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13 juin 2017

La Démocratie française coupable de maltraitance envers la jeunesse.

L’orientation  post- bac par un logiciel inadapté  est une pratique tortionnaire née prioritairement de l’incompétence funeste de Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Education nationale et de François Hollande.

Le tirage au sort,  par exemple, nie la réussite scolaire exprimée par des notes, bafoue toute qualité et quantité du travail scolaire individuel des élèves et transfère sur les lycéens, par un usage inconséquent du hasard, la responsabilité de l’échec du slogan mensonger de l’Education nationale : « assurer l’égalité des chances ».

Najat Vallaud- Belkacem, Benoît Hamon, Vincent Peillon et leurs prédécesseurs ont été incapables d’imposer des mesures pour éradiquer l’échec scolaire, échec social, et de prévoir l’afflux  considérable de jeunes élèves vers des études supérieures. Ils se déchargent de leur incompétence en imposant aux jeunes victimes du tirage au sort une épreuve  personnelle violente. Comment accepter, quand on a reçu les félicitations du conseil de classe,  une affectation sur son  dernier vœu inscrit sur  le logiciel d’orientation ? Comment accepter, quand on a reçu les félicitations du conseil de classe, de ne recevoir aucune affectation ?

Cette injustice cruelle semble faire des heureux. Un élève jugé « en difficulté » peut  se voir affecté vers des études inespérées. Ce bonheur risque d’être une trahison de ces mêmes responsables, «  en haut lieu »,  qui n’ont pas su traiter davantage  l’incroyable échec des étudiants en première année d’études supérieures.

Monsieur Emmanuel Macron, Madame Frédérique Vidal, Monsieur Jean-Michel Blanquer, redonnez à la jeunesse sa confiance perdue. Restaurez maintenant le mérite personnel et travaillez pour l’égalité des chances dans notre Etat de droit.

Evaluez l’action des politiques chargés de ces missions majeures pour l’avenir. En cas de bilan  proche de zéro, imposez- leur, par la loi,  une formation avant leur  éventuelle réélection.

Annie Keszey.

 

24 mai 2017

Monsieur Le Président du "Canard enchaîné".

Annie Keszey, ex-professeur d’Education civique, au Président du « Canard Enchaîné », M Michel Gaillard, redaction@lecanardenchaine.fr , 173 rue St- Honoré-75051 Paris. Copies à François Bayrou, Emmanuel Macron, Richard Ferrand et François Fillon. Publication sur trois blogs personnels.

Objet. Hypothèse : les emplois fictifs de M François Bayrou.

                Monsieur le Président,

Votre hebdomadaire a informé ses lecteurs, régulièrement, des dérives, à prouver par la justice, de François Fillon et de Marine Le Pen, en particulier.

François Fillon, moralisateur donneur de leçons de morale au peuple, se dédouanait, semble-t-il, de ses comportements divergents. Vous ne l’avez pas dispensé de vos «dénonciations », pour nous informer!

Mais, vous n’avez pas donné suite à l’intervention faite auprès de votre publication par M Nicolas Grégoire, collaborateur du député M Guellec, R1 02/04/97, qui avoue avoir bénéficié, en présentant des preuves, de deux emplois fictifs de la part de François Bayrou, l’un à l’Assemblée Nationale, l’autre au Sénat.

Le rapport de M Nicolas Grégoire est accessible en tapant sur Google:

dreuz.info/2017/05/06/ pas-avant-le-deuxième-tour

Publier ou ne pas publier relève de votre responsabilité. Par contre, le risque de votre participation à une éventuelle anomalie de considération  juste entre M François Fillon et M François Bayrou requiert, de votre part, une information publique sur les raisons de votre silence, dans ce second cas.

Merci.

Annie Keszey.

 

08 avril 2017

L'obscurantisme dictatorial du logiciel "APB". (Admission post-bac.)

Benoît Hamon ministre éphémère de l’Education nationale, il est actuellement un candidat socialiste à l’élection présidentielle. Najat Vallaud- Belkacem, actuelle ministre de l’Education nationale, soutient la campagne de Benoît Hamon. Tous deux socialistes, ils devraient accorder leurs actes à leurs discours, quand ils militent en particulier pour la transparence ! Or, le logiciel d’orientation après le bac, dont ils sont co-responsables, méprise les parents d’élèves et les élèves tant il est d’une « opacité extrême* ».

En juillet 2016 pourtant, Thomas Piketty*, directeur d’études à l’EHESS, un des conseillers actuels de Benoît  Hamon, dans une chronique pour le journal Le Monde, s’élevait contre le logiciel APB qui organise l’orientation et l’affectation dans l’enseignement supérieur de quelque 700 000 bacheliers chaque année en France. Il souhaitait  que le débat sur le logiciel et la sélection à l’université soit inscrit dans la campagne électorale ! Thomas Piketty a-t-il  été entendu ? Pas encore !

Extraits de la chronique.

« Disons-le clairement : l’attitude du Ministère de l’Education nationale sur ce dossier est proprement scandaleuse. Il maintient une opacité extrême sur les critères utilisés dans le logiciel et ne distille les informations qu’au compte-gouttes, tout en promettant régulièrement une plus grande transparence, jamais réellement appliquée. C’est d’autant plus regrettable que le système APB pourrait permettre de sortir par le haut de cette très ancienne querelle française sur la question de la sélection à l’université.

Rappelons les faits : sur l’accès à l’enseignement supérieur, la France se caractérise par la cohabitation d’un modèle hyper-sélectif (les classes préparatoires aux grandes écoles richement dotées) et d’un secteur universitaire supposé parfaitement égalitaire (chaque bachelier est censé y avoir accès, sans sélection, mais les moyens sont faibles). APB conduit à exposer au grand jour les contradictions du système : les lycéens classent leurs choix dans le logiciel (prépas, universités, IUT etc..), les filières sélectives classent les lycéens, mais les universités ne classent rien du tout. Sauf qu’en pratique il existe de multiples exceptions et rafistolages dans le système, jamais assumés publiquement par le ministère. Lorsqu’il existe un trop plein de candidatures, on pratique allègrement le tirage au sort, alors qu’on pourrait prendre en compte des critères objectifs, comme les notes, la distance à l’établissement, ou bien un objectif clair de mixité sociale, ou encore un mélange assumé de tout cela. On laisse les étudiants s’entasser dans des premières années surchargées, comme en médecine, avant de pratiquer une sélection drastique à la fin de la première année, où le premier critère de réussite est souvent la capacité des parents à payer des cours privés en lieu et place des amphis saturés. En 2013, les députés avaient voté un dispositif visant à réserver des places en filières sélectives aux meilleurs élèves des lycées défavorisés. Mais cette mesure n’a jamais été évaluée, et la façon dont elle a été paramétrée dans APB est totalement obscure.

