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15 juillet 2016

QUI EST-CE?

François Hollande ?

« Il était rangé dans sa conduite, simple dans ses habitudes, mesuré dans ses goûts ; tempéré dans tous ses procédés sinon dans ses désirs, humain sans être sensible, cupide et doux (...). Sa conversation prolixe, diffuse, originale, triviale, anecdotière, pleine de petits faits, de sel et de sens, procurait tout l’agrément qu’on peut trouver dans les plaisirs de l’intelligence quand la délicatesse et l’élévation n’y sont point. Son esprit était distingué, mais resserré et gêné par le peu de hauteur et d’étendue de son âme. Eclairé, fin, souple et tenace ; tourné seulement vers l’utile et rempli d’un mépris si profond pour la vérité et d’une si grande incrédulité dans la vertu que ses lumières en étaient obscurcies, et que non seulement il ne voyait pas la beauté que montre le vrai et l’honnête, mais qu’il ne comprenait plus l’utilité qu’ils ont souvent ; connaissant profondément les hommes mais pas leurs vices seulement ; incrédule en matière de religion comme le XVIIIème siècle et sceptique en politique comme le XIXème ; sans croyance lui-même ; n’ayant nulle foi dans celle des autres ; d’une ambition qui n’était bornée que par la prudence, qui jamais ne se rassasiait ni ne s’emportait et qui toujours se tenait près de la terre. »

Non, ce n’est pas François Hollande, mais sous ce portrait de Louis-Philippe tracé par Alexis de Tocqueville dans « Souvenirs », Paris, Gallimard, se dessinent pourtant les traits de l’actuel président de la République.

Ce retour en 1848 est celui de Nicolas Baverez dans sa chronique du journal « Le Figaro » du 6/06/2016.

Annie Keszey. 

08 mars 2016

François HOLLANDE déshonore la France.

 

Le vendredi 4 mars 2016, François HOLLANDE a décoré de la Légion d’honneur, à L’Elysée, Mohammed ben Nayef, prince héritier d’Arabie saoudite et ministre de l’Intérieur du Royaume.

Journal Le Monde du mardi 8 mars 2016.

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Le président de la République, Grand maître de l’Ordre national de la Légion d’honneur, discrètement, a déshonoré la France et particulièrement tous les décorés dans l’Ordre dont Charles de Gaulle et Simone Veil...  

Il a déshonoré la mémoire de mon père nommé Chevalier de la Légion d’honneur par Décret du 19 juin 1951, paru au journal officiel du 24 juin 1951, en qualité d’ « Ingénieur ». 

70 exécutions ont eu lieu depuis le début de l’année en Arabie saoudite. Mohammed al Nimr, jeune opposant politique appartenant à la minorité chiite opprimée est condamné à la décapitation, suivie d’une crucifixion et son corps restera exposé jusqu’au pourrissement de ses chairs. Il a été jugé par un juge unique aux ordres d’un pouvoir appliquant la charia. Son oncle, le Cheikh Nimr al Nimr, avait été condamné avant lui.

La dynastie des Al Saoud, en guerre contre les minorités non sunnites du Moyen-Orient avec les armes vendues par François Hollande, tient aussi les femmes sous un joug tyrannique...

La Grande chancellerie rappelle que la Légion d’honneur réunit des personnalités célèbres et des citoyens inconnus du grand public autour du mérite personnel au service de la nation... Chaque nouvelle promotion de décorés raconte la noblesse des actions individuelles ou des parcours professionnels et sociaux qui dessinent les contours de la grandeur collective...La Légion d’honneur illustre l’esprit civique français, le sens de l’intérêt commun...

François Hollande a failli et nous a tous trahis.

Les inconditionnels du gouvernement nous expliquent que cette décoration d’un étranger est un acte de réalisme politique ou de diplomatie courante.

Ingrid Betencourt qui a eu beaucoup de temps pour réfléchir dit : «  Ce n’est pas bien. On ne peut être comme les autres dans cette foire pour décrocher des contrats. Les autres exemples identiques (Ceausescu, Vladimir Poutine...) sont toujours scandaleux. »

Quelle affligeante et amorale médiocrité politique !

Annie Keszey, pour l’honneur de son père. (Cent envois par courriers aux acteurs politiques).

28 février 2016

Jack Lang s'oppose à Martine Aubry.

Février 2016.

Après la violente critique de Martine Aubry contre François Hollande dans le journal Le Monde, Jack Lang, directeur de l’Institut du monde arabe répond aux questions du journal Le Parisien.

Un extrait.

Aubry a-t-elle eu tort ?

