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14 décembre 2015

Remèdes politiques: après le 13/12/2015.

Si l’on refuse de choisir, lors de l’élection présidentielle de 2017, entre les trois candidats François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, alors il faut SAVOIR puis AGIR.

Dans ce but, les meilleures idées actuelles et à venir sont à diffuser.

Préalable : « Hollande, Sarkozy, qu’ils ne se représentent pas », par la rédaction de Marianne.

1. Un candidat pour un nouveau monde : Alain Juppé.

2. A suivre... (ultérieurement « La nouvelle société du coût marginal zéro » de Jeremy Rifkin)

Préalable.

Quarante ans, ça suffit ! Depuis quarante ans, l’un et l’autre (Hollande et Sarkozy) œuvrent dans les coulisses, d’abord comme seconds couteaux, avant d’occuper les premiers rôles de la vie politique...Nous avons tous été assommés des photos du très jeune Sarkozy auprès de Chirac et du très jeune Hollande auprès de Mitterrand. Ils ont posé ensemble dans Paris Match pour défendre de concert le traité européen de 2005. Ils ont mené carrière, conquis le sommet de l’Etat, assouvi leur suprême ambition en gagnant l’Elysée. Personne ne peut le leur reprocher. Ils ne se ressemblent pas mais partagent cette obsession de la politique comme objectif unique. Pour quoi faire ? L’un et l’autre ont montré plus d’efficacité dans la conquête du pouvoir que dans la conduite de l’Etat. L’un et l’autre donnent l’impression de gouverner au doigt mouillé, sans conviction, sans ligne directrice. Et cela, on peut le leur reprocher. A force d’aller où le vent les porte, ils se sont usés prématurément. Ils ont une petite soixantaine, un quinquennat chacun et semblent déjà si vieux. Du coup, Marine Le Pen et ses acolytes représentent une certaine « fraîcheur » dans la vie politique. La fille du vieux chef donne l’image d’une self-made woman qui aurait conquis ses victoires à la seule force de son poignet. Peu importe que l’histoire soit autre. C’est la « vieillesse » des autres qui lui permet d’écrire ainsi son propre roman. La question n’est pas l’âge du capitaine, mais son usure et le nombre de récifs qu’il n’a su éviter...Donc Hollande- Sarkozy, la revanche...surtout pas. Ce serait un boulevard offert à Marine Le Pen. Et puisqu’ils prétendent tous les deux se battre contre elle, qu’ils passent la main, ce sera la meilleure manière d’empêcher qu’elle ne s’empare de l’Elysée. C.D.

1. Vers un nouveau monde. Mes chemins pour l’école. L’éducation est la mère des réformes. Alain Juppé. JC Lattès. 305 pages.

Alain Juppé, ancien professeur, ancien ministre, maire de Bordeaux, affilié au parti « Les Républicains » est candidat à l’élection présidentielle de 2017. Dans ce but, il a engagé une réflexion sur les réformes prioritaires vers un nouveau monde.

« Apaiser, rassembler et réformer. Le changement ne se décrète pas, il se prépare et ne peut se réaliser que s’il est porté par le plus grand nombre. La réforme de l’école porte toutes les réformes.»

Oui, la réforme de l’école est la plus urgente. Les propositions de la ministre de l’Education nationale, Najat vallaud-Belkacem, ne redresseront pas le système éducatif : elles sont sans professionnalisme. Alain Juppé a pratiqué la démocratie participative afin de recueillir de très nombreuses participations de professeurs, de parents d’élèves, de chercheurs, de spécialistes de l’éducation dont Alain Bentolila, linguiste, le docteur Boris Cyrulnic et Yves Quéré, membre de l’Institut. Leurs interventions composent la moitié du livre et sont suivies d’une interview d’Alain Juppé par Jérôme Saltet novateur en instruction et éducation. En fin de livre des chapitres courts explorent divers points : les dépenses pour l’éducation en France et dans le monde, les résultats de l’enquête PISA, la rémunération des enseignants, la notation des élèves, les inégalités croissantes...

Alain Juppé n’a pas terminé ses consultations : il souhaite rencontrer des élèves, des membres divers de l’Institution, des directeurs, des principaux...

C’est pourtant, à ce stade, un travail rare, remarquable, au-dessus des clivages politiques. Alain Juppé connaît le système éducatif en profondeur. Ses propositions de réformes, précises, exigeantes, portent sur l’essentiel. Il connaît les forces et les faiblesses du système éducatif et mesure la difficulté de son adaptation progressive pour redevenir performant et plus juste. Le bon sens, introuvable jusqu’alors, prévaut dans ses objectifs évaluables.

Les principales orientations.

Deux priorités nationales.

  1. Assurer à tous les jeunes Français (100%) une maîtrise complète de la langue française et du socle commun des savoirs fondamentaux à la fin du collège. Un jeune sur cinq ne maîtrise pas ce que l’on appelle communément les fondamentaux, aujourd’hui rassemblés dans le socle commun de connaissances et de compétences. Je fais du combat pour la maîtrise de la langue française LA priorité numéro un de mon action future.
  2. Assurer à tous (100%) une véritable qualification à la sortie du système éducatif. 150 000 jeunes sortent chaque année sans aucun diplôme. En 2017, nous aurons « produit » 2,5 millions de citoyens peu ou pas qualifiés, dans l’incapacité ou presque de trouver un emploi, de s’insérer, de vivre tout simplement.

Un objectif général.

         Faire remonter la France de 10 places dans chacun des volets du classement international PISA.

Cinq axes majeurs pour y parvenir (à budget constant pour le ministère de l’Education nationale, par redéploiement de moyens).      

    1. Accroître substantiellement l’effort sur les classes de maternelle et de CP.

Alain Juppé reprend la demande ancienne de Bentolila d’accroître considérablement les acquisitions de vocabulaire, de pratiquer, dès la crèche, des séances de conversation dans une langue soutenue, de réduire les effectifs, de travailler aussi en petits groupes. La formation des enseignants doit porter sur la spécificité des apprentissages, particulièrement linguistiques, en maternelle...

   2.Revaloriser le statut d’enseignant.

Les salaires des enseignants du second degré doivent se rapprocher de ceux de l’OCDE, par une augmentation de 10%. Alain Juppé reconnaît la nécessité de la pédagogie : il faut donc accroître aussi, dans la formation initiale des enseignants, la connaissance des processus d’apprentissage, une meilleure connaissance des neurosciences cognitives et permettre la possibilité de reconversion dans d’autres carrières pour les professeurs qui le souhaitent.

    3.Donner de nouvelles responsabilités aux équipes pédagogiques.

Pour les collèges c’est une évolution majeure. Elle envisage une modification de la direction des établissements, plus collégiale. C’est un Conseil éducatif d’établissement travaillant en équipe sous la direction d’un directeur principal qui dirigerait l’établissement et gérerait les moyens. Une plus grande autonomie de répartition des moyens de la dotation horaire globale permettrait d’assouplir les structures et les pratiques de chaque établissement en fonction de son projet. Les professeurs seraient appelés à exercer diverses responsabilités : coordonnateur, responsable de l’orientation, responsable des partenariats...Des regroupements d’établissements pourraient se faire, fondés sur des projets...

   4.Une évaluation indépendante, régulière et performante.

L’évaluation est, pour Alain Juppé, l’indispensable corollaire de la responsabilisation des équipes pédagogiques. Evaluer a pour but essentiel le repérage permanent des élèves « décrocheurs » afin d’y remédier sans tarder et à tous les niveaux, par des séances personnalisées, intensives, de remise à niveaux. Une Agence nationale de l’évaluation, de l’innovation et de la performance scolaire, indépendante, serait chargée du repérage des bonnes pratiques en France et à l’étranger, de favoriser des méthodes d’évaluation efficaces et d’évaluer la progression des établissements, en concertation...