Cette opacité ne peut plus durer... »

« Thomas Piketty propose alors des modifications d’APB pour promouvoir un modèle européen d’égalité et de justice dans l’éducation défini dans les pages 258 et 259 de son livre « Aux urnes citoyens ! », éditions «  Les liens qui libèrent », publié en octobre 2016. »

Le logiciel APB ne peut être modifié positivement que si l’Education nationale devient efficace en luttant contre l’échec scolaire pour atteindre, dans les résultats, l’égalité des chances.

L’orientation en classes supérieures d’élèves en difficultés scolaires est insensée.

Les programmes pour l’Education des candidats à l’élection présidentielle ne sont pas  à la hauteur de la situation. Ils ne prennent pas suffisamment en compte la nécessaire formation  disciplinaire et interdisciplinaire des professeurs à un  métier complexe, mal théorisé, mal explicité, mal transmis par la plupart des formateurs. Les structures de l’école restent trop figées : nul candidat à la présidentielle n’envisage le travail en équipe des professeurs, à moyens financiers constants ce qui est possible,  pas davantage la possibilité de structurer des classes parallèles en groupes de besoins occasionnels, à partir d’emplois du temps novateurs. Les soutiens scolaires, indispensables à l’intérieur des horaires des disciplines,  tout au long de la scolarité, restent rares, et leurs modalités concrètes indéfinies. Le statut des enseignants, rigide, devrait être assoupli en ajoutant aux heures de cours  des heures de présence dans l’établissement, pour le travail en équipe hebdomadaire ou pour la formation continue rendue obligatoire...Il sera certes difficile de convaincre cet électorat attaché à son actuel statut. Mieux vaudrait s’attaquer aussi à des réformes qualitatives plutôt que quantitatives. Aucun rapport n’assure que la diminution des effectifs des classes, par exemple, soit liée à une amélioration des résultats s’il n’y a pas une transformation des pratiques professorales. Un assouplissement de la mentalité collective impliquerait que chaque professeur se sente co- responsable des notes  qu’il attribue aux élèves et s’engage à lutter contre les mauvaises notes en travaillant à une amélioration  de son efficacité professionnelle. La priorité est accordée pour le primaire et des moyens prévus pour y combattre l’échec scolaire inégal selon les appartenances sociales, mais il faut aussi accroître considérablement l’apprentissage du vocabulaire à l’école maternelle, afin de faciliter l’apprentissage de la lecture, par exemple...Ces mesures et d’autres, oubliées, sont connues des enseignants, des parents d’élèves et des élèves : peut-être n’est-il pas trop tard pour en informer les candidats ? 

Annie Keszey.

19 mars 2017

Puteaux: une réunion publique de grande qualité.

Merci donc au PS de Puteaux d’avoir permis aux résidents de la ville d’assister, le 16/03/2017, à une rencontre avec Francis Poézévara, responsable local du parti et conseiller municipal, Marie Brannens, conseillère municipale socialiste de Neuilly-sur- Seine, Eva Joly et Éric de Montgolfier, sur les thèmes de l’exemplarité en politique et  de la transparence de la vie publique.

Des Putéoliens  nombreux, attentifs à des intervenants  « rigoureux et  incorruptibles », ont participé aux échanges avec un grand intérêt. Stéphane Vazia et Nadine Jeanne, socialistes engagés à Puteaux depuis de nombreuses années, étaient aussi présents. [Une photo de la salle, publiée sur Twitter/LR/Puteaux, montre  27 ou 28 présents  assis ou debout : une information mensongère motivée sans doute par le fait qu’il est plus politique de s’occuper de la forme plutôt que du fond !]

Marie Brannens a rappelé les lois votées pour assainir la République durant le mandat de François Hollande. Ces progrès réels, merci encore, peu médiatisés, restent cependant très insuffisants tant la France est en situation de « démocratie grise ». Éric de Montgolfier, ancien procureur de la République, réputé, est issu d’une famille noble toujours reconnue pour avoir expérimenté « la montgolfière », en 1783. Après une carrière hautement compétente  et exemplaire au service de la Justice, de la Justice anti-corruption surtout, il conseille Benoît Hamon candidat socialiste à la présidentielle, mais n’est pas lui-même adhérent de ce parti. L’intervention orale d’Éric de Montgolfier  est une synthèse de son dernier livre « On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts »*. Le constat professionnel sur les erreurs, les malversations, les corruptions est « impitoyable ». Les pouvoirs présidentiel, exécutif, législatif, judiciaire et locaux, les économistes, les médias et une partie du peuple ... sont gangrénés par un mélange d’incivisme et de corruption. Aux questions posées par le public sur des anomalies sérieuses d’actualité, il propose des réformes. La plus importante est de rompre avec la « dépendance » du pouvoir judiciaire par rapport aux pouvoirs présidentiel, exécutif et législatif et de lui donner les moyens nécessaires, tant la tâche est lourde, pour un fonctionnement normal. Il réprouve la justice à deux vitesses, l’une, tolérante pour « les puissants », l’autre, stricte pour les citoyens ordinaires et  souhaite un «  procureur européen » au-dessus des gouvernements pour agir en justice sans pressions ni entraves. De nombreuses autres propositions ont pour but direct d’empêcher la reproduction des dérives politiques d’actualité. Benoît Hamon en propose dix dans son programme : (ce programme est consultable dans sa totalité sur plusieurs sites du Web), l’identité des donateurs de plus de 2 500 € aux candidats  sera rendue publique, les déclarations de situations patrimoniales et d’intérêts des candidats à la présidentielle, obligatoires, le deviendront aussi pour les parlementaires. Les parlementaires n’auront plus le droit de recruter un  membre de leur famille comme assistant. Le mandat parlementaire sera incompatible avec les activités de « conseil ». Le nom des « lobbyistes » rencontrés par le candidat seront publiés. Pour être candidat, il faudra un extrait de casier judiciaire vierge. Le contrôle des dépenses des parlementaires sera renforcé. L’inégibilité en cas d’infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales sera portée à 6 ans. Les moyens humains, budgétaires et matériels de la Commission Nationale des Comptes de Campagne et de Financements politiques seront renforcés.