Oui. Affirmer avec force des convictions, d'accord. Mais s'attaquer avec cette hargne aux personnes, non. Quand on publie un texte aussi brutal, on a le devoir de l'accompagner d'un projet. Les citoyens ne peuvent être que désemparés : d'un côté, une dénonciation sans réserve avec des mots durs et, de l'autre, une absence totale de vision, de projet, de propositions. Qu'une personnalité de talent, qui exerce des responsabilités, se livre à un tel jeu de massacre réduit la politique à une foire d'empoigne...

Jacques Lang a raison.

Annie Keszey

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08 septembre 2015

LA TRAHISON DE François HOLLANDE.

 

A part les idéologues bloqués  par le déni, ou dans l’enfumage d’un PS malade, les citoyens sont parfaitement conscients de la trahison politique de leur actuel président de la République, François Hollande. Les promesses de sa campagne électorale sont  oubliées, trahies, les deux principales sont rappelées régulièrement par la presse :

 

-...Mon adversaire, c’est la finance !

 

-...Le dernier traité européen sera renégocié !

 

L’hebdomadaire Marianne du 4 au 10 septembre 2015, livre des positions diverses, modulées et fines sur cette trahison.

 

Jean-François Kahn, dans son dernier ouvrage « L’ineffaçable trahison- Plon- 180 pages- 10 € » analyse et juge les décisions prises par François Hollande : « Le revirement hollandais n’a jamais été assumé, expliqué, sublimé...L’erreur majeure de François Hollande, celle qu’il est en train de faire payer au pays tout entier, c’est de n’avoir jamais fait le récit de sa trahison... En trois ans de mandat, jamais il n’a fait l’effort (ou cru bon) de théoriser, de justifier, de transfigurer son changement de politique. Au lieu de quoi, le non-dit. Au lieu de quoi, le bazar...

 

Michel Onfray, philosophe, dans son article « Fidèle à l’infidélité » écrit « Pour faire simple, je dirai qu’il y a deux Hollande, celui qui parle et celui qui agit...Mais dans la perspective signalée par Machiavel, Hollande ne s’est jamais posé que deux questions. Celle du passé : que faire pour parvenir au pouvoir ? Celle du présent, quand j’y suis que faire pour m’y maintenir ? La réponse à ces deux questions est : tout. Ce Hollande-là, oui, s’est trahi et a trahi... Mais le Hollande qui agit comme patron du PS pendant dix ans et comme président de la République depuis trois ans, c’est le même et il ne lâche rien à la ligne à laquelle il croit : le libéralisme européen dans le cadre dessiné par Maastricht. A cet idéal, il sacrifie tout. La trahison fait partie des armes utilisées...Il n’y a pas une feuille à papier à cigarette entre un libéral de droite et un libéral de gauche, juste une différence de style, de ton, de caractère, d’emballage. On a vu combien  le « moi candidat »  Hollande s’est désintégré en vol et comment la pratique de cet homme semblait indexée sur celle de Sarkozy, des copains placés par le pouvoir à l’étalage de sa vie privée en passant par le massacre de la langue française ou les pleins pouvoirs donnés à ses communicants....

 

En régime médiatique, autrement dit, le nôtre, celui qui a remplacé le régime démocratique, le plus certain d’être élu est le libéral qui aura le plus surenchéri dans la démagogie...

 

Alain-Gérard Slama, historien et politologue tempère le jugement de Jean- François Kahn. Certains cas de trahison, sont plutôt, d’après lui, « des cas d’ajustements, de nature pragmatique, à une réa3lité que l’on n’avait pas pleinement anticipée. En accomplissant le tournant social-libéral incarné par Emmanuel Macron, Hollande se situe dans ce type d’ajustements... ».

 

Pour Alain-Gérard Slama, la trahison est plutôt celle de Nicolas Sarkozy devenu chef des « Républicains », alors que « chacun garde en mémoire son plaidoyer pour la « laïcité positive », son exaltation du rôle éminent du curé, ou sa défense de la « discrimination positive » doublée de la création du CFCM. »

 

Luc Ferry, homme de droite, philosophe, ignore la traitrise. Dans l’article « Pour être généreux, il faut être riche », il reproche à Hollande « de n’avoir pas poussé beaucoup plus tôt et beaucoup plus loin la politique de l’offre, afin d’avoir moins de chômage et plus de richesse à partager. »

 