  5. L’orientation et l’apprentissage au service de la qualification et de l’emploi.

Rapprocher les CFA et les lycées professionnels. Confier les lycées professionnels et les CFA aux régions. Améliorer le suivi et l’orientation des élèves, mieux les informer. Adapter les formations aux besoins. Réduire le coût de l’apprentissage pour les entreprises... 

Bien sûr, ces 3 pages ne peuvent résumer les 305 pages denses d’Alain Juppé. Cet essai n’a d’autre but que de nous engager tous à répondre à la question posée : Quelle école voulons-nous ?

http://www.al1jup.com

Après 44 ans dans l’Education nationale, je me permets de dire à Alain Juppé que la notion essentielle d’équipes éducatives doit être concrétisée. Il n’y a pas d’équipes de travail dans les collèges : il faut définir des lieux de réunions, des horaires inscrits dans l’emploi du temps général, leur insertion dans un statut professoral qui les ignore. Cette mutation ne peut être laissée au hasard.Des « détails » pléthoriques doivent être pensés parce que leurs incidences sont graves. Les professeurs des écoles apprennent-ils à leurs élèves à apprendre leurs leçons et selon quelle méthode ? Aucune ? Des professeurs font encore des contrôles- surprises ou des contrôles portant sur des cours inexistants ! Des professeurs se plaignent en conseils de classes des élèves bavards alors que l’ordre scolaire relève de leur responsabilité. L’autorité s’apprend mais n’est pas encore enseignée dans les centres de formation. Les professeurs se sentent-ils partiellement responsables des « mauvaises notes » qu’ils attribuent à certains élèves, pour rechercher une plus grande efficacité? 20% d’entre eux ?

Les résultats de la démarche d’Alain Juppé sont exceptionnels, il faut poursuivre.

Annie Keszey.

http://www.atelier-idees.org          http://www.rupture-et-metamorphose.org

http://www.notreputeaux.com

15 août 2015

DIX PROPOSITIONS PERTINENTES POUR RECONSTRUIRE L'ECOLE.

 

Jacques Julliard. 

 

La réforme socialiste du collège de Najat Vallaud-Belkacem est une erreur grave due à une totale méconnaissance de l’histoire du système éducatif, de son fonctionnement et de ses évaluations.

Jacques Julliard propose dix propositions fondées sur une sérieuse expérience.

 

  1. Raser la rue de Grenelle.

Il l’avait déjà écrit. «... Les ministres de la rue de Grenelle ne sont pour la plupart que des prête-noms, des faire-valoir, des fusils à un coup, des fusibles condamnés à calmer les colères des acteurs... Je propose donc la suppression au moins provisoire, du ministère, et son remplacement par un haut-commissariat à l’Education, nommé pour cinq ans, rattaché directement au Premier ministre, et choisi parmi les plus hautes personnalités intellectuelles du pays, en dehors de tout dosage politicien...

 

  1. Faire le bilan de L’Education nationale aujourd’hui.

 

... Oui comme on nous dit, « un audit ». Examiner ce qui marche – il y a tout de même des choses qui marchent dans le système – et celles qui ne marchent pas...

Le but premier de l’Education est d’éduquer...

L’audit devrait également faire ressortir la persévérance dans l’erreur qui est le malaise profond de notre école...

Il va sans dire qu’un tel audit devrait être mené par des personnalités indépendantes, appartenant à toutes les familles politiques, en dehors de tous les corps constitués et groupes de pression qui vibrionnent sans cesse autour de l’Education nationale.

 

  1. Remettre l’enseignement primaire sur ses pieds....

Les deux plaies béantes du système éducatif se situent en deçà et au-delà du collège. 20% des élèves (et sans doute davantage) ne savent pas lire, 58.5% des bacheliers échouent en première année d’université...

Il faut ramener l’enseignement primaire à sa fonction primaire...

 

  1. Réhabiliter la mémoire.

 

... La culture, c’est le savoir que l’on a assimilé. La pensée c’est la restitution des savoirs assimilés... Voilà pourquoi, il faut, à tout âge, exercer sa mémoire par l’apprentissage des mots, des nombres, des poèmes, des dates...

Car restaurer la mémoire, la littérature et l’autorité du maître c’est une seule et même chose.

 

  1. Lutter contre le consumérisme scolaire.

 

... On doit veiller à ce que l’immixtion permanente des parents d’élèves dans l’école, par angoisse éducative, ne détruise ce qui est au fondement de l’acte éducatif... Au sein de la relation éducative les parents doivent avoir toute leur place dans sa dimension sociale mais pas dans la dimension cognitive...

 

  1. Recruter de grands chefs d’établissement.

 

...Tous les praticiens de l’éducation savent que la tenue des établissements, le respect de l’ordre, la réussite des élèves dépendent pour une part insoupçonnée des qualités des chefs.

 

  1. Supprimer le bac.

 

... Près de 92% des lycéens l’obtiennent. Pour éliminer 8% des demi-illettrés, quelle mobilisation ! Plus d’un mois retranché de l’année scolaire, un coût financier considérable... Dans l’académie de Versailles, les examinateurs qui seraient considérés comme trop sévères avaient été prévenus qu’ils engageaient leur responsabilité personnelle et qu’ils encouraient des sanctions... Le bac est le grand responsable de la foire du premier cycle universitaire... Pourquoi François Hollande ne liquiderait-il pas le bac au milieu des murmures probables de la gauche ?

 

  1. Réformer le premier cycle de l’enseignement supérieur.

 

... L’organisation de la scolarité dans les facultés est déplorable. Les étudiants sont livrés à eux-mêmes dans un no man’s land inorganisé où règnent de véritables friches universitaires... C’est dire qu’il ne faut pas supprimer les prépas, mais au contraire donner aux étudiants du premier cycle un encadrement et des conditions de travail comparables...

 

  1. Briser l’apartheid des générations.

 

... Proclamer le droit pour chacun à étudier selon ses besoins et à enseigner selon ses capacités est le principal moyen dont nous disposons pour abolir progressivement la division sociale du travail, qui est le fondement dernier de la domination du capitalisme sur les individus... C’est à l’incapacité des socialistes à imaginer à l’école des positions en rupture avec la logique productiviste que l’on mesure sa soumission intellectuelle inconsciente à l’ordre capitaliste...

 

  1. Faire ratifier par référendum un nouveau pacte éducatif.

 

...Les réformes qui se sont succédé depuis un demi-siècle n’ont rien résolu. Il faut donc que le peuple français intervienne en majesté et apporte à l’esprit nouveau le poids de sa souveraineté. Que le Parlement en délibère ; que les diverses familles intellectuelles soient consultées ; que les principes d’une nouvelle orientation soient définis ensemble et que le peuple apporte sa ratification par référendum...

Pour demeurer « une âme, un principe spirituel « (Renan), la France a besoin de son école. D’une école fière d’elle-même. C’est sa dernière chance. Pour n’avoir pas compris cela, pour avoir persévéré dans un bricolage dérisoire à tonalité technocratique et pédagogisante, la gauche a perdu l’estime de son peuple... Croyez-vous vraiment, François Hollande, Manuel Valls, Najat Vallaud- Belkacem que ce que vous proposez aujourd’hui à la jeunesse est à la hauteur de ce qu’elle attend de vous ? Que c’est une réponse à l’immense détresse intellectuelle et spirituelle qui s’est emparée depuis quelque temps du pays ?...

... Toutes les composantes de ce pays doivent collaborer ensemble à la renaissance de notre école...

Alors, agissons ensemble... »

Le texte complet de ces propositions se trouve dans le numéro spécial de l’hebdomadaire Marianne, numéro 949, du 26 juin au 2 juillet 2015.

 

Annie Keszey

 

12 mai 2015

UNE " DEDAIGNEUSE INGENUE"; Madame Najat Vallaud-Belkacem.

  La faiblesse générale et le danger de la réforme de la ministre de l’Education Nationale.

