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23 mars 2015

LE MEILLEUR MAIRE DU MONDE.

 

NAHEED NENSHI, CANADIEN MUSULMAN, MEILLEUR MAIRE  DU MONDE EN 2014.

 

 

Lorsque sa mère enceinte quitta ses terres natales tanzaniennes pour le Canada, 42 ans plus tôt, elle ne se doutait pas qu’elle portait en son sein celui qui allait présider à la destinée de la ville de Calgary.

 

Naheed Nenshi, devient en 2010 le premier musulman élu maire d’une ville canadienne de plus d’1 million d’habitants. Il a été promu meilleur maire du monde 2014, le 2 février 2015 dernier. Ce prix honorifique est décerné tous les deux ans depuis 2003 par La fondation internationale City Mayor  basée à Londres, en Grande-Bretagne. Il récompense les femmes et les hommes qui servent leur collectivité avec une gouvernance ouverte, transparente et honnête. Cette distinction permet de les mettre en lumière sur la scène internationale et de faire connaitre leur vision constructive de la politique de la ville. Les dix premiers lauréats sont nommés sur le site www.worldmayor.com

Le très populaire Maire de Calgary est un  fin  communicant et un adepte confirmé des réseaux sociaux. Il est connu pour être l’un des hommes politiques canadiens les plus « connectés » de sa génération. Les membres de la fondation City Mayor, des professionnels reconnus des questions de gouvernance locale commentent : « Il est le maire le plus admiré de toutes les grandes villes canadiennes. C’est un visionnaire urbain qui ne rechigne pas non plus à faire le travail bureaucratique le plus ingrat ».Sa popularité se mesure aux nombres de commentaires élogieux publiés sur le site de la fondation. Naheed Nenshi remporte l’unanimité : « C’est un exemple d’honnêteté, d’intégrité et de générosité. Il accepte tout le monde peu importe la religion, le sexe, la couleur ou le niveau socio-économique » (un internaute de Toronto). Sa capacité à fédérer les énergies positives est remarquable;  les membres de la fondation ont salué tout particulièrement  le travail du maire durant les inondations de juin 2013 et la tempête de neige de septembre qui avait coupé l’électricité de dizaines de milliers de Calgariens. Il avait marqué les esprits par son dévouement sans faille et sa disponibilité  auprès de ses administrés.

 

Un musulman au pays des Cowboys

 

Ainsi, nous rappellerons que Naheed est musulman et que l’histoire de ce fils d’immigré qui a gravi l’échelle sociale à force de travail et de persévérance impressionne et marque le respect. C’est un exemple de réussite pour tous. Diplômé de l’université de Calgary, il intègre les bancs de la prestigieuse faculté américaine d’Harvard. Après plusieurs expériences professionnelles, il a travaillé notamment pour les Nations Unies, en 2010, peu misaient sur lui; crédité de 8% seulement  des votes, il crée un véritable séisme dans la sphère politique locale lors de son élection. Naheed, c’est une bouffée d’air frais, une autre vision de la politique locale. Direct, ouvert, efficace et accessible, le jeune maire est largement réélu avec 73% des suffrages en 2013. D’après le classement du magazine « Maclean’s », il est considéré comme la deuxième personne la plus influente du Canada après le 1er Ministre Harper.

 

Lors de la remise de ce prix, Naheed  a tenu à remercier, via twitter, toutes les personnes qui ont contribué à encourager sa nomination. Il a déclaré : « Tout ce que j’essaie de faire c’est d’être authentique, être vrai avec les gens et de travailler dur pour faire de cette ville un meilleur endroit, comme chacun de nous le souhaite. »

 

Nenshi a été choisi parmi plus de 25 finalistes pour le titre de meilleur maire du monde. Il a confié être impatient d’utiliser cette renommée et la reconnaissance du travail accompli pour le bénéfice de tous.

 

D’après HBD AJIB. Images znptox.com et lapresse.ça.

Annie Keszey.

 

 

 

06 novembre 2013

ELECTIONS MUNICIPALES. UN MAIRE IDEAL.

Montréal, maire idéal, élections municipales, atelierdesidees, Annie Keszey, Bertrand Delanoë, Denis Coderre