Nicolas Baverez, avocat et essayiste, explique « Déni, mensonge et trahison ». Il rappelle que Machiavel au XVIème siècle a affirmé l’autonomie du politique vis -à- vis de la morale. Pour César Borgia, la moralité des moyens et des fins  doit s’effacer devant le résultat...Nicolas Baverez admet que la trahison puisse être légitimement mise au service des intérêts supérieurs de l’Etat...Dans les exemples qu’il donne, il cite Alexis Tsipras... « La trahison de François Hollande  ne provient pas du non-respect de ses engagements qui étaient placés d’emblée sous le signe du déni de la situation de la France et du monde au XXIème siècle. Elle est plus profonde. C’est une trahison vis-à-vis de la politique et de la République. La politique est action et résultats. Or, après trois ans et demi de pouvoir le quinquennat n’a toujours aucun cap. Les mots n’ont jamais autant juré avec les actes. Les premiers sont désormais sociaux- démocrates : les seconds restent étatistes, malthusiens, antieuropéens. Les résultats de cette indécision permanente sont calamiteux, cumulant stagnation économique, paupérisation des Français, chômage de masse, surendettement public, destruction des pôles d’influence publics, dégradation de l’influence de la France dans le monde et en Europe. Le cynisme de François Hollande est une arme de destruction massive contre les valeurs républicaines et le meilleur allié de l’extrême droite....

 

Jacques Généreux, économiste et anthropologue juge que François Hollande est « trop médiocre pour trahir ».

 

« François Hollande et Nicolas Sarkozy sont justes des politiciens qui ont consacré l’essentiel de leur existence à se battre pour devenir présidents, c’est tout. Le mot (trahison) est trop grand pour de si petits personnages »...Les discours gauchisants de la campagne de François Hollande ne s’adressaient qu’aux imbéciles qui se gavent de mots et d’images au lieu de s’informer et de réfléchir. Ceux-là n’ont été trahis que par leur ignorance et leur paresse. »

 

2017 : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen. AU SECOURS !

 

Annie Keszey

 

20 février 2015

VERS UNE CATASTROPHE ECONOMIQUE ET DEMOCRATIQUE.

 

20/02/2015.

 

 

Le titre est le pronostic d’Arnaud Montebourg exposé sur le site Mediapart

 

Thomas Piketty, économiste, auteur du livre de 970 pages Le capitalisme au XXIème siècle*, vendu actuellement en 1 million et demi d’exemplaires, fait rare, était, le 15/02, l’invité de Laurent Ruquier.

 

Ses propos, fondés sur une analyse expérimentée, confirment les appréhensions, d’une majorité de citoyens ordinaires, recueillies lors de sondages.

 

« François Hollande a trahi toutes ses promesses,  mensonges pour être élu.  Depuis le début de son mandat, son action économique est indigente et inappropriée surtout parce qu’il n’a aucune expérience des secteurs d’activité. Il est exclusivement un politique depuis une trop longue durée. Ses « réformes » sont restreintes, improvisées et tâtonnantes. Il n’a entrepris aucune modification significative dans le domaine de la finance et la seconde partie du mandat ne devrait rien changer à cette faiblesse du pouvoir.

 

Au niveau européen, c’est la stagnation et l’entêtement dans une stratégie globale erronée. Nul Français n’a entendu François Hollande protester contre la nomination de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, en 2014. » (Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Grand- Duché du  Luxembourg de 1995 à 2013, a été touché par deux scandales : l’un concernant les services de renseignements fichant illégalement des milliers de citoyens et l’autre, Luxleaks, organisant, avec l’approbation de l’administration des impôts,  l’exil fiscal  de mille entreprises. Jean-Claude Junker a toléré l’injustice fiscale et le manquement aux normes éthiques et morales. David Cameron s’est opposé à sa nomination au Pouvoir exécutif de l’Europe.)

 

« Le président de la République reste fort discret sur la demande d’Alexis Tsipras, nouveau Premier ministre grec, de mettre fin à la politique d’austérité dont souffre son pays, sans résultat positif. François Hollande reste soumis à Angela Merkel : il est vrai que la France et l’Allemagne prêtent de l’argent à la Grèce avec des intérêts plus élevés que ceux qu’ils versent  à leurs propres créanciers ! »

 

Un nouvel accord avec la Grèce, tenant compte d’une nécessité de croissance respecterait la souveraineté du peuple grec. « Alexis Tsipras et Pablo Iglesias du nouveau parti espagnol Podemos** représentent  l’espoir d’un nouvel avenir pour la Grèce et l’Espagne mais aussi pour l’Europe. Un tel renouvellement  politique n’est pas décelable en France. Aucune figure d’avenir n’émerge aujourd’hui et il est difficile de reprendre espoir! »

 

Deux objectifs prioritaires restent inaccessibles : empêcher les sorties du système éducatif sans diplôme qualifiant, ce qui signifierait l’accroissement de l’efficacité de l’Institution et vaincre le chômage. Ces buts sont les fondements du « bien vivre ensemble ».

