagent à voter dans le bon sens, ceux qui sont bien Français,  et certains demandeurs utiliseraient un circuit d’argent noir…Ces rumeurs ne résisteraient pas à une information officielle venue d'une source crédible et autorisée. Rappelons qu'un travail de sociologues, Monique et Michel Pinçon- Charlot, a validé l'exactitude de certaines de ces rumeurs sur Neuilly, il y a 2 ans et que l'usage d'argent noir a cours dans une ville proche du Val D'Oise.
Ce conservatisme étroit, proche du « Tea-Parti » américain, ce mutisme sur cette question essentielle du logement social sont anachroniques: ils expliquent (sans les justifier) les coups de « trébuchet » du blogueur, qui veut SAVOIR, de plein Droit. Les logements sociaux sont construits avec l'épargne des contribuables!
Un porte- parole neutre, expert et assidu qui divulguerait les résultats de chaque commission d’attribution de  HLM assainirait l’atmosphère.
La Commune devrait user désormais de sa liberté d’expression croissante, exemplaire, dans tous les domaines de sa gestion. Les captures conflictuelles d’informations deviendraient inutiles.
Puteaux : cité radieuse.

Images : tweeterfreedom1. Ipg et sylvie-tribut-astrologue.com. Avec la balance on aborde l’équinoxe d’automne…

www.atelier-idees.org            Annie Keszey.