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21 novembre 2017

Faire de la politique autrement. L'autogouvernance.

Reinventing Organizations » de Frédéric Laloux, livre de 484 pages, traduit de l’anglais, publié en 2015 aux Editions Diateino, est un guide pour ceux qui aspirent à gérer autrement leur entreprise, association, école, hôpital  (ou d’autres groupes dont un comité, par exemple)...EXTRAITS.

Notre planète est devenue trop petite pour héberger notre modèle économique. Nos entreprises contribuent massivement à l’épuisement des ressources naturelles, de nos réserves d’eau et de nos terres arables, tout comme à la destruction des écosystèmes et au changement climatique. Nous jouons tous à la roulette russe avec l’avenir misant sur le fait que des solutions technologiques, encore à trouver, nous aideront à résoudre tous ces problèmes. Ce pari me paraît pour le moins risqué. Du point de vue économique, un modèle de croissance infinie dans un monde aux ressources finies nous mène droit dans le mur...
On cite souvent une phrase d’Einstein qui dit qu’on ne peut résoudre un problème depuis le niveau de conscience qui l’a créé. Si ce que dit Einstein est juste, une nouvelle façon de voir les choses, un autre niveau de conscience, une nouvelle conception du monde sont le préalable indispensable à la réinvention du monde... »
L’auteur présente d’abord l’histoire et le développement des organisations d’hier à aujourd’hui. Il attribue une couleur à chaque stade organisationnel qu’il décrit avec précision depuis le stade Réactif- Paradigme infra-rouge, 100 000 à 50 000 ans avant notre ère, jusqu’au stade Evolutif Opale, en cours de développement aujourd’hui. Douze entreprises du monde pionnières en organisation, dans les domaines de l’énergie, de la santé, de l’instruction, de l’informatique, de l’agroalimentaire ...sont détaillées et le cumul de leurs transformations permet une synthèse de la future société Opale, respectueuse de l’homme et de l’univers.
« Les entreprises pionnières du paradigme Opale font apparaître trois avancées majeures :
 - L’autogouvernance  permet un fonctionnement efficace sur la base de relations d’égal à égal, en dehors de toute hiérarchie et sans recherche de consensus.
- L’affirmation de soi devient possible  puisque les organisations Opale ont développé un ensemble de pratiques qui nous invitent à venir au travail avec tout ce que nous sommes, dans la plénitude de notre humanité. 
- La raison d’être Evolutive, au lieu d’essayer de prévoir et de maîtriser l’avenir, fait que ces entreprises invitent leurs collaborateurs à écouter et à comprendre ce qu’elles veulent devenir, et, à quelle finalité elles entendent répondre.
Chacune de ces avancées se manifeste à travers un certain nombre de fonctionnements concrets... »
L’autogouvernance.
« La concentration du pouvoir au sommet, qui crée une frontière entre ceux qui l’ont et ceux qui ne l’ont pas, engendre des problèmes qui empoisonnent la vie des organisations, aussi loin que nous puissions remonter. Le pouvoir est considéré comme une ressource rare qui mérite qu’on se batte pour l’avoir, et cette situation fait invariablement remonter la part d’ombre de la nature humaine, l’ambition personnelle, le calcul politique, la méfiance, la peur et la cupidité. A la base de la pyramide, elle fait souvent le lit des jumeaux de l’impuissance : la résignation et le ressentiment... 
Les organisations Opale introduisent une première rupture : elles dépassent le problème antédiluvien de l’inégalité de pouvoir grâce à des structures et à des modes de fonctionnement dans lesquels personne n’a de pouvoir sur qui que ce soit et pourtant, paradoxalement, l’entreprise dans son ensemble en devient considérablement plus puissante...Au sein de Buurtzorg (terme qui signifie soins de proximité en néerlandais), les 7 000 infirmiers et infirmières  travaillent en équipes de 10 à 12, chaque équipe suivant environ 50 patients...L’équipe n’a pas de chef et les décisions importantes sont prises collectivement...Les patients sont vus et reconnus dans la plénitude de leur être et au-delà de leurs besoins physiques, leurs demandes émotionnelles, relationnelles et spirituelles sont aussi prises en compte...Les équipes sont autonomes et auto-régularisées...Buurtzorg a développé des moyens très efficaces pour accompagner les équipes (formation, coaching, outils de gestion)...Les nouvelles équipes ou les nouvelles recrues des équipes confirmées suivent une formation intitulée  méthodes d’interaction orientées solution...Pendant la formation, les coéquipiers approfondissent leur connaissance des règles les plus fondamentales (et, ironiquement, souvent les plus négligées) de la collaboration entre des personnes : les différents types d’écoute et de communication, comment conduire une réunion, comment se coacher mutuellement et autres expériences  concrètes...En l’absence de chef, personne ne peut dicter sa loi ni trancher, pour le remplacer les équipes ont recours à une méthode collective de résolution de problèmes et de prise de décision très précise et efficace . Le groupe commence par se choisir un facilitateur, l’ordre du jour est discuté et fixé...Le facilitateur ne doit rien dire, rien suggérer, rien décider : il recueille les propositions, toutes écrites au tableau. Elles sont ensuite passées en revue, améliorées et précisées, puis soumises à la décision du groupe. La base de la décision n’est pas le consensus. Personne ne peut émettre un veto...Quel que soit le sujet, il y aura toujours quelqu’un qui aura plus à apporter que les autres...L’absence de lien de subordination ouvre un espace à d’autres hiérarchies, naturelles et spontanées : hiérarchies fluides de reconnaissance, d’influence et de talent, que l’on appelle parfois hiérarchies naturelles par opposition aux hiérarchies de pouvoir...
Les organisations Opale n’ont pas d’encadrement intermédiaire, les fonctions supports sont réduites au strict minimum, les cols bleus deviennent Opale, il n’y a pas de comité exécutif, peu de réunions, le savoir est partagé entre les équipes, il n’y a pas d’organigramme, pas de description ni d’intitulés de postes...En l’absence d’encadrement intermédiaire et de niveau fonctionnel important, les organisations Opale n’ont plus les mécanismes habituels des entreprises ; elles ont la confiance mutuelle comme fondation...La confiance plutôt que le contrôle...
Le chapitre 2.3 décrit le processus d’autogouvernance : il développe la sollicitation d’avis nécessaires à la prise de décision, sans consensus, la démarche de prise de décision en situation de crise, la concrétisation de la politique d’achats et des investissements, la communication interne, la gestion des talents, la définition des rôles et de l’allocation des ressources, les responsabilités, la gestion des performances, la résolution des conflits, les processus de nomination, les rémunérations et les incitations financières, les licenciements...
« Les entreprises autogouvernées sont des systèmes complexes, participatifs, interconnectés, interdépendants et en évolution continue, comme les écosystèmes de la nature. La forme y découle du besoin, les rôles se prennent, s’abandonnent, s’échangent de façon fluide. Le pouvoir est réparti. Les décisions se prennent là où elles émergent. Les innovations peuvent surgir de toute part. Les réunions se tiennent en fonction des besoins. Des groupes de travail se forment aussi spontanément et rapidement qu’ils se dispersent... »
Les jeunes pigent l’autogouvernance instinctivement. Selon Gary Hamel, sur le Web :
Personne ne peut tuer une bonne idée ; / tout le monde peut entrer  ;/n’importe qui peut prendre la direction ; /personne ne peut dicter sa loi: /chacun choisit sa cause ; /on peut facilement rebondir sur ce que les autres ont fait ; /on n’a pas à supporter les brutes ni les tyrans : / les agitateurs ne se font pas marginaliser ; / c’est en général l’excellence qui gagne (et pas la médiocrité) ; /  les façons de faire qui tuent l’enthousiasme se font renverser ; / les contributions géniales sont reconnues et célébrées. »
D’aucuns ne sauraient s’épargner la lecture attentive de ce nouveau management, dans l’intérêt de tous.               Annie Keszey