 

Les interventions publiques de Janvier 2015 de François Hollande, Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve furent remarquables. Les mots ne sauraient dispenser des actes, même si le mot « apartheid » fut un nécessaire électrochoc. Le rapport actuel du commissaire européen du conseil de l’Europe sur les droits de l’homme sanctionne la France. Le constat est celui d’un inquiétant effritement de la cohésion sociale et du principe d’égalité. Des groupes connus et d’autres, dont les Roms, les migrants de Calais, certains immigrés récents, des handicapés,  sont victimes d’odieuses discriminations. Il faut réagir avec vigueur. La France en est capable dit ce rapport.

 

Thomas Piketty propose des réformes pour avancer vers un autre système, hors mondialisation financière folle et socialisme désagrégé. François Hollande, à sa décharge, sait sans doute qu’il ne pourrait jamais avoir une majorité d’appui pour les entreprendre. L’actualité  montre que la majorité des députés, tous partis confondus, est conservatrice, obtuse, indifférente à l’intérêt général.

 

« Nicolas Sarkozy, conférencier de l’UMP, pourtant chèrement payé par les Emirats, est devenu indigent en politique! »

 

 

 

 

Les signes * et ** renvoient à des textes publiés antérieurement sur ce blog.

 

Images : taoofstieb.blogspot canstockphoto.fr                                                   

 

 Annie Keszey.

 

09 janvier 2015

L'APPROXIMATION DEMOCRATIQUE DE François HOLLANDE.

L’Unité nationale ne peut être une nouvelle stratégie de division et le Front National, dont les idées archaïques sont certes à combattre, ne saurait  être exclu.

 

Le FN est un parti politique légal de la République, à ce titre il a des droits égaux à ceux des autres partis. Mutiler l’Unité nationale par sa mise à l’écart et donc par le rejet de ses nombreux électeurs est un abus de pouvoir et, paradoxalement, une nouvelle faiblesse présidentielle dangereuse pour l’avenir.

 

Nous sommes tous Charlie.

 

TOUS !

 

Annie Keszey.

 

 

 

 

 

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07 octobre 2014

Laurent MAUDUIT.

 

Le hold-up démocratique de François Hollande.

 LAURENT MAUDUIT.jpg

 

François Hollande a méticuleusement caché la politique qu’il entendait suivre adoptant une posture conforme dans le seul but de gagner l’élection présidentielle. Il n’est ni socialiste, ni social-libéral mais néolibéral en économie  et néoconservateur en matière de libertés publiques.  Dans sa République, qui se voulait exemplaire, les valeurs fondatrices de la gauche se délitent inexorablement au sein d’un milieu politique incluant des combinards, petite bande de capitalistes de droite, défenseurs de leurs seuls intérêts personnels. La gauche  est morte.

 

Il est de notre responsabilité à tous de prendre la mesure de ce qui se profile. De prendre conscience que, au-delà des valeurs de la gauche, ce sont les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont fréquemment piétinées. 

 

Il  nous appartient à tous de nous engager.

 

Le livre de Laurent Mauduit, cofondateur de Mediapart, « A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient », aux Editions Don Quichotte, conduit à ce constat en 420 pages de preuves. 

Résumés partiels. 

Notre jeunesse. 

« Laurent Mauduit fut, dans sa jeunesse étudiante, un militant politique qui rêvait de transformer le monde en se réclamant de Marx, engagé, au sein de l’UNEF, le syndicat étudiant, puis trotskyste, au sein de l’Organisation communiste internationaliste (OCI). Plus tard il rejoignit le parti socialiste. Des désillusions lui firent préférer ensuite le journalisme militant. Au sein de ces institutions ou au cours de ses engagements, il a rencontré, François Hollande, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Guen, Manuel Valls, en particulier,  dont il a suivi les carrières jusqu’à ce jour.  

Le jugement qu’il porte sur ces politiques est accablant. 

Les précédents gouvernements socialistes, le Front populaire, le gouvernement de François Mitterrand, celui de Lionel Jospin, contrairement à celui François Hollande, lors des premiers mois de leur mandat, avaient au moins instauré des conquêtes sociales, des dispositions progressistes, avant de sombrer, aussi, dans la rigueur et les débâcles électorales. 

Le hold-up démocratique. 