Le 3/11/2013 ont eu lieu les élections municipales dans 1100 villes et villages de la province canadienne du Québec, dont à Montréal  au scrutin uninominal à un tour. Denis Coderre, un libéral, a été élu maire de Montréal avec 36.1 % des suffrages. Le taux de participation a légèrement augmenté par rapport aux précédentes élections, il y a 4 ans, pour atteindre 40% ! Plusieurs politiques et associations citoyennes avaient pourtant appelé les électeurs à voter. Ces électeurs, sont scandalisés par l’imposante corruption noire de leur classe politique : depuis le 5/11/2012 date de la démission du maire Gérald Tremblay miné par des allégations de corruption, 2 autres maires ont administré la ville, Michael Applebaum, désigné maire par intérim,  accusé de 14 chefs d’accusation de fraudes envers le gouvernement et remplacé par Laurent Blanchard élu le 25/06/2013, par le seul conseil municipal. Trois maires, donc, en un an!
Avant ces élections, François Cardinal, journaliste, conférencier, analyste et écrivain avait rassemblé 80 collaborateurs de haut niveau et de domaines variés, pour participer à l’élaboration d’un programme ambitieux d’une centaine de propositions, proposé sous le titre « Rêver Montréal ». Il décrit lui-même le « maire idéal ». On ne saurait mieux dire !
« Aujourd’hui, nous voulons notre maire décisif, sans être autoritaire, nous le voulons populiste (sens positif en français canadien) mais capable de grandeur, nous le souhaitons consensuel mais capable de trancher, nous exigeons qu’il écoute les électeurs mais certainement pas les sondages, nous le voulons ambitieux mais pas carriériste, nous cherchons un être de conviction capable de s’adapter au contexte, nous lui demandons d’être pragmatique mais aussi audacieux…
Un déplacement du maire une fois par semaine dans les transports en commun est réaliste et hautement souhaitable.
Bref, nous avons de grandes attentes. Et, immanquablement, de grandes déceptions…
La toute première chose, la plus importante d’entre toutes, c’est l’amour passionnel que le maire ressent pour sa ville. S’il y a une chose que les grands maires, les Boris Johnson (Londres), Bertrand Delanoë (Paris), Michael Bloomberg (New York) et voire Jean Drapeau, à l’exception de son absolutisme anachronique (Montréal) et son prédécesseur Camillien Houde, c’est cet attachement intense pour leur métropole qui motive chacun de leurs gestes, chacune de leurs pensées…
La deuxième qualité la plus importante d’un maire fort : aimer être sur le terrain, rencontrer ses concitoyens, s’occuper des petites choses comme s’il s’agissait des plus importantes…
Il faut aimer sortir de son bureau, aimer les gens, aimer communiquer avec le monde, aimer faire du travail de terrain…
Il faut être capable de fixer des priorités claires, Il faut savoir avec précision ce que l’on veut réaliser pendant son mandat. Il faut avoir une liste courte de projets à accomplir coûte que coûte…
Il faut être capable d’affronter les réactions parfois virulentes des citoyens…
Il faut être en mesure d’asseoir les gens aux intérêts divergents ensemble, de les faire travailler de concert. Il faut travailler fort pour bien faire comprendre que l’on vise le bien commun…
Montréal, depuis très longtemps, n’a pas eu de leader fort. La situation de la ville est critique… »

Marie France Bazzo, animatrice à la première chaîne de radio- Canada écrit :
« On en a marre de l’administration kafkaïenne, du festival perpétuel du cône orange, de l’ex- maire jovialité qui a succédé au maire ahuri et de l’absence congénitale de vision pour la ville la plus importante du Québec…
Les révélations quasi-quotidiennes de la Commission Charbonneau à propos de la collusion et de la corruption qui minent la métropole ont eu raison des plus optimistes d’entre nous… »

Yves Desgagnés, metteur en scène, souhaite, à la tête de Montréal, «  quelqu’un qui a autant de talent que sa ville, c’est-à-dire un être sensible à la beauté, qui a du goût, de la culture, de l’envergure. C’est impératif, l’élu devra avoir des idées folles, des projets à première vue irréalistes (Drapeau a fait construire une île au beau milieu du fleuve pour son expo) et surtout, surtout, l’élu devra avoir du raffinement, Beaucoup de raffinement, avec un sens aigu du détail. Car c’est dans les détails qu’on reconnait la grandeur d’une ville : l’élu devra nous tirer vers le haut, non vers le bas. Incontournable: l’élu se devra d’être francophile et s’en vanter. Il devra brandir à chaque souffle la seule réelle particularité de cette ville nord- américaine : le fait français…
Il nous faut un être de talent, sans modèle de gestion préétabli, capable d’imaginer Montréal dans toute sa fulgurance… »

Source : Rêver Montréal, 101 idées pour relancer la métropole, collectif sous la direction de François Cardinal. Les éditions La Presse. 3ème trimestre 2013.
Image : Montréal.
Annie Keszey

23 juin 2013

Plaidoyer crucial pour la Résidence "Les Bergères". PUTEAUX. 92800.

