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25 juin 2017

La Démocratie française coupable de maltraitance envers la jeunesse étudiante.

18/06/2017. Annie Keszey, principale de collège public retraitée, à Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le ministre de l’Education nationale, Madame la ministre de l’Enseignement supérieur, Monsieur le recteur de l’académie de Versailles : LRAR.

L’orientation  post- bac par un logiciel inadapté  et obscur est une pratique tortionnaire née prioritairement des dernières incompétences funestes, en particulier, de Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Education nationale et de François Hollande.

Le tirage au sort,  par exemple, nie la réussite scolaire exprimée par des notes, bafoue toute qualité et quantité du travail scolaire individuel des élèves et transfère sur les lycéens, par un usage inconséquent du hasard, la responsabilité de l’échec du slogan mensonger de l’Education nationale : « assurer l’égalité des chances ».

Najat Vallaud- Belkacem, Benoît Hamon, Vincent Peillon et leurs prédécesseurs ont été incapables d’imposer des mesures pour éradiquer l’échec scolaire, échec social, et de prévoir l’afflux  considérable de jeunes élèves vers des études supérieures. Ils se déchargent de leur incompétence en imposant aux jeunes victimes du tirage au sort une épreuve  personnelle violente, illégitime. Comment accepter, quand on a reçu les félicitations du conseil de classe,  une affectation sur son  dernier vœu inscrit sur  le logiciel d’orientation ? Comment accepter, quand on a reçu les félicitations du conseil de classe, de ne recevoir aucune affectation ?

Comment, juste avant d’affronter avec inquiétude les épreuves  du baccalauréat, constater, sur APB, que l’on est, pour tous ses vœux, sur liste d’attente ? Le logiciel appelle le lycéen à « renoncer » à un vœu ou à ses vœux lui demandant ainsi de se substituer aux responsables qui n’ont pas su prévoir l’inflation des demandes, ni créer un ordre rigoureux.

Cette injustice cruelle semble faire des heureux. Un élève jugé « en difficulté » peut  se voir affecté vers des études inespérées. Ce bonheur risque d’être une trahison de ces mêmes responsables, «  en haut lieu »,  qui n’ont pas su traiter davantage  l’incroyable échec des étudiants en première année d’études supérieures.

Monsieur Emmanuel Macron, Monsieur Edouard Philippe, Madame Frédérique Vidal, Monsieur Jean-Michel Blanquer, Monsieur Daniel Filâtre, redonnez à la jeunesse sa confiance perdue. Restaurez maintenant le mérite personnel et travaillez pour l’égalité des chances dans notre Etat de droit.

Classer, par exemple, les étudiants, à partir de leur moyenne générale annuelle, de l’avis des professeurs, d’autres moyennes dans des disciplines variées en liaison avec les buts choisis, de leur adresse par rapport aux établissements d’accueil, de leur motivation,  serait une procédure juste qui ne casserait pas l’amour du travail scolaire et la légitimité d’un choix de carrière future.

Vous ne pouvez poursuivre cette mascarade. Restaurez la démocratie scolaire !

Evaluez l’action des politiques chargés de ces missions majeures pour l’avenir. En cas de bilan  proche de zéro, imposez- leur, par la loi,  une formation rigoureuse.

Respectez la jeunesse, par vos actes.

Annie Keszey.  http://www.notreputeaux.com

http://www.atelier-idees.org                                 http://www.rupture-et-metamorphose.org

Publié dans EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : apb, logiciel inadapté, maltraitance des élèves | | |  Facebook

13 juin 2017

La Démocratie française coupable de maltraitance envers la jeunesse.

L’orientation  post- bac par un logiciel inadapté  est une pratique tortionnaire née prioritairement de l’incompétence funeste de Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’Education nationale et de François Hollande.

Le tirage au sort,  par exemple, nie la réussite scolaire exprimée par des notes, bafoue toute qualité et quantité du travail scolaire individuel des élèves et transfère sur les lycéens, par un usage inconséquent du hasard, la responsabilité de l’échec du slogan mensonger de l’Education nationale : « assurer l’égalité des chances ».

Najat Vallaud- Belkacem, Benoît Hamon, Vincent Peillon et leurs prédécesseurs ont été incapables d’imposer des mesures pour éradiquer l’échec scolaire, échec social, et de prévoir l’afflux  considérable de jeunes élèves vers des études supérieures. Ils se déchargent de leur incompétence en imposant aux jeunes victimes du tirage au sort une épreuve  personnelle violente. Comment accepter, quand on a reçu les félicitations du conseil de classe,  une affectation sur son  dernier vœu inscrit sur  le logiciel d’orientation ? Comment accepter, quand on a reçu les félicitations du conseil de classe, de ne recevoir aucune affectation ?

Cette injustice cruelle semble faire des heureux. Un élève jugé « en difficulté » peut  se voir affecté vers des études inespérées. Ce bonheur risque d’être une trahison de ces mêmes responsables, «  en haut lieu »,  qui n’ont pas su traiter davantage  l’incroyable échec des étudiants en première année d’études supérieures.

Monsieur Emmanuel Macron, Madame Frédérique Vidal, Monsieur Jean-Michel Blanquer, redonnez à la jeunesse sa confiance perdue. Restaurez maintenant le mérite personnel et travaillez pour l’égalité des chances dans notre Etat de droit.

Evaluez l’action des politiques chargés de ces missions majeures pour l’avenir. En cas de bilan  proche de zéro, imposez- leur, par la loi,  une formation avant leur  éventuelle réélection.

Annie Keszey.

 

08 avril 2017

L'obscurantisme dictatorial du logiciel "APB". (Admission post-bac.)

Benoît Hamon ministre éphémère de l’Education nationale, il est actuellement un candidat socialiste à l’élection présidentielle. Najat Vallaud- Belkacem, actuelle ministre de l’Education nationale, soutient la campagne de Benoît Hamon. Tous deux socialistes, ils devraient accorder leurs actes à leurs discours, quand ils militent en particulier pour la transparence ! Or, le logiciel d’orientation après le bac, dont ils sont co-responsables, méprise les parents d’élèves et les élèves tant il est d’une « opacité extrême* ».

En juillet 2016 pourtant, Thomas Piketty*, directeur d’études à l’EHESS, un des conseillers actuels de Benoît  Hamon, dans une chronique pour le journal Le Monde, s’élevait contre le logiciel APB qui organise l’orientation et l’affectation dans l’enseignement supérieur de quelque 700 000 bacheliers chaque année en France. Il souhaitait  que le débat sur le logiciel et la sélection à l’université soit inscrit dans la campagne électorale ! Thomas Piketty a-t-il  été entendu ? Pas encore !

Extraits de la chronique.

« Disons-le clairement : l’attitude du Ministère de l’Education nationale sur ce dossier est proprement scandaleuse. Il maintient une opacité extrême sur les critères utilisés dans le logiciel et ne distille les informations qu’au compte-gouttes, tout en promettant régulièrement une plus grande transparence, jamais réellement appliquée. C’est d’autant plus regrettable que le système APB pourrait permettre de sortir par le haut de cette très ancienne querelle française sur la question de la sélection à l’université.

Rappelons les faits : sur l’accès à l’enseignement supérieur, la France se caractérise par la cohabitation d’un modèle hyper-sélectif (les classes préparatoires aux grandes écoles richement dotées) et d’un secteur universitaire supposé parfaitement égalitaire (chaque bachelier est censé y avoir accès, sans sélection, mais les moyens sont faibles). APB conduit à exposer au grand jour les contradictions du système : les lycéens classent leurs choix dans le logiciel (prépas, universités, IUT etc..), les filières sélectives classent les lycéens, mais les universités ne classent rien du tout. Sauf qu’en pratique il existe de multiples exceptions et rafistolages dans le système, jamais assumés publiquement par le ministère. Lorsqu’il existe un trop plein de candidatures, on pratique allègrement le tirage au sort, alors qu’on pourrait prendre en compte des critères objectifs, comme les notes, la distance à l’établissement, ou bien un objectif clair de mixité sociale, ou encore un mélange assumé de tout cela. On laisse les étudiants s’entasser dans des premières années surchargées, comme en médecine, avant de pratiquer une sélection drastique à la fin de la première année, où le premier critère de réussite est souvent la capacité des parents à payer des cours privés en lieu et place des amphis saturés. En 2013, les députés avaient voté un dispositif visant à réserver des places en filières sélectives aux meilleurs élèves des lycées défavorisés. Mais cette mesure n’a jamais été évaluée, et la façon dont elle a été paramétrée dans APB est totalement obscure.