L’égalité des chances, l’accroissement des pratiques informatiques, le soutien en groupes réduits, le développement de l’autonomie et du travail en équipe, l’acquisition de méthodes sont des intentions théoriques trentenaires, non réalisées et répétées donc une fois de plus. La lutte subjective et affective contre l’ennui scolaire se substitue à une volonté forte d’éradiquer l’échec scolaire et les dizaines de milliers d’exclusions annuelles d’élèves non diplômés. Le courage personnel durable de l’élève, le travail intense, la rigueur, l’exigence, l’excellence, l’autorité de l’école, sont des termes introuvables ou timidement utilisés dans la réforme !

 

La réforme est inutilement globale : elle pouvait s’attaquer aux difficultés et maintenir les réussites.

 

Les oppositions sont farouches. L’UMP dont Bruno le Maire, François Fillon, Gérard Larcher et Henri Guaino, l’UDI, le MoDem de François Bayrou, le PS dont Julien Dray, Jean- Marc Ayrault, Jack Lang, Gérard Collomb, Florian Philippot du FN, des intellectuels divers (étrangement qualifiés de « pseudo-intellectuels » par la ministre) tels que Marc Fumaroli, Jacques Julliard, Régis Debré (contre une école Nutella), Pierre Nora, Jean-Claude Michéa, Luc Ferry, Michel Onfray, Frédéric Lazorthes**, Patrick Hetzel (ancien recteur), Alain Finkielkraut, Jean-Pierre Azéma, des journalistes spécialisés,  les syndicats SNALC et SNES..., après des analyses sérieuses consultables sur le web, se prononcent pour la révision ou l’abandon de cette réforme. Jean d’Ormesson*, dans Le Figaro des 9 et 10 mai, s’oppose, lui aussi, fermement, à l’affaiblissement des enseignements du latin et du grec, ces racines de notre langue, à la condamnation à l’oubli des humanités, pan immense de notre littérature. Il reprend les principales inquiétudes déjà émises dans les medias et juge la ministre avec une grande sévérité : il souligne ses rêveries meurtrières et écrit qu’elle est pour la littérature et la culture de ce pays un Terminator de charme, une sirène séduisante dont il faut s’éloigner au plus vite, une espèce d’Attila souriante derrière qui les vertes prairies de la mémoire historique ne repousseraient plus jamais...

 

Ces critiques ne relèvent pas d’un combat classique entre droite et gauche, anciens et modernes ou conservateurs et pédagogues : elles sont peu partisanes. (Celle de Szyja Waldman sur les nouveaux programmes d’Histoire recense les évènements mis à la poubelle, mais elle brouille son étude par l’étalement d’une idéologie simpliste).

 

La réforme porte atteinte à notre langue, notre littérature, notre histoire, notre culture. Son évaluation scientifique n’est pas prévue.

 

Le Conseil supérieur des programmes, Conseil stratosphérique, s’exprime dans un jargon, un charabia, une novlangue technocratique, d’un snobisme inadapté : un ballon est un référentiel bondissant*...On n’apprend plus une langue étrangère, on se familiarise avec des mobilités virtuelles, on se prépare à des mobilités physiques... 

 

Quarante- quatre ans au service de l’Education Nationale autorisent à qualifier cette réforme d’IMPOSTURE (involontaire peut- être) particulièrement quand elle introduit, sans professionnalisme, de l’interdisciplinarité.

 

La maîtrise des disciplines du socle commun des connaissances, contrôlée par des objectifs clairs, évalués, doit précéder toute interdisciplinarité chaotique. (Des objectifs simples, en toutes disciplines, à la formulation affinée en permanence, tel que « avoir acquis les connaissances prévues de l’orthographe et de la grammaire du français, à la fin de chaque classe », évaluant à la fois les compétences des élèves et celles des professeurs, évitent les dérives prétentieuses.) 

 

Le texte réformateur accessible sur le site du ministère, s’appuie essentiellement sur les équipes de professeurs. « Les professeurs définiront en équipe les contenus de l’interdisciplinarité...La confiance dans la capacité des équipes pédagogiques et éducatives à définir les réponses aux besoins de leurs élèves est une des clés de la réussite de cette réforme... »

 

Oui, mais, dans les collèges, les équipes de professeurs n’existent pas.

 

Les professeurs ne se réunissent officiellement que le jour de la pré-rentrée et pour les conseils de classe trimestriels. Ils ne travaillent pas  en groupes.

 

Leur statut actuel est fait pour un enseignement vertical solitaire et un cloisonnement disciplinaire. Un changement du statut professoral et de la formation des professeurs doit impérativement précéder la mise en place de l’interdisciplinarité afin de ne pas enclencher un désordre institutionnel. Ce n’est pas envisagé.

 

Ces projets interdisciplinaires, en équipes d’élèves, existent déjà en lycée : c’est une épreuve de baccalauréat. Or, aucune évaluation de cette pratique, très complexe, n’a été faite et nul ne sait si cette manière indéterminée de travailler agit contre l’échec scolaire, ce qui est un présupposé de la réforme des collèges.

 

Pour travailler l’interdisciplinarité avec leurs élèves, l’horaire hebdomadaire des professeurs doit contenir une heure payée, au moins, de travail pédagogique en équipes pluridisciplinaires. Il n’est plus question de maintenir le seul statut de 18 heures de cours hebdomadaires, mais de passer à 17 h+1 h ou à 18 h + 1h supplémentaire. Les professeurs, de plus, accepteraient de doubler cette heure sans élèves, pour se rencontrer pendant ce temps minimal nécessaire. Les heures hebdomadaires des équipes et les salles mises à disposition (salles à trouver) seraient évidemment inscrites dans l’emploi du temps général de rentrée.

 

Cette modification statutaire a existé, mais rarement, dans le passé : au collège audiovisuel expérimental de Marly-le-Roi, les professeurs créaient, en équipe, pendant 6 h hebdomadaires sans élèves dont 3 h payées,  des cours transmis par les téléviseurs des classes. Au collège ordinaire de Chambourcy, les équipes disciplinaires organisaient des cours, des progressions et des contrôles communs pour l’ensemble des classes de chaque niveau, 2 h par semaine dont 1 seule heure payée, sur les moyens ordinaires.

 

Les professeurs doivent disposer de ce temps pour apprendre aussi les contenus, les méthodes des sujets interdisciplinaires et vérifier l’existence des ouvrages d’information dans les CDI, avant leurs élèves, afin de les guider avec sûreté dans leurs recherches, vers un but défini. La connaissance de la dynamique des groupes devient aussi nécessaire afin de donner aux adultes les compétences nécessaires à la régulation du travail en équipe des élèves.

 

Les situations de travail autonome ne sont pas un système D, surtout quand il s’agit d’utiliser à la fois les livres et les supports informatisés de connaissances. Il est regrettable de s’engager dans ces nouvelles pratiques, mangeuses de temps, sans disposer encore d’ouvrages théoriques approfondis exposant l’ensemble des méthodes à acquérir et leurs interférences : techniques de  la prise de notes sur papier (et sur écran d’ordinateur...), de la synthèse, du contournement du copier-coller, de l’analyse critique...

 

Il faut aussi beaucoup de temps aux professeurs pour gérer  « les groupes de besoins » cités dans la réforme. Le pédagogue Philippe Meirieu, en particulier, n’est pas obligatoirement connu des professeurs et les principaux- adjoints ne sont sans doute pas accoutumés à  situer ces cours positifs  dans les nouveaux emplois du temps généraux, très contraignants. Il faut, par exemple, aligner les horaires des classes aux professeurs différents, pour une même discipline et sur un même niveau afin de rendre possible la souplesse de construction de ces groupes de besoins. 

 

François Hollande, pour soutenir la ministre qui lui permet d’ajouter à son bilan une promesse tenue, dans une perspective électorale, évacue les critiques, ce « concert des immobiles ».