Quand on a suivi les faits politiques dominants depuis deux mois, on constate que ces mesures collent à une réalité désastreuse pour une « purification »  bienvenue.

 Eric de Montgolfier regrette les choix de certains électeurs, évidents d’ailleurs dans le 92, qui réélisent des politiques condamnés par la Justice. Il déplore que la politique puisse infantiliser le peuple, peuple passif avec une flexibilité exagérée devant les diktats et un appétit féroce pour les  rumeurs. Il souhaite que « chacun s’engage », afin que nul n’accepte l’offre du corrupteur.

A la question qui lui est posée de savoir comment s’engager, la réponse déçoit. Il faut voter, dit-il, au lieu de s’abstenir ce qui pourrait être dangereux. Certes : le public de ce jour  en était déjà convaincu. Il faut s’exprimer sur les réseaux sociaux. Certes, mais comment ? Il ne s’agit pas d’agir à contresens en se substituant à la Justice tels les « addicts » à Twitter ou à Facebook qui passent des années à dénoncer les mêmes « trucs » avec une efficacité nulle ou les apprentis juges formés à l’école de l’inquisition qui s’exercent  aux critiques « laveuses » en dehors du Droit. L’article 40 du code de procédure pénale « quand on a connaissance  d’un délit ou d’un crime, il faut en informer le procureur de la République » reste un bon conseiller. Une « proche » d’Eva Joly évoque le mouvement « Nuit debout »  en lui accordant une certaine légitimité de combat. Peut-être, mais quel est  le résultat concret de ces engagés nocturnes ? Rien.  Éric de Montgolfier ne répondra pas à la question portant   sur le respect du droit à la présomption d’innocence, droit de l’homme, souvent bafoué, sans que les sanctions prévues soient appliquées. Il ne précisera pas comment ce droit s’articule intelligemment avec le droit à l’information. Regrets!

Mais on trouvera ailleurs cette réponse espérée, dans le livre « Avancer vers l’Etat de Droit. Droit et présomption d’innocence » de Guy Millière (Président de l’Institut Turgot), Jean-Philippe Feldman, Patrick Simon, Jean-Philippe Delsol (avocats), aux éditions « Cheminements ».

Eva Joly, née en Norvège, ancien juge d’instruction, conseillère anti-corruption et anti-évasion fiscale de plusieurs gouvernements étrangers, candidate à l’élection présidentielle de 2012 du parti Europe- Ecologie, avec 2,31 % des suffrages et qui a appelé à voter François Hollande au second tour, est avocate et  députée européenne depuis 2009. Toute sa vie elle a lutté contre la corruption, les paradis fiscaux et pour l’indépendance de la Justice. Sa spécificité de juge, engagé en politique contrairement à Éric de Montgolfier, est aussi de se situer au cœur de l’interrogation sur les rapports subtils entre la morale et le droit. Lors de la réunion publique, elle rappelle ses combats contre l’évasion fiscale et ses procédures pour aboutir malgré les obstacles complexes et durs rencontrés. Nous savons tous que sa vie a été menacée après l’affaire Elf ! Elle reconnaît le rôle positif d’associations compétentes : « Transparency International », par exemple.  Née et retournée dans son pays natal, elle rappelle la supériorité éthique des pays nordiques qui n’admettent nullement la délinquance des politiques y compris la petite délinquance d’un achat de 100 €, avec une carte bancaire inappropriée. Cette « erreur » entraîne immédiatement la démission du « coupable ».

Citoyens ordinaires on peut « coller» sans réserve aux propos d’Éric de Montgolfier, c’est un peu plus délicat parfois par rapport à Eva Joly. Elle a été condamnée deux fois pour diffamation, par la Justice, contre David Douillet  et Christian Vanneste.  Les peines furent minimes. Les juges ont reconnu la première fois qu’Eva Joly avait repris une fausse information publiée par les médias sans la vérifier. La seconde fois est un exemple fin de l’écart actuel entre la morale publique et les droits de la République.

Donc, si une spécialiste exceptionnelle du droit peut se tromper  dans sa lutte pour l’éthique,  tout citoyen bien intentionné doit savoir évaluer les risques. Il faut pourtant que chacun d’entre nous, comme Éric de Montgolfier nous y incite dans la conclusion de son livre*  poursuive les tentatives du colibri qui, sous le regard moqueur d’un éléphant, tente avec une goutte d’eau d’éteindre un  gigantesque brasier ! Pour le peuple, présent ce soir-là, le cynisme « Et alors ? »  est  moribond.

 Nul n’est indemne de ses actes ou de ses abstentions, pas davantage de ses incohérences.

Annie Keszey. http://www.notreputeaux.com.

06 mars 2017

"Marianne" et le droit à la présomption d'innocence.

M Yves de Chaisemartin (LRAR), M  Jacques Julliard, M Joseph Macé- Scaron, M Jacques Dion, M Guy Konopnicki, M Arnaud Bouillin, M Frédéric Dessort,  Mme Caroline Fourest, journalistes de « Marianne ».

Objet : le respect des droits.

                Madame, Messieurs les journalistes,

                Je lis Marianne depuis vingt ans. J’apprécie l’éthique de votre hebdomadaire et votre professionnalisme.

                Dans le numéro 1040 du 3 au 9 mars 2017, en page 14, Messieurs Bouillin, Dessort et Rieth publient, avec Transparency International France, 11 engagements pour la probité en politique. Nous, citoyens, ne pouvons qu’exprimer notre reconnaissance pour cette initiative fortement liée à l’actualité politique.

                En bas de la page 16 cependant, vous publiez une photo de Christophe Grébert, conseiller municipal d’opposition à Puteaux (Hauts-de-Seine), et vous reproduisez son information : « J’ai lancé une pétition en ligne : « Madame Fillon, rendez-nous ces 1,5 millions d’euros. » Elle a été signée par 410 000 personnes... 

                Pour connaître Christophe Grébert, sa déclaration ne m’étonne pas, mais le fait que vous la repreniez, semblant ainsi l’approuver, m’interpelle. 

