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20 janvier 2013

LE CASSE DU SIECLE CONTRE LA LAICITE.


Il faut inscrire, maintenant,  dans la Constitution, le principe de la séparation des Eglises et de l’Etat de la loi de 1905 et supprimer le concordat d’Alsace-Moselle puisque la République est « une et indivisible ».

laicite,patrick kessel,marine le pen,riposte laique,nicolas sarkozy,françois hollande,loi de 1905Patrick Kessel, journaliste, ancien Grand Maître du Grand Orient de France, président du Comité Laïcité République, publie chez l’éditeur Jean-Claude Gawsewitch: « Ils ont volé la laïcité ! ».
Patrick Kessel est franc-maçon. Il est difficile de partager cette appartenance à une organisation secrète, sélective, théâtrale, dont les femmes furent exclues jusqu’à une période récente. Cependant l’exposé de Patrick Kessel sur la situation inquiétante de la laïcité, peut être totalement partagé. Ces deux pages suivantes d’extraits  invitent à la lecture des 218 pages du livre.
Extraits.
« Ce livre est né d’une sidération d’avoir vu ce hold-up ahurissant: le spectaculaire détournement de la laïcité par l’extrême droite, à la longue histoire antirépublicaine et anti- laïque. Un casse abracadabrantesque rendu possible par l’accumulation des abandons, des détournements, des manipulations et autres trahisons de l’idéal républicain. Par des politiciens de droite comme  de gauche, à courte vue…
L’extrême droite ! Celle qui aux avant-postes contre la loi de séparation de 1905, qui a de tout temps combattu l’universalisme, la Liberté,  la Fraternité ; celle qui, de Joseph de Maistre à Romain Marie, en passant par Déroulède, fut- et reste- aux avant-postes de la contre-Réforme, de la contre-Révolution, de la contre- République ; celle qui inspire et infiltre les courants catholiques intégristes, se retrouvant en héraut de la laïcité… ! La laïcité selon Marine Le Pen n’est qu’une duperie. C’est un ersatz. Un mot-valise qui, dans sa novlangue, veut dire anti Arabe/ super chrétien.
…Car la laïcité de Mademoiselle Le Pen n’est pas la laïcité: elle en est un détournement. Elle en a les apparences, à travers ces exhortations contre les prières des rues ; mais on voit vite qu’elle sert de paravent à un combat contre le musulman, l’étranger, l’autre. Un paravent ou un faux nez si grossier qu’on aurait pu croire que la supercherie serait vite dénoncée. Pas le moins du monde. Les medias, pour la plupart, ont relayé sans ciller, la « croisade laïque » (sic) de Mademoiselle Le Pen.
Une laïcité instrumentalisée. Dans la logique du choc des civilisations chère à Samuel Huntington.
Une laïcité amputée de son autre jambe : la fraternité…
La laïcité serait antimusulmane, c’est ce que laissent entendre Marine Le Pen et Riposte Laïque, avec son caractère obsessif, et son flot de non-dits et d’allusions qui, pourtant, ne devraient pas tromper le républicain sincère. Car ce qui fait problème en France, ce n’est pas une religion ; c’est le communautarisme religieux, ou ethnique, qui s’érige en ghetto, en Etat dans l’Etat. La laïcité n’a pas vocation à stigmatiser les musulmans comme voudrait  nous le faire croire l’extrême droite ; le racisme n’est pas un point de vue mais un délit qui doit être réprimé. La laïcité n’a rien à voir avec cette parodie laïque qui se fait entendre exclusivement contre les musulmans. La dérive de Riposte laïque en est le symptôme. Cette association, où d’authentiques laïques dévoyés convergent en une douteuse alliance avec les extrémistes de droite du « bloc identitaire » est désormais plus antimusulmane que véritablement laïque.
…Riposte laïque qui prétend révéler le danger de l’islamisme, ne nourrit plus que le sentiment antimusulman. Et joue de la provocation. En juin 2010, l’association organise, avec «  le bloc identitaire », un « apéro-saucisson-pinard »…La dérive s’affirme, s’affiche, s’assume. Inéluctablement le lien de complicité se tisse avec le nouveau discours du Front national qui présente les musulmans comme les nouveaux envahisseurs. Certains  de ses animateurs s’engagent ouvertement aux côtés de Marine Le Pen et se présentent aux élections sous l’étiquette « Bleu Marine »…
Le débat sur l’Islam et la laïcité, ce débat nécessaire continue d’être faussé, d’être caricaturé, prisonnier entre des positionnements extrêmes : L’UOIF, l’Union des Organisations Islamiques de France, d’un côté, Riposte laïque de l’autre ».
Il faut agir. La parenthèse des Lumières ne saurait se refermer. L’Universalisme républicain doit prévaloir.
« Les fronts qui menacent  la  « laïcité à la française » sont aujourd’hui planétaires et multiples. C’est le nouveau monde qui tente de se mettre en place. Une sorte de coproduction entre un ultralibéralisme économique où prévalent l’argent-roi, le multiculturalisme anglo-saxon et des institutions internationales neutres (aussi neutre que la Croix- Rouge dans les camps de déportés !), et une offensive géopolitique des états du Golfe, comme le Qatar avec sa stratégie de conquêtes médiatique, (immobilière, financière) et footballistique »…Par exemple, la puissante FIFA (Fédération Internationale de football Association) a pris une décision spectaculaire, à l’unanimité ! Elle autorise le port du voile pour les joueuses de football. Presque seule dans la presse, Caroline Fourest s’est levée contre cette victoire des pays du Golfe sur l’universalité ».

