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10 décembre 2010

Manifeste d’économistes atterrés

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Les politiques de soumission au pouvoir de la finance mettent en danger l’avenir du projet européen. Manifeste d’économistes atterrés. Il faut mettre en débat, dès maintenant, les grandes lignes de politiques économiques alternatives qui rendront possible une refondation de la construction européenne.

« La crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2007 et 2008 ne semble pas avoir affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans. Le pouvoir économique n’est nullement remis en cause dans ses fondements. En Europe, au contraire, les états, sous la pression des institutions internationales et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réforme et d’ajustements structurels qui ont démontré dans le passé leur capacité à accroître l’instabilité et les inégalités.Ils vont encore aggraver la crise européenne.»

Philippe Askenazy (CNRS), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d’ATTAC), André Orlean (CNRS, Président de l’Association Française d’Economie Politique), Henri Sterdyniak (OFCE : Centre de recherche en économie de Sciences Po), dans leur manifeste d’économistes atterrés, de novembre 2010, aux éditions « les liens qui libèrent », dénoncent dix fausses évidences, mal fondées scientifiquement, qui servent à justifier les politiques actuellement menées en Europe. Le manifeste soumet au débat  vingt-deux propositions pour une autre stratégie: 630 économistes d’horizons très divers l’ont signé : http://economistes-atterres.blogspot.com

Un exemple

- La fausse évidence n° 6

La dette publique reporte le prix de nos excès sur nos petits-enfants. C’est une affirmation hypocrite. La dette publique est un mécanisme de transfert de richesses des contribuables ordinaires vers les rentiers. Se fondant sur la croyance jamais vérifiée que les baisses d’impôts stimuleraient la croissance, les réductions d’impôts et de cotisations (sur les revenus des plus aisés, sur les patrimoines), depuis 1980, ont, en fait, aggravé les inégalités sociales et les déficits publics. Ces politiques fiscales ont obligé les administrations à s’endetter auprès des ménages les plus riches et des marchés financiers pour compenser les déficits. Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres, porteurs d’intérêts, de la dette publique émise pour financer les déficits publics, provoqués par les réductions d’impôts : effet jackpot ! Au total se met en place un mécanisme de redistribution à rebours, des classes populaires vers les plus aisées, via la dette publique dont la contrepartie est toujours de la rente privée. Pour redresser de façon équitable les finances publiques en Europe et en France, deux mesures sont mises en débat.

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01 juin 2010

Le triomphe de la cupidité

 

FANNIE MAE.jpgJoseph STIGLITZ, économiste aux prévisions justes, décrypte la crise actuelle d'un capitalisme dévoyé. Il définit les conditions pour créer un nouveau système financier, économique et politique, basé sur un idéal éthique, apte à réduire la fracture entre les nantis  et les autres.

Joseph E. STIGLITZ, économiste américain, Prix Nobel en 2001, est l'un des rares à mettre en garde, depuis plusieurs années, contre la libre circulation des capitaux, la financiarisation du marché et les déréglementations...

Son dernier livre, de février 2010, « LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE », publié chez « Les Liens qui Libèrent », est un combat d'idées fondé sur une analyse de la « fabrication » de la crise, des responsables, des réponses politiques et des hypothèses quant à l'avenir du monde.

Dix chapitres structurent cette étude dont le quatrième expose l'une des principales causes directes de la crise : le scandale des prêts hypothécaires américains. La conclusion, à la page 465, envisage deux issues possibles pour l'avenir du monde : l'une, tragique, reconduirait le même système capitaliste dévoyé, l'autre, développée par l'auteur, mettrait à plat les fondements de l'économie mondiale afin de réformer une science économique qui s'est fourvoyée entraînant dans son sillage l'accroissement des inégalités, de la pauvreté, de la crise environnementale et une faillite de la morale.

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11 mai 2010

Michel Serres : le temps des crises

 

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Les politiques ne connaissent pas cette science complexe qu'est l'écologie. La sortie de crise, pour Michel Serres, académicien,  suppose l'implication, éthique, des savants.

Mais que révèle le séisme financier et boursier  qui nous secoue aujourd'hui ? Si nous vivons une crise, aucun retour n'est  possible. Les termes relance et réforme sont hors de propos. Il faut donc inventer du nouveau. Financière et boursière la crise qui nous secoue aujourd'hui cache et révèle des ruptures qui dépassent, dans le temps, la durée même de l'Histoire.

EXTRAITS "LE TEMPS DES CRISES" - Manifeste Le Pommier

LES RUPTURES

1. L'agriculture

Au 20ème siècle, le néolithique se termine : l'humanité occidentale, bien qu'elle continue à se nourrir d'elle, quitta donc, ici au moins, la terre. Parallèlement, la proportion d'humains vivant dans les villes avoisinera les 75%, en 2030. Or, lorsque se déterritorialise ainsi la majorité des humains, le rapport au monde se transforme.