Cette opacité ne peut plus durer... »

« Thomas Piketty propose alors des modifications d’APB pour promouvoir un modèle européen d’égalité et de justice dans l’éducation défini dans les pages 258 et 259 de son livre « Aux urnes citoyens ! », éditions «  Les liens qui libèrent », publié en octobre 2016. »

Le logiciel APB ne peut être modifié positivement que si l’Education nationale devient efficace en luttant contre l’échec scolaire pour atteindre, dans les résultats, l’égalité des chances.

L’orientation en classes supérieures d’élèves en difficultés scolaires est insensée.

Les programmes pour l’Education des candidats à l’élection présidentielle ne sont pas  à la hauteur de la situation. Ils ne prennent pas suffisamment en compte la nécessaire formation  disciplinaire et interdisciplinaire des professeurs à un  métier complexe, mal théorisé, mal explicité, mal transmis par la plupart des formateurs. Les structures de l’école restent trop figées : nul candidat à la présidentielle n’envisage le travail en équipe des professeurs, à moyens financiers constants ce qui est possible,  pas davantage la possibilité de structurer des classes parallèles en groupes de besoins occasionnels, à partir d’emplois du temps novateurs. Les soutiens scolaires, indispensables à l’intérieur des horaires des disciplines,  tout au long de la scolarité, restent rares, et leurs modalités concrètes indéfinies. Le statut des enseignants, rigide, devrait être assoupli en ajoutant aux heures de cours  des heures de présence dans l’établissement, pour le travail en équipe hebdomadaire ou pour la formation continue rendue obligatoire...Il sera certes difficile de convaincre cet électorat attaché à son actuel statut. Mieux vaudrait s’attaquer aussi à des réformes qualitatives plutôt que quantitatives. Aucun rapport n’assure que la diminution des effectifs des classes, par exemple, soit liée à une amélioration des résultats s’il n’y a pas une transformation des pratiques professorales. Un assouplissement de la mentalité collective impliquerait que chaque professeur se sente co- responsable des notes  qu’il attribue aux élèves et s’engage à lutter contre les mauvaises notes en travaillant à une amélioration  de son efficacité professionnelle. La priorité est accordée pour le primaire et des moyens prévus pour y combattre l’échec scolaire inégal selon les appartenances sociales, mais il faut aussi accroître considérablement l’apprentissage du vocabulaire à l’école maternelle, afin de faciliter l’apprentissage de la lecture, par exemple...Ces mesures et d’autres, oubliées, sont connues des enseignants, des parents d’élèves et des élèves : peut-être n’est-il pas trop tard pour en informer les candidats ? 

Annie Keszey.

30 août 2016

Une épreuve pernicieuse du baccalauréat.

Travaux personnels encadrés (TPE) : l’épreuve pernicieuse du baccalauréat. 2016.

Envois aux destinataires de la liste en Fin de publication.

A partir de témoignages de lycéens concernés de classes de 1ère de lycées généraux nait une hypothèse : l’épreuve des TPE paraît arbitraire, injuste, non maîtrisée par l’Education nationale et au service d’une nouvelle inégalité des chances. Les trois témoignages suivants sur les défaillances de l’épreuve sont ceux de très bons élèves, félicités par leurs professeurs, très travailleurs au sein de leurs lycées « réputés », l’un privé, les deux autres publics des Hauts-de-Seine et de Paris, et aidés par des familles aidantes et qualifiées. Alors que leur réussite est normale au lycée, l’épreuve de TPE aux buts théoriques intéressants, novateurs quant au système classique, les a déstabilisés, découragés, parfois même désespérés par l’excès des dysfonctionnements répréhensibles subis et l’extrême lourdeur de la tâche.

Certes, il faut transformer le système actuel de l’Education nationale qui présuppose que la meilleure façon d’apprendre pour un élève, est de rester assis des heures sans bouger devant des professeurs omniscients qui lui bourrent la tête d’informations*. Mais le passage vers un enseignement de l’autonomie de la recherche et de l’autogouvernance ne peut être laissé au hasard comme c ‘est le cas dans les TPE. Les responsables réformistes devraient s’informer et se former à partir d’exemples expérimentés. Les pages 142 à 148 de l’ouvrage Reinventing Organizations - Vers des communautés de travail inspirées, de Frédéric Laloux*, éditeur  diateino, approfondissent, en particulier,  « l’école Opale », « le modèle ESBZ » au centre de Berlin dont le moteur est le professeur Magret Rasfeld, innovatrice radicale d’un autre système éducatif.

Que ressentent alors les candidats des TPE, dans leur diversité? Comment s’organisent ceux dont les parents ne sont pas disponibles ? Le département de l’évaluation vient de reconnaître à nouveau que l’implication parentale compte parmi les clés du succès scolaire. Une vaste enquête  intrusive et ferme des inspecteurs pédagogiques  nationaux s’avère urgente  afin que la transparence effective sur les anomalies inacceptables des TPE permette de les corriger. Cette enquête pourrait aussi perfectionner la mise en place, en 2016,  des enseignements pratiques interdisciplinaires au collège : les professeurs, pour des raisons valables, y sont actuellement opposés.

Internet permet d’accéder aux sites  gouvernementaux et aux bulletins officiels qui définissent avec précision la nature de cette épreuve. Elle remonte au ministre Claude Allègre et fut introduite, prudemment, en classe de terminale à partir de 2001-2002, comme épreuve facultative du baccalauréat, supprimée en 2005-2006 à ce niveau, puis instaurée en classe de première des séries générales S, ES et L des lycées, comme épreuve obligatoire du baccalauréat. On supposera ces textes consultés : le but de cette lettre étant de consigner certaines des applications concrètes déviantes de l’épreuve.

2015 : dans une classe de 1ère ES, Jean a deux ans d’avance. Il est concentré, fortement engagé dans ses études, rigoureux, persévérant et très bon élève, inscrit au tableau d’honneur. Le sujet de TPE est : « Quelles sont les origines de la culture de la grève d’aujourd’hui en France ? » Ce sujet est particulièrement complexe et les origines non situées dans le temps historique. Les deux autres élèves du groupe, désignés par le corps professoral, ne travaillent pas. L’intervention des parents de Jean, pour tenter d’améliorer cette situation, auprès de la direction d’un lycée qui requiert pourtant la solidarité entre élèves, ne sert à rien. Il est déraisonnable de la part de l’Institution d’imaginer que des élèves aux engagements scolaires  très inégaux vont se transformer au sein d’équipes d’élèves livrées à elles-mêmes. Il est utopique (ou indécent) de penser  qu’un seul élève à partir d’un « leadership » que n’ont pas eu les professeurs, pourrait motiver des coéquipiers notoirement réticents : il ne saurait que rarement se plaindre de la situation. Jean n’a pu trouver au CDI les documents indispensables pour définir et approfondir « culture de la grève », oui, culture, alors que les textes officiels l’imposent ! Plusieurs librairies dites spécialisées du quartier latin ne disposaient d’aucune étude sur ce sujet d’actualité. Plusieurs heures ont été indispensables pour constituer une bibliothèque ciblée, aux ouvrages très consistants. L’aide des professeurs a été inexistante et le soutien des parents de Jean indispensable et maximale. Jean a travaillé sur sa recherche pendant des dizaines d’heures, surtout à la maison et n’a été joint par ses deux coéquipiers qu’en fin de parcours : ils souhaitaient être bien intégrés au travail afin de bénéficier d’une note satisfaisante. Leurs participations écrites au travail collectif, remises au tout dernier moment, étaient  d’une rare médiocrité et ils ont mal préparé l’oral. C’est Jean, soutenu par son père, qui a préparé la présentation matérielle, très élaborée du sujet,  un travail considérable de présentation du dossier sous forme journalistique : une présentation originale est en effet attendue par les examinateurs. A partir d’observations sur le type de présentation de la part des examinateurs, par exemple « la reliure du dossier par des spirales est bien banale », on peut s’interroger sur la part de la notation de la forme au détriment du contenu. C’est Jean aussi qui est surtout intervenu à l’oral  et a corrigé les réponses fausses des deux autres. A la question de l’examinateur « D’après vous quelle est la singularité de la grève en France ?», un coéquipier de Jean a répondu, en analphabète de la recherche, « Les Français font la grève parce qu’ils sont feignants. » Un moment, partagé, difficile à vivre pour Jean.

