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16 mai 2013

Les reflets français en Espagne.

Du 28 avril au 15 mai 2013.

Espagne, France, Europe, corruption, chômage, El Pais, El Mundo, extrême droite, Hollande, Le Pen droite



L’Espagne est un miroir pour la France et inversement. Les faits politiques sont austères mais  les deux peuples, fraternellement lucides, contre les erreurs des gouvernants et les extrêmes passéistes, résistent à l’adversité.

Les espagnols sont informés par de multiples journaux nationaux dont El País et El Mundo et locaux, tel que El Diario de Mallorca, par exemple.

La corruption.
Le titre de l’éditorial du Diario de Mallorca du 28 avril 2013 est simple : « Il n’y a qu’à mettre fin aux privilèges et aux corruptions ».
« La crise économique brutale que nous subissons coïncide avec un déclin moral de la société qui nous conduit toujours plus vers l’abîme. Il n’y a pas un jour sans un nouveau cas de corruption, le problème qui préoccupe le plus les espagnols après le chômage. Dans l’épicentre de cette préoccupation se situent les politiques représentés par une caste, qui pour défendre ses privilèges, paraît se détacher de toute solution qui allégerait la charge que supporte l’Espagne.
Ce pays a besoin d’un sursaut des consciences, sans aucun doute. Mais pour y arriver, il faut que les mêmes partis qui contribuèrent à asseoir les bases de la corruption soient disposés à s’en détacher pour restituer le prestige des institutions et redonner confiance au peuple dans le système.
Sans éthique ni jeu clair, il sera plus difficile d’avancer et il deviendra impossible d’exiger des citoyens les efforts et les sacrifices nécessaires pour sortir du bourbier où nous nous trouvons.
Le journaliste publie ensuite des extraits de l’essai urgent et passionné d’Antonio Muñoz Molina qui préconise une simplification des structures politiques, empilées et redondantes, nationales, régionales, locales, atypiques, sources d’un gaspillage insensé qui explique l’énormité de la dette publique.
Une corruption majeure reste celle du gendre du roi d’Espagne, duc de Palma, Iñaki Urdangarin mis en examen pour détournement de fonds publics et fraude fiscale dans l’affaire Noos, structure événementielle. L’institut Noos reçut, par exemple, 3.5 millions d’euros publics de la communauté valenciana pour financer trois éditions de Valenciana Summit et préparer des jeux européens qui n’eurent jamais lieu. Le gouvernement des Baléares versa 2.3 millions d’euros publics à Noos pour organiser deux éditions du forum des Iles Baléares …Sommes exorbitantes. Les contrats auraient été signés à la Zarzuela et à Marivent, demeures de la royauté. La mise en examen de Madame Urdangarin, Cristina de Borbón y Grecia, seconde fille du roi, a été suspendue par la justice estimant ne pas posséder assez de preuves de son implication dans la corruption de son époux. La presse a commenté la sagesse de la justice ou, au contraire, a dénoncé l’injustice de la tolérance envers les puissants.
Le « fiscal » Pedro Harrach qui a impulsé les principales investigations sur la corruption aux Baléares, dont l’affaire Noos, proteste contre les obstacles nombreux rencontrés dans son travail, provoqués par le PP, Parti populaire, de droite et du centre, conservateur et libéral. Le PP, représenté par Mariano Rajoy est le principal parti politique au pouvoir.
Le second cas de corruption dévoilé le 8 mai et soumis à investigations est celui du PP qui aurait utilisé de l’argent opaque, échappant à la fiscalité, pour distribuer des enveloppes d’argent à certains de ses dirigeants. La double hypothèse formulée par la justice est celle de financement illégal d’un parti et de fraude fiscale. Le trésorier concerné a dû remettre son passeport aux autorités afin de ne pouvoir fuir : il aurait transformé des dotations nominales de fonds, au-dessus de la limite légale, en dons anonymes fractionnés en valeurs inférieures.
Le PP est aussi interrogé quant à des compléments financiers qu’il aurait versés à José Maria Aznar après son investiture en 1996, malgré l’interdiction législative.
Le 2 mai, le parlement des Baléares a été saisi pour analyser les montants financiers énormes, publics, dépensés par des ex-conseillères socialistes, en pleine crise économique, de 2008 à 2011, pour organiser la manifestation festive annuelle de la Diada qui remercie les volontaires de la protection civile. L’utilité consistant à offrir des billets d’avion à quelques 500 participants pour Ibiza, alors qu’ils vivent majoritairement à Majorque, n’est pas évidente.
A Orihuela, localité de la province d’Alicante, 4 des derniers maires sur 7 depuis 1979, ont dû répondre de faits de corruption et, en ce mois de mai 2013, 4 des 11 conseillers du PP local sont interrogés par la justice.
L’Espagne s’intéresse à la corruption française. Ana Teruel, journaliste espagnole à Paris reprend des informations de l’hebdomadaire Le Point sur l’achat d’un appartement de 7 millions d’euros par le fils aîné de Laurent Fabius, interdit de casinos, condamné il y a deux ans pour abus de confiance et qui n’a pas de gains déclarés. Ce prix dépasse de 1 million d’euros  la déclaration récente des biens du ministre Laurent Fabius. Le Ministère des Finances ne jugerait pas utile de demander à Tracfin, l’agence étatique d’information financière, une investigation sur ce fait!

