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21 décembre 2014

ACHEVONS LE MAMMOUTH.

 

Extrait de l’éditorial de Jacques Julliard. Marianne n° 921. 

 

En vérité, l’histoire sera beaucoup plus sévère pour le bilan éducatif de François Hollande que pour son bilan économique…

Il est temps de donner le coup de grâce à un mammouth engoncé dans sa graisse, mais toujours aussi malfaisant : le ministère de l’Education nationale. Il faut le soustraire aux aléas politiques, aux plans de carrière des ministres, à l’arrogance administrative, à la stérilité intellectuelle, à l’alibi pédagogique. Il faut raser la forteresse de la rue de Grenelle, et lui substituer un Haut-Commissariat à l’éducation et à la recherche rattaché directement au Premier ministre, et animé par une grande personnalité nommée pour cinq ans, à l’abri du microcosme politicien. Aux formes près, c’est de cette façon que pendant près de cinq années Jules Ferry et sa phalange  de grands esprits républicains, nourris de culture et de désintéressement, ont fondé notre école. Avec pour programmes de répondre aux urgences (la lutte contre l’illettrisme, la revalorisation financière et morale de la fonction enseignante, la réforme en profondeur du premier cycle de l’enseignement supérieur)   et renouer avec la largeur de vues de la mystique républicaine… 

 

Quelle urgence, en effet ! 

 

Annie Keszey

 

11 septembre 2012

UNE REFONDATION DE L'EDUCATION NATIONALE? MAINTENANT!


Monsieur Le Ministre de l’Education Nationale,

Pourquoi n’apportez-vous pas, jour après jour désormais, les indispensables modifications pour améliorer l’efficacité du système éducatif, à moyens constants?
Le mot « refondation », utilisé par le gouvernement auquel vous appartenez, est ambitieux mais la définition de son contenu en actes concrets attendra sans doute, comme toujours, de nombreux colloques!
Quatre exemples de dysfonctionnements en quatre jours.
A l’initiative des Principaux, la rentrée scolaire, en collège, organisée par niveau, s’étale sur plusieurs jours. Ainsi, par exemple, des 6èmes sont-ils rentrés le mardi matin 4 septembre et n’avaient déjà plus classe ni le mardi après-midi, ni le mercredi matin, malgré leurs emplois du temps. De nombreux professeurs étaient ainsi dispensés de cours dès leur retour de vacances. La perte d’instruction,  si elle était calculée au niveau national, susciterait une certaine surprise. Les Chefs d’Etablissement sont responsables de ce gaspillage. Malgré les contraintes, rien ne justifie cet étalement, certes confortable pour les acteurs adultes du système.
Monsieur Le Ministre, indignez-vous!

Un décret initié par Monsieur Xavier Darcos, à la demande pressante des fédérations de parents d’élèves, limite le poids du cartable des collégiens et définit des caractéristiques adaptées aux fournitures scolaires. Qui respecte ce décret ? Certains professeurs abusent de « leur liberté pédagogique » en exigeant des fournitures  prétentieuses, coûteuses, inutiles. Faut-il que les jeunes collégiens transportent chaque jour de ce premier mois, six ou sept cahiers presque vides?... La concertation des équipes pédagogiques autour des listes proposées n’a pas lieu ou n’est pas toujours pertinente. Des Chefs d’Etablissement n’ ordonnent ni ne régulent! (Mieux vaut passer rapidement sur des caprices professionnels: une liste de CM1 recommande un cahier de texte qui, à peine acheté, ne vaut plus rien, le nouveau maître exigeant…un agenda!)
Les devoirs écrits sont interdits par la loi à l’école élémentaire mais Jean, 9 ans, dès le soir de la rentrée scolaire, en a reçu  pour la semaine suivante!
Monsieur Le Ministre, rappelez le Droit !

Les fournitures scolaires réclamées par les établissements ne font pas l’objet d’une recherche d’économies et reposent rarement sur des achats collectifs. Pourtant, dans un état surendetté, la diminution des dépenses eut été aussi importante (- 25%) et mieux adaptée que l’augmentation des aides étatiques de rentrée.
Monsieur Le Ministre, faites-mieux à moindre coût!