Lors de son discours lyrique, porteur d’espérances du Bourget, le 22/01/ 2012, François Hollande dit avoir pour adversaire « le monde de la finance ». Dès février 2012,  il se rend à Londres pour rassurer la City et dit : I’m not dangerous !  Il enrôle dans son équipe de campagne Emmanuel Macron, jeune inspecteur des finances, associé gérant de la banque Rothschild. En 2007, peu après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, Emmanuel Macron était devenu rapporteur de la commission présidée par Jacques Attali, dite «  commission pour la libération de la croissance ». Cette commission comportait une ribambelle de grands patrons et des économistes de droite, d’une sensibilité voisine de celle des Gracques, une variété improbable de hauts fonctionnaires ou d’économistes représentatifs d’une gauche radicalement de droite. 

La commission a produit un premier rapport strictement conforme aux requêtes de l’Elysée. A bas l’Etat ! Vive le marché ! Et vivent les dérégulations en tout genre. Un brûlot libéral qui arrive au plus mauvais moment. 

Ce rapport est suivi d’un second, plus violent  encore, en 2010, précédé d’une invraisemblable note de méthode. Jacques Attali et Emmanuel Macron écrivent : « ces objectifs peuvent être partagés par tous quels que soient leurs choix politiques…Les réformes devront être poursuivies pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités ». Le système oligarchique, représenté par J. Attali et E. Macron garantit l’enrichissement de ceux qui y participent, la punition sociale pour les autres et en même temps elle distille une idéologie qui tient la démocratie pour méprisable ou quantité négligeable… 

Pendant la campagne électorale de François Hollande et depuis 2011 un autre acteur se démène, dans la presse et les medias, son ami, Jean Pierre Jouyet. Jean-Pierre Jouyet fut secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy puis président de l’Autorité des marchés financiers. Il incite François Hollande à conduire en France la politique allemande de Gerhard Schröder qui a dynamité le marché du travail et contribué à une explosion sans précédent de la précarité.  

Cap sur le néolibéralisme. 

Dans « social-libéralisme », il y a l’idée d’un nouveau compromis social entre  capital et travail. Ce n’est pas cette voie que choisit François Hollande au moins de juin 2012. Et sa duperie est toute entière contenue dans « le choc de compétitivité » que, sitôt élu, il commence à préparer en faveur des entreprises et qu’il accentue encore au début 2014 avec « le pacte de responsabilité ». Ce plus formidable cadeau jamais accordé en France aux patrons va préempter toutes les marges de manœuvre dont la puissance publique dispose, comme elle va la contraindre à un plan d’austérité sans fin…Ce projet politique mis en œuvre est celui de son rival Nicolas Sarkozy : il a été élaboré dans les arrière-cuisines du patronat. Deux notes inspirent le projet : celle de l’Institut de l’entreprise, annexe du MEDEF, dont les patrons du conseil d’administration sont issus pour l’essentiel du CAC 40 et celle de l’Institut Montaigne, un club patronal créé par Claude Bébéar, fondateur du groupe AXA. Le 7/07/2012, Louis Gallois, ancien patron d’EADS, prône un choc de compétitivité massif !...François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici l’engagent.  Ce choix implique des engagements budgétaires tellement considérables, tellement exorbitants, qu’il balaie progressivement toutes les autres promesses

 

C’est le plan le plus injuste qui ait jamais été conçu en France puisqu’il organise un transfert massif de charges des entreprises vers les ménages… 

Tous derrière Valls. 

Au lendemain des Municipales (perdues) François Hollande nomme Manuel Valls Premier ministre. Voulait-il sérieusement porter à Matignon un socialiste qui symbolise jusqu’à la caricature cette politique néolibérale dont le pays ne voulait pas- et de surcroît un socialiste impopulaire dans son propre camp mais applaudi à droite et dans les milieux conservateurs ? Peu de voix s’élèvent pour contester cette nomination : absence de désapprobation qui prouve le coma dans lequel a sombré le socialisme. Ce Premier ministre s’écarte encore davantage des valeurs sociales fondatrices de la gauche.  

L’austérité sans fin. 

Le plan d’austérité présenté par Manuel Valls au pays le 16/04/2014, est socialement injuste, économiquement dangereux et démocratiquement illégitime. Le gouvernement fait subir aux fonctionnaires, aux retraités et aux pauvres, un violent plan d’austérité dont le seul but, ou presque, est de trouver les financements nécessaires pour apporter les 36 milliards d’euros de cadeaux aux entreprises, sans contreparties  ni en terme d’emplois, ni en termes d’investissements. Dans ce plan d’austérité on sent la patte de la Troïka, il est proche des réformes dites structurelles dont raffolent le FMI, Bruxelles et la Banque centrale européenne à partir de doctrines économiques de droite pourtant discréditées…A la suite de l’Europe, Manuel Valls pousse maintenant à la privatisation de la sécurité sociale…

D’un reniement à l’autre. 