                Pour moi, cette pétition sur « Change.org » est illégale. Elle bafoue le droit à la présomption d’innocence, droit de l’homme, inscrit dans plusieurs textes officiels français, européens et internationaux. Elle ignore les droits de la Défense : ce n’est pas à Penelope Fillon de déclarer sa culpabilité ou son innocence mais à l’Institution judiciaire de la prouver. La sanction, rembourser 1,5 millions d’euros, sans savoir de plus si elle est adaptée, provient d’un tribunal populaire incompétent, dangereux, et nullement habilité à exercer cette fonction. Certes, il existe un autre droit, celui à l’information, dont le risque reconnu, par Éric de Montgolfier par exemple, est qu’il pourrait être en contradiction avec le droit à la présomption d’innocence. Or, l’un de ces deux droits ne saurait occulter l’autre comme cela est fait dans la pétition. Ces deux droits doivent dialoguer, s’articuler, se compléter, se respecter...Certes Christophe Grébert ne sait pas le faire et dans ce cas précis, ne veut  sans doute pas le faire préférant un buzz pour une banale notoriété médiatique.

Quant aux 415 083 suiveurs de la pétition, leur responsabilité est partagée avec celle du politicien qu’ils suivent. Chacun est responsable de la part qui lui incombe dans une initiative d’un cloaque global.

Mais, vous ?

S’il vous plaît, publiez une étude sur les respects cumulatifs du droit à la présomption d’innocence et du droit à l’information. Démêlez l’écheveau.

Annie Keszey.

05 mars 2017

Eric de Montgolfier, ancien procureur de Nice, nous interpelle.

« L’incendie rongeait la savane ; un colibri vola jusqu’au lac le plus proche pour prélever un peu d’eau et revint la déverser sur le brasier. Goguenard, un éléphant s’approcha : crois-tu pouvoir éteindre ainsi le feu ? Non, répondit l’oiseau, mais j’aurais fait ma part.

Quelle sera la tienne ? »

Ces dernières lignes du livre du magistrat Éric de Montgolfier éclairent le titre : « On ne peut éternellement se contenter de regarder les cadavres passer sous les ponts ».

« Est-ce la politique qui nous infantilise ou nous qui tolérons de n’être que des marionnettes ? Notre passivité, une flexibilité exagérée devant les diktats, un appétit féroce pour la rumeur, voilà qui nous condamne au même titre que le corrompu lorsqu’il accepte l’offre du corrupteur. Certes nous n’avons pas voulu l’absence de probité que nous constatons ; pas moins que les magistrats et journalistes dont l’inertie ou la précipitation ont un rôle dans nos désillusions ! Nul n’est indemne de ses actes ou de ses abstentions, pas davantage de ses incohérences. Car la stupéfaction est vive quand tant d’électeurs, dès qu’il n’est plus inéligible, reconduisent un élu sanctionné pour avoir été malhonnête. Si la peine purge le passé, on peut néanmoins admettre, quand il s’agit d’un élu, qu’il a perdu toute légitimité à solliciter du peuple un nouveau mandat : on ne peut trahir la démocratie sans en payer le prix. N’y faut-il pas au moins une longue période de deuil ? Il est paradoxal de stigmatiser si souvent la corruption en même temps qu’on l’encourage par son vote. Les exemples ne manquent pas et chacun, quand il touche au cœur du pouvoir, est de nature à gangrener le tout... »

En cinquante-neuf pages, ce magistrat expérimenté, fortement impliqué dans les luttes de la Justice contre la corruption, nous livre sa vision justifiée des graves imperfections de notre démocratie, démocratie en danger, dans les domaines politiques, institutionnels, médiatiques, juridiques et de la citoyenneté. On retrouve tous les  thèmes des débats houleux de l’actualité mais analysés dans leurs racines historiques et dans leur complexité relationnelle. Tous ces thèmes sont soumis à ses fortes critiques, à partir d’une exigence incorruptible de moralité, d’intégrité, de vérité : l’excès de puissance du pouvoir exécutif, la décentralisation non contrôlée, le cumul des mandats au service des conflits d’intérêts, la propension croissante à dilapider les fonds publics, le népotisme dans les assemblées parlementaires ( l’amour de la famille assurément), l’exclusion de nouveaux candidats aux élections, l’impartialité politique sacrifiée à la connivence ou à la flagornerie, la justice des puissants et celle des misérables, le triomphe de l’apparence, les opinions des médias qui précèdent leurs constats, le corps judiciaire tenu en laisse par l’Exécutif...

Les propos d’Éric de Montgolfier sur la situation française sont sévères et ses exigences de transformations sont d’une lucidité indiscutable. Parfois, il utilise une page entière pour inscrire ses réflexions dominantes sur divers sujets et nous, lecteurs, nous reportons mentalement à des situations réelles connues passées ou présentes.

« Trop de maires se comportent en  tyranneaux, imposant à des majorités prosternées des choix qu’ils ont seuls inspirés. 

Le pouvoir rendrait-il fou ? Question pertinente tant on constate l’habitude si fortement installée, de détourner de leurs fins les ressources de la collectivité. 

Pour un président, serait-elle fallacieuse, la normalité devient un tombeau. 

L’impétuosité n’est pas une qualité pour gouverner ; mais pas davantage un doigt qui tremble, quand bien même il serait mouillé d’eau bénite. 

Pour faire miroiter des lendemains radieux, il suffit d’exploiter des revers et d’attiser des haines. 

Tous pourris ? Non, mais tous contaminés par un discrédit qui abaisse la République. 

L’histoire des peuples se perd aisément dans les eaux glacées de la mémoire. »

En page 30, l’auteur évoque la « parade politique » qui pourrait s’appliquer à certains « meetings » de l’actuelle campagne électorale. « Pour exister, l’essentiel est de paraître ; la vacuité n’est pas un obstacle. Les postures ne font cependant oublier ni les mensonges accumulés, ni les promesses parcimonieusement tenues. A moins d’être de ces sectateurs énamourés pour croire à la sincérité qui s’affiche. Encore faut-il aux militants une ambiance qui les porte à l’extase ; une entrée fracassante y contribue, au milieu de drapeaux fébrilement agités. Un petit Nuremberg à vous glacer le sang ! Il suffit de quelques truismes, de noms jetés en pâture pour provoquer la transe, laissant croire au candidat qu’il est devenu roi. Pour un peu il toucherait les écrouelles et guérirait les lépreux. Les auditeurs sont connivents : il n’y a pas lieu de les convaincre, juste de les réveiller de la torpeur engendrée. Mais quel candidat prendrait le risque de ramener ses partisans à la réalité ?... »

Son constat général est gris-noir, pessimiste : « Pour éclaircir l’horizon, il n’y a pas grand-chose. Peter Pan peut-être ? On l’imagine virevoltant dans les haubans, tentant d’échapper au sabre du capitaine Crochet, telle la démocratie à sa disparition. Apparaît alors l’inquiétante silhouette du crocodile (le crocodile....oui, bien sûr) ; il espère sa chute et l’attend, gueule ouverte, au son du réveil qui, dans son ventre rythme son impatience. Ainsi se postent les charognards en attendant que les peuples, las d’espoirs avortés, tombent sous leurs griffes ; ils moissonnent l’écœurement et, pour faire miroiter des lendemains radieux, il leur suffit d’exploiter des revers et d’attiser des haines. L’anathème devient un programme et se nourrit de toutes les peurs. Altérant la démocratie, une aigreur malsaine se répand, nous rendant odieux les principes qui l’ont bâtie, où prime l’humanité : elle était la règle ; un nationalisme étriqué prétend s’y substituer...Il y a quelque chose d’humiliant pour ceux que l’on tente ainsi de séduire en martelant qu’il suffirait à notre pays pour retrouver sa splendeur d’antan de se replier sur lui-même, de s’enfermer dans ses frontières, de se montrer indifférent au sort des plus démunis...