Patrick Kessel développe les lourdes menaces contre la laïcité :
-L’ONU œuvre contre les droits de l’homme. Par exemple, la conférence de Durban 2, contre le racisme, porte atteinte à l’universalité des droits.
-Le «  printemps arabe », en un an, après avoir renversé des régimes corrompus, menace de sombrer dans l’hiver des dictatures religieuses et de la charia.
-L’offensive évangélique des réseaux missionnaires témoigne d’une volonté hégémonique spatiale, mondiale, dans tous les domaines de la vie, en particulier dans l’éducation. La version biblique de la Création s’installe comme vérité face aux acquis scientifiques et à la théorie de l’évolution.
- Mitt Romney, Mormon pratiquant, candidat du parti républicain à l’élection présidentielle de 2012 pense que Dieu a créé les Etats-Unis pour dominer le monde.
-Le patriarche orthodoxe Kirill parle de Vladimir Poutine comme «d’un miracle divin » et adhère à son parti, le Front populaire.
-Le Vatican continue son activisme pour modifier, à petits pas, très sûrs, la loi de 1905, afin d’obtenir des «  assouplissements »: financements d’écoles privées ou de bâtiments baptisés « culturels », propositions « politiques » de modifications de textes de lois ou oppositions victorieuses. En 2008, à l’ONU, le Saint-Siège s’est opposé à une proposition française de dépénalisation universelle de l’homosexualité. Son conservatisme extrême ne se fonde pas sur la Raison mais sur une idéologie bloquée. L’Eglise catholique tente de s’imposer comme racine culturelle dominante de l’Europe contre les apports de la Grèce, de la religion juive, des Cathares, des Albigeois, de la Renaissance, de la Réforme,  des Musulmans et des Lumières…Mais, les racines du catholicisme sont aussi les bûchers de l’Inquisition ! Elle prétend imposer sa morale tout en fermant les yeux sur les turpitudes de ses milliers de prêtres pédophiles…

laicite,patrick kessel,marine le pen,riposte laique,nicolas sarkozy,françois hollande,loi de 1905- Nicolas Sarkozy,  fut le président le plus anti- laïque de la cinquième République. En voyage au Vatican, il fait publiquement le signe de croix devant ses ouailles, déclare que c’est au prêtre et non à l’instituteur d’enseigner la distinction entre le bien et le mal. Sa trouvaille de « laïcité positive » tente de cacher son œuvre de démantèlement de la laïcité. Ses décisions vont toutes dans le sens d’un affaiblissement de la loi de 1905 : le plan banlieue Sarkozy/ Amara a créé cinquante écoles privées, toutes catholiques …
François Fillon est, lui aussi, étonnement à l’écoute de l’Eglise : il fait voter, par exemple, le loi Carle, qui contraint les communes à financer les établissements scolaires confessionnels au détriment de l’école laïque, sur le seul critère du choix des parents…