La note sur 20, dite, par commodité, « individuelle », ne peut avoir de rigueur objective sur sa totalité  L’épreuve terminale orale, de 5 minutes par élève, est notée par des professeurs extérieurs qui n’ont nullement encadré le travail des équipes. Ces professeurs sont appelés, d’autre part, à noter des sujets qu’ils ne connaissent pas, en général ! L’arbitraire s’est concrétisé quand les coéquipiers de Jean, au travail minimal,  ont obtenu la même note que Jean qui a planché pendant ses dimanches et ses vacances sur le sujet, du fait de la spécificité du travail dit « fait en commun ».

C’est injuste.

2016 : dans une autre classe de 1ère ES de lycée. Anne, élève sérieuse de 13 ans, motivée et volontaire travaille très régulièrement, en profondeur, et obtient de très bons résultats. Le sujet pour l’épreuve de TPE est : « Dans quelle mesure la culture ouvrière a-t-elle influencé la société française pendant l’entre-deux-guerres ? » Anne a travaillé seule pendant des mois, ses deux camarades ne s’étant que très peu engagés. La seule réalisation de la présentation matérielle du dossier, très créative, a pris plusieurs jours.  Lors de l’oral elle a su parfaitement répondre aux questions portant sur son dossier. Elle a su répondre aussi à des questions plus approfondies et plus subtiles portant sur des informations qui ne figuraient pas dans son dossier-journal. Un des examinateurs, professeur de français venu de l’extérieur comme cela est prévu, lui a alors posé la question : « Quel est le courant du cinéma en Italie après la seconde guerre mondiale ? ». Anne ne connaissait pas la réponse et en a  donné la raison : je ne sais pas car ce n’est pas la période que j’ai étudiée. Cette examinatrice a répondu : quand on maîtrise un sujet, il faut savoir aller au-delà ! Reconnaissons à cette examinatrice l’art honteux de savoir déstabiliser une élève méritante. Puis, la même examinatrice a posé à Anne  la question suivante : Puisque vous m’avez fait remarquer que je ne dois pas poser de questions en dehors de l’entre-deux-guerres, je suis certaine que vous pourrez me citer le nom d’un grand cinéaste anglais pendant l’entre-deux-guerres ? Anne n’a pas osé lui dire que cette question était aussi hors sujet parce que son dossier traitait de la société française. Un professeur habituel d’Anne est intervenu pour dire à sa collègue « ça reste une question éloignée de leur sujet ». Anne, parce qu’elle est fragile, est convaincue d’avoir tout raté, elle a perdu sa confiance en elle et doit attendre sa note pendant trois mois : mais pourquoi donc un si long temps de charmante petite torture scolaire ? 

2016 : également dans une autre classe de 1ère scientifique. Julie est une élève exemplaire, félicitée par le corps professoral pour son travail. Le sujet de TPE de son équipe de trois élèves était : « La station spatiale internationale. Une prouesse technique au service de l’humanité ? » (Ce projet a débuté en 1998.)  Le travail en équipe a été, peut-on dire, parfait jusqu’au bout, d’une grande cohésion, pendant un temps extrêmement long de 80 heures environ dont la moitié au domicile de Julie. La vingtaine de sources sur Internet dont des documents YouTube, six livres et un entretien avec Isabelle Sourbès- Verger, remarquable source, ont demandé à chaque élève une vingtaine d’heures individuelles de consultation. Le très beau dossier final a été imprimé à titre onéreux chez un imprimeur professionnel. La maman de Julie, qualifiée, a encadré avec exigence et rigueur, la préparation de l’oral. Les 3 candidates étaient parfaitement prêtes.  Mais, le jour dit, pendant la dernière partie de l’épreuve orale, celle où un examinateur extérieur pose des questions, une des candidates a dépassé son temps de parole de 5 minutes sans être interrompue par l’examinateur. Il ne restait plus qu’un temps très court, inégalitaire pour Julie, alors que la notation est, rappelons-le, paraît-il, individuelle. Rapidement, elle a dû répondre, en particulier, aux deux questions suivantes dont on pourra juger de la pertinence : « Les femmes ont- elles leurs règles dans l’espace et utilisent-elles des tampons ? », « Pour quelles raisons la Chine n’a pas participé à l’ISS ? »  A cette seconde question Julie a répondu que les américains ne souhaitaient pas que la Chine copie les avancées technologiques des USA et de l’ISS...Elle a rencontré le visage  offusqué de l’examinateur qui lui a fait remarquer l’anachronisme d’un tel jugement erroné sur la Chine ! Pour Julie, ce fut une fin déstabilisatrice et décourageante : une autre injustice ressentie. La maman de Julie qui a  travaillé pour des entreprises également installées en Chine a envoyé au proviseur « un cours de réalités »,  sur la Chine, s’opposant à l’idéologie de l’examinateur.  En 2012, Isabelle Sourbès-Verger écrivait encore à propos des raisons poussant la Chine à envoyer une femme dans l’espace : ...Cela attire les médias, mais en réalité la Chine suit simplement une logique d’imitation. Elle ne fait que reproduire ce qui a été déjà fait par les USA et la Russie...Julie ne souhaite plus qu’on lui parle de l’ISS.

Donc.

Le mot « équipe » est très usité par tous les acteurs de l’Education nationale. Or, il n’y a pas d’équipes de travail des professeurs dans les collèges et lycées. L’épreuve de TPE, projet de recherche interdisciplinaire, supposerait un travail d’équipe de professeurs pour préparer les sujets, en dehors de la présence des élèves, temps  rémunéré et prévu dans les emplois du temps des établissements. Cela n’a existé, autrefois, que dans quelques rares établissements dont le collège expérimental de Marly-le- Roi...La formation des professeurs ne brille pas davantage par l’apprentissage de la dynamique des groupes qui leur  permettrait de conseiller avec pertinence les équipes  d’élèves obligatoires des TPE, de 2, 3 ou 4 élèves avec une préférence annoncée pour les équipes de 3 . Les élèves choisissent ou se voient imposer leurs coéquipiers : c’est la première grande difficulté. Des élèves très travailleurs œuvrent parfois auprès d’élèves moins motivés sans qu’aucun adulte ne régule obligatoirement les investissements individuels lors des séquences.  Le temps de travail à l’extérieur de la classe dépasse le temps officiel défini pour l’épreuve de 36 heures encadrées,  très insuffisamment  encadrées, en le doublant ou en le triplant : ce qui est inconnu, très excessif, non maîtrisé par les adultes responsables ou irresponsables de l’Education nationale. Les différences de milieux familiaux influencent ces TPE dont l’exécution est fortement transférée hors des cours.  

La formation des professeurs est strictement disciplinaire. Ils n’ont pas de compétences interdisciplinaires reconnues, faute de formation spécifique et pourtant ils sont invités à  noter « souverainement » des TPE dont ils ne peuvent tous connaître les sujets.