L’économie.
Le chômage concerne 25% de la population active.
29 910 espagnols ont émigré vers l’Europe en 2012, 45% de plus qu’en 2011.
L’économie souterraine représente 19.2% du PIB.

La politique.
L’action du chef du gouvernement, Premier ministre, Mariano Rajoy est contestée par le parti d’opposition, le PSOE, Parti socialiste ouvrier Espagnol, mais aussi par le PP, parti de la majorité au pouvoir, dont la présidente demande une réforme radicale de l’Etat: réduction de l’administration, révision des structures, simplifications, développement de l’investissement au détriment de la rente… Le Président du gouvernement est interpellé quant à son manque de vision d’avenir et à l’insuffisance des mesures prises pour enrayer le chômage. Il ne lutte pas efficacement contre les gaspillages. Le gouvernement envisage un accroissement de l’austérité par de nouveaux impôts sur les alcools, le tabac, les hydrocarbures, l’IVA (TVA), les sociétés, les atteintes à l’environnement…
Mariano Rajoy et le leader du PSOE, Alfredo Pérez Rubalcaba, ont confronté cependant leurs pactes respectifs au sein du Congrès pour tenter de composer un front commun de mesures contre la crise économique et pour la création d’emplois. La droite serait disposée à aboutir à des accords avec la gauche mais doit encore perdre son arrogance, selon la gauche. Cette pratique s’apparente à une récente proposition de Jean Louis Borloo, en France, de définir un programme commun plutôt qu’un gouvernement d’union nationale.
La question du cumul d’une activité professionnelle avec un mandat politique est posée régulièrement. En ce début de mai 2013, le cas de José Ramón Bauzá, Président du gouvernement des Baléares, propriétaire d’une pharmacie, est controversé.

Le peuple. La société.
Beaucoup d’Espagnols rencontrent des difficultés économiques et souffrent de la déliquescence morale des élites qui ne les représentent pas. Le mal-être est diffus.
Le mouvement des Indignés s’est reconstitué le 15 mai, à Madrid, Puerta del Sol, et dans de nombreuses autres villes. Les participants entrent en rébellion  contre les partis et les institutions. Un nouveau mot apparaît dans les manifestations « el escrache » qui porte en lui les idées de rupture, de destruction, de violences.
Des grèves et manifestations très importantes ont contraint le gouvernement à renoncer à une nouvelle loi sur le système éducatif.
L’Espagne est divisée en deux par le débat sur la proposition de révision de la loi sur l’avortement. Les femmes qui ont avorté en dehors des conditions légales, réformées, ne devraient plus être concernées par la prison ou les amendes. Des mesures précises s’appliqueraient aux fœtus frappés par un handicap, ce qui déclenche la colère des Ultras qui dénaturent l’intention. L’église, statique, reste la principale opposante à cette proposition de loi. Le débat houleux et contradictoire, excessif,  sur ce sujet, ressemble aux débats français récents sur « le mariage pour tous ». Les politiques et les associations demandent un débat élargi et les sociologues tentent de clarifier les positions en classant les arguments entre ce qui est légal, scientifique, moral ou religieux.


L’Europe.
El Mundo du 2 mai, explique la montée des droites extrêmes européennes par le mécontentement social et la déroute économique qui sèment un extrémisme de désespoir. La recherche d’alliances entre les partis extrêmes européens menace l’Europe : ainsi Marine Le Pen aurait-elle rencontré le hollandais Geert Wilders pour constater ensemble qu’ils étaient d’accord sur 90% des sujets dont l’immigration. Sinistre symbiose.
El Pais du 3 mai publie une analyse de Joschka Fischer, ex ministre allemand des Verts, sur le danger qui pèse sur l’Union européenne. Il critique les obligations d’austérité et de restructurations imposées par l’Allemagne aux Etats européens en difficulté et souligne l’incroyable incompétence de la troïka (la commission européenne, la banque centrale européenne et le FMI) dans le traitement de la crise de Chypre. L’avenir d’une Europe forte suppose une union politique, financièrement solidaire quant aux dettes, ce qui suppose des abandons de souveraineté. L’Allemagne et la France sont-elles prêtes ? La crise est une crise de leadership politique. Les décisions nationales sont bien sûr en partie responsables des difficultés européennes. Si la prochaine campagne électorale allemande se taisait sur l’Europe, comme la campagne présidentielle française l’a fait récemment, alors que des mesures urgentes peuvent seules sauver l’Europe, ce serait alors convertir la démocratie en une farce…
El Pais du 8 mai relaie la demande du Congrès Juif mondial, réuni à Budapest, faite à l’Europe, d’agir contre les partis politiques d’extrême droite.
Dans El Pais du 10 mai, la parole est donnée à Alain Juppé. Il affirme que cultiver une attitude antiallemande est irresponsable et pense que la dichotomie entre l’austérité et la croissance est un faux débat. Il faut mettre les comptes en ordre pour ouvrir la voie à la croissance. Il reconnait et déplore les dérives extrémistes de la gauche, de la droite et de Nicolas Sarkozy en fin de mandat.
Dans le Diario de Mallorca du 8 mai, un titre est en français : Hollande, la débâcle du « président normal ». Eugenio Fuentes écrit que c’est le président le plus mal noté après un an de mandat : 75% de mécontents. Les chiffres record du chômage, la chute du PIB, l’incapacité à réduire les déficits servent la montée des droites extrêmes du parti de Nicolas Sarkozy et de l’extrême droite. De plus, François Hollande n’a pas réussi à initier une politique de croissance en Europe même si Angela Merkel consent à un assouplissement des mesures d’austérité. Le jugement sur l’action de l’actuel président ne pourra être formulé avec exactitude cependant qu’en fin de mandat.