10 avril 2017

Le pauvre triplement marginalisé.

Extrait d’une intervention de Marc Hatzfeld, sociologue et anthropologue des banlieues, dans le journal Le Monde des 12 et 13 mars 2017.

...Triplement marginalisés par le chômage, la géographie et la négligence, les pauvres votent peu. Ils regardent cependant et certains voient plutôt clair. J’ai le souvenir d’une joyeuse bande de garçons parlant de « bouffonneries » au sujet des mots d’ordre lissés de la com de la précédente campagne électorale. Cette année, le paysage médiatique donne à l’événement une autre ampleur. Deux traits ressortent de cet instant politique majeur  du point de vue des banlieues.

Le premier est une combinaison de désordre et d’incertitude. La pagaïe verbale et comportementale est totale. Pendant trois semaines on a entendu des responsables qui se prétendent de haut niveau parler de guerre civile, défier les autorités du pays, perdre leur sang- froid, se parjurer en une pirouette, se tirer dans les pattes comme des gosses de maternelle oubliés de la maîtresse. De la pagaïe verbale à la pagaïe institutionnelle le pas est vite franchi. Les pauvres savent que les instants de désordre offerts par  une institution qui a perdu la tête sont des opportunités pour renverser la table. L’horizon des jeunes parmi la population des cités est obscur. Ils n’ont pas grand-chose à perdre. Les pitreries d’appareil qui ont suivi le bouleversement du parti Les Républicains sont arrivées comme un aveu d’incompétence politique qui ouvre le champ à tout débordement. Les arrangements qui ont précédé et suivi un accord entre bureaucrates dans les organisations de gauche sont apparus comme des manifestations d’impréparation et des bisbilles  enfantines pour ceux dont le quotidien est fait de débrouilles vitales. On sent que ça flotte là-haut, que ça ne se décline qu’en éléments de langage formatés, que les chefs se défilent et que l’autorité part en vrille. On sent la faille s’ouvrir...

Le second trait de ce moment chargé de symbolique est le foutoir moral qu’il révèle...

A suivre.

Annie Keszey.

 

 

 

08 février 2017

Simone Weil (1909-1943) : Note sur la suppression générale des Partis politiques

  1. Un texte ancien particulièrement actuel.simone weil_puteaux.jpg

Simone Weil, agrégée de Philosophie, est décédée en 1943. Les extraits suivants proviennent de la « Note sur la suppression générale des Partis Politiques » (Editions Climats, 2006) écrite à l'époque du Communisme soviétique, du Nazisme et du Fascisme.

Alain jugea la note : « J'avais déjà toutes ces idées ; seulement elles étaient sans puissance, comme il arrive quand on ne combat pas, comme dit Descartes, avec toutes ses forces ».

Le mot « parti » est pris dans la signification qu'il a sur le continent européen.

L'idée de parti n'entrait pas dans la conception politique française de 1789, sinon comme mal à éviter, mais il y eut le club des Jacobins.

Notre idéal républicain procède entièrement de la notion de volonté générale due à Jean Jacques Rousseau.

La vérité est une. La justice est une. Les erreurs, les injustices sont indéfiniment variables. Ainsi les hommes convergent dans le juste et le vrai, au lieu que le mensonge et le crime les font indéfiniment diverger...

Il y a deux conditions indispensables pour appliquer la notion de volonté générale :

  • qu'il n'y ait dans le peuple aucune passion collective
  • que le peuple ait à exprimer son vouloir à l'égard des problèmes de la vie publique et non pas à faire seulement un choix de personnes... C'est en 1989, seulement, que s'exprima une pensée collective dans les cahiers de revendications (de doléances).

Pour apprécier les partis politiques selon le critère de la vérité, de la justice, du bien public, il convient d'en discerner les caractères essentiels :

  • un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective
  • un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres,
  • la première fin et, en dernière analyse, l'unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite.

Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration.

La croissance matérielle du parti devient l'unique critère par rapport auquel se définissent en toutes choses le bien et le mal. Dès lors que la croissance du parti constitue un critère du bien, il s'ensuit inévitablement une pression collective du parti sur les pensées des hommes. Cette pression s'exerce en fait, elle s'étale publiquement. Elle est avouée, proclamée. Cela nous ferait horreur, si l'accoutumance ne nous avait pas endurcis.

Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice. La pression collective est exercée sur le grand public par la propagande.

Les partis parlent, il est vrai, d'éducation à l'égard de ceux qui sont venus à eux, sympathisants, jeunes, nouveaux adhérents. Ce mot est un mensonge. Il s'agit d'un dressage pour préparer l'emprise bien plus rigoureuse exercée par le parti sur la pensée de ses membres.