Estelle, professeur débutant de  la discipline « Vente », en classe de seconde de Lycée professionnel, n’a reçu ni aide, ni conseil, ni encouragement avant sa première heure de cours. Elle recevra ultérieurement  une formation à la construction d’un cours!
Monsieur Le Ministre, concrétisez un vieux discours radoteur ! Reconnaissez  qu’être professeur c’est exercer un métier très complexe : assurez enfin la formation au lieu de décourager les vocations.

Refonder, n’est-ce pas faire, déjà, avec entêtement, ce travail de fourmi permanent, réparateur des nombreuses dérives d’un management laxiste dont la somme conduit à un système défaillant?

Les jeunes élèves vous remercient.
www.atelier-idees.org
Annie Keszey

20 septembre 2011

Non-assistance à personne en danger

LE POIDS DES CARTABLES

enfantsac.jpgChaque rentrée scolaire, depuis des décennies, la presse a commenté, en vain, le poids excessif des cartables des collégiens. Les Ministres successifs de L’Education Nationale publient, depuis 50 ans, des directives volatiles, par exemple en 1995 sur la santé scolaire… en 2008…

Tous les collégiens, particulièrement en 6ème et 5ème   , restent exposés à la fatigue, aux scolioses et autres maux, à partir de la durée excessive de la position assise et du port de  cartables aux poids déraisonnables.

Le Ministre de l’Education Nationale Xavier Darcos, fortement sollicité par la FCPE, fédération de parents d’élèves, avait publié, dans le bulletin officiel (BO) de l’Education Nationale, numéro 3, du 17/01/2008, une circulaire, particulièrement détaillée, sur le poids des cartables, reproduite partiellement ci-dessous. Cette circulaire s’appuyait sur les recommandations du Comité d’Education à la Santé et à la Citoyenneté dont certaines sont à faible coût.

A partir du constat d’un poids moyen de cartable de 8.50 kilogrammes, en 6ème, correspondant anormalement à 20% du poids du corps, le Ministre fixait un objectif précis, à court terme : diviser par deux le poids du cartable.

Le poids du cartable devenait enfin une question officielle de « santé publique ».

Les Conseils d’ Administration des collèges devaient inscrire ce point à leur ordre du jour, afin d’agir efficacement pour la rentrée scolaire 2009.

Un concours national était lancé, avec un cahier des charges précis, pour réaliser un cartable  adapté à l’âge, à la morphologie des élèves et solide, manipulable, écologique, à la mode… de moins de 1 kilogramme.

Xavier Darcos introduisait aussi, par sa circulaire, l’étude des diverses « postures », à l’école.

 

La FCPE, en particulier, avait publié sur son site une analyse expérimentée de la circulaire :

 www.fcpe.asso.fr/index.php/nos-campagnes/le-poids-du-cartable

La Fédération de parents d’élèves regrettait que les personnels de santé des établissements scolaires, infirmières et médecins, ne soient pas impliqués par le Ministère, dans la réalisation de l’objectif et qu’aucun contrôle local de l’application des directives ne soit prévu. La Fédération avait raison.

 

En septembre 2011, de très nombreux collèges ont encore ignoré cet impératif de santé publique. Le 10/09/2011, dans un collège public du 3ème arrondissement de Paris, Caroline, élève de 5ème, portait, plus exactement ne pouvait pas porter, son cartable de 10 kilogrammes. Les déséquilibres de l’emploi du temps avec deux journées de 7 heures de cours provoquant la « nécessité », pour l’élève, de 7 livres et de 9 cahiers grand format,  au moins, non conformes à la circulaire, expliquent cette grave anomalie. Par contre, le poids de chaque nouveau livre était bien inscrit sur la couverture et le cartable pesait moins de 1 kilogramme : les éditeurs et des parents suivent l’initiative ministérielle. Les manuels scolaires doivent encore être scindés en fascicules ou remplacés par des « e-books ». Le conservatisme d’organisation et l’individualisme de professeurs, l’indifférence de Principaux et d’Adjoints, la retenue de certains parents d’élèves, en dehors des associations, partagent la responsabilité de cette absurdité. Caroline, en ce début d’année scolaire, fait son aller et retour en transportant 652 pages vides des cahiers !