résidence Bergères.jpg

La résidence « Les Bergères », rue des Fusillés de la Résistance, dans la partie haute de Puteaux, est un immeuble  « social », ancienne barre au bord d’un carrefour bruyant.
Sa gestion dépend de la maire de Puteaux, directrice de l’Office des HLM, Madame Ceccaldi-Raynaud.
Depuis près d' un an, ce 22 juin 2013, l’immeuble est empaqueté sur ses quatre faces par des échafaudages et des plastiques tendus qui révèlent des travaux importants en cours, incompatibles avec une vie normale de résidents. L’immeuble paraît déserté mais en réalité les locataires y sont présents, confinés dans une existence quotidienne indigne.
En effet, les résidents, prisonniers contraints de ces lieux de  vie « honteux et abominables » pour l’instant,  sont dépressifs, désespérés, malades et, au mieux, révoltés, par leurs conditions de vie quotidienne poussiéreuse, sombre, très bruyante, à la logique et à la durée incompréhensibles.
Certains d’entre eux ont peur de parler, quand, employés de la mairie, ils en sont dépendants, ou quand ils craignent la perte de leur logement. Il y aurait eu, d’après certains témoignages,  lors d’une réunion, des menaces proférées à leur encontre. On leur aurait conseillé de dégager les lieux s’ils n’étaient pas contents puisqu’il y avait à Puteaux de très nombreux demandeurs en attente d’ HLM. On les aurait aussi menacés de déplacer l’argent investi pour construire un ascenseur dans une autre résidence.
Des locataires écrivent des lettres au service de l’urbanisme et au maire, mais sans réponse. Un locataire ancien, en grave difficulté de santé, rappelle que des travaux avaient été envisagés, il y a plusieurs années, avec le relogement temporaire des habitants de l’immeuble qui devait les précéder afin de ne pas nuire à leur vie. Les travaux sont en cours mais cet indispensable relogement, faisable, n’a malheureusement pas eu lieu. 
Les travaux extérieurs de cet immeuble sont confiés à « Bateg ». La date de fin est inconnue et le premier devoir de l’entreprise serait de l’annoncer aux intéressés afin de contrer leur épuisement. La maire a justifié ces travaux par la nécessité de mieux isoler ce bâtiment afin de suivre les directives du développement durable. C’est responsable. Mais c’est malheureusement totalement incohérent. Un ascenseur panoramique prévu ne pourrait être construit du fait de son poids excessif. De nouvelles coursives extérieures vont doubler les coursives existantes, sur tous les étages, mais d’une manière irrationnelle, infondée, erronée selon les observations, à moins qu’un architecte talentueux ne dévoile une finalité imprévisible. Les balcons prévus sur l’intense circulation automobile laissent perplexes ! Des erreurs importantes de calcul auraient rendu de nouvelles fenêtres commandées inutilisables. ..Les habitants ne devinent pas la pertinence des travaux.
Aucune intervention pour réhabilitation et rénovation dans les intérieurs des appartements n’est prévue, alors que c’est le souhait prioritaire des résidents. Un agrandissement des appartements aurait pu justifier le doublement, actuellement non souhaité de la coursive, mais n’a pas été envisagé.
Des nuisances annexes perturbent la vie collective. L’ascenseur  actuel  a des pannes dues à ses trop nombreuses utilisations alors que certains locataires n’ont pas la motricité nécessaire pour monter les escaliers. La pluie inonde l’entrée y compris jusqu’à la base de l’ascenseur mais les interventions demandées ne suivent pas. Un habitant, coopératif, a autorisé l’entreprise à intervenir à l’intérieur de son appartement, sur le circuit d’eau. Le diamètre du nouveau tuyau l’a laissé « atterré » ! A part peut-être quelques exceptions, la tristesse, le découragement, la fatigue  dominent, accrus par un sentiment d’impuissance face à un Pouvoir local, plus exactement un abus de Pouvoir local puisque la ville est très riche, indifférent, illégitimement « écrasant ».
Elus de la majorité de Puteaux, vous ne l’êtes pas pour punir des citoyens innocents. Achevez rapidement les travaux de la résidence des Bergères.
www.notreputeaux.com
Annie Keszey.




19 mars 2013

DEMOCRATIE PRATIQUE ET THEORIQUE.

Définir une nouvelle démocratie locale pour les élections municipales de 2014, suppose préalablement, en cette année 2013, un certain tour pratique et théorique de la question.


DEMOCRATIE PRATIQUE. CONSEIL DE L’EUROPE: ELoGE.

démocratie, démocratie scandaleuse, conseil de l'Europe, éloge, label européen d'excellence, élections municipales ELoGE est le label européen d’excellence en matière de gouvernance. Il récompense une stratégie pour l’innovation et la bonne gouvernance au niveau local. Douze principes rédigés par le Conseil de l’Europe sont à respecter. En 2011, 13 collectivités de Bulgarie ont obtenu le label et en 2012, 4 collectivités de Norvège. Ces collectivités ont reçu un dodécaèdre en cristal. Chaque principe est complété par plusieurs indicateurs et une grille d’évaluation en 5 catégories de 0 à 4, chacune évaluant le niveau de maturité de la municipalité par rapport au principe. Les principes soumis à évaluations sont les suivants : Des élections régulières, une représentation et une participation justes- la réactivité- l’efficience et l’efficacité- l’ouverture et la transparence- l’Etat de Droit- un comportement éthique- les compétences et les capacités- l’innovation et l’ouverture d’esprit face au changement- la durabilité et l’orientation à long terme- une gestion financière saine- les droits de l’homme, la diversité culturelle et la cohésion sociale- l’obligation de rendre des comptes.
Le premier principe, comme tous les autres, comporte plusieurs indicateurs tel que, par exemple : la composition de l’organe élu est représentative de la composition de la commune. Un indicateur du principe éthique est, autre exemple : dans ma commune, tous les habitants bénéficient du même traitement quelles que soient leurs relations personnelles avec les administrateurs et les fonctionnaires.
Le label se fonde sur une application de la démocratie représentative traditionnelle, évidemment, mais avec la volonté de rectifier toutes les dérives, les impasses, les imperfections connues.
Pour participer à cette recherche d’excellence gestionnaire, il faut s’inscrire et suivre la procédure prévue.
Le Comité des ministres du Conseil de l’Europe propose d’autres évaluations approfondies des politiques de participation des citoyens au niveau local. La recommandation CM/Rec (2009) 2, du Comité des ministres aux Etats membres sur l’évaluation, l’audit et le suivi de la participation et des politiques de participation aux niveaux local et régional est une des plus complètes. Elle recommande et définit les propriétés du logiciel CLEAR. Le texte complet est accessible sur le site www.coe.int


DEMOCRATIE THEORIQUE. LE SCANDALE PERMANENT. Daniel Bensaïd*.


Suite de la précédente publication : Qu’est-ce donc qu’une démocratie, je vous prie?