 

Or, il serait irresponsable, pour les générations futures,  que les citoyens, républicains, attachés aux valeurs fondatrices, acceptent une progression dans un tel bric à brac de propositions brouillonnes**. 

 

Constituez un groupe de soutien autour de vous, Madame la Ministre, anticipez les conséquences de vos propositions et visez, avec rigueur, l’Excellence pour tous.

 

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

 

 

09 septembre 2014

LETTRE A LA MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE.

 Madame Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale. 

Madame la ministre, ne parlez pas pour ne rien dire sur certains sujets permanents, au cœur du système éducatif, comme l’ont fait vos nombreux prédécesseurs pendant un demi-siècle, au moins.  

Le journal Le Monde du 2/09/2014 publie un entretien avec vous dans lequel vous dîtes en particulier «… Je souhaite à chaque enseignant de se retrouver dans une équipe harmonieuse au sein de laquelle pourra être mené un vrai travail collectif que je crois essentiel à la qualité de l’enseignement. Les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, les ESPE sont d’ailleurs un bon outil pour cela, outil que nous allons encore perfectionner… » 

 

Or, il n’y aucun travail d’équipe au sein de la quasi-totalité des collèges publics. 

 

Les professeurs se réunissent officiellement quatre fois par an : le jour de la pré-rentrée pour l’organisation générale et lors des conseils de classe de chacun des trois  trimestres pour évaluer les élèves. 

Le travail en équipe, officiel, supposerait des locaux adaptés, une planification des séances de travail disciplinaires ou pluridisciplinaires dans les emplois du temps  de chaque année et un transfert interne de moyens financiers. Ces conditions sont inexistantes. 

 

En 1966, l’Institut pédagogique national avait créé un statut commun spécial pour les enseignants du nouveau collège expérimental audiovisuel de Marly-Le-Roi, dans les Yvelines, indépendamment de la diversité de leurs titres. Ils enseignaient pendant quinze heures  et travaillaient trois heures obligatoires, en équipe, chaque semaine. La diminution des heures de cours (sauf pour les rares agrégés) évitait le refus du travail d’équipe par les professeurs, de plus volontaires pour l’expérience.

Chacun des six bâtiments en forme de trèfles, réunis par des galeries couvertes, contenait trois salles de classe donnant sur un forum de réunion. Deux téléviseurs équipaient chaque classe. Un bâtiment central, relié aux autres bâtiments, contenait un studio intégré, en circuit fermé, de réalisation d’émissions pédagogiques audiovisuelles, une cantine moderne en libre-service, divers bureaux, des salles de cours spécialisées et un nombre suffisant de salles, pour les réunions de professeurs, équipées chacune d’un téléviseur et d’une imprimante. Les classes hétérogènes de chaque niveau étaient alignées pour la plupart des disciplines et recevaient  la  même progression à partir des mêmes cours établis collectivement par les professeurs. Les contrôles, identiques, étaient faits en même temps et des groupes homogènes, selon les résultats, pouvaient fonctionner temporairement : groupes de soutien ou d’extensions. Après les cours, les professeurs critiquaient ensemble leurs supports, leur pédagogie et  préparaient les documents, améliorés, pour l’année suivante. 

Ce collège, aux locaux neufs, a été rapidement désaffecté, en 1980, puis a brûlé; Une opération immobilière lucrative l’a remplacé… Un autre collège public, sans travail d’équipe, a été construit sur un terrain parallèle. Les archives de ces nombreux travaux pédagogiques concertés restent introuvables !

 

Dans les années 1990/2000, le principal du collège ordinaire de Chambourcy, dans les Yvelines, a prévu, dans l’emploi du temps, des réunions hebdomadaires possibles d’une heure pour les professeurs de chaque discipline et de chaque niveau.  Cette heure-là ne devait en aucun cas  « détériorer » les emplois du temps individuels. Afin de convaincre les professeurs, traditionnels, de renoncer à leur liberté pédagogique, une compensation financière, même symbolique, leur a été attribuée : une demi-heure payée pour une heure de travail. Ce temps était « pris » sur la dotation horaire globale, ce qui n’était absolument pas prévu par l’institution. Le principal avait informé de son initiative le ministre de l’Education nationale de l’époque: il n’est pas intervenu. Le principal suivant a mis fin au travail en équipe, il est vrai que sa prévision, complexe, dans l’emploi du temps, allonge le temps passé pour celui qui le construit, diminuant d’autant les vacances de ce fonctionnaire-cadre, le principal d’ailleurs dans ce collège sans adjoint.  

 

Madame la ministre, concrétisez le travail en équipe des enseignants. 

 

Et puis réglez définitivement les anomalies persistantes !

 

  • Contrôlez .l’application des directives sur le poids des cartables afin d’éviter les maux de dos.

  • Rappelez aux responsables la nécessité de respecter les règles de l’hygiène dans les toilettes des établissements scolaires afin d’éviter aux élèves diverses maladies connues.

  • Garantissez le temps scolaire. Ni Vincent Peillon, ni Benoît Hamon n’ont empêché la perte de cours, illégitime, dès la rentrée scolaire. Les principaux étalent cette rentrée, sans raison. De nombreuses classes de 4èmeet de 3ème n’ont commencé la classe que le mercredi  3/09 ! Supprimez le brevet. Il ne sert à rien.  De nombreux rapports sérieux de l’Education nationale le démontrent. Ainsi tous les élèves pourront-ils travailler jusqu’à la dernière heure de l’année scolaire!

     

    L’essentiel reste pour vous la lutte contre l’échec scolaire, mais concrètement réussie. Opposez-vous, par des décisions pertinentes, aux sorties massives d’élèves, sans diplômes, du système éducatif!

     

    Bien sûr, ce n’est pas « tout » !

     

    Hiérarchisez vos objectifs, au cœur du système à réformer et évaluez vos résultats : ce sera nouveau.

     

    Bon courage Madame la ministre.

    Annie Keszey.

 

06 septembre 2014

PUTEAUX. LES ENFANTS D'ABORD.

 

différenciation des sexes,égalité,rose,bleu,puteaux,madame ceccaldi-raynaudLa maire poursuit l’équipement des écoles en matériels pédagogiques informatiques  et vient d’attribuer deux robots, pour les filles et les garçons, dont l’usage ne pourra être évalué qu’ultérieurement.

Depuis plusieurs années, avant chaque rentrée scolaire, lors d’une cérémonie, la mairie offre un cartable et des fournitures scolaires aux élèves des écoles maternelles et élémentaires de la ville. C’est ainsi manifester un intérêt concret, spécifique, peu répandu, pour l’école. Ce don public, allocation locale, s’ajoute aux allocations étatiques de rentrée scolaire. Le poids du cartable qui doit être inférieur à 1 kilo, son coût, le nom du fabriquant, certainement français, ne sont pas publiés et un bilan de fin d’année sur l’état des cartables, peut-être réutilisables, le nombre d’usagers réels et l’utilité des fournitures scolaires choisies ne semble pas être fait

 

La ville de Montréal a  remplacé, depuis plusieurs années, le cartable par une tablette  individuelle. 

 

Pour cette rentrée 2014, Madame Ceccaldi-Raynaud a pris l’initiative d’utiliser ce cadeau pour répandre l’idéologie de différenciation des sexes : les cartables des garçons sont bleus et ceux des filles, roses.

 

Bleu-roi, rose « gnangnan » juge Justine. Les cartables des élèves de sa classe mixte sont exclusivement de couleurs sombres : noire, marine ou marron.

 

Des textes sur internet commentent ce nouveau choix : provocation absurde- bêtise- propagande aux frais du contribuable- différenciation des sexes qui revient à les hiérarchiser (Isabelle Clair du CNRS)- initiative du premier degré  pas très élaborée…

 

La couleur « jean, bleu-délavé », par exemple est une des couleurs « égalitaires » si l’on se fie  aux nombreux pantalons, shorts et blousons en jean, portés indifféremment par les garçons et les filles.

