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14 mars 2011

Une légitimation politique consternante du rejet des étrangers

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RETOUR SUR LE DEMANTELEMENT DE LA « JUNGLE » DES REFUGIES AFGHANS DE CALAIS, LE 22 SEPTEMBRE 2009.

Quel sens a eu cette évacuation tant médiatisée, cette mise en spectacle de ceux qu’on désigne comme des « étrangers », en leur donnant l’apparence de la souillure, de la dégradation et d’une différence absolue associées à  leur rejet ?Un repère de sens, pour le Pouvoir, à partir duquel le rejet des étrangers se trouve davantage légitimé et banalisé.

Plusieurs jours avant ce 22 septembre, une mise en scène dans les journaux et sur les écrans de télévision a préparé l’évacuation proprement dite : des mots et des images ont largement circulé, montrant un monde marginal, effrayant, le « crime organisé », les «mafias de passeurs », l’horreur de la misère. Les mots et les photos ont transmis l’image de gens « anormaux », dont il fallait se méfier, qu’il valait mieux tenir à l’écart, tenir éloignés. Le jour même de l’évacuation, un quotidien gratuit montrait sur une de ses photos, en très grand format, des Afghans installés à côté d’un tas de  détritus, celui-ci au premier plan.

En réalité, ces gens ne vivaient pas au milieu des détritus. Ils étaient dans des cabanes qu’ils arrangeaient du mieux qu’ils pouvaient, qu’ils rendaient même d’une certaine façon, habitables. Ils servaient le thé aux visiteurs, bavardaient, rangeaient sans cesse leurs abris, les tenaient propres, traçaient quelques allées et attendaient.

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Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : france, calais, immigration, éric besson, politique, afghan | | |  Facebook

18 février 2011

Une laïque ignorance

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Comme en 1900, la laïcité française est à une croisée des chemins. Des manifestations et révolutions d’actualité interpellent légitimement l’avenir.

La nouvelle menace serait la norme salafiste publique, vision étroite et rigoriste de l’Islam, religion hégémonique de l’identité arabe. Des collectifs prétendent défendre la laïcité mais occultent un siècle d’évolutions souples, pluralistes, pour la cohésion sociale et proposent un modèle laïque rétrograde, figé et répressif. Leur démarche, conflictuelle, est une agitation médiatique, dangereusement provocatrice.

Or, il faut progresser, avec sang-froid, et puiser dans une tradition arabe et musulmane qui, pendant des siècles, a multiplié les espaces d’autonomie culturelle.

L’Education Nationale n’a pas développé  dans ses programmes scolaires  la notion politique, essentielle, des LAICITES : l’ignorance assez répandue de l’histoire, de la géographie, de la sociologie, du droit, constructeurs de cette notion fine, complexe et évolutive, dessert la paix sociale.

Jean Baubérot, universitaire, professeur émérite de la chaire histoire et sociologie de la laïcité à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et Micheline Milot, universitaire du Québec, dans « LAICITES SANS FRONTIERES » aux éditions du Seuil, nous invitent à revenir aux fondamentaux. http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com

La LAICITE ne se limite pas au cas français  et se distingue de la sécularisation et du sécularisme. La laïcisation anglaise a commencé dans le domaine juridique en 1215, 1679, 1689… La loi française de séparation des églises et de l’Etat en 1905, s’est inspirée de l’Ecosse et de plusieurs états américains, réalisant un équilibre de frustration,  elle avait de quoi déplaire à tout le monde. Si le contexte idéologique de la séparation a été conflictuel, les lois de 1905 à 1908 ont su prendre, avec sang-froid, une distance structurelle avec ce contexte.

Depuis le 17ème siècle, l’idée laïque a pris corps progressivement dans le principe de tolérance à l’égard des cultes, dans le déliement de l’appartenance citoyenne et de l’appartenance religieuse et dans le déplacement de la légitimité de l’Etat, des religions dominantes à la souveraineté du peuple.

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