www.atelier-idees.org
www.notreputeaux.com
Annie Keszey

08 novembre 2011

Un Pouvoir amnésique : le déclin de l’Europe pronostiqué en 2005

Austérité et Majestic Barrière.

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Les Français et les Néerlandais, particulièrement ceux qui ont voté NON au référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen, refusaient et refusent le néolibéralisme sauvage, la cupidité et l’impunité des puissants, la concentration des richesses et les écarts sociaux de l’Union Européenne. La campagne référendaire avait été riche en avertissements de nombreux mouvements et associations, ignorés par les medias traditionnels, contre une constitution encore plus libérale que les précédents traités, privilégiant le marché, la concurrence, les banques et les grandes entreprises multinationales.

Une convention, en 2002, sous la présidence de Valérie Giscard d’Estaing, avait rédigé ce Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE), après, en particulier, l’instauration du système monétaire européen, de l’acte unique, du traité de Maastricht, du traité d’Amsterdam, de la banque centrale européenne pour mettre en place l’euro et du traité de Nice de 2000. Ce TCE  est un modèle abscons non modifiable de   principes et de procédures lourds et inadaptés. L’immobilité du traité s’ajoute à la rigidité de l’euro commun, piège « mortel », autant que le fut l’étalon-or, en l’absence d’un gouvernement économique européen ou fédéral chargé de gérer les écarts de compétitivité. Le vocabulaire utilisé, pernicieux, dévoile le risque : la constitution offre à ses citoyens « un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée ». Mais elle œuvre pour la justice, le développement durable et tend vers le plein emploi et la cohésion sociale.


En dehors de la concurrence obligatoire, le traité ne propose aucun engagement contraignant pour soutenir l’éducation, les prestations sociales, les services publics et l’emploi.


Les opposants  au TCE voulaient (et veulent) pour l’Europe, un modèle de réussite alternatif à celui des Etats-Unis, ultralibéral et à celui de la Chine, autoritaire. L’Europe du « bien commun » attendue est sociale, juste, écologique, démocratique et égalitaire. Elle s’oppose aux objectifs des élites : accaparer  les richesses pour elles-mêmes au détriment du salariat, détruire la démocratie et briser l’état. Cette Europe des élites est celle de la droite politique, en France,  mais, de plus, pourrait devenir celle des sociaux- démocrates devenus sociaux-libéraux depuis François Mitterrand ! Michel Rocard, Jack Lang, Jacques Delors ont défendu le OUI à la Constitution malgré son danger. Les députés européens socialistes ont fait des contre-propositions, DSK a présenté un important rapport, sans succès. Même inquiets, ces derniers ont voté « oui ».


Nicolas Sarkozy a cassé la décision populaire majoritaire par le traité de Lisbonne.


L’exigence complexe, lucide et pertinente des opposants au référendum était une voie pour détourner l’Europe de son déclin et de son impuissance d’aujourd’hui.


Il fallait, disaient-ils, rétablir la justice entre les revenus du capital et ceux du travail, devenir une économie de la connaissance, pour favoriser la croissance en développant la recherche et en la structurant au niveau européen, concentrer les moyens, d’abord, sur ceux qui en avaient le plus besoin en investissant fortement dans la petite enfance et les banlieues défavorisées, assurer des parcours professionnels sécurisés, se doter d’une vraie politique industrielle et de l’emploi avec de grands projets à la clé, permettre la constitution de grands groupes européens capables d’exceller au niveau mondial. La concurrence fiscale et la concurrence sociale étaient démontrées incompatibles avec le modèle européen attendu et 66 régimes fiscaux déloyaux devaient être bannis. La progression de l’Europe supposait son autonomie énergétique, son indépendance dans le domaine de la Défense aux coûts partagés entre les états et une forte maîtrise de la communication et de l’information.


Bien sûr, l’écologie soutenait ce projet alternatif, (parce que le capitalisme est criminel pour l’environnement), avec une dimension nouvelle: celle de capital naturel.


Un secteur intouchable d’économies, pour le budget français en déséquilibre, avait animé les débats du moment : il fallait diminuer les dépenses militaires, disproportionnées, en veillant bien sûr à la réorientation, par la formation, des nombreux emplois publics du secteur.


Le livre de Susan George, politologue, européenne convaincue et altermondialiste experte « Nous, peuples d’Europe », publié en 2005 chez Fayard commente l’ensemble complet des propositions pour cette Europe radicalement différente.


