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25 janvier 2010

Hommage particulier à Philippe Séguin

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Premier Président de la Cour des Comptes, Philippe Seguin a permis aux responsables d'organismes divers et, de plus, aux citoyens ordinaires, d'accéder aux rapports sur la légalité et la « qualité » de gestions financières.

Un exemple

Le rapport, du 13/04/2007, comportant les observations définitives arrêtées par la Chambre Régionale des Comptes d'Ile de France sur la gestion du Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de Puteaux, de 2000 à 2004. Ce rapport complet est accessible sur le site http://www.ccomptes.fr/fr/CRC13/documents/ROD/IFR200706.pdf

A partir des informations de ce rapport, prochainement, avant le débat d'orientation budgétaire, le Maire devra fournir au Conseil Municipal l'analyse annuelle des besoins sociaux de l'ensemble de la population. Sur cette base, le CCAS adoptera, en fonction des moyens dont il dispose, les modifications à apporter aux critères d'accès aux prestations et activités relevant de sa compétence. De plus, un rapport municipal regroupant l'intégralité des activités 2009 du CCAS, obligatoire, facilitera le choix d'éventuelles re- orientations.

Les anomalies de gestion, antérieures, devraient avoir disparu. Les quelques rappels suivants en faciliteront le constat.

  • L'effectif réel du personnel de 94 personnes au 1/02/2006, était jugé « élevé » pour un CCAS et son écart avec l'effectif budgétaire autorisé, trop grand (164 personnes). La situation de quelques personnels contractuels du secteur administratif était critiquable (un déroulement de carrière particulièrement rapide, la rémunération illégale d'une collaboratrice de cabinet).
  • L'éventail des 10 prestations était particulièrement large, certaines s'écartaient des mesures prises au niveau national, avec des risques pour les allocataires. D'autres privilégiaient des jeunes sans condition de ressources des familles...
  • Les activités sociales et médico- sociales du CCAS auraient dû être retracées dans un budget annexe, appliquant les règles budgétaires et comptables de l'instruction M22.
  • La situation financière de l'unique foyer- logement pour les personnes âgées, la Résidence Wallace, était déséquilibrée. Les faibles taux de couverture des dépenses par les produits de gestion étaient dus à des défaillances dans l'analyse des besoins d'hébergement, des possibilités de facturation et des coûts. Cette politique du CCAS ne tenait pas compte des possibilités d'aide personnelle au logement ni des capacités contributives d'une moitié des résidents. (La fermeture du foyer Edgar Quinet en 2003, suppose une information sur l'usage actuel de ses locaux).
  • L'activité des repas à domicile, devait être rattachée au CCAS et financièrement intégrée au budget annexe « Maintien à domicile ».
  • Le club 102 était très peu financé par ses bénéficiaires, avant 2004.

La faiblesse du suivi et de l'analyse des besoins était illustrée par le manque de maîtrise des activités payantes (foyer- logement, aide- ménagère, animation).

La Cour Régionale des Comptes exigeait, du CCAS, une politique rigoureuse.

Philippe Séguin est décédé le 7 janvier 2010. Sa mémoire a été unanimement saluée par l'ensemble de la classe politique française qui a reconnu en lui « l'éternel Républicain ».

Annie Keszey pour Atelier des Idées

08 janvier 2010

Janvier 2010 : avenir de la critique

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Les Institutions (préfectures, universités, mairies...)  sont des « êtres sans corps » nécessaires pour établir un accord minimal qui ne peut découler d'un échange de points de vue entre des personnes engagées dans des corps. Reconnaître leur nécessité, ne conduit pas à ignorer la validité d'une autre position, carrément critique : celle qui dénonce leur pouvoir de domination en y voyant la manifestation d'une violence symbolique ...

Le problème avec les Institutions, c'est qu'elles sont à la fois nécessaires et fragiles, bénéfiques et abusives...

Ces « êtres sans corps » ne peuvent parler autrement qu'en s'exprimant par l'intermédiaire de porte- parole, c'est- à- dire d'êtres de chair et d'os comme nous le sommes tous_ tels que les Maires, les Magistrats...Ces derniers, même lorsqu'ils sont officiellement mandatés et autorisés, ne sont néanmoins que des êtres corporels ordinaires- situés, intéressés- et, par là, condamnés à la fatalité du point de vue. C'est la raison pour laquelle on les dote souvent de marques symboliques spécifiques (l'écharpe du maire...) pour rendre manifestes     les occasions dans lesquelles ils s'expriment, non en leur nom propre et depuis leur corps propre, mais au nom d'une Institution qui les investit des propriétés d'un « être sans corps ».

D'un côté donc on fait confiance aux Institutions, on « croit » en elles. Comment faire autrement puisque sans leur intervention l'inquiétude sur ce qui est ne pourrait que croître en même temps que les désaccords ? Mais d'un autre côté, chacun sait bien que ces Institutions ne sont que des fictions et que seuls sont réels les êtres humains qui les composent, qui parlent en leur nom et qui, étant dotés d'un corps, de désirs, de pulsions...ne possèdent aucune qualité particulière qui permettrait de leur faire confiance. On balance ainsi entre « c'est un arrêté de la municipalité » et « tu parles, c'est le maire qui veut vendre à un prix surestimé la vieille bicoque héritée de sa tante »...

Croyance dans l'Institution et critique de l'Institution forment un couple indissociable car, si personne ne prenait la peine de dire ce qui est, que resterait- il à critiquer ?

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Publié dans France, Société, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france politique, critique, citoyen, atelierdesidees | | |  Facebook