Les équipes d’élèves n’ont pas toujours rencontré, dans les Centres de  documentation des lycées, les documents nécessaires à leur sujet comme l’imposent les directives officielles. Il n’y a pas de manuels interdisciplinaires, le plus souvent aucun cours antérieur n’a appris aux élèves le repérage des sources fiables. Utilisateurs d’Internet les élèves ne connaissent pas préalablement à cette recherche la langue des médias**. Le statut de «  Wikipédia » comme source d’information acceptée ou refusée par les professeurs est, en particulier, un indice de l’arbitraire des jugements professoraux. La nature de nombreux sujets ne permet pas davantage aux élèves d’exercer leur esprit critique parce qu’ils n’ont pas eu  de cours antérieurs en liaison avec leurs recherches. Les thèmes ministériels sont d’une abstraction plus à la portée des candidats à l’agrégation qu’aux futurs bacheliers : l’aléatoire, l’insolite, le prévisible/ Lumière, lumières/Matière et forme ...Le travail d’équipe des élèves aboutit à des notations individuelles en 3 parties. La 3ème partie est scindée en deux épreuves orales : la dernière, de 5 minutes environ par candidat, demande à chaque membre de l’équipe de répondre à des questions d’un examinateur venu d’un autre établissement. Le temps d’égalité de parole entre les candidats n’est pas imposé par certains  examinateurs et pourtant un nombre de points sur 3 est attribué à chaque candidat appelé à répondre sur des questions posées sur le sujet traité. Alors que l’importance exceptionnelle de  certains travaux est évidente, des examinateurs dépassent ces overdoses en posant des questions encore étrangères aux sujets des équipes...

La permanence des difficultés pourrait développer l’économie souterraine naissante des TPE. D’anciens élèves proposent leurs recherches, à titre payant, aux nouveaux arrivants en classe de première. Des parents paient des professeurs particuliers pour prendre en charge la réalisation des TPE de leurs enfants. Des parents, impliqués et donc légitimement préoccupés, ont demandé parfois à un proviseur d’interférer dans la démarche des TPE afin de la perfectionner. Ils ont rencontré le béton armé de la liberté pédagogique du professeur et du jury souverain. Un jury n’est souverain que s’il œuvre en respectant strictement les lois, les  valeurs de l’Etat de droit français et les règles institutionnelles.

**La langue des médias. Destruction du langage et fabrication du consentement. Ingrid Riocreux. L’Artilleur.

Annie Keszey, chef d’EPLE retraité.

Destinataires : Bernard Cazeneuve/ Emmanuel Macron/Jean-Yves Le Drian/ Xavier Bertrand/ Alain Juppé/Valérie Pécresse/ Anne Hidalgo/ Nathalie Kosciusko- Morizet/Laurence Rossignol/René Dosière/Elisabeth Badinter. Les syndicats SNPDEN/Synadic/SNCEEL/SNES/SNUIIP- SU/SNACL/SNE/PEEP/FCPE/UNEF/

UNAAPE/UNEF/FIDL/FSU/SNIEN-UNSA. Najat Vallaud-Belkacem. Le Monde/ Le Figaro/ Marianne/Mediapart.

 

 

16 mai 2016

La langue des médias.

Destruction du langage et fabrication du consentement.

Ingrid Riocreux. L’Artilleur. 20 €. 333 pages.

L’auteur est un professeur agrégé de lettres modernes et docteur de l’Université Paris-Sorbonne. Son livre est un cours exceptionnel de français et de décryptage de la langue des journalistes. Son parcours analytique et critique concerne la conjugaison, la grammaire, le vocabulaire et la rhétorique. Ingrid Riocreux étudie les nombreuses fautes des journalistes qui méconnaissent la langue, c’est-à-dire leur principal outil de travail. D’autres fautes sont encore plus graves parce qu’elles ne sont pas objectivement repérables. Elles sont le spectre du faux derrière les petits défauts.

Extraits.

...De même que le journaliste reproduit sans fin les formules de ses confrères, reprend sans réflexion leurs mots, adopte par mimétisme grégaire leur parlure, de même il ne cesse de reproduire des tournures de phrases et de répéter des termes qui impliquent un jugement éthique sur les événements. Prenant pour des données objectives et évidentes des opinions qui sont en fait identifiables comme des points de vue propres à des courants de pensée, il contribue à répandre une doxa faite de préjugés, de stéréotypes et de présupposés qui sont au fondement des croyances de notre société...Car si le langage du journaliste fonctionne comme la vitre déformante à travers laquelle on nous montre le présent, il est aussi une fenêtre trompeuse ouverte sur le passé et sur l’avenir. Analyser le discours du journaliste, c’est donc, d’une certaine manière, mettre au jour l’inconscient de notre société dans tout ce qu’il comporte d’irrationnel ...

...Le journaliste est la figure que l’on se représente quand on écoute France Info tous les jours. Ce personnage peut bien changer de voix, il a toujours le même ton, le même accent, il commet toujours les mêmes fautes de français, il emploie toujours les mêmes mots, il construit son discours sur les mêmes sous-entendus : il n’a pas de visage, pas de vêtements, pas ou peu de personnalité. Il est théoriquement le journaliste parfait, qui s’efface au maximum derrière le message qu’il doit délivrer. A l’instar de son discours, il est lui aussi une vitre...

... « Sans-papiers » est un terme forgé par les militants de la gauche radicale altermondialiste pour en finir avec la force péjorative du mot « clandestins ». Enfin, le terme de « migrants » a ceci de commode qu’il réduit des foules de personnes à leur seul déplacement. L’image ainsi suscitée est celle  d’une masse à la progression inexorable et sans fin;  ils ne viennent de nulle part, ils passent. Sans attache et sans objectif, sans culture et  sans idéal, le « migrant » n’est pas un humain, c’est un zombie. Face aux migrants on se résigne : on ne peut pas les empêcher de venir mais ils repartiront. Le mot « migrant » est particulièrement intéressant parce que, contrairement à d’autres termes, il ne convient à personne : les uns l’accusent d’enrober mensongèrement la réalité et contestent son emploi au profit d’ « envahisseurs » quand les autres lui trouvent des « connotations » négatives et lui préfèreraient celui de « réfugiés ». En effet, en tant que zombie, il va sans dire que le migrant n’inspire pas de pitié. Devant la réticence des Français à accueillir les « migrants », ceux-ci furent donc rapidement rebaptisés « réfugiés ».Cela ne changeait rien au phénomène mais cela transformait sa perception...

...Migrants, islamo-fascisme, climato scepticisme, europhobie etc : personne ne s’interroge sur le bien-fondé de toutes ces notions ni même sur ce qu’elles désignent précisément. Ce qui compte ce n’est pas la définition du mot, c’est le consensus qu’il entretient. On ne sait pas ce que ces termes signifient mais, comme on dit « on se comprend, pas vrai ? ». Par politesse, on peut répondre « bien sûr ». Mais on peut aussi refuser cette connivence imposée...

...Le but est de proposer une grille d’analyse afin de former les réflexes d’écoute...On constatera rapidement que les phénomènes répertoriés sont d’une extrême fréquence et que les exemples sont donc uniquement choisis pour leur valeur représentative car ils définissent par excellence la pratique du Journaliste...

...C’est aussi le rôle du Journaliste : c’est un gardien de l’ordre. Ce que réalise la police dans la sphère de l’action publique, le Journaliste l’accomplit dans le domaine du discours public et, espère-t-il, de la pensée qui sous-tend ce discours. Encore une fois, ce n’est pas la pensée non-conforme qu’il condamne ; il la condamne en tant qu’elle nuit à l’ordre social...

L’auteur part des fautes de syntaxe (« La décision qu’a pris le ministre », « C’est une chose sur lesquelles une mise au point est nécessaire », « Nous en s’rons (saurons) plus cet après-midi », « Les blindés bloquent la route qui conduisent à Donietsk » ...Les exemples sont très divers et très nombreux, classés par catégories.  Puis, l’auteur arrive à la manipulation des esprits qui concerne aussi les sites de réinformation également manipulateurs. Elle décrypte le « politiquement correct » qui est le consensus du mensonge, ou plutôt le consensus des demi-vérités. Tout le monde sait que c’est faux ou à peine vrai, mais c’est ce qu’il convient de dire, notamment en public. L’auteur regrette la dégradation de l’enseignement de la langue française et la disparition de l’enseignement des techniques du discours : la rhétorique inventée par la démocratie grecque et qui a atteint son apogée sous la République romaine.