…A moins d’imaginer les conditions spatiales et temporelles d’une démocratie immédiate au sens strict-sans médiations- permettant que le peuple soit en permanence assemblé, ou encore une procédure de tirage au sort par laquelle l’élu serait censé remplir une fonction sans être investi d’un mandat ni représenter personne, la délégation et la représentation sont inévitables. C’est vrai dans une cité, c’est vrai dans un parti, c’est vrai dans un syndicat. Plutôt que de nier le problème, mieux vaut donc le prendre à bras-le-corps et chercher les modes de représentation garantissant le meilleur contrôle des mandants sur les mandataires et limitant la professionnalisation du pouvoir…
Le nombre n’a rien à voir avec la vérité. Il n’a jamais valeur de preuve. Le fait majoritaire, peut, par convention, clore une controverse. Mais l’appel reste toujours ouvert. De la minorité du jour contre la majorité du jour, du lendemain contre le présent, de la légitimité contre la légalité, de la morale contre le droit. L’alternative radicale au principe majoritaire qui n’est qu’un pis-aller, c’est le tirage au sort. Il n’est pas surprenant que l’idée ressurgisse, fut-ce sous forme mythique, comme symptôme de la crise des institutions démocratiques actuelles. Rancière* en fournit l’argument le plus précieux. L’absence de titre à gouverner, écrit-il « là est le trouble le plus profond signifié par le mot démocratie » : car la démocratie « c’est le bon plaisir du dieu du hasard », le scandale d’une supériorité fondée sur aucun autre principe que l’absence de supériorité. Le tirage au sort est alors la conclusion logique. Il a certes des inconvénients mais ils seraient moindres, à tout prendre que le gouvernement par la compétence, le brigue et l’intrigue : « le bon gouvernement est le gouvernement des égaux qui ne veulent pas gouverner »…
A l’aventureuse hypothèse selon laquelle, la politique n’étant pas un métier, la somme des incompétences individuelles ferait en démocratie une compétence collective, Lippmann oppose une lucidité sceptique : « il n’existe pas l’ombre d’une raison de penser, comme le font les démocrates mystiques, que la somme des ignorances individuelles puisse produire une force continue capable de diriger les affaires publiques. » Puisqu’il est impossible à chacun de s’intéresser à tout, l’idéal serait donc que dans un litige, les parties directement intéressées trouvent un accord, l’expérience « de celui qui est dans la partie » étant fondamentalement différente de celle de celui qui n’en est pas. La conclusion qui s’imposait, pour Lippmann, était que l’idéal démocratique ne pouvait aboutir, par excès d’ambition, qu’à la désillusion et à la dérive vers des formes d’ingérence tyranniques. Il fallait donc « remettre le public à sa place », au double sens du terme, le rappeler à son devoir de modestie et « l’asseoir dans les gradins »…
Contrairement à une tradition qui voulut voir dans la majorité la manifestation immanente d’une sagesse divine, Lippmann soutient quant à lui une conception désacralisée et minimaliste du suffrage. Le vote n’y est même plus l’expression d’une opinion, mais une simple promesse à un candidat. En cohérence avec l’idée que l’électeur n’est compétent que sur ce qui le concerne personnellement. Lippmann radicalise ainsi le principe de délégation jusqu’à l’acceptation théorisée d’une extrême professionnalisation- et monopolisation- du pouvoir politique. C’est-à-dire un retour de fait à une conception oligarchique…
Rancière parle de « scandale démocratique ». En quoi la démocratie peut-elle être scandaleuse ? Précisément parce qu’elle doit, pour survivre, aller toujours plus loin, transgresser en permanence ses formes instituées, bousculer l’horizon de l’universel, mettre l’égalité à l’épreuve de la liberté. Parce qu’elle brouille sans cesse le partage incertain du politique et du social et conteste pied à pied les atteintes de la propriété privée et les empiétements de l’Etat contre l’espace public et les biens communs. Parce qu’enfin elle doit chercher à étendre en permanence et dans tous les domaines l’accès à la légalité et à la citoyenneté. Elle n’est donc elle-même que si elle est scandaleuse jusqu’au bout…
Daniel Bensaïd est professeur de philosophie à l’Université Paris VIII Saint-Denis.
Jacques Rancière est professeur émérite de cette même université.
Walter Lippmann est écrivain.
www.atelier-idees.org
www.notreputeaux.com
Annie Keszey

25 février 2013

PUTEAUX.Censure opérée par Christophe Grébert.

24 février 2013.

Evelyne Hardy, conseillère municipale indépendante d'opposition s'élève légitimement contre la censure antidémocratique opérée par Christophe Grébert, conseiller municipal d'opposition du MoDem,  sur son blog. Christophe Grébert clame pourtant être un modèle quant à la liberté d'expression!

Le texte de mon intervention lors du dernier Conseil Municipal a été repris par le site "monputeaux" le 20 février, pratique qu'il est normal d'accepter, les textes étant publics. Christophe Grébert se permet toutefois de faire une introduction à mon texte en rappelant les conditions de mon élection aux dernières municipales, dans des termes orientés à son éternel profit. J'ai donc posté un droit de réponse sur son blog, qu'il refuse de publier. C'est inacceptable.  Et encore plus venant de lui, qui se fait le chantre du débat démocratique. Ci-dessous ce que j'ai écrit .
Droit de réponse  à l’article publié par Christophe Grébert sur le texte de mon intervention au Conseil Municipal, commentaire que j’ai  posté  sur le blog "monputeaux" à 19H50 jeudi 21 fevrier 2013. Christophe Grébert n’a pas publié ce droit de réponse, alors que la loi l’y oblige  (LCEN 21/6/2004 article 6-IV sur l’obligation de donner  un  droit de réponse,  sous peine d’une amende de 3750€)
 
"Vous avez jugé bon de faire une introduction avant de publier le texte de mon intervention lors du dernier Conseil Municipal.
Monsieur Grébert, je ne suis pas votre chose, ni votre propriété.
J'ai fait campagne à vos côtés en 2008, avec une équipe formidable , courageuse, motivée et compétente. Ce n'est pas vous qui m'avez fait élire, c'est le travail de tous.
L'usage incessant du "JE" , du "MOI" dénote votre égocentrisme, ramenant sans arrêt tout à vous.
Vous n'aimez pas que l'on vous quitte. Vous avez trahi votre équipe, en l'abandonnant et en ralliant le Modem.
Vous continuez à présider un groupe "Alternance Puteaux" qui compte en son sein une personne ayant rallié l'UDI, une autre personne dissidente de la majorité ceccaldiste. Vous êtes le roi du grand écart. Pas moi.
Vos attaques incessantes y compris vers les autres membres de l'opposition municipale ne vous honorent pas. Elles sont insupportables. Elles ne m'intéressent pas."
 