 

N’est-ce pas plutôt un abus de pouvoir de la maire ?

 

Ces deux couleurs ne sont pas un acte de commémoration d’une coutume médiévale disparue, mais la reprise partisane, volontaire ou involontaire (si les commandes sont anciennes)  du double conflit récent «Contre le mariage pour tous », rébellion qui combat l’extension des droits pour tous  et  « Contre L’ABCD de l’égalité », programme expérimental ambigu et imparfait mais caricaturé par les conservateurs.

 

La pensée autonome de chaque élève mineur est ainsi placée autoritairement sous contrainte politique puisque ce mineur est pressenti pour porter, sur le chemin de l’école, une publicité contraire à la volonté interne de l’Education nationale qui est de promouvoir l’égalité des sexes quant à la dignité et aux compétences. Ces mineurs n’ont pas encore les connaissances nécessaires à la compréhension du débat et sont ainsi « manipulés ».

C’est aussi un essai d’usurpation de l’autorité parentale, par recherche de connivences.

 

Aux fournitures scolaires la maire a ajouté des stéréotypes sexués, balourds : un livre pour créer des bijoux pour les filles et un livre pour apprendre à construire des robots, pour les garçons.

 

Les enseignants n’ont donc pas été consultés.

 

Souhaitons que Madame Ceccaldi-Raynaud, vêtue de rose, son fils tout en bleu, et les conseillers de la majorité, impliqués dans cet anachronisme, acceptent de participer à une conférence de formation, par exemple, sur « La révolution du don, le management repensé ».Le nouveau premier principe- demander- remplace l’ancien- ignorer ! Reconnaître ses erreurs, progresser pour servir l’intérêt général sont des pratiques indispensables à l’exercice de responsabilités au service de « la démocratie réelle ».

Le pourcentage de filles utilisatrices du cartable rose et  les jugements des associations de parents d’élèves seront à suivre ultérieurement…

 

Image jpeg.fr.freepik.com.

Annie Keszey.


 


 


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17 février 2014

LE LYCEE AGORA : UNE ACCABLANTE ABSURDITE.

Priorité de l’élection municipale de mars 2014.

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Dans Puteaux, ville opulente, le lycée AGORA est en situation d’échec massif et durable.

Ce lycée dépend de l’Education nationale, prioritairement, et de la Région.

D’après la dernière évaluation du ministère de l’Education nationale, le taux de réussite au baccalauréat 2011-2012 était de 63% pour un taux attendu de 77%. Le classement appuyé  sur  cette évaluation, proposé par Le Parisien et l’Etudiant, montrait que l’Agora était 51ème/ 51 dans le département, 446ème sur 463 dans la région et 2270ème sur 2297, en France.

Les attentes des élèves et des parents sont trahies.

De plus, ces résultats en fin de parcours, dans la ville, interpellent sur l’ensemble des résultats de la « colonne scolaire »,  depuis la base.

La séparation actuelle entre les divers responsables du système éducatif est d’une mystérieuse et inacceptable inefficacité.

 

 

Il est urgent d’instaurer un « mutualisme » financier entre l’Etat, la région, le département et la commune. Ces principaux responsables de l’instruction communale doivent travailler, régulièrement, en équipe, sur un objectif prioritaire, celui de la réussite scolaire pour tous, par un projet  pédagogique vertical, intelligent et contrôlé.

 

Madame la ministre de la Réussite éducative, monsieur le ministre de l’Education nationale, madame la ministre des Droits des femmes, messieurs les présidents de la Région et du Département, monsieur le proviseur, madame la maire, arrêtez la litanie volatile nationale de l’égalité des chances et œuvrez énergiquement pour sa réalisation, ici.

Annie Keszey.

www.notreputeaux.com

www.atelier-idees.org

L’évaluation complète du lycée Agora a été publiée antérieurement et se trouve toujours sur ces sites.

31 janvier 2014

L'EGAREMENT INCOMPREHENSIBLE DE VINCENT PEILLON.

Le premier devoir de l’école est d’instruire. L’Education nationale n’a pas l’efficacité attendue, à aucun niveau du système éducatif. En fin de cours préparatoire des élèves ne savent pas lire… 130 000 jeunes sortent chaque année du système sans diplôme…

Alors que le cours magistral, métier minimaliste du professeur, n’est plus adapté aux apprentissages d’un grand nombre d’élèves, les nouvelles formations d’enseignants n’ont toujours pas décrypté le contenu du nouveau métier attendu, depuis plus de 30 ans toutefois,  «  Apprendre à apprendre aux élèves. »

Dans cette situation d’urgence inacceptable, le ministre Vincent Peillon, pourtant agrégé de l’université, lance des expériences « gadgets », redoutables. Les " A B C D "  de  l’égalité, parcours proposés aux élèves et accompagnés de fiches pédagogiques pour les professeurs, sortent du cadre des compétences professorales. Le contenu est sans rigueur conceptuelle. Enseigner l’égalité hommes-femmes supposerait la connaissance de l’Histoire, d’ici et d’ailleurs du fait de la diversité française, de la génétique, de la biologie, des évolutions et des normes culturelles et cultuelles, de la psychologie, de la philosophie, de la sociologie et de l’état des opinions... Ce n’est évidemment pas le cas.

Le danger vient des incompétences, des incertitudes et des erreurs imparables de cette pratique en direction de jeunes influençables qui ne savent pas encore exercer leur esprit critique.

L’exemple de l’égalité concrète, donné par des adultes responsables, serait une action de moindre ambiguïté que les tentatives déstabilisantes pour sortir des enfants de tous les codes.

L’Assemblée nationale ne comporte que 27% de femmes, le Sénat, 23.5%. Qu’attend l’Etat ?

Dans l’Education nationale, du ministre aux recteurs, des inspecteurs aux chefs de division, en passant par les proviseurs des grands lycées, le nombre de femmes exerçant une fonction de direction est bien inférieur à celui des hommes. Qu'attend le ministre?

Dans le secteur privé, un cadre sur quatre seulement est une femme !

Des « A B C D » devraient s’inscrire dans les lieux professionnels et dans les formations continues des adultes.

Cette opposition aux « A B C D »  à l’école n’est évidemment pas un soutien aux trublions menteurs de l’extrême droite.

Annie Keszey.

09 septembre 2013

LE SUICIDE DE PIERRE JACQUE.

