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13 avril 2016

MACRON L'ENCHANTEUR.

Ce titre est celui de la chronique de Gérard Courtois, en page 22 du journal Le Monde du 13/04/2016.

Bien pensé.

Extraits.

« Randonne-t-il au centre ? Roule-t-il pour Hollande ? Court-il à la rencontre de son propre destin ? Ou les trois à la fois ? Les spéculations n’ont pas manqué depuis qu’Emmanuel Macron a lancé son mouvement, En marche !, le 6 avril. Il est vrai que la situation est baroque : un jeune homme de 38 ans, ministre depuis vingt mois à peine, sans mandat ni fief, seulement armé d’une popularité atypique et d’une ambition sans complexe, se permet de dresser un constat d’échec du gouvernement dont il est membre et de faillite de la gauche à laquelle il assure appartenir. Sans démissionner pour aller au bout de son audace. Sans être renvoyé, pour prix de son effronterie.

On verra où le mène cette aventure. Mais il serait prématuré de la balayer, dès à présent, d’un revers de main. Car l’initiative a été conçue soigneusement pour cocher toutes les cases du désenchantement démocratique actuel et tenter d’y répondre...

L’entreprise du ministre de l’Economie paraît symptomatique du marasme où est plongée la gauche... »

A suivre donc !

Annie Keszey.

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23 janvier 2016

La déchéance de nationalité : une invention de gauche.

Ran Halévi, directeur de recherche au CNRS et professeur au Centre de recherches politiques Raymond-Aron rappelle «  que les premières expressions de la déchéance de nationalité se trouvent à la veille de la Révolution française sous la plume volcanique de l’abbé Sieyès, auteur de Qu’est-ce que le Tiers-Etat, qui tient lieu de programme révolutionnaire.

La nation, explique Sieyès, n’est pas l’œuvre du temps, de la tradition mais le produit d’un contrat dont elle est libre de déterminer les termes et les contours. Or, pour Sieyès, la noblesse ne saurait faire partie du corps national ; il faut l’expulser invinciblement de l’ordre commun, la déchoir de la citoyenneté en renvoyant dans les forêts de Franconie ces centaines de milliers de familles qui ont la folle prétention de s’attacher à leurs anciens droits.

En 1789, le côté gauche de l’Assemblée constituante prendra le relais : il recrée la communauté nationale et forge son identité par l’exclusion, d’abord idéologique puis juridique, d’une partie de ses membres - les nobles, les modérés, les tièdes, les factieux -, tous expédiés hors des confins arbitrairement dessinés du contrat social. Les révolutionnaires instituent de même le crime de lèse nation aux dispositions passablement brumeuses, qui sert précisément à criminaliser les ennemis de la nation. Plus tard, le procès du Roi et le régicide viseront à retrancher, au propre et au figuré, le corps royal du corps national, pour en faire une sorte d’apatride allégorique perpétuel. Avant que la Convention mette la Terreur à l’ordre du jour en instaurant la guillotine comme l’entreprise massive d’une déchéance de la citoyenneté, appliquée à tous ceux que les Jacobins auront décrétés mauvais citoyens.

Et c’est Robespierre en personne, grande sentinelle des trahisons révolutionnaires, qui en fournit la logique : Celui qui attaque la liberté d’une nation est autant son ennemi que celui qui voudrait la faire périr par le fer. C’est ériger la déchéance politique et physique, en principe de salut public ».

Ran Halévi s’étonne ensuite que Jean- Luc Mélenchon admirateur de l’Incorruptible juge nauséabond le principe de la déchéance civique...

« Les adversaires de la déchéance de la nationalité invoquent pour la combattre beaucoup de principes et peu d’arguments. On voit mal quel droit sacré serait bafoué par une loi qui prévoit le retrait de la nationalité française à un individu qui l’a de lui-même abdiquée- et qui ne s’estime du reste nullement apatride puisqu’il se veut citoyen de l’Etat islamique...L’appel aux droits de l’homme ? C’est oublier que ces droits- là sont une possession naturelle, donc inaliénable, alors que le droit de citoyenneté est conféré par la nation qui arrête les conditions de son attribution ou de sa résiliation...Vient ensuite l’argument de l’inefficacité : tout ce raffut pour une mesure essentiellement symbolique ? Eh bien, ce n’est pas rien pour un citoyen français de savoir qu’un terroriste islamiste qui veut la mort de son pays, a été, de droit, délié de la communauté nationale. Faut-il rappeler que le pouvoir des symboles peut-être autrement redoutable que leur seule efficacité statistique ? »

Dès 1789, la portée symbolique- et politique des droits de l’homme était énorme à travers le monde...