Et ci-dessous le texte écrit par Chistophe Grébert sur son blog « monputeaux » en introduction à la publication de mon texte sur le débat d’orientation budgétaire qu’il est allé récupérer sur mon blog, texte auquel j’ai souhaité répondre.
Mercredi 20 février 2013
Budget 2013 de la ville de Puteaux : rien de neuf (Evelyne Hardy)
Lors de l'élection municipale de 2008, j'ai mené une liste sans étiquette - "Puteaux Ensemble" - qui rassemblait des putéoliens venus du centre, de la droite et de la gauche, comme Evelyne Hardy, qui était proche du parti socialiste. J'ai permis son élection au conseil municipal en faisant le choix de la placer 4e de ma liste. Malheureusement, une fois élue, Evelyne Hardy a décidé, avec Frédéric Chevalier, de quitter mon groupe. Elle, pour finalement se rapprocher à nouveau du PS, avec lequel elle vote désormais (quand elle est absente du conseil, elle donne son pouvoir de vote à Stéphane Vazia) ; Frédéric Chevalier, lui, pour rejoindre la majorité municipale. Une trahison de laquelle ce dernier n'a rien obtenue, pas même un logement HLM (il n'assiste désormais plus aux conseils). Contrairement à Frédéric Chevalier, Evelyne Hardy a un peu plus respecté mon travail entrepris depuis 2002 et la volonté des électeurs de "Puteaux Ensemble" en demeurant au moins dans l'opposition. Son analyse annuelle du budget de la ville est en cela remarquable.
Voici ce qu'elle a dit lors du débat d'orientation budgétaire, lors du conseil municipal du 6 février 2013 : »
"Cette séance du CM qui prélude au vote du budget est le 6e auquel j’assiste ……… "
 
Le texte d'Evelyne Hardy est publié, en entier, sur ce site.

PUTEAUX. DEBAT D'ORIENTATION BUDGETAIRE DU 6 FEVRIER 2013.

Evelyne Hardy est une conseillère municipale indépendante d'opposition au sein du conseil municipal de Puteaux, ville très riche des Hauts-de-Seine. Elle est particulièrement compétente en comptabilité et peut donc analyser, chaque année, l'orientation budgétaire de la ville. 

Madame Ceccaldi-Raynaud, Maire de Puteaux.
Ce Conseil Municipal qui prélude au vote du budget est le 6e auquel j’assiste, c’est aussi le dernier de votre mandature…J’ai ressorti de mes archives les 6 petits dossiers qui  nous ont été remis et j’en tire ici le même bilan global : pas de ligne directrice, pas d’objectifs définis et mesurables, pas de bilan chiffré des politiques menées, pas de vision pluriannuelle sur l’évolution structurelle du budget communal.
Par contre, toujours et encore, vous écrivez : pas d’augmentation de la fiscalité locale et soutien des investissements.

Fiscalité locale : vous nous dites que la fiscalité locale reste parmi les plus basses du département, parmi les plus basses mais pas la plus basse, puisque nous ne sommes que 6e sur la taxe foncière, et l’on sait que ce prélèvement est beaucoup plus élevé que la taxe d’habitation, alors que les bases continuent à être revalorisées : +1,8% nous annoncez-vous , soit encore plus de 600 000€ qui seront prélevés sur le pouvoir d’achat des Putéoliens. En ces temps difficiles, vous auriez pu prendre un objectif de stabilisation des taxes en diminuant d’autant le taux communal, voire même plus : pour vous inspirer, la commune de Gémenos dans les Bouches-du-Rhône, a décidé de reverser à ses administrés  l’excédent budgétaire qui avait été dégagé, sous forme de bons d’achats à dépenser chez les commerçants de la commune. Vous, madame le maire, depuis 6 ans, vous n’avez restitué aucun pouvoir d’achat direct  aux Putéoliens malgré toutes les taxes  encaissées par la commune. Vous avez préféré dépenser sans compter, vous demandant même le plus souvent que faire comme dépense  pour arriver à dépenser tout l’argent  de la commune et  présenter un budget équilibré !

Autres charges fiscales : le versement au  fonds de solidarité de l’IDF est annoncé en hausse de 1,3M€ sur l’année 2013, mais vous devriez rappeler qu’en 2012, c’est 4,6M€ de baisse dont  a bénéficié la commune grâce au plafonnement  à 10% des recettes fiscales (au lieu de 15% des dépenses réelles). Alors cette solidarité, quand on a la chance d’être dans une commune bien née, où l’argent ne manque pas, et qui représente à peine 5% du budget communal, ne peut pas être présentée comme injuste.
En dehors de l’évolution de ce fonds, vous ne nous donnez aucune  information sur  la fiscalité professionnelle, la contribution  économique territoriale (CET), ,[composée de la contribution foncière des entreprises (CFE) et de la contribution valeur ajoutée des entreprises (CVAE)] certes versée à  la communauté d'agglomération Seine-Défense (CASD), mais dont nous aimerions bien connaitre l’évolution, ainsi que le réalisé 2012 qui avait été annoncé en baisse.
Ce manque d’information sur la CET est beaucoup plus général car il n’est dit aucun mot sur vos projets liés à l’intercommunalité, comme si ce partenariat était anecdotique et absolument absent de toutes vos réflexions, aucune ambition, aucune envie d’ouvrir Puteaux sur l’extérieur. Il serait temps que vous cessiez de nous faire nous replier sur nous-mêmes, sur nos prérogatives et la préservation de notre bas de laine.