Les adultes concernés, supérieurs hiérarchiques, principaux, professeurs, parents, personnel d’éducation, par leur abstention volontaire d’appliquer la circulaire, restent coupables de NON- ASSISTANCE A COLLEGIENS EN DANGER.

www.atelier-idees.org

Annie Keszey

Poids des cartables
C. n° 2008-002 du 11-1-2008
NOR : MENE0701925C
RLR : 505-7
DGESCO B3-1


Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie ; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des services départementaux de l’éducation nationale ; aux chefs d’établissement


Le poids du cartable est une question de santé publique pour nos enfants : je souhaite que les établissements scolaires s’emparent de cette question, dès à présent, dans le cadre de la prévention du mal de dos en milieu scolaire.
Au vu des pesées réalisées en ce début d’année scolaire, le poids moyen d’un cartable est encore de 8,5 kilos, ce qui correspond à environ 20 % du poids de l’enfant.
Le problème, du port de charge excessif, touche en priorité les jeunes collégiens des classes de 6ème et 5ème qui ont davantage de matière s enseignées que les élèves de l’école primaire et qui, en plus du transport scolaire, doivent se déplacer de salle en salle entre deux cours.
C’est pourquoi je vous demande d’agir de façon pragmatique et de trouver sans délai des solutions concrètes afin de diviser, sous brève échéance, le poids du cartable par deux. Elles concernent l’organisation des établissements scolaires, en lien notamment avec les collectivités locales, l’implication des enseignants et des parents, l’accompagnement des élèves.
Par ailleurs, d’autres dispositions seront prises pour la rentrée 2008, en concertation avec les partenaires de l’éducation nationale que sont les éditeurs scolaires, les entreprises de la grande distribution et celles qui travaillent sur les nouvelles technologies.

1 - Une réflexion immédiate dans les établissements

Chaque établissement doit se mobiliser pour trouver les solutions les mieux adaptées à son environnement. Le conseil d’administration doit, d’ici la fin du 1er trimestre 2008, aborder la question du poids du cartable et des fournitures scolaires en prenant appui sur les propositions du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC).
Cette réflexion doit permettre :
• d’agir sur l’organisation de la journée de l’élève par :
- la désignation, dans la mesure du possible, d’une salle de référence pour que les élèves de collèges limitent leurs déplacements au sein de l’établissement ;
- l’équilibrage des emplois du temps, en priorité pour les classes de 6ème et de 5ème ;
- la mise en place de casiers fermés, lorsque c’est réalisable, en lien avec les collectivités locales.
• d’impliquer les enseignants en leur demandant :
- de limiter le nombre de fournitures pour chaque cours. À cette fin, une liste commune à l’ensemble des enseignements pourra être élaborée et diffusée ;
- de supprimer le recours aux classeurs rigides qui seront conservés à la maison et remplacés en classe par une chemise ou un classeur souple. De la même manière, les enseignants favori seront l’utilisation des cahiers de 96 pages au lieu des cahiers de 192 pages, ainsi que les petits formats au “24x32” ;
- de préciser, pour chaque cours, le matériel qu’il convient d’apporter en donnant aux élèves, particulièrement aux classes de 6ème et 5ème, des conseils sur l’organisation des contenus de leurs cartables en indiquant par exemple le matériel à apporter pour le cours suivant, au moment de la distribution des devoirs. Le professeur principal, en début d’année de 6ème, devra consacrer, dans le cadre de l’apprentissage des méthodes de travail, un temps dédié à l’organisation du contenu du cartable.
À l’avenir, l’acquisition de ces méthodes et organisation de travail de l’élève sera envisagée dès l’école élémentaire.
• d’informer les parents sur les nouvelles mesures mises en place. Il convient de les alerter sur leur rôle essentiel dans la préparation du cartable de leur enfant, par l’intermédiaire du carnet de correspondance et en s’appuyant sur les délégués de parents.
Cette réflexion permettra de prendre les premières mesures dès cette année et garantira la mise en place de l’ensemble du dispositif à la rentrée 2008.

La suite est accessible sur le site : www.education.gouv.fr