« Les déclamations élevées à gauche contre la déchéance de nationalité contredisent une tradition de gauche qui va de Sieyès à Renan et au-delà. L’un et l’autre tiennent la nationalité pour un acte de volonté, un plébiscite de tous les jours, dit admirablement Renan, qu’il oppose aux conceptions culturalistes et territoriales de la nation... »

Annie Keszey.

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15 juillet 2014

Réinventons le politique.

Alain Touraine, sociologue, dans « Le Monde » du 9 juin 2014. Extraits. 

… «La montée puissante du FN ne veut pas dire que cette montée soit irrésistible. Le problème central est celui-ci : la gauche, plutôt que la droite qui me semble manquer d’une orientation générale, est-elle capable de sortir du monde imaginaire où elle s’égare, et peut-elle réussir le grand saut qui lui redonnera vie en la plaçant dans la réalité du monde du XXIème siècle ? 

…Le renouvellement de la gauche suppose en premier lieu que celle-ci transforme sa vision des acteurs économiques…Il est indispensable de défendre en bloc les intérêts du travail contre toutes les formes de profit qui ne sont pas liées à la création économique…Nous savons tous que n’importe quel gouvernement dans les années qui viennent sera jugé sur sa capacité de parvenir à retrouver la croissance et de faire reculer le chômage. 

… Nous avons imposé les droits de la majorité : nous devons maintenant faire respecter les droits des minorités. 

Qui ne souffre de voir la froideur ou, au mieux, la tiédeur avec lesquelles on parle des problèmes de la jeunesse, à l’école, dans l’université, sur le marché du travail ? Nous voyons monter partout dans le monde l’obsession de l’identité, la peur de l’autre, l’assassinat des minorités. Contre ce triomphe glacial de la mort et de l’interdit, seule la passion de la diversité, mais fondée sur la croyance en l’universalisme des droits fondamentaux, peut nous faire choisir l’ouverture au lieu de la fermeture, l’innovation au lieu du refus… 

Chacun l’a bien senti au cours des récentes élections : c’est le même mouvement, c’est la même faiblesse du système politique, le même vide de la pensée et de l’action qui conduisent les uns vers l’abstention et les autres directement vers le FN. Et ce n’est pas en traitant une partie importante de l’électorat comme une masse inférieure qu’on redonnera vie à l’exigence de liberté et de dignité sans laquelle la démocratie n’est plus qu’un chapitre dans un manuel de droit. 

Nous avons besoin de décisions, de réformes, d’innovations, mais beaucoup plus encore, et de manière urgente, de volonté et de capacité d’agir pour empêcher les ruptures et la violence et apprendre à nouveau à vivre ensemble.» 

www.atelier-idees.org

 

06 octobre 2011

Primaire Présidentielle 2012 : Martine Aubry

 

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Martine Aubry, Première Secrétaire du Parti Socialiste, Maire de Lille, n’a pas publié de livre pour présenter son programme pour l’élection présidentielle de 2012, mais diffusé aux Français une lettre de 7 pages.

Dans cette lettre, concise, on trouve les propositions communes aux 5 candidats socialistes à la primaire de la gauche et les choix personnels de Martine Aubry.

Le texte est accessible sur le site : www.martineaubry.fr

 

 

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Extraits discontinus                                                                           

Martine Aubry n’accepte pas de voir décliner la France et veut redonner à chacun le goût de l’avenir et le choix d’un destin commun, retrouver le progrès en s’appuyant sur une gauche ambitieuse et sérieuse. Les socialistes seront les architectes d’un nouveau modèle de développement économique, social et durable. Elle souhaite une société du respect où la société respecte chacun, ou chacun respecte les autres et où, ensemble, nous respectons l’avenir. Cela passe par une révolution des services publics et un combat sans merci contre toutes les discriminations. Une véritable démocratie sociale et citoyenne constituera un des piliers de sa présidence. C’est de la fraternité, du local au global que viendront les réponses. Martine Aubry veut une République exemplaire: République laïque aussi qui tolère les croyances religieuses ou philosophiques, dès lors qu’elles respectent nos valeurs.

Le cumul des mandats sera supprimé et il sera mis fin aux conflits d’intérêts. Elle refuse la société du mépris qui relègue les plus pauvres hors de la cité, celle qui oublie les plus âgés, celle qui humilie les plus faibles.

Ma France, écrit-elle, c’est celle qui n’a pas peur de s’ouvrir au monde. C’est le sens de mon engagement européen. C’est la profondeur des liens d’amitié avec l’Afrique, le Maghreb, l’Asie.

L’urgence commande que la Banque Centrale Européenne intervienne massivement et que les moyens du Fonds européen soient doublés. Je proposerai à nos partenaires de prendre des mesures pour une croissance durable et riche en emplois : une taxe sur les transactions financières et des emprunts européens -eurobonds- contre les spéculateurs, mais aussi, pour financer des projets d’avenir : un gouvernement économique, une communauté européenne des énergies, une harmonisation fiscale et sociale, la réciprocité commerciale. Pour atteindre ces objectifs, il faudra une avant-garde : les six pays fondateurs, suivis des états de la zone euro sont les mieux placés pour en faire partie. Cette refondation est le devoir partagé de la France et de l’Allemagne.