De Pierre JACQUE
A ma   famille, à mes proches
et  à   tous ceux que mon témoignage intéressera.
Je vous fais part de ma décision de ne pas faire la rentrée scolaire 2013. En effet le métier tel qu’il est devenu au moins dans ma spécialité ne m’est plus acceptable en conscience.
Pour éclairer ma décision je vous décris succinctement mon parcours personnel. Je suis devenu ingénieur en électronique en 1982 à l’âge de 24 ans. Ma formation initiale et surtout mon parcours professionnel m’ont amené à exercer dans la double compétence « hard » et « soft ». Le métier prenant et difficile m’a toujours convenu tant que j’avais le sentiment de faire œuvre utile et d’être légitime dans mon travail. Passé la quarantaine la sollicitation de plus en plus pressente d’évoluer vers des tâches d’encadrement et le sort réservé à mes ainés dans mon entreprise m’ont incité à changé d’activité.
En 1999 j’ai passé le concours du capet externe de génie électrique et j’ai enseigné en section SSI et STI électronique. Le choc pour moi fut brutal de constater la baisse de niveau des sections techniques en 18 ans passé dans l’industrie notamment pour la spécialité agent technique (niveau BTS ou DUT suivant les cas). Même si le niveau enseigné était bien bas de mon point de vue, ma compétence était au service des élèves et je me sentais à ma place. Une difficulté était quand même le référentiel applicable (le programme) datant des années 80, ambitieux pour l’époque et en total décalage avec le niveau réel des élèves des années 2000. Une réforme semblait souhaitable pour officialiser des objectifs réalistes et orientés en fonction des besoins du marché du travail.
Puis vint la réforme de 2010 mise en place par Luc Chatel et applicable à la rentrée 2011. Pour le coup, le terme réforme est faible pour décrire tous les changements mis en place dans une précipitation totale. L’enseignement des métiers est réduit à peu de choses dans le référentiel de 4 spécialités seulement qui constitue des « teintures » sur un tronc commun généraliste d’une section unique appelée STI2D qui rentre bizarrement en concurrence avec la section SSI. L’électronique disparait purement et simplement. En lieu et place il apparait la spécialité « Systèmes Informatiques et Numériques ». Cela ne me pose pas de problème personnel, je maitrise bien le domaine et je l’enseigne même plus volontiers que les classiques problèmes de courant de diode ou de montages amplificateurs. Je me pose quand même la question de la compétitivité de notre pays dans le domaine industriel avec un pareil abandon de compétence. La mise en place de la réforme est faite à la hussarde dans un état d’affolement que l’inspection a du mal à dissimuler.
Entre temps le gouvernement a changé sans que les objectifs soient infléchis le moins du monde ou qu’un moratoire soit décidé, ne serait-ce qu’à cause du coût astronomique de cette réforme. En effet il aura fallu réorganiser l’implantation de tous les ateliers de tous les lycées techniques de France, abattre des cloisons, en remonter d’autres à coté, refaire tous les faux plafonds, les peintures et renouveler les mobiliers. Ceci est fait à l’échelle du pays sans que la réforme ait été testée préalablement dans une académie pilote. Début 2011, l’inspection nous convoque en séminaire pour nous expliquer le sens et les modalités de la réforme ; il apparait la volonté de supprimer toute activité de type cours ce qui est la radicalisation d’une tendance déjà bien marquée. On nous assène en insistant bien que l’élève est acteur de son propre savoir, qu’il en est le moteur. Pour les spécialités, donc la mienne SIN entre autre, cela signifie qu’une partie conséquente de l’activité sera de type projet.
A l’époque les chiffres restent vagues, il est question de 50% du temps au moins. La nature des projets, la façon de les conduire, la façon de les évaluer ne sont pas évoquées et les questions que posent les enseignants à ce sujet restent sans réponses, nous serons mis au courant après la rentrée de septembre. En attendant l’inspection nous fait entièrement confiance pour continuer comme d’habitude. Je fais remarquer qu’il ne faudra pas tarder car nous préparons les élèves au bac en deux ans et que la connaissance des modalités d’examens est incontournable rapidement après la rentrée pour un travail efficace, c’est-à-dire sans perte de temps. Lors de la réunion suivante, après la rentrée 2011, l’inspecteur répond un peu agacé à la même question « que notre travail c’est d’enseigner et que l’évaluation verra après » (sic). En attendant le travail devant élève est commencé et moi et mes collègues travaillons à l’estime. Le manque de matériel se fait cruellement sentir dans mon lycée, les travaux nécessaires ne seront faits qu’à l’été 2012. Lors d’une réunion aux alentours de février il nous est demandé pour la prochaine réunion d’exposer l’état d’avancement de la réforme et si possible les projets envisagés ou mieux déjà mis en œuvre.
A ce moment je viens juste de recevoir un premier lot de matériel et je ne dispose du logiciel correspondant que depuis novembre. La pression amicale mais réelle pour commencer les projets va aller augmentant. J’ai un groupe de 16 élèves et un autre de 15 dans une salle qui est déjà trop étroite pour recevoir proprement 14 élèves en travaux pratiques et avec un matériel réduit qui ne me permets qu’un choix très restreint de sujets. La phase passée en projet sera cauchemardesque pour l’enseignant et la fraction d’élèves sérieux. Le dernier mois de cette année de première sera passé en activités plus classiques.
A la rentrée 2012 les élèves sont maintenant en terminale, j’ai les tables de travail prévues dans une salle provisoire de 80 m2 au lieu des 140 m2 prévus. Il est difficile de bouger, le travail en travaux pratiques reste possible et je couvre ainsi la partie communication réseau de référentiel au moyen d’un logiciel de simulation. Je ne dispose pas du matériel support. On me bricole une salle de 150 m2 à partir de deux salles de cours séparées par un couloir et j’attaque les projets dans ces conditions. Le couloir sera abattu aux vacances de février.
Pendant ce temps nous avons appris que la note du bac porterait uniquement sur le projet final est que la note serait constituée de deux parties égales, une attribuée par un jury en fin d’année suite à une soutenance orale avec support informatique, l’autre attribuée par l’enseignant de l’année au vu du travail fourni par les élèves. Les critères d’évaluation portent principalement sur la gestion de projet et la démarche de développement durable. Il est explicitement exclu de juger les élèves sur les performances et la réussite du projet. Ceci appelle deux remarques. La première est que les critères sont inadaptés, les élèves sont incapables de concevoir et même de gérer un projet par eux-mêmes. De plus la démarche de développement durable est une plaisanterie en spécialité SIN où l’obsolescence programmée est la règle.
Comment note-t-on alors les élèves ? A l’estime, en fonction de critères autres, l’inspection le sait mais ne veut surtout pas que la chose soit dite. Du coup cette note relève « du grand n’importe quoi » et ne respecte aucune règle d’équité. Elle est attribuée par un enseignant seul qui connait ces élèves depuis au moins un an et compte coefficient 6 ce qui écrase les autres matières. Cela viole l’esprit du baccalauréat dans les grandes largeurs. Je considère que ceci est une infamie et je me refuse à recommencer. L’ensemble du corps inspectoral est criminel ou lâche ou les deux d’avoir laissé faire une chose pareille. Cette mécanique est conçue dans une idée de concurrence entre les enseignants mais aussi entre les établissements pour créer une dynamique de très bonnes notes à l’examen y compris et surtout si elles n’ont aucun sens. Vous avez l’explication des excellents résultats du cru 2013 du baccalauréat au moins pour la filière technologique. Cela fait plus d’un an que je me plains à mon syndicat de cet état de fait. Pas un seul compte-rendu ni localement sur Marseille ni à un plus haut niveau n’en fait mention. Je suis tout seul à avoir des problèmes de conscience. Ou alors le syndicat est activement complice de l’état de fait, le responsable local me dis : « mais non Pierre tu n’es pas tout seul ». En attendant je ne vois aucune réaction et ce chez aucun syndicat. Que penser ? Soit nous sommes muselés, soit je suis le dernier idiot dans son coin. De toute façon je n’accepte pas cette situation. Je pense au niveau toujours plus problématique des élèves, autrefois on savait parler et écrire un français très convenable après 5 ans d’étude primaire. Aujourd’hui les élèves bachelier maitrisent mal la langue, ne savent plus estimer des chiffres après 12 ans d’études. Cherchez l’erreur. La réponse de l’institution est : « oui mais les élèves savent faire d’autres choses ». Je suis bien placé dans ma spécialité pour savoir que cela n’est pas vrai ! Les élèves ne maitrisent rien ou presque des techniques numériques d’aujourd’hui. Tout ce qu’ils savent faire est jouer et surfer sur internet. Cela ne fait pas un compétence professionnelle.
Les médias nous rabattent les oreilles sur la perte de compétitivité du pays en laissant entendre que le coût du travail est trop élevé. Cette présentation pèche par une omission grave. La réalité est que le travail en France est trop cher pour ce que les travailleurs sont capables de faire véritablement. Et là la responsabilité de l’éducation nationale est écrasante. Qui osera le dire ? J’essaye mais je me sens bien petit. J’essaye de créer un maximum d’émoi sur la question. J’aurais pu m’immoler par le feu au milieu de la cour le jour de la rentrée des élèves, cela aurait eu plus d’allure mais je ne suis pas assez vertueux pour cela. Quand vous lirez ce texte je serai déjà mort.
Pierre Jacque
Enseignant du Lycée Antonin Artaud à Marseille