L’histoire des peuples se perd aisément dans les eaux glacées de la mémoire : ils en oublient les combats engagés pour obtenir les bienfaits dont ils jouissent. Ainsi ce qui leur a coûté le plus leur semble dépourvu de saveur, comme s’il leur était acquis de toute éternité ; pourquoi donc lutter pour assurer la pérennité ? Alors passent les cadavres sous les ponts sans même que nous les reconnaissions pour tels, sans mesurer ce qu’ils symbolisent du démembrement de la République. Persuadés par ceux qui en profitent que notre silence sert l’intérêt général, nous nous y refugions pour servir frileusement le nôtre...

La citoyenneté ne peut s’accommoder du rêve ; elle n’autorise qu’à vivre debout, non couché dans la molle insouciance qu’accorde l’égoïsme à ceux qui s’y soumettent... »

Éric de Montgolfier  décrit notre nébuleuse démocratie avec une rare clarté. Il nous encourage à agir pour un avenir meilleur. Il a raison.

Annie Keszey.

A suivre : la réforme de la justice proposée par Éric de Montgolfier.

10 février 2017

Roumanie : la société civile lutte avec succès contre la corruption politique.

Depuis le 1er février 2017, les citoyens roumains très nombreux, dont de jeunes diplômés, occupent les places centrales des villes, principalement à Bucarest. Ils sont unis par un idéal de démocratie morale et décidés à combattre la corruption des politiques. Contre la tradition d’émigration massive pour fuir les dérapages des élites, ils souhaitent rester vivre dans leur pays qu’ils veulent « digne », avec un gouvernement sans pots-de-vin, propre et compétent.

Ils acclament  Laura Codruta Kövesi, procureure de la République du Parquet national anticorruption (DNA) depuis 2013. Plus de 2 000 hommes et femmes politiques et hauts fonctionnaires se trouvent derrière les barreaux. Pour 2015, par exemple, ont été arrêtés un Premier ministre, cinq ministres, seize députés, cinq sénateurs, quatre-vingt-dix-sept  maires ou adjoints, quinze présidents ou vice-présidents de conseils départementaux, trente-deux directeurs de compagnies publiques. Pour cette seule année, le montant global des préjudices détectés atteint près de 500 millions d’euros. 90 % des enquêtes aboutissent à des condamnations.

Liviu Dragnea est le président élu du Parti social-démocrate majoritaire aux dernières élections législatives. Il ne peut être premier ministre du gouvernement, malgré son souhait, parce qu’il a déjà été condamné. Le 22/04/2016, en particulier, la Haute Cour de Cassation et de Justice l’a jugé coupable de fraude électorale lors du référendum de  2012 et sa peine a été de deux ans de prison avec sursis. Un second procès a débuté contre lui le 31/01/2017 pour avoir rémunéré deux secrétaires de la section locale de son parti  avec l’argent des services sociaux du département. Le préjudice, dû à ce « détournement de fonds », est évalué à 24 000 € par le Parquet national anticorruption.

Le gouvernement du Premier ministre Sorin Grindeanu, du même Parti social-démocrate, par solidarité avec Liviu Dragnea et en urgence, a fait approuver, le 31/01/2017, un décret assouplissant les règles anti-corruption afin de provoquer l’acquittement du mis en examen. Par ce décret des ordonnances de modification du code pénal et du code de procédure pénale le seuil des poursuites pénales pour de telles infractions passait à 44 000 €. Liviu Dragnea aurait ainsi obtenu un non-lieu, l’ordonnance  devant entrer en vigueur le 10/02/2017. Le peuple, en toute légitimité, s’est insurgé, avec détermination et constance.

Ces ordonnances ont été annulées, dimanche 5/02/2017, après six jours de protestations. Le 9/02/2017, le ministre de la Justice Florin Iordache, un des artisans du décret, a démissionné.

Le Président de la Roumanie, un centriste anticorruption, contre ces pratiques gouvernementales, a interpellé les autorités judiciaires.

Les manifestants du peuple veulent la démission de tout le gouvernement.  Bon courage à nos amis européens.

Annie Keszey.

07 février 2017

PUTEAUX: the fake news.

Leçon de Droit électoral et de déontologie journalistique pour le conseiller municipal d’opposition : Christophe Grébert.

L’anglicisme « the fake news » pour la et les nouvelles truquées est d’actualité. Les journalistes éthiques et professionnels s’en émeuvent et s’engagent pour les combattre. Le quotidien Le Monde, en particulier, entreprend  de former, dans les écoles, les jeunes élèves, aux repérages et décryptages des fausses informations répandues dans de multiples médias et propose aux lecteurs le « Décodex », premier pas de la vérification de l’information.

Une enquête locale :

Christophe Grébert (PS/ sans-parti/ MoDem/ sans-parti/ ?/...), conseiller municipal  d’opposition, est l’initiateur d’une pétition subversive du  droit français puisqu’elle annihile la Justice, sur Change.org. Cette pétition, d’un faux juge, « tue » symboliquement Penelope Fillon. Une meute  de signataires suit, ce dont Christophe Grébert se gave. Toutefois les signataires ne sont pas motivés, eux, par leurs carrières personnelles mais par leur défiance lucide envers un monde politique exemplaire en mots et trop souvent fripon en actes. Nos doutes, nos soupçons, nos incertitudes, nos colères fondées de citoyens ne sauraient nous ériger en procureurs. Pour condamner  ou libérer, il faut des preuves examinées par des professionnels de la Justice aux compétences  spécifiques.