Supposons un membre d'un parti, député, candidat à la députation, ou simplement militant, qui prenne en public l'engagement que voici : « Toutes les fois que j'examinerai n'importe quel problème politique ou social, je m'engage à oublier absolument le fait que je suis membre de tel groupe, et à me préoccuper exclusivement de discerner le bien public et la justice ». Ce langage serait mal accueilli. Les siens et beaucoup d'autres l'accuseraient de trahison.

Si un homme, membre d'un parti, est absolument résolu à n'être fidèle en toutes ses pensées qu'à la lumière intérieure exclusivement et à rien d'autre, il ne peut pas faire connaître cette résolution à son parti. Il est donc vis- à- vis de son parti en situation de mensonge. C'est une situation qui ne peut être acceptée qu'à cause de la nécessité qui contraint à se trouver dans un parti pour prendre part efficacement aux affaires publiques. Mais alors cette nécessité est un mal, et il faut y mettre fin en supprimant les partis.

On tenterait vainement de s'en tirer par la distinction entre la liberté intérieure et la discipline extérieure. Car il faut alors mentir au public, avec qui tout candidat élu a une obligation particulière de vérité. De ces trois formes de mensonge, au public, au parti et à soi-même, la première est de loin la moins mauvaise. Mais si l'appartenance à un parti contraint toujours, en tout cas, au mensonge, l'existence des partis est absolument, inconditionnellement un mal.

Le mensonge, l'erreur- mots synonymes- ce sont les pensées de ceux qui ne disent pas la vérité, et de ceux qui désirent la vérité et autre chose en plus. Par exemple qui désirent la vérité et en plus la conformité avec telle ou telle pensée établie.

Les partis sont un merveilleux mécanisme, par la vertu duquel, dans toute l'étendue d'un pays, pas un esprit ne donne son attention à l'effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice et la vérité. Il en résulte que -sauf un très petit nombre de coïncidences fortuites- il n'est décidé et exécuté que des mesures contraires au bien public, à la justice et à la vérité. Si l'on confiait au diable l'organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux.

La conclusion, c'est que l'institution des partis semble bien constituer du mal à peu près sans mélange. Ils sont mauvais dans leur principe, et pratiquement leurs effets sont mauvais. La suppression des partis serait du bien presque pur. Les candidats diraient aux électeurs, non pas : « j'ai telle étiquette »- ce qui pratiquement n'apprend rigoureusement rien au public sur leur attitude concernant les problèmes concrets- mais je pense telle ou telle chose à l'égard de tel, tel, tel grand problème ».Les élus s'associeraient et se dissocieraient selon le jeu naturel et mouvant des affinités.

Hors du Parlement, comme il existerait des revues d'idées, il y aurait tout naturellement autour d'elles des milieux. Mais ces milieux devraient être maintenus à l'état de fluidité. On en est arrivé à ne presque plus penser, dans aucun domaine, qu'en prenant position  « pour » ou « contre » une opinion. Ensuite on cherche des arguments, selon le cas, soit pour, soi contre, c'est exactement la transposition de l'adhésion à un parti. D'autres ayant pris position pour une opinion, ne consentent à examiner rien qui lui soit contraire. C'est la transposition de l'ESPRIT TOTALITAIRE.

Presque partout -et même souvent pour des problèmes purement techniques- l'opération de prendre parti, de prendre position pour ou contre, s'est substituée à l'opération de la pensée. ...C'est là une lèpre qui a pris origine dans les milieux politiques et s'est étendue, à travers tout le pays,  presque  à la totalité de la pensée.

Il est douteux qu'on puisse remédier à cette lèpre, qui nous tue, sans commencer par la suppression des partis politiques.

Annie Keszey pour Atelier des Idées

03 octobre 2016

La direction de Pôle emploi et les chahuteuses: une alliance aléatoire.

Solenn Thomas et Laura Cherfi, en particulier, sont membres du site www.leschahuteuses.fr, association et mouvement sex-positif qui organise des événements autour du corps et des sexualités joyeuses.

Solenn Thomas intéressée par la méditation, le mind-mapping *, la philosophie, les mandalas**, le ciné-coaching intervient aussi sur les sites : http://www.colibris-le mouvement.org,   https://medium.com/@solennthomas  et  https://about.me. Après des études à l’Ecole supérieure de commerce de Clermont - Ferrand elle est devenue consultante puis chasseur  de têtes de cadres dirigeants et de hauts potentiels dans le Cabinet d’Alexander Hughes, sans doute. La découverte de la pauvreté...en Inde et l’enseignement de la méditation via Vipassana  ont transformé sa vie en la déterminant à s’engager pour aider toutes les personnes à « éclore » au sein d’un premier réseau social réel, humain, positif... [ Sur Internet, les avis sur Vipassana sont à consulter.] Fondatrice du site http://EKlore.fr, (le K interpelle la langue française !), elle organise le premier festival « EKlore talents et emploi » (FETE, mais, bien sûr, créativité oblige, sans accent sur le premier E), le 3/10/2016, à la Cité des Métiers, des Sciences et de l’Industrie de la Villette, de 9 h à minuit, à Paris.

La Direction générale de Pôle emploi est contributeur d’EKlore et lance le PoC, c’est-à-dire comme chacun sait,  le Proof of Concept***, afin de tester les modes d’accompagnement innovants sur le thème de l’emploi.

Les EKloreurs, organisateurs du Festival, ont certes des  compétences novatrices. Par exemple, il y a un instructeur en Tantra****, en méditation, psycho-praticien du souffle, sexothérapeute et instructeur de marche sur le feu - un ingénieur en formation, formé au MBTI***** et au dialogue intérieur - une créatrice de mandalas...Laura Cherfi, sexploratrice est coach certifié et accompagne les individus dans leur bien- être relationnel, corporel et sexuel...

On imagine un de nos amis chômeur, désespéré de l’être, parmi les jeunes en difficulté d’insertion, les handicapés, les  profils atypiques, les femmes, les chômeurs âgés de plus de 50 ans ou ceux en chômage de longue durée quand il va être invité doctement par son conseiller de Pôle emploi à participer à ce Festival qui attend 500... talents, dont le sien !

Trouvera-t-il enfin un emploi ? Non ! Le Festival n’est pas un forum - emploi.

Les talents rentreront au Festival par un sas de décompression et suivront les trois temps forts de la journée allégés par les rencontres festives de 18h et l’apéro dinatoire de 20h. Anne Hidalgo interviendra peut-être.

