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01 juin 2011

"Los indignados" de la Puerta del Sol - Madrid - Espagne

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No nos vamos! Basta la probreza! Juventud sin futuro! Sin casa, sin curro, sin pensión, sin miedo.  Rebélate! El Cambio !

Nous ne partons pas! A bas la précarité! Jeunesse sans futur ! Sans maison, sans boulot, sans peur!  Rebelle-toi ! Le Changement !

Le modèle productiviste né de la révolution industrielle; le modèle de solidarité sociale promu en Europe à la libération; le modèle néo-libéral issu de la révolution conservatrice, explosent avec la crise*. Des révolutions s’étendent contre des dictatures politiques et contre des démocraties : les Tunisiens, les Egyptiens, les Libyens, les Syriens, les Algériens, les Iraniens, les Yéménites, les Georgiens , les Islandais, les Irlandais, les Portugais, les Grecs, les Italiens,  les Espagnols et…Ces révolutions naissent et perdurent à partir des réseaux sociaux Facebook et Twitter parce que les canaux normaux de la contestation ne fonctionnent plus ou qu’ils sont censurés.

Tous ces manifestants pacifiques partagent le sentiment de ne pas être entendus par les responsables politiques, d’être exclus de systèmes politiques sourds et aveugles à leurs préoccupations. Ils  revendiquent, souvent au péril de leur vie, une autre place pour les êtres humains  qui suppose la fin des régimes politiques prévaricateurs, des actionnaires-sangsues, du « tout-marché » régi par la loi du plus fort, des délocalisations, du libre-échange sans rivage, des crises alimentaires, des bulles financières et du dumping salarial à l’échelle planétaire.

Les Indignés de la Puerta  del Sol, rejettent les partis traditionnels, incompétents et souvent corrompus dans des scandales immobiliers (ces partis ignorent « le nouveau monde » de Michel Serres, défini dans « le Temps Des Cerises », en 2009,  par exemple). Ils projettent de changer le système, grâce à internet, sans passer par les organisations classiques. Les peuples arabes, qui changent le cours des choses dans des dictatures, ont convaincu les européens qu’il était donc  possible de le faire en démocratie ! (Editorial du journal Le Monde du 24/05/2011)

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Toutes ces révolutions d’aujourd’hui rassemblent des jeunes sans emploi d’une génération sacrifiée (44% des jeunes espagnols sont au chômage), des étudiants, des pauvres, des précaires, (90% des contrats de travail, en Espagne encore, sont des CDD), des retraités, des femmes seules, des familles surendettées, des intellectuels… Les partis politiques et les syndicats classiques sont absents. Ces citoyens indignés et actifs se regroupent, participent aux flux des discussions, s’organisent contre les systèmes oppressifs obsolètes et les fausses démocraties pour instaurer un « ordre juste », une société nouvelle qui érige « la Vie », comme priorité : la liberté, l’égalité et la dignité, au-delà des intérêts économiques et politiques.

Les évolutions seront difficiles, instables, imprévisibles. Mais, désormais, les Gouvernements, s’ils ne veulent pas être « dégagés », pourront moins impunément ignorer le Peuple.

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06 mai 2011

La double violence de l'identité nationale

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Depuis longtemps les chercheurs en sciences humaines et sociales s’interrogent sur les quêtes individuelles et collectives d’identité, et sur les raisons qui font que nous parlons si souvent  d’identité. Leurs recherches les mènent vers les limites, les frontières, les contacts, bien loin de la croyance en une unité « vraie », essentielle, figée. Pour les sciences sociales comme pour les sciences humaines, il s’agit d’accompagner ce long travail que chacun mène dans sa vie- chaque personne ou chaque collectif-  pour accepter l’idée que l’identité est insaisissable et indéfinissable, qu’elle est une sorte de foyer virtuel auquel il nous est indispensable de nous référer pour expliquer un certain nombre de choses, mais sans qu’il y ait jamais d’existence réelle. Prétendre la définir (en faisant donc croire qu’elle est définissable) c’est produire des normes identitaires, donc une double violence. Violence pour ceux qu’elle met au défi de s’inclure et de rester « sous contrôle identitaire » au prix d’humiliations culturelles et mémorielles (faisant ainsi violence, par exemple, à la part africaine, antillaise ou maghrébine de l’histoire de France) ...

Mais la définition officielle, gouvernementale pour être précis, d’une identité nationale provoque une autre sorte de violence, en direction de tous ceux qu’elle exclut, qu’ils soient d’ailleurs ou d’ici .Car cette identité normative a comme toutes les normes pour fonction essentielle de produire des anormaux et de les exclure. Faire exister « l’étranger » dans nos esprits et dans des politiques xénophobes est le seul résultat et la seule vérification empirique d’une identité nationale improbable. Cette politique de l’identité prend la forme caricaturale de l’inventaire des traits ethno-nationaux comme aux temps les plus reculés de l’ethnologie  folkloriste. .. Et le contrôle de la conformité de ce « kit identitaire » national, enfermé et appauvri sur le plan culturel, est l’instrument de la politique de rejet de l’étranger. Pourtant jamais satisfaite de ses propres définitions essentialistes, cette politique entraîne toujours plus de procédures d’identification, de vérification, de tri des personnes et donc davantage de police, de murs, d’enfermement et de mise à l’écart. Comme si la mise en œuvre des procédures d’identification et de contrôle des indésirables était la seule fin de cette politique identitaire. 

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