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06 mai 2011

La double violence de l'identité nationale

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Depuis longtemps les chercheurs en sciences humaines et sociales s’interrogent sur les quêtes individuelles et collectives d’identité, et sur les raisons qui font que nous parlons si souvent  d’identité. Leurs recherches les mènent vers les limites, les frontières, les contacts, bien loin de la croyance en une unité « vraie », essentielle, figée. Pour les sciences sociales comme pour les sciences humaines, il s’agit d’accompagner ce long travail que chacun mène dans sa vie- chaque personne ou chaque collectif-  pour accepter l’idée que l’identité est insaisissable et indéfinissable, qu’elle est une sorte de foyer virtuel auquel il nous est indispensable de nous référer pour expliquer un certain nombre de choses, mais sans qu’il y ait jamais d’existence réelle. Prétendre la définir (en faisant donc croire qu’elle est définissable) c’est produire des normes identitaires, donc une double violence. Violence pour ceux qu’elle met au défi de s’inclure et de rester « sous contrôle identitaire » au prix d’humiliations culturelles et mémorielles (faisant ainsi violence, par exemple, à la part africaine, antillaise ou maghrébine de l’histoire de France) ...

Mais la définition officielle, gouvernementale pour être précis, d’une identité nationale provoque une autre sorte de violence, en direction de tous ceux qu’elle exclut, qu’ils soient d’ailleurs ou d’ici .Car cette identité normative a comme toutes les normes pour fonction essentielle de produire des anormaux et de les exclure. Faire exister « l’étranger » dans nos esprits et dans des politiques xénophobes est le seul résultat et la seule vérification empirique d’une identité nationale improbable. Cette politique de l’identité prend la forme caricaturale de l’inventaire des traits ethno-nationaux comme aux temps les plus reculés de l’ethnologie  folkloriste. .. Et le contrôle de la conformité de ce « kit identitaire » national, enfermé et appauvri sur le plan culturel, est l’instrument de la politique de rejet de l’étranger. Pourtant jamais satisfaite de ses propres définitions essentialistes, cette politique entraîne toujours plus de procédures d’identification, de vérification, de tri des personnes et donc davantage de police, de murs, d’enfermement et de mise à l’écart. Comme si la mise en œuvre des procédures d’identification et de contrôle des indésirables était la seule fin de cette politique identitaire. 

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06 avril 2011

Prédation financière sur l'argent des immigrés

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Des banques prélèvent des commissions scandaleuses sur l’argent envoyé, par les immigrés, à leurs familles restées au pays.

Une prédation financière révélée par Mediapart, le 25/02/2011.

Olivier Le Cour Grandmaison, historien, estime les transferts de fonds effectués par les immigrés, au niveau international, en 2010, à 325 milliards de dollars, selon une étude de la banque mondiale. En France, ces transferts de fonds ont atteint 8 milliards d’euros, en 2010. Leurs destinations principales sont les pays du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.  Toutes origines confondues ces sommes représentent 6.6% du Produit Intérieur Brut du Maroc, 7% au Togo, 9.1% au Sénégal, 12% au Mali et 20% aux Comores. Concrètement, cela signifie que des centaines ou des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dépendent de cet  argent pour survivre.

Les travailleurs immigrés prélèvent les sommes envoyées sur leurs maigres salaires gagnés dans des conditions de travail souvent très difficiles. Deux opérateurs financiers principaux dominent ce marché international particulièrement lucratif : Western Union, en partenariat avec la Banque postale, et Money Gram qui réalisent 65% des opérations. Les coûts des commissions  prélevées sur ces transferts de fonds dépassent souvent 8% à 10% et peuvent atteindre 20% ! Les commissions sont de 8.50 € pour des envois inférieurs à 50 € et de 15 €  pour des envois compris entre 50 € et 100 €,  par exemple.

Entre 10 et 15 milliards de dollars par an, de salaires,  sont ainsi détournés de leur but, au lieu de parvenir à leurs destinataires parmi les plus pauvres du monde, des pays du Sud.

Eric Besson lors d’une conférence de presse, le 20 mai 2010, alors qu’il était ministre en charge de l’immigration, s’était ému de ces excès : il allait mettre en œuvre « une politique ferme mais humaine », (d’autant plus aisément que l’Etat français est l’actionnaire de la Banque postale.)

Eric Besson n’a rien fait, son successeur non plus.

Texte  signalé par Carmen Landré.

Publié dans France, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : france, économie, finance, banque, immigration, argent, prédateur | | |  Facebook