Aucun objectif concret, évaluable, n’est assigné à cette journée. Le programme est une suite de mots- valises, thèmes nullement balisés : reconversion, travail de demain, sens, développement personnel etc...Les buts sont inaccessibles en des temps courts : Trouver/identifier des solutions créatives pour bâtir, développer ou redéfinir son projet professionnel – Appréhender les évolutions du monde du travail...

Conclusion provisoire : un langage abscons, une initiative étrange de Pôle emploi avec des collaborateurs surprenants.

 Les deux initiateurs, le Directeur de Pôle emploi, Didier Point de Pôle emploi et EKloreur, ne manqueront pas à leur devoir de publication d’un indice de satisfaction terminal des talents présents ce 3/10.Cet indice pourra être comparé au coût éventuel de cette manifestation accepté par Pôle emploi et rendu public bien sûr.

Aujourd’hui, le triste doute l’emporte quant au génie créatif d’EKlore qui prétend faire le bonheur de chômeurs sans leur assurer un nouvel emploi.

Pôle emploi prend un risque en tentant de se dégager obscurément de sa mission.

Certes les talents sont trilingues mais il est peut-être préférable d’éclairer le baragouin d’EKlore. Mind-mapping *: schéma supposé refléter le fonctionnement de la pensée. Les mandalas** : (sanscrit) cercle...environnement .Proof of concept*** : preuve de concept, démonstration de faisabilité. Tantra ****: (sanscrit), la pratique de la sexualité sacrée. MBTI***** : Myers Briggs Type Indicator, outil pour déterminer le type psychologique d’un sujet.                                                                              Annie Keszey.

16 mai 2016

La langue des médias.

Destruction du langage et fabrication du consentement.

Ingrid Riocreux. L’Artilleur. 20 €. 333 pages.

L’auteur est un professeur agrégé de lettres modernes et docteur de l’Université Paris-Sorbonne. Son livre est un cours exceptionnel de français et de décryptage de la langue des journalistes. Son parcours analytique et critique concerne la conjugaison, la grammaire, le vocabulaire et la rhétorique. Ingrid Riocreux étudie les nombreuses fautes des journalistes qui méconnaissent la langue, c’est-à-dire leur principal outil de travail. D’autres fautes sont encore plus graves parce qu’elles ne sont pas objectivement repérables. Elles sont le spectre du faux derrière les petits défauts.

Extraits.

...De même que le journaliste reproduit sans fin les formules de ses confrères, reprend sans réflexion leurs mots, adopte par mimétisme grégaire leur parlure, de même il ne cesse de reproduire des tournures de phrases et de répéter des termes qui impliquent un jugement éthique sur les événements. Prenant pour des données objectives et évidentes des opinions qui sont en fait identifiables comme des points de vue propres à des courants de pensée, il contribue à répandre une doxa faite de préjugés, de stéréotypes et de présupposés qui sont au fondement des croyances de notre société...Car si le langage du journaliste fonctionne comme la vitre déformante à travers laquelle on nous montre le présent, il est aussi une fenêtre trompeuse ouverte sur le passé et sur l’avenir. Analyser le discours du journaliste, c’est donc, d’une certaine manière, mettre au jour l’inconscient de notre société dans tout ce qu’il comporte d’irrationnel ...

...Le journaliste est la figure que l’on se représente quand on écoute France Info tous les jours. Ce personnage peut bien changer de voix, il a toujours le même ton, le même accent, il commet toujours les mêmes fautes de français, il emploie toujours les mêmes mots, il construit son discours sur les mêmes sous-entendus : il n’a pas de visage, pas de vêtements, pas ou peu de personnalité. Il est théoriquement le journaliste parfait, qui s’efface au maximum derrière le message qu’il doit délivrer. A l’instar de son discours, il est lui aussi une vitre...

... « Sans-papiers » est un terme forgé par les militants de la gauche radicale altermondialiste pour en finir avec la force péjorative du mot « clandestins ». Enfin, le terme de « migrants » a ceci de commode qu’il réduit des foules de personnes à leur seul déplacement. L’image ainsi suscitée est celle  d’une masse à la progression inexorable et sans fin;  ils ne viennent de nulle part, ils passent. Sans attache et sans objectif, sans culture et  sans idéal, le « migrant » n’est pas un humain, c’est un zombie. Face aux migrants on se résigne : on ne peut pas les empêcher de venir mais ils repartiront. Le mot « migrant » est particulièrement intéressant parce que, contrairement à d’autres termes, il ne convient à personne : les uns l’accusent d’enrober mensongèrement la réalité et contestent son emploi au profit d’ « envahisseurs » quand les autres lui trouvent des « connotations » négatives et lui préfèreraient celui de « réfugiés ». En effet, en tant que zombie, il va sans dire que le migrant n’inspire pas de pitié. Devant la réticence des Français à accueillir les « migrants », ceux-ci furent donc rapidement rebaptisés « réfugiés ».Cela ne changeait rien au phénomène mais cela transformait sa perception...

...Migrants, islamo-fascisme, climato scepticisme, europhobie etc : personne ne s’interroge sur le bien-fondé de toutes ces notions ni même sur ce qu’elles désignent précisément. Ce qui compte ce n’est pas la définition du mot, c’est le consensus qu’il entretient. On ne sait pas ce que ces termes signifient mais, comme on dit « on se comprend, pas vrai ? ». Par politesse, on peut répondre « bien sûr ». Mais on peut aussi refuser cette connivence imposée...

...Le but est de proposer une grille d’analyse afin de former les réflexes d’écoute...On constatera rapidement que les phénomènes répertoriés sont d’une extrême fréquence et que les exemples sont donc uniquement choisis pour leur valeur représentative car ils définissent par excellence la pratique du Journaliste...

...C’est aussi le rôle du Journaliste : c’est un gardien de l’ordre. Ce que réalise la police dans la sphère de l’action publique, le Journaliste l’accomplit dans le domaine du discours public et, espère-t-il, de la pensée qui sous-tend ce discours. Encore une fois, ce n’est pas la pensée non-conforme qu’il condamne ; il la condamne en tant qu’elle nuit à l’ordre social...