Fonctionnement : les orientations sur le fonctionnement  ne nous donnent aucun chiffre, aucune évolution sur les grands postes de dépenses. Quel autofinancement souhaitez-vous dégager, pour quel programme d’investissement, quid des derniers placements?
Une refonte de la politique de gestion des Ressources Humaines (RH) avec la mise en place d’une GPEC et d’un plan de formation est annoncée. Je vous félicite de vouloir mettre en place une vraie gestion de la ressource humaine, mais elle nécessite d’avoir une politique, une vision  des orientations de gestion à moyen et long termes, de définir les besoins en termes de compétences et de planifier les actions de formation sur le terme.
Je souhaiterais également que cette politique RH traite enfin, sur le fond, la problématique des emplois des non titulaires ; vous ne nous dites rien sur ce sujet et nous renvoyez aux tableaux annexes des effectifs dans le budget qui ne mentionnent par ce distinguo.
Quant aux autres coûts de fonctionnement : rien ! Malgré vos allégations sur le développement durable qui serait pris en compte dans toutes les opérations nouvelles ou de rénovation, cette politique semble bien timide. Aucun projet d’envergure, volontariste, dans le domaine des logements sociaux par exemple. Et par-dessus tout, aucun chiffre, passé, présent et à venir. Quelles sont les consommations énergétiques  par équipement, leur évolution ? Je vous avais demandé des précisions sur ces postes au S1 2012 et vous m’avez adressé un courrier qui ne fait que reprendre les chiffres présentés au budget ; vous m’expliquez que les montants augmentent à cause des nouvelles structures ouvertes et par l’augmentation du prix des fluides … c’est justement l’objet de mes questions, pour obtenir l’analyse de l’évolution des volumes et celle des prix, par grand équipement. Je crois madame que, soit vous n’avez aucun tableau de bord sur ces analyses, soit les chiffres sont tellement mauvais que vous ne souhaitez pas les communiquer à vos administrés. Je reformule donc ma demande dans le cadre du budget à venir. De la même façon, une présentation de l’évolution des coûts de fonctionnement et leur projection dans le temps  avec le détail  « équipement » serait de nature à  éclairer le conseil sur la gestion communale. Alors comme j’ai lu que vous aviez renforcé la fonction de contrôle de gestion, je pense que ces analyses sont disponibles.

Investissements : les investissements prévus en 2013, présentés cette année avec des photos dans le dossier du DOB, non chiffrés, nous apprennent que le Palais des Congrès va enfin  avoir une utilisation plus optimisée avec le regroupement des services du CCAS.
Des travaux divers dans les écoles sont également prévus, c’est bien là le seul investissement notable de la commune pour le domaine éducatif : rien sur le soutien, l’étude,  les équipements, l’amélioration du niveau scolaire des enfants entrant au collège, et  dieu sait pourtant que le collège du Maréchal Leclerc aurait besoin d’améliorer le niveau d’entrée des élèves , ainsi que sa performance, avec  certainement un travail beaucoup plus important en amont avec le primaire pour accompagner tous ces enfants en détresse scolaire .
La ZAC des Bergères sera budgétée pour encore 9M€ d’acquisitions foncières, ce qui portera le montant à 46M€ cumulés. Son aménagement prélève beaucoup sur la trésorerie de la commune en attendant que la ZAC soit revendue et provoque un effet « cliquet » qui mériterait d’être présenté de manière beaucoup plus documentée au niveau du budget.

Au BP 2012, 104M€ d’investissements avaient été budgétés, financés à hauteur de 47M€ par les cessions de placements. En 2013, il ne restera plus que 20M€ sur la cagnotte de 228M€ de 2004 laissée par votre père pour financer les budgets d’investissements. Pouvez-vous nous dire comment tout cela va s’équilibrer ? Fin 2013, les caisses seront vides et le paquebot luxueux qu’est la gestion  municipale de  Puteaux devra apprendre à naviguer beaucoup plus serré , et à opérer un virage brutal pour faire face à son train de vie que vous avez laissé inconsidérément augmenter, en construisant à tout va des structures dont les coûts de fonctionnement n’ont pas été anticipés, et en menant une politique inconséquente  de futilités et de caprices. Sûrement une volonté de terre brûlée laissée à vos successeurs…  
Evelyne Hardy.


03 mai 2012

PUTEAUX:PYONGYANG-SUR-SEINE?

Lettre à Hervé Liffran, journaliste, auteur de l'article "Bienvenue à Pyongyang-sur-Seine" du Canard Enchaîné.