Le livre est un test pour chaque lecteur engagé à mesurer son degré d’imprégnation, de soumission inconsciente à la propagande officielle journalistique. Ingrid Riocreux analyse en profondeur des actualités particulièrement connues : discours de Nicolas Sarkozy, de François Hollande (Moi président de la République, je ...anaphore développée dans sa forme et son contenu en page 297 qui, déjà, devait comporter une virgule après moi), photo d’un enfant « migrant », Aylan, mort noyé sur une plage, informations de David Pujadas, publications d’Éric Zemmour, paroles du FN...

En fin de lecture, il est possible de s’attribuer une note personnelle d’aptitude à résister à tous ces discours «  orientants » et  de s’engager à guérir de toute naïveté ennemie de la rationalité civique.

La dernière page, fondée sur l’analyse, est rude mais juste.

...On a coutume de dire que l’ascenseur social est en panne. Cela signifie que la démocratie est morte, qu’elle a dégénéré en oligarchie. Ceux qui ont le pouvoir le gardent ; ceux qui ne l’ont pas n’ont aucun espoir de l’acquérir. Sous prétexte de tendre la main aux seconds, les premiers leur vendent des entraves séduisantes : à travers les médias serviles, une information « de qualité », à travers une école délétère, une éducation d’ « excellence ». On sait ce qu’il en est. La classe dominante considère qu’il est plus facile de garder sous contrôle une société d’idiots plutôt que de gouverner un peuple intelligent. Mauvais calcul. Car les masses illettrées et incultes ne restent pourtant pas amorphes. Quand on les a privées de la culture et de l’intelligence, quand on les a privées de mots et de la maitrise du langage, il ne leur reste rien comme moyen d’expression - pire comme mode de pensée - que la violence. L’erreur de nos oligarques réside dans le fait de croire qu’une société d’abrutis est un troupeau bêlant, docile et calme, alors que c’est une meute d’individus féroces, en guerre perpétuelle, les uns contre les autres. Elle commence par abattre tous ces petits maîtres, au nombre desquels les « fabricateurs de consentement » qui ont fait dégénérer le rêve démocratique en pensée totalitaire. L’illettrisme  entraîne la violence, et l’insécurité appelle la tyrannie. Le système qui par son œuvre (éducatrice et médiatique) se targuant d’engendrer des personnes libres et responsables, pétries des idéaux les plus nobles, s’écroulera donc sous les coups de ce qu’il a lui-même produit, en réalité : un gibier de dictature.

Annie Keszey.

 

 

 

24 mars 2016

Jeunesses à l'abandon.

La construction universelle d’une exclusion sociale. Editions Mimésis, 14 €, 140 pages, Michel Fize.

jeunesses à l'abandon.pngMichel Fize est sociologue, écrivain, spécialiste des questions de la jeunesse et de la famille.

La situation de la jeunesse aujourd’hui est dramatique : chômage, précarité et échecs scolaires... Toutes les jeunesses du monde sont pareillement touchées par ces fléaux...Les raisons de l’exclusion des jeunes sont plus profondes que les raisons avancées et ne doivent rien au hasard. L’exclusion est construite par des représentations négatives de l’âge de la jeunesse qui justifient leur écart des « bons »emplois, des « hautes » responsabilités...

Extraits discontinus.

En France, nous sommes bien, en 2016, plus que jamais face à une « génération précaire », « misérable ». 22.5% des jeunes français sont aujourd’hui en situation de précarité. .. Près d’un quart des jeunes français vit sous le seuil de pauvreté, dont ceux qui ne vivent plus chez leurs parents... La moitié des étudiants français doit travailler pour payer ses études... La moitié des étudiants français vit aujourd’hui avec moins de 400 €/mois...Un jeune sur deux seulement travaille dans un domaine pour lequel il a été formé... Le secours catholique évoque les jeunes en extrême précarité (17%), souvent des hommes d’Europe de l’Est et d’Afrique subsaharienne sans titre de séjour et les jeunes Français en rupture familiale, à la rue...Les discriminations à l’embauche pèsent sur les jeunes en général et ceux d’origine maghrébine et de couleur noire en particulier...Les principaux critères de discrimination sont le genre, l’origine ethnique et l’apparence physique. Ainsi une apparence physique « non conventionnelle » est-elle considérée par les sondés comme le principal inconvénient à l’embauche d’un jeune (à 71 % dans le public et à 73 % dans le privé)...

[Christel Brigaudeau, journaliste, à partir d’un rapport du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, souligne, dans « Le Parisien » du 19 mars 2016, l’échec massif des étudiants en première année d’université : seuls 39 % des entrants passent en 2de année. Les échecs sont irréguliers selon le type de baccalauréat acquis et la discipline dominante choisie. Les étudiants titulaires du bac S, scientifique, échouent le moins. Les taux d’échecs augmentent selon l’ordre des baccalauréats : économique, littéraire, technologique et, enfin, professionnel. Les étudiants issus des baccalauréats professionnels n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir une licence... Ni les présidents d’université, ni la ministre de l’Education nationale, ni les professeurs ne se remettent en cause alors que l’inefficacité des universités est maximaliste et dramatique.

Benoît Floc’h, dans « Le Monde » du 16 mars 2016, souligne les énormes dégâts en licence de l’université : seuls 28 % des étudiants obtiennent leur licence en 3 ans. Si l’on compte ceux qui ont besoin de 4 ou 5 ans, la part monte à 44.5 %. La FAGE organisation d’étudiants, à partir du constat des privilèges accordés aux grandes écoles critique l’Etat qui fait le choix d’entretenir une caste plutôt que de répondre à l’intérêt général...]

30 % des diplômés doivent attendre un an, en moyenne, avant de décrocher un emploi...

La planète en 2016, forme de plus en plus d’étudiants qui a l’issue de leurs études, viennent simplement grossir le nombre des chômeurs...En France, par exemple, en une quinzaine d’années, le nombre de diplômés chômeurs a été multiplié par 3 passant de 3 % à 9 %, en moyenne...En Espagne, 40 % des jeunes occupent aujourd’hui un poste inférieur à leur niveau d’études...

Presque partout dans le monde le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui des adultes...

Aujourd’hui, il n’y a plus d’idéologies porteuses pour la jeunesse, plus de sens !

En France, le nombre de tentatives de suicides des moins de 24 ans reste encore à un niveau élevé : 50 000 au moins par an...

Les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non, dans de très nombreux pays rêvent d’exode...Le nombre de jeunes Français qui s’installent à l’étranger augmente de 4% par an depuis les années 2000 et les expatriés restent de plus en plus longtemps hors de France...

En mai 2015, le ministre de l’Intérieur a révélé que 457 jeunes Français combattaient sous la bannière djihadiste, soit une augmentation de 203 % en un an...L’augmentation évaluée en mai 2016 sera encore plus attristante.

Quels sont les responsables de la débâcle juvénile ?

Le discours adulte sur les jeunes, qui s’appuie sur des clichés et des étiquettes est éminemment globalement négatif. Cet âge est toujours défini par l’adulte-parleur comme un condensé de difficultés, une charge épouvantable. La jeunesse est toujours appréhendée comme un « problème »...L’on a définitivement compris que pour les adultes actuels, « les jeunes d’aujourd’hui » sont toujours moins bien que « les jeunes d’hier » c’est-à-dire eux-mêmes...