François Hollande abandonne la politique de la demande pour une politique de l’offre, il renonce à la formidable promesse socialiste de 2011 de «  révolution fiscale » prenant la forme d’une fusion de l’impôt sur le revenu et de la CGS, proposition défendue, en 2006, par Thomas Piketty. Le projet visait à fonder un grand impôt progressif et citoyen. François Hollande supprime le bouclier fiscal de son prédécesseur mais introduit des mesures fiscales encore plus favorables aux ultra-riches, selon les rapports de Bercy ou de Gilles Carrez. Le seuil de déclenchement de l’ISF a été maintenu à 1.3  million d’euros et non pas rabaissé à  800 000 € comme on aurait pu l’envisager au vu de la promesse du candidat. Le patrimoine personnel de François Hollande est de 1.17 millions d’euros ! 

Le 1/01/2014, la TVA est augmentée, idée évoquée par Nicolas Sarkozy et repoussée par François Hollande dans ses promesses de campagne. Les prix vont donc augmenter. En proportion de leurs revenus, les Français les plus modestes paient une TVA deux fois plus importante que les 10% des plus riches. Toute l’injustice de la TVA est contenue dans cette statistique. Alain Trannoy, membre du Conseil des prélèvements obligatoires éclaire la dégressivité de cet impôt, antisocial. 

La grande conférence sociale des 9 et 10 /07/2012, aboutit à des mesures de déréglementation jamais évoquées pendant la campagne : 

  • Accord de flexisécurité avec le patronat, accord déséquilibré, assorti de considérables concessions au patronat, au détriment du monde du travail.

  • Généralisation des complémentaires de santé mais partagées pour moitié entre salariés et employeurs.

  • Accord sur la création de droits rechargeables à l’assurance chômage mais qui pourraient être financés par des indemnités chômage revues à la baisse.

  • Libération des seuils créant des obligations particulières aux entreprises, pour 3 ans !...

     

    Ici s’achève la longue histoire du socialisme français, François Hollande et comparses ayant œuvré à son suicide.

     

    A suivre : Le triomphe de l’oligarchie- Le point de rupture- Les combinards- Les naufrageurs aux commandes- Pour une refondation- Conclusion.

    Annie Keszey.

 

08 juin 2014

LE NATIONAL-POPULISME, voilà l'ennemi.

 Jacques Julliard. Marianne  n°893. Extraits. 

…Si l’on fait la somme des europhobes, des eurosceptiques et des abstentionnistes, c’est plus des ¾ des Français qui se désintéressent de la politique…Les diverses extrêmes droites qui vont se retrouver au Parlement européen constituent la plus étrange des internationales : celle du chacun pour soi…Et si tout cela devait se solder par le remplacement du Portugais Barroso par le Luxembourgeois Juncker à la tête de la Commission, alors il faudrait être encore plus inquiet sur l’avenir que nous ne le sommes après notre dimanche noir. A force d’envoyer des médiocres et des cruches dans les institutions européennes, nous avons eu une Europe de médiocres et de cruches…

 

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13 avril 2014

L'ECHEC DU PS AUX ELECTIONS MUNICPALES

L’ANALYSE DE JACQUES JULLIARD. MARIANNE  885. 

« Le bilan se décompose en deux figures ; la défaite intellectuelle du PS, la défaite personnelle de François Hollande. 

La première est illustrée de manière éclatante et même caricaturale par les succès du Front national : que trente années d’ANTIFASCISME se  soldent par une implantation de plus en plus profonde du mouvement de Marine Le Pen dans les milieux populaires devrait, s’il y avait quelque chose  dans les cervelles du parti réputé le plus intellectuel de France, soulever quelques vaguelettes d’interrogation. Je ne crois pas, je n’ai jamais cru, je ne croirai jamais qu’il y a 50% de fascistes à Hénin-Beaumont, à Béziers ou dans les quartiers nord de Marseille.

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20 janvier 2013

LE CASSE DU SIECLE CONTRE LA LAICITE.