L’auteur part des fautes de syntaxe (« La décision qu’a pris le ministre », « C’est une chose sur lesquelles une mise au point est nécessaire », « Nous en s’rons (saurons) plus cet après-midi », « Les blindés bloquent la route qui conduisent à Donietsk » ...Les exemples sont très divers et très nombreux, classés par catégories.  Puis, l’auteur arrive à la manipulation des esprits qui concerne aussi les sites de réinformation également manipulateurs. Elle décrypte le « politiquement correct » qui est le consensus du mensonge, ou plutôt le consensus des demi-vérités. Tout le monde sait que c’est faux ou à peine vrai, mais c’est ce qu’il convient de dire, notamment en public. L’auteur regrette la dégradation de l’enseignement de la langue française et la disparition de l’enseignement des techniques du discours : la rhétorique inventée par la démocratie grecque et qui a atteint son apogée sous la République romaine.

Le livre est un test pour chaque lecteur engagé à mesurer son degré d’imprégnation, de soumission inconsciente à la propagande officielle journalistique. Ingrid Riocreux analyse en profondeur des actualités particulièrement connues : discours de Nicolas Sarkozy, de François Hollande (Moi président de la République, je ...anaphore développée dans sa forme et son contenu en page 297 qui, déjà, devait comporter une virgule après moi), photo d’un enfant « migrant », Aylan, mort noyé sur une plage, informations de David Pujadas, publications d’Éric Zemmour, paroles du FN...

En fin de lecture, il est possible de s’attribuer une note personnelle d’aptitude à résister à tous ces discours «  orientants » et  de s’engager à guérir de toute naïveté ennemie de la rationalité civique.

La dernière page, fondée sur l’analyse, est rude mais juste.

...On a coutume de dire que l’ascenseur social est en panne. Cela signifie que la démocratie est morte, qu’elle a dégénéré en oligarchie. Ceux qui ont le pouvoir le gardent ; ceux qui ne l’ont pas n’ont aucun espoir de l’acquérir. Sous prétexte de tendre la main aux seconds, les premiers leur vendent des entraves séduisantes : à travers les médias serviles, une information « de qualité », à travers une école délétère, une éducation d’ « excellence ». On sait ce qu’il en est. La classe dominante considère qu’il est plus facile de garder sous contrôle une société d’idiots plutôt que de gouverner un peuple intelligent. Mauvais calcul. Car les masses illettrées et incultes ne restent pourtant pas amorphes. Quand on les a privées de la culture et de l’intelligence, quand on les a privées de mots et de la maitrise du langage, il ne leur reste rien comme moyen d’expression - pire comme mode de pensée - que la violence. L’erreur de nos oligarques réside dans le fait de croire qu’une société d’abrutis est un troupeau bêlant, docile et calme, alors que c’est une meute d’individus féroces, en guerre perpétuelle, les uns contre les autres. Elle commence par abattre tous ces petits maîtres, au nombre desquels les « fabricateurs de consentement » qui ont fait dégénérer le rêve démocratique en pensée totalitaire. L’illettrisme  entraîne la violence, et l’insécurité appelle la tyrannie. Le système qui par son œuvre (éducatrice et médiatique) se targuant d’engendrer des personnes libres et responsables, pétries des idéaux les plus nobles, s’écroulera donc sous les coups de ce qu’il a lui-même produit, en réalité : un gibier de dictature.

Annie Keszey.

 

 

 

08 février 2016

La laïcité au quotidien. Guide pratique.

Inédit. Régis Debray et Didier Leschi. Folio. 154 pages. 7 €.

laïcité,guide pratique, régis debray, Didier LeschiRégis Debray est directeur de la revue Medium, président d’honneur de l’Institut européen en sciences des religions. Didier Leschi est préfet, ancien chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur.

Ils étudient trente-huit cas pratiques d’interrogations quotidiennes sur l’application de la laïcité, avec érudition, précision et finesse.

C’est un manuel attendu, adapté à l’enseignement de la laïcité dans les écoles publiques, même s’il reste encore perfectible face aux opinions ou aux convictions contradictoires tenaces. Les deux auteurs font un retour aux fondamentaux moyennant un socle commun de règles de conduite. Là où la théorie divise, l’exercice peut unir.

Luc Ferry, un des premiers lecteurs, note que les argumentations développées le sont avec intelligence et tact, avec cet alliage de profondeur et de bon sens qui est si rare et pourtant si précieux sur ces sujets délicats. Les deux derniers paragraphes, consacrés aux excès de zèle donnent le ton et le sens d’ensemble de l’ouvrage...

Les chapitres suivent un ordre alphabétique : Aumôneries, Autorisation d’absence...Cantine scolaire, Caricature...Crèche de Noël ...Dimanche...Foulard...Imans, Injure et blasphème, Jupe longue...Non- mixité...Nourriture...Services au public, Services publics, Vues de l’étranger, Zèle (excès de).

A partir de faits historiques, politiques, sociaux, qui conduisent à des attitudes contradictoires dans la vie courante, ils prennent des positions fondées sur des argumentations pour énoncer les comportements laïques les mieux adaptés à notre République et à son vivre-ensemble.

Dans un entretien au Monde, le 27/01/2016, Régis Debray recadre les débats qui enflamment la société française. « La laïcité relève d’abord du droit. C’est une exigence de la raison inscrite dans la loi...L’ex-fille aînée de l’Eglise n’a pas fait sa révolution pour se retrouver la fille cadette de l’islam, dont une fraction intégriste témoigne aujourd’hui des mêmes ambitions d’emprise que le catholicisme en 1900...Si on veut un islam de France, un institut supérieur de théologie musulmane s’impose en France...On ne devient pas prêtre, pasteur ou rabbin sans avoir fait de longues études sanctionnées par des diplômes. C’est une obligation. Pourquoi ce n’en serait pas une pour les imans ?...Si l’homme est quelque chose qui doit être dépassé, la grandeur d’un régime laïque concilie humanisme et optimisme : elle consiste à laisser à chaque individu le soin de choisir en conscience, sans pression ni soumission, ce qu’il estime devoir dépasser sa pauvre vie individuelle.»

Extraits du guide pratique.