Les observateurs, depuis les années 1960, désignent généralement comme première responsable du mauvais sort de la jeunesse l’Education nationale française à qui sont imputées notamment des erreurs d’orientation. Ils dénoncent l’inadéquation de l’école aux besoins du marché du travail, ainsi que l’inadaptation de l’offre et de la demande. Ils dénoncent l’insuffisance ou l’absence de formation...L’échec scolaire des plus pauvres n’est pas un accident, il est inhérent à un système qui a globalement conservé la structure et l’organisation adaptées à la mission qui lui a été assignée à l’origine : trier et sélectionner...Les patrons parlent aussi du manque de sociabilité des jeunes, ou une allergie à certains types d’activités (restauration, bâtiment et travaux publics...), leur refus de s’adapter aux règles de l’entreprise...sans oublier le fameux « manque d’expérience » - un manque dont on ne voit toujours pas comment on pourrait l’éliminer pour les demandeurs de « premier emploi » ! L’inexpérience est définitivement un critère attribué à l’âge de la jeunesse, qui n’est bien sûr qu’un simple préjugé. Voilà comment l’on construit un mécanisme d’exclusion...

Les observateurs mentionnent aussi des explications économiques. Le pouvoir politique, accusé, se défend en indiquant selon la célèbre formule mitterrandienne, qu’il a « tout essayé ». Mais qu’a-t-il essayé au juste ? Les recettes classiques comme l’abaissement des charges des entreprises, en contrepartie d’embauche de moins de 25 ans ? Sans grands résultats, on le sait, si ce n’est pour les patrons un effet d’aubaine. On se rappelle que les entreprises de ce pays ont souvent empoché les aides sans créer d’emplois...

Enfin, pour se donner bonne conscience d’agir, les Etats, au moins d’Europe, ont pris l’habitude de se réunir pour quelques « grands-messes ». Hollande y a participé en juillet et novembre 2013 et en 2014 ! [La jeunesse, en France, est déclarée prioritaire depuis 2012. En quatre ans le nombre de chômeurs a augmenté d’un million, trois ans après leur sortie du système éducatif, un jeune sur cinq se retrouve au chômage et plus d’un tiers en emploi précaire. Les « emplois d’avenir », les «contrats starter », la « garantie jeunes », la « réforme des bourses étudiantes », le « coup de pouce au logement étudiant », le « contrat de génération », décisions de François Hollande, sont bien allés vers les publics les plus fragiles mais la pertinence des mesures qui s’instaurent dans une étonnante discrétion doit être évaluée... Françoise Fressoz.]

Pour sortir la jeunesse de cette infortune, il faut reconstruire autrement l’édifice social...Partout dans le monde la jeunesse a besoin, au-delà d’emplois et de réussite scolaire, de reconnaissance, d’implication dans la vie de la cité et de se sentir partout utile...

Demandez le « programme jeune ». Michel Fize appelle l’Etat inefficace,  en urgence, à définir une POLITIQUE GLOBALE, qui vise à la fois une meilleure insertion dans les domaines de l’éducation, de l’économie, de la santé, du logement, de l’engagement public, ce qui passe assurément par l’institution d’un grand « Ministère de la Jeunesse et de la Solidarité entre générations », une décision qui serait une marque de respect envers la jeunesse...Tout citoyen de 16 à 25 ans, afin d’être protégé de la précarité, devrait toucher une allocation d’autonomie, financée à terme par des cotisations patronales. Par ailleurs, le revenu de solidarité pourrait être étendu à tous les moins de 25 ans, sans autres conditions que celles des ressources familiales disponibles...L’auteur propose de nombreuses autres initiatives dont l’abandon des stages non rémunérés, un pourcentage d’emplois libres réservés pour la jeunesse, des contrats plus longs et plus stables, une école de l’excellence pour tous aux pratiques de collaboration entre élèves valorisées...

Dans le monde, le chômage est lié à l’immigration et au développement économique. Dans dix ans, par exemple, quelques onze millions de jeunes africains entreront sur le marché du travail. Ces emplois auront-ils été créés ?...

Image : babelio.com                                                    Annie Keszey.

05 novembre 2015

RACE: L'ignorance conduit à la détestation.

D’après Dominique Stoppa-Lyonnet, professeur de génétique à l’université Paris Descartes, chef du service de génétique à l’Institut Curie, suppléante de François Fillon à l’Assemblée nationale. Extraits de l’article publié dans le journal Le Monde du 7/10/2015.

Leçon de science adressée à une élue française au parlement européen qui a interrompu ses études au système de Ptolémée qui plaçait la terre au centre du monde, le soleil tournant autour.

Oui, Justine, Lucie, Jules, Antoine, Johann, Anne Charlotte...et tous vos amis - élèves, sérieux et réfléchis d’aujourd’hui, vous avez raison, il FAUT SAVOIR, à partir de sources sûres.

Les races humaines, selon la biologie, n’existent pas.

« L’Homo sapiens constitue notre humanité. Il a progressivement migré depuis l’Afrique de l’Est où il est né, il y a 200 000 ans. Il est plus que probable qu’il ait reçu quelques contributions génétiques d’Homo neanderthalensis, entre 50 000 et 100 000 ans au Proche-Orient, avant qu’il ne se répande à travers l’Europe, l’Asie puis l’Océanie et l’Amérique. Au cours de notre longue préhistoire puis histoire, des groupes humains ou populations se sont ensuite constitués sur notre planète au hasard des migrations guidées par la géographie des lieux, les événements climatiques et plus tard les grands événements politiques et religieux.

Le séquençage du génome (6 milliards de paires de bases réparties sur nos 23 paires de chromosomes) de nombreux individus appartenant à différentes populations a permis de montrer définitivement que les 7 milliards d’humains que nous sommes aujourd’hui partagent essentiellement le même patrimoine génétique. Il existe pourtant de légères variations entre individus, variations dont seulement un petit nombre contribuent à nos différences. Ainsi deux personnes, prises au hasard dans la population humaine, diffèrent entre elles, en moyenne, par 3.2 millions de paires de bases, soit par seulement 0.05% de leur génome : si peu et pourtant beaucoup ! Il existe tout autant de ces différences à l’intérieur d’une même population qu’entre deux populations différentes de taille comparable.

Néanmoins certains variants sont plus fréquents dans certaines populations, s’étant accumulés parce qu’ils les protègent d’une maladie infectieuse ou parce qu’ils leur ont permis de résister à un environnement délétère (froid, sécheresse, disette...) Agents infectieux, régimes alimentaires ou climats hostiles ont constitué, et constituent toujours, des facteurs de pression de sélection qui sont favorables aux individus porteurs de ces variants protecteurs, ou plutôt, défavorables à ceux qui ne les portent pas.

L’auteur donne deux premiers exemples de ces variants et poursuit...

Mais un autre exemple est bien plus sensible car il constitue l’élément majeur sur lequel se fonde la notion biologiquement inepte de race humaine : la couleur de la peau.

La faible pigmentation de la peau des populations du nord de l’Afrique, d’Europe et d’Asie résulte d’un trait génétique complexe et est en partie liée à la présence de variants du gène SIC24AS, l’un des gènes

régulant la synthèse de mélanine (pigment foncé des téguments). L’absence d’avantage sélectif d’une peau noire dans les pays de latitude élevée, moins exposés au soleil, et, à l’inverse, l’avantage d’une peau claire facilitant la synthèse de vitamine D et prévenant le rachitisme ont conduit à la tendance écrasante de la présence de populations à peau blanche en Europe et en Asie. En revanche une peau noire est commune à toutes sortes de groupes de populations vivant dans des zones tropicales ensoleillées, où qu’elles soient dans le monde, des populations aussi différentes que celles d’Afrique, d’Inde ou d’Océanie.

Penser que, parce que certains traits physiques sont quasi constants dans une population - en particulier la couleur de la peau – les génomes des individus qui la composent sont identiques, et que cette identité les réunit en un groupe fermé, génétiquement distinct, est une extrapolation fallacieuse. C’est pourtant sur ce raisonnement erroné que repose le concept de race développé au XIXème siècle.