Il faut inscrire, maintenant,  dans la Constitution, le principe de la séparation des Eglises et de l’Etat de la loi de 1905 et supprimer le concordat d’Alsace-Moselle puisque la République est « une et indivisible ».

laicite,patrick kessel,marine le pen,riposte laique,nicolas sarkozy,françois hollande,loi de 1905Patrick Kessel, journaliste, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, président du Comité Laïcité République, publie chez l’éditeur Jean-Claude Gawsewitch: « Ils ont volé la laïcité ! ».
Patrick Kessel est franc-maçon. Il est difficile de partager cette appartenance à une organisation secrète, sélective, théâtrale, dont les femmes furent exclues jusqu’à une période récente. Cependant l’exposé de Patrick Kessel sur la situation inquiétante de la laïcité, peut être totalement partagé. Ces deux pages suivantes d’extraits  invitent à la lecture des 218 pages du livre.
Extraits.
« Ce livre est né d’une sidération d’avoir vu ce hold-up ahurissant: le spectaculaire détournement de la laïcité par l’extrême droite, à la longue histoire antirépublicaine et anti- laïque. Un casse abracadabrantesque rendu possible par l’accumulation des abandons, des détournements, des manipulations et autres trahisons de l’idéal républicain. Par des politiciens de droite comme  de gauche, à courte vue…
L’extrême droite ! Celle qui aux avant-postes contre la loi de séparation de 1905, qui a de tout temps combattu l’universalisme, la Liberté,  la Fraternité ; celle qui, de Joseph de Maistre à Romain Marie, en passant par Déroulède, fut- et reste- aux avant-postes de la contre-Réforme, de la contre-Révolution, de la contre- République ; celle qui inspire et infiltre les courants catholiques intégristes, se retrouvant en héraut de la laïcité… ! La laïcité selon Marine Le Pen n’est qu’une duperie. C’est un ersatz. Un mot-valise qui, dans sa novlangue, veut dire anti Arabe/ super chrétien.
…Car la laïcité de Mademoiselle Le Pen n’est pas la laïcité: elle en est un détournement. Elle en a les apparences, à travers ces exhortations contre les prières des rues ; mais on voit vite qu’elle sert de paravent à un combat contre le musulman, l’étranger, l’autre. Un paravent ou un faux nez si grossier qu’on aurait pu croire que la supercherie serait vite dénoncée. Pas le moins du monde. Les medias, pour la plupart, ont relayé sans ciller, la « croisade laïque » (sic) de Mademoiselle Le Pen.
Une laïcité instrumentalisée. Dans la logique du choc des civilisations chère à Samuel Huntington.
Une laïcité amputée de son autre jambe : la fraternité…
La laïcité serait antimusulmane, c’est ce que laissent entendre Marine Le Pen et Riposte Laïque, avec son caractère obsessif, et son flot de non-dits et d’allusions qui, pourtant, ne devraient pas tromper le républicain sincère. Car ce qui fait problème en France, ce n’est pas une religion ; c’est le communautarisme religieux, ou ethnique, qui s’érige en ghetto, en Etat dans l’Etat. La laïcité n’a pas vocation à stigmatiser les musulmans comme voudrait  nous le faire croire l’extrême droite ; le racisme n’est pas un point de vue mais un délit qui doit être réprimé. La laïcité n’a rien à voir avec cette parodie laïque qui se fait entendre exclusivement contre les musulmans. La dérive de Riposte laïque en est le symptôme. Cette association, où d’authentiques laïques dévoyés convergent en une douteuse alliance avec les extrémistes de droite du « bloc identitaire » est désormais plus antimusulmane que véritablement laïque.
…Riposte laïque qui prétend révéler le danger de l’islamisme, ne nourrit plus que le sentiment antimusulman. Et joue de la provocation. En juin 2010, l’association organise, avec «  le bloc identitaire », un « apéro-saucisson-pinard »…La dérive s’affirme, s’affiche, s’assume. Inéluctablement le lien de complicité se tisse avec le nouveau discours du Front national qui présente les musulmans comme les nouveaux envahisseurs. Certains  de ses animateurs s’engagent ouvertement aux côtés de Marine Le Pen et se présentent aux élections sous l’étiquette « Bleu Marine »…
Le débat sur l’Islam et la laïcité, ce débat nécessaire continue d’être faussé, d’être caricaturé, prisonnier entre des positionnements extrêmes : L’UOIF, l’Union des Organisations Islamiques de France, d’un côté, Riposte laïque de l’autre ».
Il faut agir. La parenthèse des Lumières ne saurait se refermer. L’Universalisme républicain doit prévaloir.
« Les fronts qui menacent  la  « laïcité à la française » sont aujourd’hui planétaires et multiples. C’est le nouveau monde qui tente de se mettre en place. Une sorte de coproduction entre un ultralibéralisme économique où prévalent l’argent-roi, le multiculturalisme anglo-saxon et des institutions internationales neutres (aussi neutre que la Croix- Rouge dans les camps de déportés !), et une offensive géopolitique des états du Golfe, comme le Qatar avec sa stratégie de conquêtes médiatique, (immobilière, financière) et footballistique »…Par exemple, la puissante FIFA (Fédération Internationale de football Association) a pris une décision spectaculaire, à l’unanimité ! Elle autorise le port du voile pour les joueuses de football. Presque seule dans la presse, Caroline Fourest s’est levée contre cette victoire des pays du Golfe sur l’universalité ».