Il y a 6 ans, Susan George savait que la débâcle surviendrait si une autre Volonté Politique Collective n’émergeait pas :


Aucune nation ne contrôle le mécanisme financier qui fait jouer la concurrence à l’échelle mondiale non seulement entre les productions et les salaires, mais aussi entre les systèmes sociaux. Cette mondialisation ne respecte aucune règle, sauf celles de la rentabilité. Elle approfondit les inégalités et détruit l’environnement. Elle bouleverse les identités culturelles et brime les nations surtout les plus faibles. Elle favorise l’émergence d’ensembles internationaux ou nationaux géants, capables de se concurrencer et d’imposer leur loi au reste du monde.

Le mépris des faibles, la religion de l’argent et le refus de partager sont, à notre époque aussi barbares que l’étaient le colonialisme ou l’esclavage en d’autres temps, et, à terme, aussi destructeurs pour nous tous.


Aujourd’hui, en novembre 2011, la zone euro, menacée par ses dettes folles, s’enfonce dans la tourmente de l’impuissance d’un G20


L’économiste américain Paul Krugman, dans le New York Times du 25/10/2011, publié par Le Figaro, expose « la tragicomédie de la dette européenne ». 


Alors que les plans de sauvetage tombent à plat les uns après les autres, les élites économiques européennes-qui sont, est-ce possible?, encore plus prétentieuses et égocentriques que les élites américaines- continuent de se ridiculiser…Les européens avaient réussi à bâtir un système de paix et de démocratie et à édifier des sociétés qui pour être imparfaites sont probablement ce que l’humanité a fait de mieux... L’impuissance de l’Europe des « 17 » nait d’un cercle vicieux. Les investisseurs qui achètent de la dette italienne, par exemple, redoutent une banqueroute et imposent des taux d’intérêts très élevés, ce qui -mécaniquement- alourdit encore le service de la dette et rend le risque de faillite plus vraisemblable. Le sauvetage de l’euro pourrait passer par le Fonds Européen de Stabilité Financière qui, le cas échéant, prêterait suffisamment d’argent à l’Italie (et aux Etats suivants) pour qu’elle n’ait pas à emprunter à de tels taux. Mais ce FESF implique le soutien des principaux Etats européens obligés de faire des promesses crédibles aux yeux des investisseurs. Or, l’Italie appartient au cercle des puissants surendettés : comment pourrait-elle se sauver en se prêtant elle-même de l’argent ? De même, la France, par sa  contribution au fonds alourdirait sa propre dette !


La dette française, fin 2007, était de 1211 milliards d’euros, soit 64.2% du Produit Intérieur Brut. En avril 2011, elle atteignait 1646 milliards, 85% du PIB. Un rapport de la Cour des Comptes la prévoit à 90% du PIB en 2012. Les effets d’une crise sévère et une gestion politico-économique lente, faible et éphémère, malgré son effervescence formelle, sont les causes d’un tel trou.


Des sites nombreux analysent le contenu et l’évolution des dettes de l’Europe. Le site www.slate.fr met ces dettes en images pour tenter de les concrétiser et les comparer.

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La dette est un sujet rarement débattu dans les medias. Un nouveau site français, récent, www.audit-citoyen.org, lié à d’autres sites européens, souhaite combler cette lacune. Le site s’appuie sur un constat : déléguer la responsabilité des budgets à des ministres conduit souvent à l’échec. Les connaissances sur la « fabrication » des dettes modifient les thèses politiques. Ainsi nous a-t-on expliqué que l’Allemagne acceptait d’être généreuse avec la Grèce : la réalité est moins abrupte. L’Allemagne, excédentaire, produit plus que sa population ne peut consommer, elle a donc besoin de vendre à des pays « déficitaires ». Que ferait-elle de ses surplus ? Il y a eu trop d’emprunts par les prodigues parce qu’il y a eu trop de prêts par les prudents…Les ajustements ne concernent pas les seuls débiteurs !


La dette française actuelle, depuis 4 ans, a des responsables identifiables. Elle a, ce jour, une étrange utilité : en « affolant » le peuple, François Fillon, premier ministre, à la mine patibulaire de circonstance, sert plus facilement l’objectif du pouvoir conservateur de détruire l’Etat-providence en diminuant les prestations sociales au nom d’une nécessaire « rigueur* » (*élément du langage commun de l’UMP!).


Mais les catégories moyennes et défavorisées des peuples européens ne sont pas naïves. La proposition de référendum de Papandréou, démocratique, pour la Grèce, n’avait d’autre but que d’apaiser la société grecque, révoltée de devoir « payer » à la place des coupables, en lui donnant la parole. Mario Draghi, quand il était Vice-Président de la banque Goldman Sachs, accepta le maquillage des comptes grecs, entrepris par le gouvernement conservateur, pour faciliter l’entrée dans la zone euro: il vient pourtant de succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne !


L’austérité renforcée a été imposée à la Grèce lors d’un G20 …de 33 chefs d’état dont le coût est évalué  à 28 millions d’euros (80 millions selon le Canard Enchaîné). Les deux nuits de Nicolas Sarkozy au Majestic de Cannes auraient coûté un minimum de 7000 €. Le bling-bling « Fouquet’s-Majestic-Barrière » est un mal chronique, provocateur.