Puis, Christophe Grébert, « addict » aux polémiques et acteur comblé du capharnaüm ambiant, sur son blog monputeaux et sur Twitter, «incrimine » le maire de Puteaux, sa cible préférée, pour avoir retiré les portraits de François Fillon d’un panneau municipal le 3/02/2017, au matin. Le maire et lui-même seraient donc des « traîtres », lâcheurs pressés de la famille Fillon, mais le maire en serait coupable et lui-même, par une inversion illogique de son propre comportement, serait un héros-laveur inspiré, à congratuler.

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Il illustre son propos par deux photos : un panneau municipal  vidé de tout affichage le 3/02 au matin, écrit-il, place du 8/05/1945, le long de l’hôpital, et ce même panneau qui  portait, peu de jours avant, selon lui, quatre photos de François Fillon, le courage et la vérité.

Des lecteurs de ce message, du parti LR, par tweets, accusent Christophe Grébert d’être un menteur. Oui, en effet, il ment. Le message à ce moment est une « fake news ».

Pourquoi ? Parce que la seconde photo du panneau, avec les images de François Fillon, remonte au moment des primaires de la droite et du centre, en novembre 2016, elle est sur le blog monputeaux depuis le 28 novembre, soit 66 jours avant le retrait ! Sa permanence jusqu’au 2/02/2017, n’est  pas prouvée. De plus, sur cette photo, supposée, obligatoirement d’ailleurs, être très récente, le sol, en arrière-plan, est recouvert de très nombreuses feuilles mortes, alors qu’il n’y en a aucune sur la photo  du 3/02 (ce qui est de saison, les arbres en bordure de route étant dépouillés).

Sur twitter, ensuite, et dans une « mise à jour » sur son blog, malgré l’évidence, Christophe Grébert nie être un menteur. Donc, il ment encore, mais il corrige sa publication, sur son blog, en affichant la même photo, (bien conservée malgré les intempéries), du même panneau, avec François Fillon, qu’il aurait prise, cette fois, le 31/01/2017, 2 jours avant l’arrachage.

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Christophe Grébert, peut-être conscient de la défiance dont il fait l’objet après sa manipulation de l’information, affirme qu’  il met les documents utiles datés et géolocalisés à la disposition des journalistes...Mais enfin comment des « journalistes », extérieurs à Puteaux, pourraient-ils confirmer la véracité de la date de cette prise de vue dite récente ? Par solidarité professionnelle? Ceux de 20 Minutes par exemple qui ont diffusé la fake news de Christophe Grébert sans aucune vérification ? Ils doivent réviser ensemble les superbes chartes déontologiques  de leur profession.

Un rapprochement, sur le blog, et qui ne concerne, faute de preuves, que l’imaginaire de cet opposant, est fait entre le retrait effectif des affiches de François Fillon par Patrick Balkany, le 2/02/2017 et la situation  de Puteaux. Or, Patrick Balkany a retiré les nouvelles affiches de François Fillon de sa permanence de député (et non pas de la rue) pour protester contre la désignation aux législatives d’Arnaud de Courson, alors qu’il souhaitait François-Xavier Bieuville.  

Maintenant, quittons les propos « superfétatoires » d’un blog, nous dit notre jeune amie, élève de terminale, et revenons au Droit, bouée de sauvetage des lecteurs contre « the fake news ».

L’affichage du portrait de François Fillon sur ce panneau ordinaire de la ville, en novembre 2016, était légal.

Maître Eolas nous prévient que la pratique des primaires n’est encore prévue par aucun texte législatif. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a signé la circulaire NOR : INTA1603608C, adressée aux préfets, sur l’organisation des primaires, le 22/02/2016 : « L’utilisation des panneaux d’affichage municipaux est laissée à l’appréciation des maires. Les panneaux d’affichage spéciaux prévus à l’article L 51 du code électoral et destinés à l’apposition des affiches électorales ne pourront pas être utilisés dans le cadre des élections primaires. Réservés aux campagnes électorales officielles, leur utilisation pour des élections primaires pourrait être de nature à créer une confusion sur la nature de l’élection qui n’est pas organisée par l’Etat... »

Même si la circulaire embrume un peu la loi électorale, on peut affirmer que les deux situations opposées, celle d’un affichage  vide  ou celle d’un affichage avec photos sobres toutefois, sur le panneau, le 3/02/2017 en particulier, sont parfaitement légales. (L’affichage vide convient mieux d’ailleurs à l’ensemble des convictions citoyennes de la commune.)

Objectivement, le maire de Puteaux n’a pas à être condamné, par un #Un BonimenteurElu, à partir des fables émotionnelles endémiques de cet opposant, mais à partir de preuves.  La vérité, seule, rigoureuse et intègre, appartient à l’indispensable critique démocratique.

Des affiches de propagande électorale réapparaîtront sous une forme très encadrée par la loi avant le premier tour de l’élection présidentielle, selon les directives des articles L 51, R 26, R 28 du code électoral.

Annie Keszey.

27 janvier 2017

Christophe Grébert, analphabète en Droit, juge d'un tribunal populaire.

Christophe Grébert, quêteur professionnel de  «  buzz », ce retentissement médiatique, perçu comme étant à la pointe de la mode, a lancé une pétition, étrangement acceptée par le site Change.org. Un buzz, c’est une agitation et la transmission rapide d’informations autour d’un nouveau concept, d’une idée, d’une personne...

Blogueur s’érigeant en procureur de la République, Il interpelle  Madame Penelope Fillon.

« Pleureur » professionnel quand une plainte en justice est déposée contre lui, il piétine aujourd’hui la « présomption d’innocence ». Juge, usurpateur, d’un tribunal populaire, il fixe des projecteurs publics sur une citoyenne capturée ainsi, qu’il interroge médiatiquement, avant de l’avoir consultée.

La présomption d’innocence signifie qu’un individu même suspecté de la commission d’une infraction ne peut être considéré comme coupable avant d’avoir été jugé par un tribunal. C’est un principe qui fait reposer sur le procureur de la République la charge de rapporter la preuve de la culpabilité du prévenu.

Le « grand » juge Marc Trévidic a déjà déploré que la présomption d’innocence soit souvent détournée, faute d’un civisme éclairé, en présomption de culpabilité.

Une enquête préliminaire a été ouverte par la Justice. Madame Penelope Fillon sera interrogée et jugée selon la  procédure légale. Nous en serons informés.

Christophe Grébert qui tente de « laver plus blanc » devrait travailler la perfection de son éthique personnelle, avant de corriger autrui. Légitimement intéressé par la liberté d’expression, initiateur sur son blog d’un mouvement pour la liberté d’expression, il censure ce même blog quand des articles contredisent, avec raison, ses affirmations...