Commentaire de Bernard Bayle de Riposte laïque.
Un enseignant, professeur d’électronique, explique les raisons pour lesquelles il a choisi de mettre fin à ses jours. Il pointe du doigt un ensemble de dysfonctionnements et d’aberrations de ce qui continue à s’appeler l’Education nationale. Messieurs les pédagogistes, faux syndicalistes, enseignants moutons et autres fossoyeurs de l’Education nationale, vous vous sentez bien dans vos baskets ? Des élèves qui ne savent plus lire, plus écrire, plus compter, plus se concentrer, et des chiffres records de réussite au bac ? C’est, entre autres, cette mascarade que Pierre Jacque n’a plus voulu cautionner. A méditer…

Critique du commentaire de Bernard Bayle.
Le respect dû à Pierre Jacque ne saurait cependant valider un commentaire caricatural  relevant plus d’un règlement de comptes politique que d’une compassion fraternelle.
Le fonctionnement de l’ Education Nationale, imparfait, ne peut changer à partir de tels constats rustres, haineux et manichéens. Les réformes profondes attendues réclament de hautes compétences, de la rigueur intellectuelle et un exceptionnel courage politique.
Les programmes sont excessifs, dépassés, incohérents, sans auteurs responsables précis, en général. Il n’y a plus de concepteurs désignés depuis la suppression du Conseil national des programmes. La souffrance exprimée par Pierre Jacque est un témoignage généralisable.
Vincent Peillon s’engage dans cette refonte complexe des savoirs enseignés.
Les enseignants cependant, malgré la contrainte des inspecteurs, n’ont pas tous tenté de finir les programmes et ont su agir en autonomie dans l’intérêt de leurs élèves. Ils ont osé dénoncer l’absurdité  de nombreux contenus en technologie, en histoire, en mathématiques ou en éducation musicale…La question de l’inadaptation des programmes scolaires est enfin posée publiquement. Le journal Le Monde, par exemple, du 7/09/2013, développe « L’enfer des programmes scolaires ».
Pierre Jacque ne vivra pas cette tentative de refondation qu’il attendait.
Le niveau catastrophique des élèves, plus justement de certains élèves, exige, dans la situation actuelle, des formations exigeantes continues plus adaptées que des plaintes inopérantes, à chaque niveau de la scolarité. Aucune situation d’élève n’est définitive.
La discipline « évaluation » a beaucoup progressé, même si elle est encore mal maîtrisée par certains enseignants. Il est rare de retrouver dans les bulletins scolaires des appréciations incultes telles que ‘ « Elève nul ; 3/20 », au lieu de « devoir non réussi ou connaissances nouvelles non acquises » ! La hiérarchie n’a pas les exigences requises dans ce domaine, ni, sans doute, les connaissances spécifiques mais la hiérarchie peut progresser.
Les cours magistraux sont en grand nombre et, objectivement, inefficaces. Il faut accepter enfin l’idée de « pédagogie » et de « spécificité du métier d’enseignant, encore non décrit, non écrit, à part une ou deux exceptions livresques ! » Passer, par exemple, à la pédagogie du projet, comme Pierre Jacque y fut contraint,  suppose  une formation professionnelle très complexe, peu maîtrisée par les actuels formateurs.
Ce rôle intelligent de conception plutôt que d’exécution correspond cependant à une attente de nombreux professeurs.
Bernard Bayle attribue la responsabilité de ce suicide, en totalité à l’Institution. Il ne pose pas ces autres questions qui ne culpabiliseraient pas la victime mais permettraient d’avancer dans la prévention de tels actes tragiques.
-    Un arrêt de travail de longue durée, pour traiter l’angoisse du professeur, n’a-t-il pu être envisagé ?
-    L’indifférence  relationnelle  d’exception décrite dans le témoignage est-elle avérée ou seulement ressentie ?
-     La vie privée, la santé de Pierre Jacque étaient-elles satisfaisantes ?
-    Pourquoi les avantages du métier sûr, en période de chômage de masse, n’ont-ils pu apaiser la douleur : horaires hebdomadaires satisfaisants, effectifs réduits des groupes d’élèves, vie professionnelle au milieu de jeunes, vacances longues, salaire acceptable ?
-   
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, va créer un Observatoire national du risque suicidaire. Le taux de décès par suicide en France est de 14.7 pour 100 000 habitants.

Annie Keszey.

02 avril 2013

L'ECHEC DU LYCEE AGORA DE PUTEAUX.


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Le lycée public, général et technologique, 120 rue de Verdun à Puteaux, est le moins efficace des lycées du département des Hauts-de-Seine, d’après la dernière évaluation du Ministère de l’Education nationale et les interprétations raisonnées de la presse. Cette grave situation requiert une  séance de travail, pour établir un plan urgent et exigeant de rétablissement du lycée, entre tous les responsables impliqués : Recteur, Proviseur, représentants des professeurs, des parents et des élèves, représentants de la région, du département et Maire de Puteaux. Les niveaux d’enseignement, avant le lycée, écoles maternelles, écoles élémentaires, collèges ne sont peut-être pas eux-mêmes performants.
Les participants pourraient être porteurs des dernières connaissances sur les réformes à entreprendre diffusées par des spécialistes : Claude Thélot, Marcel Gauchet, Philippe Meirieu, Richard Descoings…Ce dernier, le 2 juin 2009, après avoir parcouru la France et réalisé un grand nombre d’entretiens a remis ses préconisations au Président de la République, Nicolas Sarkozy, dans un rapport précieux.
Les résultats de l’évaluation des lycées proviennent du Ministère de l’Education nationale. Les classements divers entre établissements sont des déductions qui proviennent d’autres sources.
Le lycée Agora est classé dernier du département des Hauts-de-Seine, d’après le journal « Le Parisien »: 51ème sur 51! Le lycée public, Frédéric et Irène et Joliot- Curie de Nanterre, occupe la 50ème place. Le lycée privé sous contrat, Madeleine Daniélou, de Rueil-Malmaison, est premier. Le journal appuie ce classement sur les données ministérielles.
Au classement régional, le lycée Agora est 446ème sur 463 et au classement national 2270ème sur 2297.

Les indicateurs de valeur ajoutée des lycées évaluent non seulement la réussite des élèves de terminale d'un établissement au baccalauréat, mais aussi la capacité de cet établissement à accompagner le maximum d’élèves de seconde jusqu'à l'obtention de ce diplôme, en prenant en compte les caractéristiques sociodémographiques et scolaires des élèves. Ils offrent en cela une analyse plus fine que le taux de réussite au baccalauréat qui ne permet pas d’apprécier le caractère plus ou moins sélectif des établissements et le parcours scolaire des élèves depuis leur entrée au lycée jusqu’au baccalauréat.
Trois indicateurs sont utilisés pour mesurer la "valeur ajoutée", valeur précieuse, d'un établissement.
Le taux de réussite au baccalauréat, c’est-à-dire la proportion de bacheliers parmi les élèves ayant passé le baccalauréat : le taux global de réussite au baccalauréat 2011- 2012, 63%, du lycée Agora, est très inférieur au taux moyen attendu calculé par le ministère pour des élèves d'âge, d'origine sociale, de sexe et de niveau scolaire comparables et scolarisés dans des lycées comparables en termes d'âge, d'origine sociale et de sexe de l'ensemble de l'académie de Versailles, 77% . La valeur ajoutée attendue n’est pas atteinte, moins 14% ! Le taux de réussite au baccalauréat du lycée public Louis Pasteur de Neuilly, 13ème sur 51, par exemple, est de 98%. La valeur ajoutée attendue est exactement atteinte.