Autorisation d’absence. « ...Ces dernières années, les dates d’examen, concours, contrôles sur table ou interrogations écrites ont donné lieu à réclamation de la part de parents d’élèves, d’étudiants ou du monde enseignant. Il est pourtant clair qu’écoles primaires, lycées ou universités ne sauraient vivre au rythme des fêtes religieuses vu la capacité des cultes à les multiplier. Depuis 1967, les autorisations d’absence peuvent être accordées aux fonctionnaires qui désirent participer aux principales fêtes propres à leur confession. Afin que chacun ait connaissance de ces fêtes, tous les ans, le ministère de la Fonction publique édite une circulaire en direction des chefs de service pour indiquer celles de l’année qui vient...S’il est indiqué d’accepter des congés exceptionnels pour les principales fêtes mentionnées dans la circulaire, on ne peut accepter de voir proliférer des jours de congé pour motifs religieux ce qui ruinerait toute organisation collective du travail... »

Cérémonie religieuse. « Les autorités civiles peuvent-elles ou doivent-elles y assister ?...Pour ce qui est des autorités républicaines, il pourrait être suggéré que la place de la République à Paris, lieu de rassemblement populaire et spontané, devienne le point focal de la célébration officielle. » Dans ce chapitre les auteurs rappellent l’évolution historique du sujet depuis la loi de 1905 : 1917, le président de la République, le président du Conseil, les parlementaires assistent aux funérailles religieuses du général Gallieni-... 1918, les Autorités boudent le Te Deum de la victoire, le 11 novembre... Le préfet en uniforme est présent dans le temple, la synagogue, l’église et même la Grande mosquée de Paris (où il n’assista pas au prône) en mémoire des morts de 14-18 et de 39-45... Le 26 août 1944, de Gaulle prend l’initiative de faire célébrer un Te Deum à Notre-Dame pour célébrer la libération en marche... Le président Chirac s’autorise à communier lors des obsèques de son prédécesseur, un sérieux coup de canif fut apporté à cette règle protocolaire qui distingue entre la présence et la participation... Nicolas Sarkozy a porté la kipa... La laïcité semble s’égarer lors de la cérémonie du 11 janvier 2015 à la Grande Synagogue de la Victoire, après les criminelles attaques antisémites perpétrées dans le prolongement du massacre de Charlie Hebdo. Le président de la République, le Premier ministre, de nombreux membres du gouvernement sont présents...En 2015, un préfet en chaussettes assiste à une prière de l’iman en mémoire des victimes des attentats...C’est cette instabilité qui engage les auteurs à choisir la place de la République.

Crèche de Noël. « Une crèche dans un hôtel de ville ? Le sujet est anecdotique mais illustre bien un phénomène plus large : la métamorphose d’un culte en culture, liée à la sécularisation de nos sociétés...On peut autoriser une crèche en bas d’un sapin de Noël sur la voie publique, comme dans une vitrine de grand magasin, mais sa mise en valeur ostentatoire dans un hall de maison commune pour autorisée qu’elle soit par la jurisprudence, reste un geste discutable. Le siège d’un conseil municipal abrite les élus de la population. Ils peuvent avoir leurs affinités ou leurs traditions mais le maire est à la fois notabilité locale et agent du pouvoir central...Le marquage des temps liturgiques à l’intérieur des bâtiments publics constitue une entorse aux principes républicains issus de l’histoire française...

Financement des mosquées. «  ...Une mosquée est-elle achetable comme un club de football où l’on sait que celui qui dirige est celui qui paie ?... Avec l’impérialisme idéologique du wahhabisme, distributeur de milliards, la question devient cruciale. Cet argent véhicule des conceptions et des pratiques attentatoires à notre mode de vie...La Caisse des Dépôts pourrait être le lieu de passage obligé des fonds dont elle contrôlerait l’origine et l’utilisation selon un cahier des charges arrêté en concertation avec les représentants institués d’un islam de France. »

Foulard. « La loi du 15 mars 2004 qui interdit le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse concerne l’espace du primaire, du collège et du lycée...Il serait préférable de laisser l’Université libre de s’autogérer. Il ne faudrait pas cependant que certaines universités adoptent tel règlement intérieur et d’autres, tel autre, et que se mette en place une concurrence entre elles sur un critère religieux. Le mieux est donc de ne pas toucher au présent statu quo (absence d’interdiction).

Actuellement cependant une étudiante voilée de vingt ans a formulé un recours auprès du tribunal administratif contre son exclusion de l’Ecole nationale de commerce, l’ENC Bessières !

Zèle (excès de). Entre les laïques qui ont peur pour eux-mêmes et les laïques qui veulent faire peur aux autres s’est récemment enclenché un cercle vicieux...Il n’y a pas de laïcité viable dans un Etat qui se défait, un peuple qui se renonce, une République qui éteint les Lumières. Les temps qui courent changent l’ordre du jour. La défense de la société ne suffit plus. Pour sauvegarder notre droit de rire, de boire et d’écouter de la musique, ce qui est à défendre en premier lieu, c’est l’existence d’une puissance publique résolument en charge, par- delà les passions et les intérêts particuliers, du Bien commun.

Bonne lecture !

Annie Keszey.

 

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16 novembre 2015

TEXTE APRES LA TUERIE DU 13 NOVEMBRE 2015.

 

Nous refusons la violence gratuite

                      Nous vomissons le meurtre

                             Nous condamnons les assassins

 

QUE DIEU PARDONNE A CEUX QUI SE SERVENT DE SON NOM POUR TUER

 

Nous Le prions de répandre sa consolation sur les victimes et leurs proches

D’apaiser leur esprit

D’accueillir auprès de Lui les MORTS de cette TUERIE.

 

Que Dieu nous donne son Intelligence et sa Miséricorde pour que nous transformions

                           LA HAINE EN AMITIE

 

LA BETISE EN INTELLIGENCE

 

LA FOLIE EN SANTE

 

Nous demandons au Dieu très Haut, très Grand, très Saint

– si éloigné et tellement proche de chacun de nous -

de répandre en nos cœurs son amour de la Vie et de la Beauté. 

 

Remplis-nous de ton Esprit très saint, Seigneur Dieu,

pour que vivent dans notre cœur et se manifestent par nos actions

le respect et l’amour de la vie humaine.

 

Que Désolation devienne Espérance

Que rage et bêtise se transforment en intelligence des choses et des personnes

  

QUE DE L’AFFRONTEMENT NAISSENT LES CONDITIONS DE LA PAIX

 

ET DE LA SERENITE POUR NOTRE PAYS ET POUR LE MONDE ENTIER. 

 

Puteaux, le 14 novembre 2015,

Claude Klein

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21 septembre 2015

PENSER GLOBAL. L'HUMAIN ET SON UNIVERS.