Le plan de rigueur « Merkozy » n’envisage pas de relancer la croissance grecque. Daniel Cohn-Bendit, député européen, coprésident du groupe des Verts, travaille sur un ensemble de mesures  d’économies et de recettes nouvelles par solidarité avec le peuple grec afin de lui donner une perspective positive. Par exemple, il propose une refonte écologique du système agricole (en sachant que 70% des olives grecques sont manufacturées en Italie)… et une diminution de dépenses militaires consternantes. De même, l’alliance des députés européens démocrates et libéraux propose, dans la même intention, le projet « reset Greece».


Le plan d’austérité du Gouvernement, pour la France, est un ensemble de « rustines » aléatoires, le montage allemand pour l’Europe s’inscrit désespérément dans un univers néolibéral décadent.


De nombreux plans B s’élaborent pour proposer une alternative crédible européenne: repenser les rapports entre le capital et le travail, renforcer les fondements institutionnels et constitutionnels de l'Europe, redéfinir la place de l’Etat, produire un avenir dynamique, rassurant et juste.


L’atelier des idées tentera de différencier ces plans, très techniques et parfois contradictoires, pour les publier.


www.atelier-idees.org


Annie Keszey

15 juillet 2011

L'éco quartier durable de Fribourg-en-Brisgau

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La ville Fribourg-en-Brisgau, capitale « écologique » depuis 1992, est située dans la région la plus ensoleillée de l’Allemagne, dans la Forêt Noire. La ville accueille 10 000 emplois directement liés aux activités environnementales. Elle est le siège, en particulier, de la Solar Fabrik 1.

Proche de la centrale nucléaire redoutée de Fessenheim, en Alsace, Fribourg a créé un concept local d’approvisionnement en énergie visant la protection contre le réchauffement climatique : la consommation d’énergie, d’eau et de matières premières est réduite, l’emploi de nouvelles technologies énergétiques et des énergies renouvelables est accéléré.

L’éco-quartier Vauban naît après le rachat, par la ville, en 1992, d’anciennes casernes, sur un terrain de 4 hectares. Ces casernes, rénovées, sont affectées aux 220 logements alternatifs du collectif SUSI (association dans laquelle se trouvent d’anciens occupants illégaux des casernes, légalement relogés), à 600 logements pour étudiants, à la maison de quartier et au centre culturel des associations.

Les 34 ha restants contiendront ensuite 2000 logements et un site d’activités artisanales et industrielles regroupées. L’éco-quartier se fonde sur la mixité sociale et la convivialité, à partir de services publics situés à de courtes distances dont les jardins d’enfants et les écoles. Ces écoles enseignent l’écologie et le développement durable. Les commerces, accessibles, vendent  les produits de la ceinture verte agricole de Fribourg.

La conception, l’évolution et la gestion du quartier sont prises en charge par une association privée et démocratique de résidents : le Forum Vauban. Les impasses conflictuelles, nécessitant les décisions de la seule municipalité ont été rares depuis 15 ans, de l’ordre de 10% des problèmes à résoudre. Le site boisé, traversé par un ruisseau, est à 4 kilomètres du centre-ville.

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08 juillet 2011

Una ilusion compartida...un espoir partagé

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Un espoir partagé avec les indignés de la Puerta Del Sol...

Des intellectuels et artistes espagnols ont signé un manifeste, marquant leur solidarité avec les contestataires de la Puerta del Sol. En Europe et autour de la Méditerranée, des révolutions, des révoltes ou des manifestations contestataires partagent le rejet du capitalisme financier, fondé sur une économie virtuelle prédatrice et inégalitaire, réclament un pouvoir accru des citoyens et doutent du bipartisme.

Traduction du manifeste

Le discrédit de la politique et les questions permanentes sur la corruption de la vie démocratique ne peuvent laisser indifférentes les consciences progressistes. Les personnes, de différentes idéologies, sont nombreuses à s’être senties exposées au milieu de cette crise économique, sociale et institutionnelle. L’absence d’horizon de la gauche explique le progrès des forces réactionnaires aux dernières élections. Tandis que les marchés financiers imposent le démantèlement de l’Etat- providence, par la recherche de profits démesurés, un gouvernement socialiste a été incapable d’imaginer une autre recette que celle d’accepter les pressions antisociales et de dégrader les droits publics et les conditions de travail…

Mais, ce n’est pas le moment de perdre « l’espoir », parce que la rue et les réseaux sociaux ont investi le domaine politique pour démontrer leur révolte. Cette énergie civique, rénovée et contrastée, a quatre préoccupations décisives ; la régénération démocratique, l’accès à la dignité des conditions de travail, la défense des services publics et le développement d’une économie durable, liée au respect écologique et au service à la personne. Ce sont les grandes inquiétudes du XXIème siècle par rapport à un système de plus en plus avare, qui détruit la solidarité internationale, la dignité de la nature et des êtres humains.

La corruption démocratique s’est montrée la meilleure alliée de la spéculation, séparant les destins politiques de la souveraineté civique et décomposant, de l’intérieur, les pouvoirs institutionnels. Pour cela, il faut rechercher de nouvelles formes de démocratie participative et regrouper en un espoir commun tous les idéaux démocratiques de la gauche démocratique et sociale.

Les pouvoirs financiers comptent sur notre solitude et notre peur. Leurs menaces tentent de nous paralyser, de neutraliser nos consciences, de nous soumettre à la loi de l’égoïsme et du « sauve qui peut ». Mais l’énergie du tissus social peut faire converger les sensibilités diverses à gauche et rencontrer le consensus nécessaire pour créer un espoir partagé.