Patrick Kessel développe les lourdes menaces contre la laïcité :
-L’ONU œuvre contre les droits de l’homme. Par exemple, la conférence de Durban 2, contre le racisme, porte atteinte à l’universalité des droits.
-Le «  printemps arabe », en un an, après avoir renversé des régimes corrompus, menace de sombrer dans l’hiver des dictatures religieuses et de la charia.
-L’offensive évangélique des réseaux missionnaires témoigne d’une volonté hégémonique spatiale, mondiale, dans tous les domaines de la vie, en particulier dans l’éducation. La version biblique de la Création s’installe comme vérité face aux acquis scientifiques et à la théorie de l’évolution.
- Mitt Romney, Mormon pratiquant, candidat du parti républicain à l’élection présidentielle de 2012 pense que Dieu a créé les Etats-Unis pour dominer le monde.
-Le patriarche orthodoxe Kirill parle de Vladimir Poutine comme «d’un miracle divin » et adhère à son parti, le Front populaire.
-Le Vatican continue son activisme pour modifier, à petits pas, très sûrs, la loi de 1905, afin d’obtenir des «  assouplissements »: financements d’écoles privées ou de bâtiments baptisés « culturels », propositions « politiques » de modifications de textes de lois ou oppositions victorieuses. En 2008, à l’ONU, le Saint-Siège s’est opposé à une proposition française de dépénalisation universelle de l’homosexualité. Son conservatisme extrême ne se fonde pas sur la Raison mais sur une idéologie bloquée. L’Eglise catholique tente de s’imposer comme racine culturelle dominante de l’Europe contre les apports de la Grèce, de la religion juive, des Cathares, des Albigeois, de la Renaissance, de la Réforme,  des Musulmans et des Lumières…Mais, les racines du catholicisme sont aussi les bûchers de l’Inquisition ! Elle prétend imposer sa morale tout en fermant les yeux sur les turpitudes de ses milliers de prêtres pédophiles…

laicite,patrick kessel,marine le pen,riposte laique,nicolas sarkozy,françois hollande,loi de 1905- Nicolas Sarkozy,  fut le président le plus anti- laïque de la cinquième République. En voyage au Vatican, il fait publiquement le signe de croix devant ses ouailles, déclare que c’est au prêtre et non à l’instituteur d’enseigner la distinction entre le bien et le mal. Sa trouvaille de « laïcité positive » tente de cacher son œuvre de démantèlement de la laïcité. Ses décisions vont toutes dans le sens d’un affaiblissement de la loi de 1905 : le plan banlieue Sarkozy/ Amara a créé cinquante écoles privées, toutes catholiques …
François Fillon est, lui aussi, étonnement à l’écoute de l’Eglise : il fait voter, par exemple, le loi Carle, qui contraint les communes à financer les établissements scolaires confessionnels au détriment de l’école laïque, sur le seul critère du choix des parents…

Et la gauche ?
C’est Aristide Briand, socialiste modéré, soutenu par Jean Jaurès, après  vingt- cinq années de débats et treize rapports qui  fait voter le loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905. Le bilan politique, quant à  la laïcité,  des gouvernements socialistes du 20ème siècle est défaillant. Les responsables de gauche sont divisés : Pierre Joxe, Alain Poperen, louis Mermaz, André Laignel, Alain Savary Louis Mexandeau, Laurent Fabius, Jean Glavany  et Jean-Luc Mélenchon, « preux chevalier de la laïcité »… résistent aux pressions de l’Eglise, tandis que Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jack Lang… faiblissent. François Mitterrand et Lionel Jospin, Présidents de la République tergiversent et dénaturent la laïcité.
Quant à François Hollande, en 2003, lors de son audition devant la commission Stasi, il a déclaré : « le pacte laïque est indissociable de la République jusqu'à devenir un patrimoine commun. La laïcité est indissociable de l’égalité…c’est l’intégration, l’égalité entre hommes et femmes, le non-financement public des cultes… » 
En 2012, François Hollande, contrairement à Nicolas Sarkozy, se présente en rassembleur, calme, serein. Il marque nettement son attachement à la défense de la loi de 1905 et souligne sa volonté de sanctuariser la laïcité.
La défense de l’humanisme laïc impose de ne pas laisser sans réaction le hold-up de l’extrême droite. Le sursaut s’impose.

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Annie Keszey
www.atelier-idees.org