Monsieur Liffran,

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Dans l’hebdomadaire Le Point, en avril 2012, Puteaux fut Dallas 9-2, pour la journaliste Emilie Trevert. Notre « atelier » avait déjà émis quelques réserves, par courrier, publié sur notre site collectif.
Dans les canardages du Canard Enchaîné du 18/04/2012, vous assimilez Puteaux, cette fois, à Pyongyang. Le lendemain, le journal Le Monde publiait le témoignage de Shin Dong-Hyuk, rare survivant des pires atrocités d’un camp d’internement de Corée du Nord. Dans ces camps, tous les condamnés ont l’obligation d’assister aux exécutions sauvages. Les bourreaux remplissent de cailloux la bouche  de la future victime afin qu’elle ne puisse critiquer l’Etat, avant de mourir, et cachent son visage sous une cagoule…
Pyongyang est la capitale d’un système concentrationnaire.
Votre humour glacial, étrangement excessif, appelle, dans notre situation actuelle de lecteurs,  une  critique citoyenne tant votre comparaison frôle l’inculture.
La ville de Puteaux, avec plus de 40 000 habitants, ne se réduit pas à son maire, ni à son conseil municipal. Les habitants appartiennent au peuple souverain. Aucune armée violente ou police terrifiante n’encercle la ville. La publicité très lissée  de la revue municipale, ne trompe ni ne conditionne les foules. La peur et l’oppression permanentes ne pèsent pas sur les esprits, libres. Les consciences putéoliennes ne sont pas instrumentalisées. Nul faisceau de contraintes intériorisées- dont la peur de critiquer- n’inhibe toute conversation (1).
La dynastie des Ceccaldi-Raynaud, népotisme anachronique encore fort répandu, conséquence d’une révolution imparfaite, n’est pas auto-proclamée comme celle des « trois Kim » mais élue depuis des décennies par une majorité de putéoliens consentants : c’est plus qu’une nuance même si la persistance de l’anomalie anti-démocratique déçoit, légitimement, les minorités locales et les professeurs d’Histoire…Madame Ceccaldi-Raynaud souhaiterait atteindre, peut-être, par la multiplication de ses portraits aux émotions programmées, un certain culte de la personnalité et la frontière de son mandat  entre « surveiller » et " veiller sur ", héritée des dictatures, se voudrait , inconsciemment, trouble,(2) mais nul citoyen ordinaire, équilibré,  n’est piégé, ni inquiet, ni soumis- ici.
De fortes composantes affaiblissent la démocratie locale. L’inertie apparente  de certains conseillers municipaux de la majorité et leur allégeance inconditionnelle au maire créent un pouvoir personnel qui trahit une institution collégiale. L’impossible union de l’opposition diminue sa force parce qu’elle est déstabilisée par un conseiller du MoDem au comportement défaillant: ego surdimensionné, narcissisme extrême, haine destructrice du maire pour lui ravir sa place et, déjà, une souplesse certaine avec l’éthique politique! Ce conseiller, blogueur, qui jouit d’une relative notoriété  exclusivement « immatérielle », a choisi de s’inscrire dans une spirale inefficace d’un double « je » de provocation jouissive-riposte-victimisation-riposte-provocation, aux dérapages garantis…
Les lenteurs de la Justice détériorent la présomption d’innocence en favorisant les rumeurs naturellement frappées d’incertitudes…

Pourtant, malgré les difficultés, il est possible de travailler, à Puteaux, dans le sens des intérêts collectifs. Le PS, la conseillère indépendante, publient leurs études critiques approfondies de dossiers, sur la comptabilité en particulier, sans être censurés. Ils ne recherchent pas le bruit et la fureur médiatiques mais s’imposent auprès des putéoliens par  leurs compétences, leur rigueur, leur droiture et leur courtoisie fonctionnelle.
C’est la seule démarche qui puisse favoriser un progrès démocratique. Le maire de Puteaux n’a déposé aucune plainte en justice contre eux.
En effet, ils ne confondent pas la liberté d’expression avec le totalitarisme du verbe.

(1)Philippe Pons- (2) Marc Crépon (M Liffran, avez-vous lu « Le consentement meurtrier » ?)
Image : news 24.ci
www.atelier-idees.org  Annie Keszey.

22 juin 2011

L'inepte Conseil Municipal de Puteaux...

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Suite au témoignage d’Evelyne Hardy, conseillère indépendante.

La politique est un art; si nombreuses soient les connaissances sur lesquelles elle s’appuie, elle demeure un art non seulement par les qualités inventives et créatrices qu’elle exige, mais aussi par sa capacité d’affronter l’écologie de l’action. Par « écologie de l’action », on entend que toute action, une fois engagée, entre dans un jeu d’inter-rétro-actions dans le milieu où elle se déroule, et peut non seulement dériver de sa voie, mais déclencher des forces adverses plus puissantes que celles qui l’ont initiée pour finir par revenir, comme un boomerang frapper la tête de ses auteurs…Saint Just en a révélé les difficultés : « Tous les arts ont produit leurs merveilles ; seul l’art de gouverner n’a produit que des monstres…

En même temps, l’art politique, celui qui se donne pour mission non seulement de réaliser un idéal de liberté, d’égalité, de fraternité, mais aussi d’ouvrir la Voie qui sauverait l’humanité du désastre, doit composer avec le réel pour le modifier…L’art politique doit donc être en auto-examen et en autocritiques permanents…

Or, la pensée politique en est au degré zéro. Elle n’a plus de pensée. Elle n’a plus de culture. Elle ne sait pas que Shakespeare la concerne. Elle ignore les sciences humaines. Elle ignore les méthodes qui seraient aptes à traiter la complexité du monde…

La nouvelle politique obéirait à une double orientation : celle d’une politique de l’humanité, celle d’une politique de civilisation.

Edgar Morin.