Ce concept catégorise, classifie, mais surtout, au fond, hiérarchise les populations. Cette conceptualisation a trouvé son apogée avec la publication par Arthur de Gobineau de l’Essai sur l’inégalité des races humaines (1853) et sur le mouvement eugéniste développé par Francis Galton, en Angleterre. La hiérarchisation de la population humaine en différentes races a justifié les comportements discriminatoires et haineux du XXème siècle. Les races humaines n’existent pas, ou plutôt elles n’existent que selon des définitions culturelles et non biologiques, dans nos lois d’homme et non dans celles de la nature, dans l’invective et non dans la raison. L’ensemble de notre humanité n’appartient qu’à une seule et même espèce : Homo sapiens.

L’auteur démonte et nie scientifiquement ensuite l’idée de « race animale »...

La connaissance de l’origine de notre humanité et la compréhension de ce qui fait nos différences, qu’il serait puéril de nier, mais surtout nos ressemblances sont la seule façon de dénuer de sens le mot race chez l’homme.

L’exposition « Tous parents, tous différents » d’André Langanay, au Musée de l’homme en 1992, doit être reprise et présentée sur tout notre territoire. Et la voix de Claude Nougaro doit continuer de nous chanter :

« Armstrong, un jour, tôt ou tard,

On n’est que des os...

Est-ce que les tiens seront noirs ?

Ce s’rait rigolo !

Allez Louis, alléluia !

Au-delà de nos oripeaux,

Noir et Blanc

Sont ressemblants

Comme deux gouttes d’eau. »

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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21 septembre 2015

PENSER GLOBAL. L'HUMAIN ET SON UNIVERS.

Edgar MORIN - Editions Robert Laffont - 134 pages – Préface de Michel Wieviorka

Madame Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, vient d’introduire l’interdisciplinarité dans les collèges. Or les professeurs ne sont pas formés et ne pourront appliquer cette réforme puisqu’ils ont reçu un enseignement par disciplines cloisonnées. Des programmes interdisciplinaires commencent cependant à être proposés, par le CNRS par exemple, ainsi que des réflexions théoriques pour accéder aux connaissances nécessaires à une nouvelle pensée : la pensée complexe, définie en particulier par Edgar Morin.  

Des sites dont www.ing.ulg.ac.be/articles/interdisciplinarite/index/htlm précisent la notion d’interdisciplinarité.   

Edgar Morin, directeur de recherches émérite au CNRS, théoricien de « la pensée complexe » nous invite à « penser global ». Un résumé de son livre n’aurait pas la profondeur ni la rigueur requises. Les extraits discontinus suivants ont pour intention d’introduire  certains des développements de l’ouvrage, l’ensemble seul permettant  l’accès à la thèse de la pensée globale protectrice contre les facilités de l’air du temps et les injonctions de l’actualité.  

Le site Fondation maison des sciences de l’homme www.fmsh.fr/FR/C/1287, propose aussi des conférences d’Edgar Morin explicitant la pensée complexe. La compartimentation des savoirs empêche de traiter les problèmes à la fois fondamentaux et globaux. Peut-on envisager une connaissance du global qui évite le réductionnisme (aveugle aux qualités propres au tout), l’unilatéralisme (prendre une partie pour le tout), le holisme (aveugle aux relations tout-partie), une pensée complexe donc (mais qui ne peut éliminer toute incertitude ou insuffisance) apte à relever les défis auxquels est confrontée notre connaissance.

 

Extraits du livre.

 

La définition de l’humain est trinitaire parce qu’elle comporte l’individu mais aussi la société humaine et l’espèce biologique, ou plutôt l’espèce humaine... 

Notre système d’enseignement présente une disjonction dramatique entre ces trois polarités fondamentales de l’homme. Celui-ci est séparément enseigné sous le prisme de la biologie et sous celui des sciences humaines. Le meilleur exemple est le traitement réservé au cerveau, qui peut être étudié via la biologie et plus particulièrement la neurologie tandis que l’esprit s’inscrira, lui, dans la sphère de la psychologie. Les sciences dures sont séparées des sciences humaines pour l’analyse d’un même élément constitutif de l’humain... 

 

La conscience écologique - je ne parle pas du mouvement écologique actuel où cette conscience est quelque peu laissée entre parenthèses -  s’inscrit dans une science nouvelle qui s’est développée autour de la notion d’écosystème : dans un milieu donné, les interactions entre les végétaux, les animaux, le climat, la géographie, la géologie créent une organisation spontanée, autorégulée. L’ensemble des écosystèmes sur notre planète va constituer ce qu’on appelle la biosphère. Biosphère qui nous enveloppe, que nous avons cru pouvoir dominer et manipuler. Dans cette relation, plus nous croyons posséder la nature, plus nous sommes possédés par une force qui nous conduit au plus extrême : l’autodestruction. 

Mais grâce à la conscience écologique nous commençons à essayer de concevoir notre relation avec la nature vivante, et également avec la nature physique, autre aspect de notre complexité d’êtres humains...

 

En comprenant que nous sommes faits de molécules qui elles-mêmes se sont agrégées à partir d’atomes, et que ces atomes se sont agrégés à partir de particules, et que ces particules sont apparues dès peut-être les premières secondes de l’univers, nous nous rendons compte que l’histoire de cet univers de treize milliards d’années est en nous...

 

Cela nous confirme le principe hologrammatique : nous sommes solidaires de l’univers. Nous sommes partie de notre univers physique, biologique, cosmique tout en étant distincts par notre culture, par notre conscience, par notre double identité biologique et anthropologique, et aussi par notre double identité anthropologique et biocosmique... 

 

La polarité prosaïque de la vie commande tout ce que nous faisons par contrainte, pour survivre, pour gagner notre vie. Et il y a la polarité poétique de la vie, c’est-à-dire celle où l’on s’épanouit personnellement, ou l’on a des moments d’harmonie et de joie. Moments que donnent l’amour, l’amitié, la liesse. C’est cela qui est vivre, vivre poétiquement ; alors que la part prosaïque de la vie nous permet seulement de survivre...La pensée politique ne devrait plus ignorer les besoins poétiques de l’être humain. Pour percevoir cette réalité humaine complexe et ambivalente, il faut s’éloigner des cloisonnements et des séparations institués par l’enseignement. Il faut non seulement réunir les connaissances venues des sciences naturelles et des sciences humaines pour comprendre l’humain, mais aussi envisager la littérature qui est aussi un moyen de connaissances... 

 

Si on n’enseigne pas aux humains ce qu’ils sont, il y a une lacune extrêmement grave. Il y a un manque d’autoconnaissance extrêmement nocif. C’est l’une des plus grandes sources d’erreur, d’illusions sur nous-mêmes et pour nos vies...

 

Notre conception du futur comporte beaucoup d’imprécisions, beaucoup de lacunes, beaucoup d’énigmes, beaucoup de mystères. La différence entre l’énigme et le mystère, c’est que dans l’énigme, comme dans un roman policier, on finit par trouver l’explication rationnelle. La  science a résolu beaucoup d’énigmes. Le mystère c’est ce qu’on ne peut pas résoudre, ce qu’on ne peut pas comprendre...

 

Mais une pensée globale est possible : c’est une pensée qui tient compte de ces énigmes, qui tient compte de ces mystères, qui tient compte de l’improbabilité, qui tient compte du fait que beaucoup de données sur la cosmologie, sur l’hominisation, pourront être révisées par de nouvelles découvertes, par de nouvelles trouvailles, par de nouvelles pensées, par de nouvelles théories...

 

La politique basée sur l’analyse des rapports, sur la connaissance quantitative, nous montre qu’elle ne peut pas penser global, ce qui est pourtant vital... 

Encore une fois la quantification et le cloisonnement sont les ennemis de la compréhension... 

 

Nous ne sommes pas seulement dans une crise économique. En se répandant dans l’univers, la civilisation occidentale, elle-même en crise, se présente aux pays en voie de développement comme étant la guérison alors qu’elle porte en elle la maladie...

 

Il y a l’influence possible du présent sur le futur : l’optimisme nous aveugle sur les périls ; le pessimisme nous paralyse et contribue au pire. Il faut penser au-delà de l’optimisme et pessimisme. Moi je suis un opti-pessimiste. J’ai pour ma part récusé que le raisonnable s’imposera tôt ou tard. Il est possible que devant un extrême danger on prenne conscience et donc in extremis des mesures de salut. Mais jamais le raisonnable ne s’est imposé de lui-même vu le caractère anthropologique de l’homo sapiens – demens...