L’appui et les efforts de tous sont nécessaires, parce que rien n’est écrit et que tout est possible… La mémoire de l’émancipation humaine exige un regard honnête vers les valeurs et le futur. Nous sommes convaincus de la nécessité de reconstruire le présent de la gauche. Et toi ?

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Ce manifeste, traduit de l’espagnol, a été signé par Baltasar GARZON, juge de l’Audience Nationale, Pedro ALMODOVAR, réalisateur, Penelope CRUZ, actrice, Juan CAPELLA, titulaire  émérite de la chaire de philosophie du droit de l’Université de Barcelone, Rosalia MERA, cofondatrice de ZARA…

La liste complète des signataires  se trouve sur le site : www.ciranda.net

01 juin 2011

"Los indignados" de la Puerta del Sol - Madrid - Espagne

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No nos vamos! Basta la probreza! Juventud sin futuro! Sin casa, sin curro, sin pensión, sin miedo.  Rebélate! El Cambio !

Nous ne partons pas! A bas la précarité! Jeunesse sans futur ! Sans maison, sans boulot, sans peur!  Rebelle-toi ! Le Changement !

Le modèle productiviste né de la révolution industrielle; le modèle de solidarité sociale promu en Europe à la libération; le modèle néo-libéral issu de la révolution conservatrice, explosent avec la crise*. Des révolutions s’étendent contre des dictatures politiques et contre des démocraties : les Tunisiens, les Egyptiens, les Libyens, les Syriens, les Algériens, les Iraniens, les Yéménites, les Georgiens , les Islandais, les Irlandais, les Portugais, les Grecs, les Italiens,  les Espagnols et…Ces révolutions naissent et perdurent à partir des réseaux sociaux Facebook et Twitter parce que les canaux normaux de la contestation ne fonctionnent plus ou qu’ils sont censurés.

Tous ces manifestants pacifiques partagent le sentiment de ne pas être entendus par les responsables politiques, d’être exclus de systèmes politiques sourds et aveugles à leurs préoccupations. Ils  revendiquent, souvent au péril de leur vie, une autre place pour les êtres humains  qui suppose la fin des régimes politiques prévaricateurs, des actionnaires-sangsues, du « tout-marché » régi par la loi du plus fort, des délocalisations, du libre-échange sans rivage, des crises alimentaires, des bulles financières et du dumping salarial à l’échelle planétaire.

Les Indignés de la Puerta  del Sol, rejettent les partis traditionnels, incompétents et souvent corrompus dans des scandales immobiliers (ces partis ignorent « le nouveau monde » de Michel Serres, défini dans « le Temps Des Cerises », en 2009,  par exemple). Ils projettent de changer le système, grâce à internet, sans passer par les organisations classiques. Les peuples arabes, qui changent le cours des choses dans des dictatures, ont convaincu les européens qu’il était donc  possible de le faire en démocratie ! (Editorial du journal Le Monde du 24/05/2011)

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Toutes ces révolutions d’aujourd’hui rassemblent des jeunes sans emploi d’une génération sacrifiée (44% des jeunes espagnols sont au chômage), des étudiants, des pauvres, des précaires, (90% des contrats de travail, en Espagne encore, sont des CDD), des retraités, des femmes seules, des familles surendettées, des intellectuels… Les partis politiques et les syndicats classiques sont absents. Ces citoyens indignés et actifs se regroupent, participent aux flux des discussions, s’organisent contre les systèmes oppressifs obsolètes et les fausses démocraties pour instaurer un « ordre juste », une société nouvelle qui érige « la Vie », comme priorité : la liberté, l’égalité et la dignité, au-delà des intérêts économiques et politiques.

Les évolutions seront difficiles, instables, imprévisibles. Mais, désormais, les Gouvernements, s’ils ne veulent pas être « dégagés », pourront moins impunément ignorer le Peuple.

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25 mai 2011

Une autre Europe

 

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Jean-Pierre Chevènement fut l’un des négociateurs du Programme commun de la gauche, en 1972. Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000, actuellement Président d’honneur du MRC et sénateur du territoire de Belfort, il ne cesse de défendre « une autre politique ».

Dans « La France est-elle finie ? » aux Editions Fayard, Jean-Pierre Chevènement analyse l’Histoire du XXème siècle, en profondeur, à partir de sa vaste culture pluridisciplinaire et  de son expérience politique au service d’idées et de valeurs républicaines fortes.

François Mitterrand, socialiste, dès son élection, et Jacques Delors, pour la France, Margaret Thatcher pour la Grande Bretagne, Helmut Kohl, pour l’Allemagne, ont été des acteurs importants de la construction de l’Europe. A partir de l’Acte Unique de 1985 et de la création de la monnaie unique, cette Europe néo-libérale et la globalisation financière ont privé la France (et les autres états européens) de toute marge de manœuvre monétaire et économique...

Dans l’univers globalisé, il n’y a plus de barrières, plus « d’écluses », donc plus d’amortisseurs. L’exploitation, l’avidité, les instincts prédateurs ne connaissent pas de bornes. Le repli égoïste, la démobilisation civique, le communautarisme, le racisme constituent de permanentes tentations en période de crise…La tentation de la guerre est toujours présente dans la crise du capitalisme comme « l’orage dans la nuée », selon Jaurès.