L’espoir : à partir d’un zéro politique, on ne peut que progresser.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

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20 juin 2011

CM Puteaux du 17/06/2011 : Ça suffit ! (Evelyne Hardy)

Tribune publiée sur le blog d'Evelyne Hardy

La ligne rouge a été franchie vendredi soir, 17/06/2011, par le Maire de Puteaux et son fils, Vincent Franchi,  au dernier Conseil Municipal. Alors qu’il n’avait même pas pris la parole,  Bruno Lelièvre s’est fait interpeller violemment par le Maire,  sur ses absences, son blog …

A la fin du conseil,  lors d’une question posée par Christophe Grébert sur le rôle des délégués de quartier, le Maire, Madame Ceccaldi-Raynaud, change soudain de ton et de  sujet pour interpeller Bruno Lelièvre sur un tout autre sujet, en lui demandant si, lui, avait fait le compte rendu de son travail d’élu, insistant sur une absence de plus d’un an , raillant son blog qui n’est plus  mis à jour …

La soudaineté de l’attaque, son intervention manifestement préparée, laissent d’abord pantois les élus de l’opposition. Puis Bruno Lelièvre demande la parole pour répondre, ce qui lui est refusé, avec virulence, par le Maire, avec un  « je vous interdis de répondre (sic). »  Des élus de la majorité se mettent ensuite à crier, hurler et huer Bruno Lelièvre qui cherche toujours, dans ce chahut, à prendre la parole.

Bruno Lelièvre,  devant l’impossibilité de parler, se lève, se dirige vers l’estrade où siège le Maire pour lui parler et Vincent Franchi, conseiller de la majorité, arrive à grandes enjambées pour les rejoindre : il menace, invective Bruno Lelièvre, jusqu’à l’estrade où il est alors ceinturé par des amis-conseillers de la majorité qui tentent de le calmer en lui disant de  « faire gaffe, parce qu’il y a des journalistes dans la tribune publique ! »

Ce personnage, élu Conseiller Général  lors des  dernières élections, dans les pas de « maman », nous dispense régulièrement, en Conseil Municipal, ses grognements, bruits d’animaux, cris en tous genres, lors des interventions des conseillers municipaux d’opposition pour couvrir leurs paroles. Il a encore  montré, cette fois, le niveau et la tenue qu’il donne à ses fonctions !

Son comportement aurait pu se transformer en violence s’il n’avait été arrêté à temps par ses pairs.

Je suis révoltée  par cette échauffourée provoquée par le Maire, qui a cherché l’incident. C’est inadmissible de refuser la parole à l’élu incriminé comme elle l’a fait,  abusant de l’autorité que lui confère son statut de Maire.

C’est inadmissible que le Maire n’incarne pas les valeurs de tolérance et de respect de ses conseillers municipaux, jetant des critiques en pâture sur un élu alors  qu’elle sait que les membres de sa majorité sont toujours prêts à s’enflammer, son fils encore plus que les autres. Je suis interloquée également qu’aucun élu de la majorité n’ait le courage, la lucidité, la liberté pour s’opposer à ces pratiques, entrainé  dans une posture où tout le groupe fait corps et où tout semble permis, galvanisé par quelques meneurs et n’osant aucune  prise de position  personnelle.

Un rappel à l’ordre par le Préfet est nécessaire, il reste encore trois années de mandat. Ce climat délétère est  néfaste aux débats et contraire à l’intérêt des citoyens. Ces attaques personnelles sont intolérables. J’en appelle à la raison et aux valeurs fondatrices de notre République.

Evelyne Hardy. Conseillère municipale indépendante.

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08 février 2010

Puteaux / La Rochelle : journaux municipaux de pages en pages

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Ce texte suit une précédente publication concernant « Puteaux-Infos » de décembre 2009. Pour changer Puteaux-Infos, il est possible de s'inspirer de villes plus en avance dont La Rochelle n'est qu'un premier exemple.

Contrairement à Puteaux, le coût de la publication de la ville, très dense en informations, est très inférieur, la participation citoyenne devance le narcissisme politique et les points de gestion sont situés dans une politique globale, cohérente.

« La Rochelle, le journal » est le journal de la ville de La Rochelle, ville près de 2 fois plus peuplée que Puteaux.

Cette publication relève d'un choix équilibré, financièrement maîtrisé et se distingue de Puteaux-Infos:

  • elle paraît tous les 2 mois,
  • le papier est plus ordinaire et plus léger, elle a, en ce mois de décembre, 35 pages (au lieu de 68), son poids est inférieur de 60 g,
  • des pages de publicité pour les entreprises locales, à partir d'un contrat de la mairie avec une régie publicitaire, couvrent 50% du coût de la publication.

 

Le maire de La Rochelle n'apparaît qu'une fois, son unique photo illustre son éditorial en début de journal. Il n'y a pas de photo  des conseillers municipaux.

La majorité n'y publie pas de tribune contrairement aux partis d'opposition.

La parole est donnée très largement aux citoyens des 20 comités de quartiers, sur 4 pages.

La « générosité » s'exerce avec rationalité : les associations diverses dirigent leurs initiatives (repas- cadeaux- chèques, animations...) vers des publics précis.

  • les retraités isolés,
  • les personnes en difficulté,
  • les sans- abri,
  • les bénéficiaires de l'épicerie sociale, (il y a aussi un « resto du cœur »)
  • les personnes hébergées,
  • les enfants des personnes hébergées (spécialement)
  • les enfants de la ville,
  • les adhérents des centres sociaux,

 

Les travaux concernent, en particulier, la progression de La Rochelle vers une ville « écologique » à circulation douce. Ville très en avance dans cette politique. Les photos des rues devenues piétonnes ou à circulation très ralentie s'insèrent dans un plan global, complexe, difficile à mettre en œuvre, qui concerne l'ensemble de la ville.

Ce plan  inclut de multiples changements liés entre eux pour éviter les erreurs : créations de parkings à durées et prix variables, pour tout type de véhicule, nouvelle ligne d'autobus transversale, pistes cyclables ...

Trois navettes de véhicules urbains sans chauffeur, les UP GO, sur un circuit ouvert au public, vont être mises en service début 2010, sur fonds européens...Une première !

Atelier des Idées