Edgar MORIN - Editions Robert Laffont - 134 pages – Préface de Michel Wieviorka

Madame Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale, vient d’introduire l’interdisciplinarité dans les collèges. Or les professeurs ne sont pas formés et ne pourront appliquer cette réforme puisqu’ils ont reçu un enseignement par disciplines cloisonnées. Des programmes interdisciplinaires commencent cependant à être proposés, par le CNRS par exemple, ainsi que des réflexions théoriques pour accéder aux connaissances nécessaires à une nouvelle pensée : la pensée complexe, définie en particulier par Edgar Morin.  

Des sites dont www.ing.ulg.ac.be/articles/interdisciplinarite/index/htlm précisent la notion d’interdisciplinarité.   

Edgar Morin, directeur de recherches émérite au CNRS, théoricien de « la pensée complexe » nous invite à « penser global ». Un résumé de son livre n’aurait pas la profondeur ni la rigueur requises. Les extraits discontinus suivants ont pour intention d’introduire  certains des développements de l’ouvrage, l’ensemble seul permettant  l’accès à la thèse de la pensée globale protectrice contre les facilités de l’air du temps et les injonctions de l’actualité.  

Le site Fondation maison des sciences de l’homme www.fmsh.fr/FR/C/1287, propose aussi des conférences d’Edgar Morin explicitant la pensée complexe. La compartimentation des savoirs empêche de traiter les problèmes à la fois fondamentaux et globaux. Peut-on envisager une connaissance du global qui évite le réductionnisme (aveugle aux qualités propres au tout), l’unilatéralisme (prendre une partie pour le tout), le holisme (aveugle aux relations tout-partie), une pensée complexe donc (mais qui ne peut éliminer toute incertitude ou insuffisance) apte à relever les défis auxquels est confrontée notre connaissance.

 

Extraits du livre.

 

La définition de l’humain est trinitaire parce qu’elle comporte l’individu mais aussi la société humaine et l’espèce biologique, ou plutôt l’espèce humaine... 

Notre système d’enseignement présente une disjonction dramatique entre ces trois polarités fondamentales de l’homme. Celui-ci est séparément enseigné sous le prisme de la biologie et sous celui des sciences humaines. Le meilleur exemple est le traitement réservé au cerveau, qui peut être étudié via la biologie et plus particulièrement la neurologie tandis que l’esprit s’inscrira, lui, dans la sphère de la psychologie. Les sciences dures sont séparées des sciences humaines pour l’analyse d’un même élément constitutif de l’humain... 

 

La conscience écologique - je ne parle pas du mouvement écologique actuel où cette conscience est quelque peu laissée entre parenthèses -  s’inscrit dans une science nouvelle qui s’est développée autour de la notion d’écosystème : dans un milieu donné, les interactions entre les végétaux, les animaux, le climat, la géographie, la géologie créent une organisation spontanée, autorégulée. L’ensemble des écosystèmes sur notre planète va constituer ce qu’on appelle la biosphère. Biosphère qui nous enveloppe, que nous avons cru pouvoir dominer et manipuler. Dans cette relation, plus nous croyons posséder la nature, plus nous sommes possédés par une force qui nous conduit au plus extrême : l’autodestruction. 

Mais grâce à la conscience écologique nous commençons à essayer de concevoir notre relation avec la nature vivante, et également avec la nature physique, autre aspect de notre complexité d’êtres humains...

 

En comprenant que nous sommes faits de molécules qui elles-mêmes se sont agrégées à partir d’atomes, et que ces atomes se sont agrégés à partir de particules, et que ces particules sont apparues dès peut-être les premières secondes de l’univers, nous nous rendons compte que l’histoire de cet univers de treize milliards d’années est en nous...

 

Cela nous confirme le principe hologrammatique : nous sommes solidaires de l’univers. Nous sommes partie de notre univers physique, biologique, cosmique tout en étant distincts par notre culture, par notre conscience, par notre double identité biologique et anthropologique, et aussi par notre double identité anthropologique et biocosmique... 

 

La polarité prosaïque de la vie commande tout ce que nous faisons par contrainte, pour survivre, pour gagner notre vie. Et il y a la polarité poétique de la vie, c’est-à-dire celle où l’on s’épanouit personnellement, ou l’on a des moments d’harmonie et de joie. Moments que donnent l’amour, l’amitié, la liesse. C’est cela qui est vivre, vivre poétiquement ; alors que la part prosaïque de la vie nous permet seulement de survivre...La pensée politique ne devrait plus ignorer les besoins poétiques de l’être humain. Pour percevoir cette réalité humaine complexe et ambivalente, il faut s’éloigner des cloisonnements et des séparations institués par l’enseignement. Il faut non seulement réunir les connaissances venues des sciences naturelles et des sciences humaines pour comprendre l’humain, mais aussi envisager la littérature qui est aussi un moyen de connaissances... 

 

Si on n’enseigne pas aux humains ce qu’ils sont, il y a une lacune extrêmement grave. Il y a un manque d’autoconnaissance extrêmement nocif. C’est l’une des plus grandes sources d’erreur, d’illusions sur nous-mêmes et pour nos vies...

 

Notre conception du futur comporte beaucoup d’imprécisions, beaucoup de lacunes, beaucoup d’énigmes, beaucoup de mystères. La différence entre l’énigme et le mystère, c’est que dans l’énigme, comme dans un roman policier, on finit par trouver l’explication rationnelle. La  science a résolu beaucoup d’énigmes. Le mystère c’est ce qu’on ne peut pas résoudre, ce qu’on ne peut pas comprendre...

 

Mais une pensée globale est possible : c’est une pensée qui tient compte de ces énigmes, qui tient compte de ces mystères, qui tient compte de l’improbabilité, qui tient compte du fait que beaucoup de données sur la cosmologie, sur l’hominisation, pourront être révisées par de nouvelles découvertes, par de nouvelles trouvailles, par de nouvelles pensées, par de nouvelles théories...

 

La politique basée sur l’analyse des rapports, sur la connaissance quantitative, nous montre qu’elle ne peut pas penser global, ce qui est pourtant vital... 

Encore une fois la quantification et le cloisonnement sont les ennemis de la compréhension... 

 

Nous ne sommes pas seulement dans une crise économique. En se répandant dans l’univers, la civilisation occidentale, elle-même en crise, se présente aux pays en voie de développement comme étant la guérison alors qu’elle porte en elle la maladie...