La Justice, en démocratie, ne peut être rendue par des « analphabètes » en Droit.

La présomption d’innocence nous protège, tous, à égalité.

Annie Keszey

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04 décembre 2016

Révolution. C'est notre combat pour la France. Emmanuel Macron.

Editions XO 2016. 17.90 €.

 En noir : les extraits discontinus originels

Ce livre de 268 pages est divisé en 16 chapitres : Ce que je suis. Ce que je crois. Ce que nous sommes. La grande transformation. La France que nous voulons. Investir dans notre avenir. Produire en France et sauver la planète. Eduquer tous nos enfants. Pour vivre de son travail. Faire plus pour ceux qui ont moins. Réconcilier les France. Vouloir la France. Protéger les Français. Maîtriser notre destin. Refonder l’Europe. Rendre le pouvoir à ceux qui font. Chacun d’entre nous est le fruit de son histoire...

Cette courte présentation d’un livre dense, en 3 pages, ne peut suffire et ne se substitue pas à la  lecture complète.

Emmanuel Macron est  candidat à l’élection présidentielle de 2017 : un candidat singulier, instruit, cultivé, expérimenté, de 38 ans. Il n’appartient actuellement  à aucun parti politique, de droite ou de gauche, et s’adresse à tous les Français, au-dessus, au-delà du tripartisme. Ses études supérieures, ses missions et  professions dans de hautes fonctions des secteurs privés et publics lui ont donné une connaissance de la France d’une profondeur exceptionnelle, rare en politique. Il connaît les évolutions des états soumis à la mondialisation et, à partir d’une conscience aigüe des changements en cours, il propose une VISION pour la France.

Il est  un progressiste (terme exceptionnellement utilisé par François Hollande lors de son renoncement), réformateur, libéral à partir de sa confiance en l’homme, un libéral éclairé : « Pour comprendre la dynamique propre du monde il faut faire preuve de discernement : lutter contre la finance sans finalité et encourager la finance qui permet d’investir. Or, depuis la crise de 2008, nous avons collectivement fait le contraire... » Il veut que les plus pauvres et les plus faibles soient protégés sans être discriminés.  Il consent volontiers à être qualifié d’homme de gauche (c’est-à-dire social). Il comprend la dynamique propre du monde qu’il souhaite changer. En effet, ses propositions d’actions inédites dans les secteurs explorés dans ce livre reposent sur une connaissance rare de la situation présente, ce qui lui permet de distancer, de démoder, tous les politiques connus du moment. Il veut avancer vers une grande transformation sans se contenter de rafistoler un modèle créé pour avant-hier, parce que ce n’est pas la France.

Après la lecture du livre, quelques mots et expressions prédominent, tous inscrits dans des développements pensés  et en dehors du cadre traditionnel, usé: liberté, progrès, égalité, humanité,  justice, honneur, réalisme, autonomie, évaluation , innovation, efficacité, prospérité, mobilité, capital humain, transition énergétique, fibre numérique, économie de l’excellence, nouvelle économie, clean- tech, finance verte, nouvelles protections, nouvelles sécurités,  goût de l’avenir, nouvelle démocratie, homme capable...

 [Les boucliers de son projet sont la laïcité, un bouclier de sécurité qui donnerait la visibilité sur cinq ans aux gendarmes et aux policiers et un bouclier social. Emmanuel Macron pense que le déremboursement des petits soins voulu par François Fillon est une erreur.]

Respectueux de sa famille, attaché à la langue française et à  la  littérature, qu’il connaît, il aime la France. « La France est aimée pour le rang qu’elle tient. La voix qu’elle porte. Pour sa culture, sa force, son peuple, sa langue, ses talents. Elle est elle-même, forte et fière, quand elle tient ce rang. Elle y est toujours prête. Il lui faut simplement reconstituer ses forces. Nous en sommes là...

Affronter la réalité du monde nous fera retrouver l’espérance...

Vouloir la France, c’est vouloir ses valeurs...

Si nous voulons avancer, faire réussir notre pays et construire une prospérité du XXIème siècle dans le droit fil de notre Histoire, il nous faut agir. Car la solution est en nous. Elle ne dépend pas d’une liste de propositions qui ne se feront pas. Elle ne saurait émerger de la construction de compromis bancals. Elle se fera grâce à des solutions différentes qui supposent une révolution démocratique profonde. Elle prendra du temps. Elle ne dépend que d’une chose : notre unité, notre courage, notre volonté commune »...

Emmanuel Macron, par sa formation, appartient à l’élite de la Nation, il le sait, sans appartenir au système ni à l’antisystème parce qu’il est libre et l’a prouvé. Son parcours relève de l’excellence : études de philosophie à Nanterre où il  rencontre le philosophe Paul Ricœur. « ... Aux côtés de Paul Ricœur, j’ai appris le siècle précédent et appris à penser l’Histoire. Il m’a enseigné la gravité avec laquelle on doit appréhender certains sujets et certains moments tragiques »...Il entre à l’ENA et y cumule des stages formateurs au service de l’Etat, à l’ambassade de France au Nigeria puis à la préfecture de l’Oise où il se lie à ceux qui resteront ses amis : Michel Jau, Henry Hermand*, Michel Rocard* (décédés). Bien noté à la fin de l’ENA, il peut choisir et opte pour l’inspection des finances. Il sillonne la France, pendant quatre ans et demi, pour apprendre à analyser, décortiquer les mécanismes multiples qui font la vie de l’Etat et de ses agents. Puis, pendant six mois, il devient rapporteur général adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française présidée par Jacques Attali. Il a pu s’ouvrir à de multiples sujets qu’il n’a ensuite jamais quittés. Puis, il choisit  de quitter le secteur public pour le secteur privé : il entre à la banque d’affaires Rothschild.