Le Moyen-Orient reste aujourd’hui ce que les Balkans étaient à l’Europe d’avant 1914: le foyer des guerres futures…Face à ce monde d’iniquité à l’accouchement duquel ils ont contribué- sans doute pour beaucoup involontairement- les sociaux-libéraux qui se voulaient, en France, au printemps 1991, « à l’avant-garde du nouvel ordre international » proclamé par George Bush père, restent aujourd’hui sans voix, comme la poule qui, croyant avoir pondu un œuf, se retrouve en présence d’un couteau…

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06 mai 2011

La double violence de l'identité nationale

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Depuis longtemps les chercheurs en sciences humaines et sociales s’interrogent sur les quêtes individuelles et collectives d’identité, et sur les raisons qui font que nous parlons si souvent  d’identité. Leurs recherches les mènent vers les limites, les frontières, les contacts, bien loin de la croyance en une unité « vraie », essentielle, figée. Pour les sciences sociales comme pour les sciences humaines, il s’agit d’accompagner ce long travail que chacun mène dans sa vie- chaque personne ou chaque collectif-  pour accepter l’idée que l’identité est insaisissable et indéfinissable, qu’elle est une sorte de foyer virtuel auquel il nous est indispensable de nous référer pour expliquer un certain nombre de choses, mais sans qu’il y ait jamais d’existence réelle. Prétendre la définir (en faisant donc croire qu’elle est définissable) c’est produire des normes identitaires, donc une double violence. Violence pour ceux qu’elle met au défi de s’inclure et de rester « sous contrôle identitaire » au prix d’humiliations culturelles et mémorielles (faisant ainsi violence, par exemple, à la part africaine, antillaise ou maghrébine de l’histoire de France) ...

Mais la définition officielle, gouvernementale pour être précis, d’une identité nationale provoque une autre sorte de violence, en direction de tous ceux qu’elle exclut, qu’ils soient d’ailleurs ou d’ici .Car cette identité normative a comme toutes les normes pour fonction essentielle de produire des anormaux et de les exclure. Faire exister « l’étranger » dans nos esprits et dans des politiques xénophobes est le seul résultat et la seule vérification empirique d’une identité nationale improbable. Cette politique de l’identité prend la forme caricaturale de l’inventaire des traits ethno-nationaux comme aux temps les plus reculés de l’ethnologie  folkloriste. .. Et le contrôle de la conformité de ce « kit identitaire » national, enfermé et appauvri sur le plan culturel, est l’instrument de la politique de rejet de l’étranger. Pourtant jamais satisfaite de ses propres définitions essentialistes, cette politique entraîne toujours plus de procédures d’identification, de vérification, de tri des personnes et donc davantage de police, de murs, d’enfermement et de mise à l’écart. Comme si la mise en œuvre des procédures d’identification et de contrôle des indésirables était la seule fin de cette politique identitaire. 

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10 décembre 2010

Manifeste d’économistes atterrés

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Les politiques de soumission au pouvoir de la finance mettent en danger l’avenir du projet européen. Manifeste d’économistes atterrés. Il faut mettre en débat, dès maintenant, les grandes lignes de politiques économiques alternatives qui rendront possible une refondation de la construction européenne.

« La crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2007 et 2008 ne semble pas avoir affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans. Le pouvoir économique n’est nullement remis en cause dans ses fondements. En Europe, au contraire, les états, sous la pression des institutions internationales et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réforme et d’ajustements structurels qui ont démontré dans le passé leur capacité à accroître l’instabilité et les inégalités.Ils vont encore aggraver la crise européenne.»

Philippe Askenazy (CNRS), Thomas Coutrot (Conseil scientifique d’ATTAC), André Orlean (CNRS, Président de l’Association Française d’Economie Politique), Henri Sterdyniak (OFCE : Centre de recherche en économie de Sciences Po), dans leur manifeste d’économistes atterrés, de novembre 2010, aux éditions « les liens qui libèrent », dénoncent dix fausses évidences, mal fondées scientifiquement, qui servent à justifier les politiques actuellement menées en Europe. Le manifeste soumet au débat  vingt-deux propositions pour une autre stratégie: 630 économistes d’horizons très divers l’ont signé : http://economistes-atterres.blogspot.com

Un exemple

- La fausse évidence n° 6

La dette publique reporte le prix de nos excès sur nos petits-enfants. C’est une affirmation hypocrite. La dette publique est un mécanisme de transfert de richesses des contribuables ordinaires vers les rentiers. Se fondant sur la croyance jamais vérifiée que les baisses d’impôts stimuleraient la croissance, les réductions d’impôts et de cotisations (sur les revenus des plus aisés, sur les patrimoines), depuis 1980, ont, en fait, aggravé les inégalités sociales et les déficits publics. Ces politiques fiscales ont obligé les administrations à s’endetter auprès des ménages les plus riches et des marchés financiers pour compenser les déficits. Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres, porteurs d’intérêts, de la dette publique émise pour financer les déficits publics, provoqués par les réductions d’impôts : effet jackpot ! Au total se met en place un mécanisme de redistribution à rebours, des classes populaires vers les plus aisées, via la dette publique dont la contrepartie est toujours de la rente privée. Pour redresser de façon équitable les finances publiques en Europe et en France, deux mesures sont mises en débat.