 

Il y a l’influence possible du présent sur le futur : l’optimisme nous aveugle sur les périls ; le pessimisme nous paralyse et contribue au pire. Il faut penser au-delà de l’optimisme et pessimisme. Moi je suis un opti-pessimiste. J’ai pour ma part récusé que le raisonnable s’imposera tôt ou tard. Il est possible que devant un extrême danger on prenne conscience et donc in extremis des mesures de salut. Mais jamais le raisonnable ne s’est imposé de lui-même vu le caractère anthropologique de l’homo sapiens – demens...

 

Nous avons besoin de mondiologues. Les futurologues actuels ne sont pas mondiologues : ils découpent le futur en petits morceaux, alors que l’intéressant et l’important, c’est de voir les interactions, les rétroactions et les interférences...

 

Ce qui est intéressant, c’est que le propre de la nature humaine est son unité génétique, physiologique, anatomique, affective – tous les humains connaissent la douleur, le plaisir, la joie, sourient, pleurent...-toutefois cette unité se traduit toujours chez des individus différents les uns des autres. L’apparent paradoxe est que l’unité crée de la diversité, mais que la diversité elle-même ne peut s’épanouir qu’à partir de l’unité. Cette idée est assez importante dans notre époque planétaire, où l’humanité se trouve aujourd’hui rassemblée dans une même communauté de destin. Il faut reconnaître les autres comme à la fois différents de nous et en même temps semblables à nous... 

 

La métamorphose biologique, technique et informatique nécessite surtout d’être accompagnée, régulée, contrôlée, guidée par une métamorphose éthique, culturelle et sociale. Il est tragique que la métamorphose transhumaine ait commencé sous la poussée du triple moteur scientifique/technique/économique alors que la métamorphose  éthique, culturelle, sociale, de plus en plus indispensable, soit encore dans les limbes... 

 

La pensée complexe est une pensée qui relie, d’une part en contextualisant, c’est-à-dire en reliant au contexte, d’autre part en essayant de comprendre ce qu’est un système.

 

La pensée complexe met en lumière ce qui est aujourd’hui signifié par ce mot étrange : l’émergence. L’émergence, c’est la survenue, quand il y a un tout organisé, de qualités qui n’existent pas dans les parties prises isolément. Pour pouvoir penser la globalité de la société, il est nécessaire de voir cette relation entre les parties et le tout, trait précisément de complexité... 

L’objet de la pensée complexe  n’est pas de détruire l’incertitude, mais de la repérer, de la reconnaître, c’est d’éviter la croyance en une vérité totale... 

 

Nous sommes dans une époque qui a besoin d’un changement de paradigme et cela arrive rarement dans l’histoire. Il s’agirait de substituer la distinction à la disjonction, la reliance à la réduction : il faut distinguer et, en même temps, relier. C’est le paradigme de complexité... 

 

Face à ces dangers (les fanatismes, les peurs, les pires conditions dans lesquelles peuvent surgir les conflits meurtriers, les régressions politiques les pires), nous sommes amenés à chercher une pensée plus ouverte, globale et en même temps complexe. Nous devons éviter ce qu’on appelle la « rationalisation », c’est-à-dire des systèmes logiques mais qui n’ont aucune base, aucun fondement.

 

Nous devons éviter « la dogmatisation », c’est-à-dire le durcissement de nos idées, le refus de les confronter à l’expérience. Nous devons abandonner une rationalité fermée, incapable de saisir ce qui échappe à la logique classique, incapable de comprendre ce qui l’excède, pour nous vouer à une rationalité ouverte connaissant ses limites et consciente de l’irrationalisable. Nous devons sans cesse lutter pour ne pas croire aux illusions qui vont prendre la solidité d’une  croyance mythologique. Nous sommes dans ce monde global confrontés aux difficultés de la pensée globale, qui sont les mêmes que les difficultés de la pensée complexe. 

Nous vivons le commencement d’un commencement. 

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03 avril 2014

LEGIFERER CONTRE LE NEPOTISME

MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

Le népotisme perdure et progresse, en France (et dans le monde). Les combats et les protestations épisodiques, depuis des siècles, n’obtiennent que des résultats éphémères.

S’opposer au népotisme est devenu un éternel radotage.

En France, il n’y a, aujourd’hui, ni unanimité, ni même majorité  contre le népotisme. Les arguments des élites et des profanes  diffèrent mais se   rejoignent dans l’Art de l’arrangement.

Si certains - en général les plus puissants - trouvent les distinctions fort avantageuses, il appartient au gouvernement d’une Démocratie de redéfinir avec fermeté les nouvelles limites de l’inacceptable.

Légiférez, Monsieur le Président! Merci.

LE NEPOTISME TRIOMPHANT.

Le népotisme qui désigne la tendance d’une personne occupant une haute position à favoriser les membres de sa famille, ses amis ou ses relations nous vient des papes catholiques du Moyen Âge. Depuis Calixte III, Ils favorisaient leurs neveux (Nepos, en latin) en les nommant cardinaux, par exemple : ce fut le cas de trois neveux du pape Urbain VIII, au 16ème siècle. Le népotisme infiltre, en toile d’araignée, tout ce qui est humain : le monde politique, les entreprises, les banques,  les services publics…Il n’est jamais solitaire : des électeurs, des favoris, des clients, sont des bénéficiaires consentants.

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27 février 2014

LES PERVERS NARCISSIQUES.

L’Express, du 19/02 au 25/02/2014, a publié treize pages sur les pervers narcissiques. Ces personnalités dangereuses pour elles-mêmes et davantage encore pour leurs victimes seraient en augmentation. Les études spécialisées, depuis Sigmund Freud, se sont multipliées ces vingt dernières années : John  Bowlby, Donald Woods Winnicott, Paul-Claude Racamier, Boris Cyrulnik, Marie-France Hirigoyen, Jean-Charles Bouchoux…

 

L’ouvrage du psychanalyste, Jean-Charles Bouchoux « Les pervers narcissiques. Qui sont-ils? Comment fonctionnent-ils? Comment leur échapper? » vient d’être réédité en livre de poche, après 40 000 exemplaires vendus aux éditions d’Organisation.

Connaître les caractéristiques du pervers narcissique permet, à la maison, au travail ou dans les organisations de s’en protéger.

Extraits discontinus.

Qui est le pervers narcissique?

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