Puteaux, lycée Agora,inégalité des chances, évaluation des lycées, échec, Richard Descoings, Philippe Meirieu

Le lycée privé breton Diwan de Carhaix-Plouguer, lycée bilingue, est remarquable d’efficacité, malgré ses classes surchargées. La valeur ajoutée attendue est dépassée! Le Figaro du 28 mars 2013 le classe 1er des lycées d’enseignement général de France. Les enseignements se font en breton par une pédagogie d’immersion. 
Le taux d’accès au baccalauréat, qui est la proportion d’élèves de seconde ou de première qui obtiennent le baccalauréat en restant dans l’établissement : cette proportion pour le lycée Agora est de 39%. Pour le lycée Louis Pasteur, par exemple, elle est de 87%.
3. La proportion de bacheliers parmi les élèves qui quittent l'établissement.
72% des élèves de terminale quittent le lycée Agora avec leur BAC en poche, en prenant en compte les redoublements. Au lycée Louis Pasteur, la proportion de bacheliers qui quittent l’établissement est de 98 %, redoublements également pris en compte.

Le ministère de l’Education nationale ne souhaite pas réaliser un classement des lycées mais  proposer, à travers cette notion de « valeur ajoutée », une image de la réalité complexe et relative que constituent les résultats d'un établissement. La presse et les usagers traduisent les résultats en classements, parfois durs mais toujours positifs s’ils induisent les nécessaires modifications des projets d’établissement.
D’autres données, non encore exploitées publiquement par le ministère, interpellent. Au lycée Agora, sur 36 élèves reçus au baccalauréat général, 2 ont eu la mention «Très bien » et 7 la mention «  Assez bien ». Au lycée Pasteur, sur 86 élèves reçus au Baccalauréat général, 50 ont eu la mention « Très bien », plus de 50% donc, et 10 la mention « Assez bien ». Titulaires d’un baccalauréat national, les élèves du lycée Agora, sans mention, rencontrent une autre inégalité quant à l’accès aux Grandes écoles ou aux inscriptions en classe préparatoire. Ils ne sont pas préparés à cette autre compétition.


La situation de ce lycée Agora est contraire aux objectifs fondamentaux de l’égalité des chances et de la réussite scolaire. L’objectif de promotion de la jeunesse n’est pas atteint. Le déterminisme social ne semble pas dépassé. L’évolution des résultats depuis 2008 interpelle.


Des grilles nombreuses d’analyse des établissements scolaires, depuis des décennies, ont été construites par des experts. Ont-elles été utilisées depuis 2008, au lycée Agora ? Quelques critères:
-    Les exclusions d’élèves par le proviseur ou le conseil de discipline sont supprimées. Les élèves perturbateurs sont inclus, en heures supplémentaires, au CDI, dans une autre classe, dans un atelier… pour y travailler.
-    Les jours ou heures d’absence, sauf dans les cas justifiés, sont récupérés. Les devoirs sont obligatoirement faits et les leçons sues. Un groupe d’adultes spécialement constitué interdit l’absentéisme et les pertes d’élèves en cours de scolarité.
-    L’emploi du temps prévoit le travail, en équipes disciplinaires, des professeurs, une heure par semaine .L’alignement d’une heure au moins de chaque discipline dans l’emploi du temps de plusieurs classes, d’un même niveau, permet d’ouvrir la classe pour l’organiser en groupes de besoins. La liberté pédagogique du professeur ne peut être revendiquée en situation d’échec. La cohésion, l’entraide, l’échange de documents de cours entre enseignants doivent prévaloir.
-    Chaque élève, en début d’année, pense et rédige son projet scolaire annuel et son désir d’orientation. Les parents sont impliqués.
-     Le proviseur, travailleur, présent, accessible, sévère, exigeant, très juste est formé à la pédagogie et aux évaluations scientifiques. Souple quant aux statuts rigides dépassés, il soutient les professeurs en difficultés par des aides concrètes et s’engage dans les initiatives les plus complexes pour les élèves en difficultés. Avec les équipes, il instaure, implacablement, un climat collectif studieux de respect mutuel. Il écoute et donne confiance.
-    Des formations collectives, régulières, sur place, apportent des réponses scientifiques, modernes aux vieilles questions et inventent une pédagogie « vraiment éclairée »…
Le site www.lycee-agora.fr ne publie aucun résultat, ce1er avril 2013.    Images : puteaux.fr et Ouest-France. Annie Keszey. www.notreputeaux.com

11 septembre 2012

UNE REFONDATION DE L'EDUCATION NATIONALE? MAINTENANT!


Monsieur Le Ministre de l’Education Nationale,

Pourquoi n’apportez-vous pas, jour après jour désormais, les indispensables modifications pour améliorer l’efficacité du système éducatif, à moyens constants?
Le mot « refondation », utilisé par le gouvernement auquel vous appartenez, est ambitieux mais la définition de son contenu en actes concrets attendra sans doute, comme toujours, de nombreux colloques!
Quatre exemples de dysfonctionnements en quatre jours.
A l’initiative des Principaux, la rentrée scolaire, en collège, organisée par niveau, s’étale sur plusieurs jours. Ainsi, par exemple, des 6èmes sont-ils rentrés le mardi matin 4 septembre et n’avaient déjà plus classe ni le mardi après-midi, ni le mercredi matin, malgré leurs emplois du temps. De nombreux professeurs étaient ainsi dispensés de cours dès leur retour de vacances. La perte d’instruction,  si elle était calculée au niveau national, susciterait une certaine surprise. Les Chefs d’Etablissement sont responsables de ce gaspillage. Malgré les contraintes, rien ne justifie cet étalement, certes confortable pour les acteurs adultes du système.
Monsieur Le Ministre, indignez-vous!

Un décret initié par Monsieur Xavier Darcos, à la demande pressante des fédérations de parents d’élèves, limite le poids du cartable des collégiens et définit des caractéristiques adaptées aux fournitures scolaires. Qui respecte ce décret ? Certains professeurs abusent de « leur liberté pédagogique » en exigeant des fournitures  prétentieuses, coûteuses, inutiles. Faut-il que les jeunes collégiens transportent chaque jour de ce premier mois, six ou sept cahiers presque vides?... La concertation des équipes pédagogiques autour des listes proposées n’a pas lieu ou n’est pas toujours pertinente. Des Chefs d’Etablissement n’ ordonnent ni ne régulent! (Mieux vaut passer rapidement sur des caprices professionnels: une liste de CM1 recommande un cahier de texte qui, à peine acheté, ne vaut plus rien, le nouveau maître exigeant…un agenda!)
Les devoirs écrits sont interdits par la loi à l’école élémentaire mais Jean, 9 ans, dès le soir de la rentrée scolaire, en a reçu  pour la semaine suivante!
Monsieur Le Ministre, rappelez le Droit !

Les fournitures scolaires réclamées par les établissements ne font pas l’objet d’une recherche d’économies et reposent rarement sur des achats collectifs. Pourtant, dans un état surendetté, la diminution des dépenses eut été aussi importante (- 25%) et mieux adaptée que l’augmentation des aides étatiques de rentrée.
Monsieur Le Ministre, faites-mieux à moindre coût!

Estelle, professeur débutant de  la discipline « Vente », en classe de seconde de Lycée professionnel, n’a reçu ni aide, ni conseil, ni encouragement avant sa première heure de cours. Elle recevra ultérieurement  une formation à la construction d’un cours!
Monsieur Le Ministre, concrétisez un vieux discours radoteur ! Reconnaissez  qu’être professeur c’est exercer un métier très complexe : assurez enfin la formation au lieu de décourager les vocations.

Refonder, n’est-ce pas faire, déjà, avec entêtement, ce travail de fourmi permanent, réparateur des nombreuses dérives d’un management laxiste dont la somme conduit à un système défaillant?

Les jeunes élèves vous remercient.
www.atelier-idees.org
Annie Keszey