En 2012, librement, il quitte cette banque pour retrouver le service de l’Etat. IL devient Secrétaire général adjoint auprès de François Hollande, jusqu’en 2014, quand il décide de partir. Plus tard, rappelé par François Hollande, il devient ministre   de l’Economie, de l’industrie et du numérique... « Après les attentats de l’automne 2015, la renonciation à une stratégie indispensable pour saisir les nouvelles opportunités économiques dans notre pays, l’absence de véritable volonté réformiste et d’une plus grande ambition européenne et le choix d’un débat stérile autour de la déchéance de nationalité- débat qui divisait le pays sans apporter de réponse à ce qui venait de se produire- me sont apparus comme des erreurs-voire parfois de véritables fautes politiques. Alors que la crise et la désespérance sociale nourrissaient l’extrémisme et la violence, au moment où nos voisins ont su trouver les solutions pour réduire durablement le chômage, le véritable état d’urgence à déclarer était à mes yeux économique et social. Je n’ai pas dissimulé ces désaccords... »

« ...C’est à mon pays seul que va mon allégeance, non à un parti, à une fonction ou à un homme. Je n’ai accepté les fonctions que j’ai eues que parce qu’elles me permettaient de servir mon pays. Je l’ai dit au premier jour et je n’ai pas varié ensuite. Lorsque les obstacles mis sur ma route, l’absence de renouvellement des idées et des hommes, le manque terrible d’imagination, l’engourdissement général, m’ont montré qu’aucune action  utile n’était plus possible, j’en ai tiré les conséquences en démissionnant. Ma conception de l’action publique, ce n’est ni celle de la gestion de carrière ni celle du ticket dans la file. C’est celle de l’engagement partagé fondé sur le service. Rien d’autre ne compte à mes yeux, et surtout pas les critiques, ou les calomnies de ceux dont la loyauté va, non à leur pays, mais à un système dont ils ont parfaitement compris tout ce que le fonctionnement pouvait leur assurer d’avantages et de prébendes... »

 

Parce que la réforme majeure est celle du système éducatif, il paraît nécessaire d’observer les propositions d’Emmanuel Macron dans le chapitre VIII : Eduquer nos enfants.

« L’Ecole est le combat premier...Car nous devons refuser tout ce qui conduit à l’assignation des Français à leurs différentes origines...Notre système éducatif maintient les inégalités, voire les accentue au lieu de les réduire... Les élèves manquent de confiance en eux et dans l’institution. Les parents sont anxieux. Surtout les enseignants se battent dans l’indifférence d’un système bureaucratique qui ne sait plus reconnaître ni leurs efforts ni leurs mérites...Commençons donc par l’objectif prioritaire d’une école maternelle et d’une école élémentaire plus performantes et plus justes... »

Emmanuel Macron propose un grand plan de réinvestissement concernant aussi les réseaux d’éducation prioritaire, le dédoublement des classes de CP, la formation et l’accompagnement des enseignants, l’investissement dans des personnels non-enseignants et l’amélioration de la médecine à l’école. Le financement se fera en revenant sur plusieurs des dernières réformes inutiles et coûteuses. Il développera la scolarisation précoce, utile pour tous et surtout pour les enfants des milieux défavorisés  afin d’enseigner davantage le vocabulaire et de parfaire l’acquisition du langage. Ce sont en effet les conditions de base reconnues pour apprendre à lire. Il veut désenclaver les quartiers afin de combattre le déterminisme social et scolaire, rétablir les classes bi-langues, réformer l’orientation avant et après le baccalauréat afin d’éradiquer l’actuel gâchis des 100 000 élèves qui quittent le système sans diplôme ni formation et des nombreux bacheliers égarés dans des formations universitaires inadaptées. L’enseignement professionnel, négligé, doit être développé et les entreprises appelées à participer aux formations. La gestion de ces filières serait transférée aux régions. Les défis de l’université ne sont pas minces. Le nombre d’étudiants s’accroit plus vite que les possibilités d’accueil, des millions d’emplois sont en train d’être transformés dans les usines, les banques et les assurances mais l’université ne saisit pas ces opportunités et le taux de chômage reste élevé.

D’autres correctifs au système sont explicités : le recours à l’e-learning  pour renforcer l’apprentissage de la lecture, par exemple.

« Dans ce contexte, si nous voulons réussir, nous devons leur donner davantage d’autonomie pédagogique et de moyens. Protéger les étudiants les plus modestes avec une véritable aide  sociale, permettre aux universités de faire contribuer les étudiants les plus aisés, avoir les moyens d’attirer les meilleurs enseignants, d’ouvrir les bibliothèques universitaires en soirée et en fin de semaine...Comment y parvenir ? Grâce aux enseignants ! »

Emmanuel Macron veut sortir de la rigidité administrative, celle des règles des mutations, des textes réglementaires dont les circulaires qui maintiennent un fonctionnement lourd  et inefficace du système. Il faut développer l’autonomie des écoles, des équipes, des établissements  pour contrer un mode de fonctionnement paralysant et donc faire évaluer ces nouveaux modes de fonctionnement  par une instance  d’évaluation indépendante et puissante. Des équipes pourraient se regrouper et même s’engager dans la création d’écoles, de collèges, de lycées radicalement nouveaux.

« Alors oui, la Révolution de l’Ecole est possible parce que nous la ferons  avec eux. »

Les faiblesses majeures du système éducatif sont parfaitement connues par Emmanuel Macron qui s’engage à y remédier, ce que n’ont pas fait ses prédécesseurs.

Dans un autre chapitre, Emmanuel Macron écrit : « J’ai conscience que cette refonte de l’organisation de l’Etat viendra heurter des habitudes »...Cela vaut aussi pour le système éducatif.

De nombreuses transformations et particulièrement la transformation des institutions européennes rencontreront certainement de très fortes oppositions. Il lui faudra être pédagogue. 

« Les révolutions numérique, écologique, technologique, industrielle qui se profilent, sont considérables. La France doit y prendre part. Elle ne doit pas laisser l’écart se creuser avec les Etats-Unis ou, plus encore, avec la Chine, ce pays-continent qui démontre, chaque jour un peu plus, sa puissance. Nous n’y parviendrons  qu’à deux conditions : relancer l’Europe, notre chance dans la mondialisation, et retrouver la confiance en nous-mêmes, l’énergie qui nous manque depuis tant d’années, mais que je sais présente dans le peuple français. Pour cela, chacun en France, doit, de nouveau, avoir sa place. Pour mener ce combat, la responsabilité du président de la République est immense. Un président n’est pas seulement investi d’une action. Il porte aussi, de manière moins visible, tout ce qui dans l’Etat transcende la politique : les valeurs de notre pays, la continuité de son histoire, et, de manière cachée, la vigueur et la dignité d’une vie publique.

J’y suis prêt... »

Emmanuel Macron ne nous propose pas des rêves mais de possibles réalités inattendues, surprenantes, motivantes : un renouveau du « politique », un lien fraternel sincère entre un sujet d’élite et le peuple : enfin !

Le programme d’Emmanuel Macron sera analysé avec une  concentration exceptionnelle. Le peuple ne veut plus être trahi par ses représentants.

Annie Keszey.