Nous, socialistes, annulerons 50 milliards de niches fiscales, inefficaces et injustes pour réduire la dette. Je procéderai à une ample réforme fiscale, avec une fiscalité verte. Les revenus du capital seront taxés comme les revenus du travail ; les grandes entreprises comme les PME ; et l’impôt sur le revenu et la CSG seront rapprochés et prélevés à la source. Les ressources provenant des différentes politiques seront réparties : 50% pour le désendettement, 50% pour financer les priorités.

Je veux insister sur mes quatre priorités : l’emploi, le pouvoir d’achat, l’éducation et la sécurité.

L’accès à l’éducation commence par un service public de la petite enfance incluant un accueil en crèche et la scolarisation possible dès l’âge de 2 ans. Dès 2012, une loi-cadre définira les orientations fixées à notre école et je mettrai fin aux suppressions massives de postes. J’accorderai une priorité à l’école primaire. La lutte contre l’échec scolaire mobilisera aussi le gouvernement. Je donnerai au lycée l’objectif de 100% des lycéens sortant du secondaire avec une formation générale, technologique ou professionnelle. La culture c’est celle qui doit transmettre ce goût de l’art et de la pratique artistique à chaque enfant.

Parvenir à ces résultats supposera de créer une véritable formation pratique initiale et continue des enseignants, de repenser les rythmes scolaires. Je rétablirai la sécurité dans les établissements scolaires et proposerai aux étudiants un parcours d’autonomie.

Donner la priorité à l’emploi, c’est mobiliser toutes les énergies pour produire « durable », en France et en Europe, protéger les salariés, permettre à chaque jeune d’accéder rapidement à une première expérience professionnelle : 300 000 emplois seront créés, dont 100 000 dans les six premiers mois du quinquennat (secteurs de l’environnement, du service à la personne, de la sécurité et de l’éducation).

Cela passe par le choix de compétitivité-qualité : c’est privilégier la production plutôt que la finance en réduisant, (par exemple), le taux de l’impôt sur les sociétés et les entreprises qui réinvestissent leurs profits dans l’économie réelle. Une banque publique d’investissement sera créée sous forme de fonds régionaux.

Une conférence salariale annuelle réunira l’Etat, le patronat et les syndicats afin de rétablir l’esprit du dialogue social et de la négociation collective. Des mesures vigoureuses feront de l’égalité salariale femmes-hommes enfin une réalité. Une sécurité sociale professionnelle avec un compte temps-formation permettra à chacun de reprendre ses études, de rebondir après un licenciement, de progresser professionnellement. Les travailleurs aux métiers pénibles ou aux longues carrières pourront prendre leur retraite à 60 ans.

Un rayon de prix-citoyens sera instauré dans les grandes surfaces et les loyers seront encadrés dans les zones de spéculation.

Pour la sécurité, il faudra tout reprendre à zéro et ouvrir toutes les voies de solutions. Tout acte d’incivilité ou de délinquance doit entraîner une sanction rapide proportionnée et juste. Les sanctions seront  progressives: travaux d’intérêt général, centres de placements immédiats, centre de discipline et de réinsertion.

Pour cela, il faut d’abord des effectifs pour la police et la justice. Les soldats français reviendront d’Afghanistan.

Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Martine Aubry.

Le programme de Martine Aubry se situe à la gauche socialiste de Manuel Valls et à la droite socialiste d’Arnaud de Montebourg. C’est un programme « encastré » dans les valeurs républicaines historiques, très sérieux, travaillé, expérimenté et sincère : plusieurs fois ministre, Martine Aubry a prouvé son « humanité » juste (la couverture maladie universelle, par exemple). L’ensemble des mesures vise à corriger les erreurs, les reculs, les excès, les déséquilibres, les échecs, les dangers politiques et économiques actuels, parfaitement analysés. Le programme manque encore d’une vision plus profonde, radicale, du nouveau modèle sociétal attendu, et fortement novatrice, adaptée à l’ampleur du redressement économique et moral urgent. Le candidat élu (ou la candidate) à la primaire de gauche, devra développer, lors de la vraie campagne électorale 2012, les nouvelles pratiques socialistes volontaristes pour produire de la croissance, pour transformer l’éducation, pour défendre l’euro, pour industrialiser «  vert », pour contrer l’économie virtuelle et réduire les inégalités.

Pour évaluer l’action, l’accroissement des objectifs évaluables s’impose.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

Programmes suivants : François Hollande et Ségolène Royal.

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