 

Nous avons besoin de mondiologues. Les futurologues actuels ne sont pas mondiologues : ils découpent le futur en petits morceaux, alors que l’intéressant et l’important, c’est de voir les interactions, les rétroactions et les interférences...

 

Ce qui est intéressant, c’est que le propre de la nature humaine est son unité génétique, physiologique, anatomique, affective – tous les humains connaissent la douleur, le plaisir, la joie, sourient, pleurent...-toutefois cette unité se traduit toujours chez des individus différents les uns des autres. L’apparent paradoxe est que l’unité crée de la diversité, mais que la diversité elle-même ne peut s’épanouir qu’à partir de l’unité. Cette idée est assez importante dans notre époque planétaire, où l’humanité se trouve aujourd’hui rassemblée dans une même communauté de destin. Il faut reconnaître les autres comme à la fois différents de nous et en même temps semblables à nous... 

 

La métamorphose biologique, technique et informatique nécessite surtout d’être accompagnée, régulée, contrôlée, guidée par une métamorphose éthique, culturelle et sociale. Il est tragique que la métamorphose transhumaine ait commencé sous la poussée du triple moteur scientifique/technique/économique alors que la métamorphose  éthique, culturelle, sociale, de plus en plus indispensable, soit encore dans les limbes... 

 

La pensée complexe est une pensée qui relie, d’une part en contextualisant, c’est-à-dire en reliant au contexte, d’autre part en essayant de comprendre ce qu’est un système.

 

La pensée complexe met en lumière ce qui est aujourd’hui signifié par ce mot étrange : l’émergence. L’émergence, c’est la survenue, quand il y a un tout organisé, de qualités qui n’existent pas dans les parties prises isolément. Pour pouvoir penser la globalité de la société, il est nécessaire de voir cette relation entre les parties et le tout, trait précisément de complexité... 

L’objet de la pensée complexe  n’est pas de détruire l’incertitude, mais de la repérer, de la reconnaître, c’est d’éviter la croyance en une vérité totale... 

 

Nous sommes dans une époque qui a besoin d’un changement de paradigme et cela arrive rarement dans l’histoire. Il s’agirait de substituer la distinction à la disjonction, la reliance à la réduction : il faut distinguer et, en même temps, relier. C’est le paradigme de complexité... 

 

Face à ces dangers (les fanatismes, les peurs, les pires conditions dans lesquelles peuvent surgir les conflits meurtriers, les régressions politiques les pires), nous sommes amenés à chercher une pensée plus ouverte, globale et en même temps complexe. Nous devons éviter ce qu’on appelle la « rationalisation », c’est-à-dire des systèmes logiques mais qui n’ont aucune base, aucun fondement.

 

Nous devons éviter « la dogmatisation », c’est-à-dire le durcissement de nos idées, le refus de les confronter à l’expérience. Nous devons abandonner une rationalité fermée, incapable de saisir ce qui échappe à la logique classique, incapable de comprendre ce qui l’excède, pour nous vouer à une rationalité ouverte connaissant ses limites et consciente de l’irrationalisable. Nous devons sans cesse lutter pour ne pas croire aux illusions qui vont prendre la solidité d’une  croyance mythologique. Nous sommes dans ce monde global confrontés aux difficultés de la pensée globale, qui sont les mêmes que les difficultés de la pensée complexe. 

Nous vivons le commencement d’un commencement. 

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07 juin 2015

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT D'ANTICOR.

ANTICOR TROMPE,  INVOLONTAIREMENT SANS DOUTE, LES ELECTEURS.  

ANTICOR est une association particulièrement utile puisqu’elle lutte contre la corruption financière. Les citoyens ordinaires la respectent et  en approuvent la finalité.  

Le 8 Juin 2015, à la Défense, vous allez, semble-t-il, rencontrer Christophe Grébert afin qu’il signe votre charte anticorruption et se fasse ainsi une nouvelle publicité médiatique pour l’élection municipale du 14 juin. 

Christophe Grébert n’a aucune réserve quant à l’adhésion aux chartes : il a signé en 2008 la charte éthique de la liste « Puteaux Ensemble » aux élections municipales, puis, ensuite, il a adhéré doctement à la charte du MoDem. Il a trahi ces deux chartes, sans remords : spécialisé en critiques puisqu’il se proclame lanceur d’alertes, il est particulièrement inapte à l’autocritique. Sa personnalité virtuelle de blogueur paraît une perfection ! 

Avec une certitude fondée sur l’état actuel des informations publiques, il n’est pas concerné par la corruption financière, il n’a d’ailleurs eu aucun accès aux fonds publics jusqu’à présent, semble-t-il. 

Votre label Anticor est cependant entaché d’ambiguïté. Vous militez pour une «  politique éthique », ce qui dépasse amplement le seul domaine financier. En 2014, je vous avais déjà adressé plusieurs preuves des comportements de Christophe Grébert, certes acceptables pour un citoyen ordinaire, mais incompatibles avec sa prétention à représenter autrui : ses manipulations, ses tricheries, ses mensonges, la censure de son blog appliquée à ceux qui le gênent alors qu’il y a créé une association pour défendre la liberté d’expression... 

Votre « brume » éthique trompe les électeurs. 

Réduisez votre action à la seule lutte contre la corruption financière afin de gagner en rigueur ou, si vous maintenez l’actuelle amplitude  des qualités morales que vous exigez, contrôlez mieux la valeur, l’éthique de vos candidats au label. 

Concernée par divers mensonges publics,  dont ceux que Christophe Grébert vous a fait parvenir en 2014*, sachez que je ne suis pas atteinte de la maladie d’Alzheimer et m’en réjouis. Je n’ai la carte d’aucun parti politique, n’ai donc pas été exclue du PS*, je n’ai pas soutenu le FN, que je critique d’ailleurs sur mes blogs. Je ne suis pas une « taupe » de Mme Ceccaldi-Raynaud dans la cité* : nous avons entre nous des relations respectueuses dans lesquelles n’entrent pas des convictions mais le souci partagé d’agir positivement pour le bien de familles en difficulté.  

Je collectionne ces attaques parce qu’elles évaluent « la grandeur », « l’objectivité » et « l’exemplarité » d’auteurs labellisés Anticor potentiels.  

Annie Keszey, professeur d’Education civique (certes utopique) pendant vingt ans. 

http://www.notreputeaux.com           http://www.atelier-idees.org 

http://rupture-et-metamorphose.org

 

 

 

21 décembre 2014

ACHEVONS LE MAMMOUTH.

 

Extrait de l’éditorial de Jacques Julliard. Marianne n° 921. 

 

En vérité, l’histoire sera beaucoup plus sévère pour le bilan éducatif de François Hollande que pour son bilan économique…

Il est temps de donner le coup de grâce à un mammouth engoncé dans sa graisse, mais toujours aussi malfaisant : le ministère de l’Education nationale. Il faut le soustraire aux aléas politiques, aux plans de carrière des ministres, à l’arrogance administrative, à la stérilité intellectuelle, à l’alibi pédagogique. Il faut raser la forteresse de la rue de Grenelle, et lui substituer un Haut-Commissariat à l’éducation et à la recherche rattaché directement au Premier ministre, et animé par une grande personnalité nommée pour cinq ans, à l’abri du microcosme politicien. Aux formes près, c’est de cette façon que pendant près de cinq années Jules Ferry et sa phalange  de grands esprits républicains, nourris de culture et de désintéressement, ont fondé notre école. Avec pour programmes de répondre aux urgences (la lutte contre l’illettrisme, la revalorisation financière et morale de la fonction enseignante, la réforme en profondeur du premier cycle de l’enseignement supérieur)   et renouer avec la largeur de vues de la mystique républicaine… 

 

Quelle urgence, en effet ! 

 

Annie Keszey