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16 septembre 2010

Gens du voyage : vocabulaire pour tenter de penser juste

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Atsingano, Bohémien, Egyptien, Gens du voyage, Gitan, Gitano, Gyftos, Gypsy, Kalé, Manouche, Rom (ou Rrom), Romanichel, Sinti, Tsigane (ou Tzigane), Yéniche, Zingeuner, Zingaro. Chib Romani, kalo.

Rom vient du mot Rrom, en langue romani qui signifie « homme » au sens d’être humain. Les Roms sont un peuple parti du nord de l’Inde vers l’an 1000 après J-C : leur  langue a des composantes sanskrites, arméniennes, grecques, indiennes...

Ils entrèrent, pour une partie d’entre eux, en Europe, au XIVème siècle, depuis la Turquie et s’installèrent dans l’Empire byzantin où ils furent appelés Atsinganos puis Tsigane, Zigeuner en allemand et Zingano en italien.    

« Les Tsiganes ne forment pas du tout un groupe homogène. Ceux qui se sont implantés dans les Pyrénées pendant une longue période ont plutôt rencontré là-bas des situations culturelles ou climatiques assez différentes de ce que pouvaient rencontrer leurs lointains cousins en Alsace ou en Lorraine. Forcément, ces rencontres dans la longue durée, avec des populations différentes, transforment inévitablement les gens et les singularisent les uns par rapport aux autres. En admettant qu’au départ les Tsiganes aient pu constituer un groupe homogène ou, à tout le moins, qu’ils aient pu provenir d’une même région, par la force des choses, les rapports avec les sociétés rencontrées, ils se distinguent peu à peu les uns des autres. En fait, plusieurs groupes sont aujourd’hui à prendre en considération. On parle de Manouches, de Gitans, de Roms, on parle également de Yénishes, on parle de Voyageurs, on évoque l’existence de Sinti ou Sinté, autant de termes qui trahissent en fait des origines et des parcours divers.

“ Tsigane ” est un terme de la langue grecque, pas un terme propre à la langue tsigane. Il désigne une secte religieuse du Moyen Âge dont les membres estiment impur tout contact avec les non-croyants. Cette secte exprimait sa religion à travers des manifestations culturelles liées à la musique et à la danse. Ceux qui vont être appelés Tsiganes, sont des gens qui, à l’époque, ne sont pas nécessairement membres de cette secte. Mais, parce qu’ils sont eux-mêmes musiciens et danseurs professionnels, parce que eux-mêmes pratiquent des activités liées à la divination, et parce qu’ils sont “ étrangers ”, ils seront assimilés à ces derniers. Quoi qu’il en soit, ces Tsiganes venus de l’Inde, ne composent pas du tout une population marginale. Un historien byzantin en parle comme étant l’une des huit grandes populations de l’Empire byzantin ».

Parce qu’ils exerçaient les métiers de chaudronniers et de ferronniers, ils furent appelés Gyftos,  Ejiptanos (à partir de la petite Egypte, région du Péloponnèse) puis Gitanos en espagnol, Gitans et Egyptiens en français, Gypsies en anglais.

L’Empereur Sigismond, de la Bohême, en particulier, au XVème siècle, leur accorda un passeport de circulation en Europe : Ils devinrent ainsi des Bohémiens.

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16 juin 2009

Les résultats européens des élections du 7 juin 2009

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C’était le 30ème anniversaire de ces élections au suffrage direct, la 7ème élection et la 1ère  concernant les 27 états de l’Europe.

375 millions d’électeurs, dont 45 millions de français devaient voter pour élire 736 députés dont 72 français.

La principale observation est commune à tous les états : le taux d’abstention est très élevé : 58% pour l’Europe et 59% pour la France. Ce taux s’est accru depuis la précédente élection de 2004 et les jeunes sont particulièrement concernés.

L’analyse de cet échec électoral massif quant au fonctionnement des démocraties est presque impossible puisque l’abstention, c’est vouloir « se taire ».

Des hypothèses explicatives pourtant sont communes à divers états :

  • détournement du scrutin par une nationalisation non pertinente de l’élection,
  • déficit de pédagogie politique pour énoncer des positionnements clairs et des priorités pour le futur, pour définir un modèle spécifique et un projet refondateur,
  • faiblesse et brièveté dans le temps des stratégies occultant les forces acquises par l’Europe, dont la paix durable et la résistance de l’euro dans la crise, au lieu de les promouvoir.

L’intérêt des citoyens pour l’Europe cependant ne peut être nié, de très nombreuses enquêtes de terrain l’attestant, les eurosceptiques sont minoritaires.

Les forces de droite, conservatrices, progressent en général, les partis écologiques aussi, mais dans une moindre mesure.

En Autriche, Finlande et Hongrie, les partis d’extrême droite se renforcent, contrairement au Front National.

La France s’émancipe de la domination de deux seuls grands partis, du fait du bon résultat de la liste « Europe Ecologie » et de l’existence de plusieurs autres listes, sans pouvoir deviner l’avenir de cette situation politique.

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