Premier coup : tout devient politique, du grec polis, la ville. Second coup : or, précisément, à ce moment-là, le monde se venge et menace les hommes. Dès lors, rien ne sera plus vraiment politique au sens traditionnel. Basculement.

2. Les transports

La mobilité des hommes a cru. En 2008, elle s'élève, pour le transport aérien, à trois mille milliards de kilomètres- passagers. La distance d'où proviennent les marchandises dans les hypermarchés se chiffre par milliers de kilomètres. La France devient une cité  dont le TGV est le métro et les autoroutes, les rues.

3. La  santé

Après les années 50 émerge un organisme humain d'une nouveauté dont nous ne nous formons peut- être pas encore une idée assez juste : moins de souffrances, moins de maladies incurables, moins de traces de ces douleurs sur la peau. Le temps de naître, les pics de douleur, la durée des maladies dépendent en partie de nous désormais, même peut- être le moment de la mort que nous pouvons , en partie, différer.

4. La démographie

Le nombre des humains passera bientôt à 7 milliards, le plus souvent serrés en gigantesques mégalopoles. L'espérance de vie augmente de 3 à 6 mois par an. C'est une recomposition du paysage humain qui n'est pas accompagnée des transformations en profondeur des institutions et des coutumes.

5. La connexion

Après le monde et le corps : nos relations. Les dites nouvelles technologies changent nos liens, nos voisinages, nos savoirs et nos manières d'en prendre connaissance. Le connectif remplace le collectif.

6. Les conflits

La seconde guerre mondiale fut le premier conflit où, selon les experts, les humains réussirent à tuer plus de leurs semblables que ne le firent les microbes et les bactéries au cours des précédents affrontements. Quel modèle atroce de domination. Il n'est pas sûr que le plus fort, même de plus en plus fort, reste très longtemps le maître.

En dépensant plus de mille milliards de dollars, l'hyper-puissance incontestable n'a pu gagner, en ces jours, une guerre contre l'un des pays les plus faibles de la planète. Etrange crise de la puissance.

En quelques décennies se transformèrent radicalement : le rapport au monde et à la nature, les corps, leur souffrance, l'environnement, la mobilité des humains et des choses, l'espérance de vie, la décision de faire naître et parfois de faire mourir, la démographie mondiale, l'habitat dans l'espace, la nature du lien dans les collectivités, le savoir et la puissance.

 

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15 septembre 2009

Les baumes apaisants de la crise : microcrédit et économie solidaire

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Septembre 2008 : Lehman Brothers. Septembre 2009 : chacun se souvient et fête avec amertume le premier anniversaire de la faillite de cette banque d'investissement américaine annonciatrice d'une crise financière mondiale qui n'a pas épargné la France.

La crise trouve l'une de ses sources dans le fait que les banques ont accordé des crédits sans rien connaître des conditions dans lesquelles elles pourraient récupérer leurs mises, ou en ayant investi dans des entreprises en surestimant leur valeur réelle. Les banques ont péri (ou presque) par là où elles ont pêché, emportant avec elles autant d'entreprises que de salariés qui n'avaient rien vu venir.

Etats, salariés, épargnants et entrepreneurs, s'unissent dans leur malheur commun pour chercher les nouvelles pistes qui permettront de sortir la tête hors de l'eau et de repartir sur des bases saines. Parmi toutes ces pistes, le microcrédit et l'économie solidaire, ont souvent joué les parents pauvres de la finance. Souvent vulgarisés car trop liés à l'image de projets humanitaires dans les pays en voie de développement, ces deux concepts s'appliquent désormais comme de véritables baumes apaisants sur les plaies ouvertes par la crise financière.

Moins prêter mais mieux prêter

Telle peut être la nouvelle devise de la planète microfinance qui se lance sur les rails d'une finance socialement et économiquement responsable. Elle s'adresse aux plus modestes d'entre-nous et à toutes les personnes désireuses de lancer ou de pérenniser leur activité, de soutenir des entreprises solidaires ou de créer son propre emploi !

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13 mars 2009

La crise des multinationales de l’informatique

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On peut comprendre que des entreprises en difficulté licencient, mais la logique nous dépasse  quand des entreprises largement bénéficiaires et, de surcroît, en progression, licencient.

Les exemples sont nombreux.

Dans l'industrie pharmaceutique,  Pfizer licencie  20 000 personnes alors que l'entreprise s’apprête à acquérir la société Wyeth pour 68 milliards de dollars… Des sociétés informatiques licencient.

  • Les sociétés américaines: Texas Instruments: 3400 licenciements, 10% de l’effectif (dont à Nice Sophia Antipolis). Intel: 6000. Sprint Nextel: 8000.
  • La société japonaise Sony : 5000.
  • La société néerlandaise Philips : 9000 (8% de l’effectif).
  • La société suédoise Ericsson : 5000

En 2008, dans le monde, tous secteurs confondus, plus de 2,5 millions d'emplois ont ainsi été perdus dont près de 600 000 pour le seul mois de décembre 2008.

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