Et la gauche ?
C’est Aristide Briand, socialiste modéré, soutenu par Jean Jaurès, après  vingt- cinq années de débats et treize rapports qui  fait voter le loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905. Le bilan politique, quant à  la laïcité,  des gouvernements socialistes du 20ème siècle est défaillant. Les responsables de gauche sont divisés : Pierre Joxe, Alain Poperen, louis Mermaz, André Laignel, Alain Savary Louis Mexandeau, Laurent Fabius, Jean Glavany  et Jean-Luc Mélenchon, « preux chevalier de la laïcité »… résistent aux pressions de l’Eglise, tandis que Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jack Lang… faiblissent. François Mitterrand et Lionel Jospin, Présidents de la République tergiversent et dénaturent la laïcité.
Quant à François Hollande, en 2003, lors de son audition devant la commission Stasi, il a déclaré : « le pacte laïque est indissociable de la République jusqu'à devenir un patrimoine commun. La laïcité est indissociable de l’égalité…c’est l’intégration, l’égalité entre hommes et femmes, le non-financement public des cultes… » 
En 2012, François Hollande, contrairement à Nicolas Sarkozy, se présente en rassembleur, calme, serein. Il marque nettement son attachement à la défense de la loi de 1905 et souligne sa volonté de sanctuariser la laïcité.
La défense de l’humanisme laïc impose de ne pas laisser sans réaction le hold-up de l’extrême droite. Le sursaut s’impose.

Seconde image:bigou93700.canalblog.com
Annie Keszey
www.atelier-idees.org

29 juin 2012

LES CARNETS A SPIRALE DE FRANZ-OLIVIER GIESBERT.

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Franz-Olivier Giesberg, journaliste, nous dit avoir tout noté depuis les années quatre-vingt, sur des cahiers à spirale, qu’il vient de vider dans « Derniers carnets- Scènes de la vie politique en 2012, et avant », édité chez Flammarion.
Le style est « percutant », les analyses sévères et les portraits sans complaisance. Quelques morceaux choisis.
Martine Aubry.
Martine Aubry pète volontiers les plombs. Elle ment comme une arracheuse de dents. Elle affuble tout le monde de noms d’oiseaux. Une cocotte-minute où bout un mélange de fiel et de vinaigre. Et pourtant elle peut inspirer de la sympathie, sans doute parce qu’elle fait penser irrésistiblement  à George Sand, l’une des héroïnes de  ma vie, dont  Gustave Flaubert disait : Il faut la connaître pour savoir tout ce qu’il y a de féminin dans ce grand homme …

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27 décembre 2011

VOEU POLITIQUE 2012: Halte aux fous !

 

L’urgence citoyenne est de se vacciner contre les fous, afin de ne plus les élire.

 

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Pascal de Sutter, professeur de psychologie à l’Université de Louvain-la-Neuve et expert auprès de l’OTAN, publia, en 2007 « Ces fous qui nous gouvernent », aux éditions Les Arènes.Il avait contacté les profileurs de la CIA qui observent les leaders politiques mondiaux. Ces profileurs procèdent par analyse des discours spontanés, des expressions faciales, des gestes et des réponses aux questionnaires adressés à des proches ou à des opposants. Les docteurs Langer et Murray de l’Office of Strategic Services, services secrets américains antérieurs à la CIA, avaient déjà, dans les années 40, dressé un portrait approfondi d’Hitler, psychotique paranoïaque, schizophrène et mégalomane…Le but était d’aider les armées à trouver des stratégies de combat efficaces. Ron Rosenbaum, Michèle Enriquez, Bokor et Wiener ont ensuite affiné le portrait psychique de ce tueur en série. « Cette voix, profonde, chaude et brûlante, devenait sourde et rauque par instants, et en public, s’élevant par degrés, poussait jusqu’à la véhémence, jusqu’à des rugissements et à des accents d’hystérie réelle ou simulée, dans un déluge de paroles sauvages, d’authentiques transes oratoires et une indéniable incontinence verbale, imprécatoire, vocifératrice »... « Le fait de haïr l’autre au point de souhaiter sa mort, par dégoût de soi-même, aurait donc poussé Hitler au pire »… «  Cette maladie de la haine consiste à attribuer systématiquement à l’autre ses propres impulsions et désirs : pour se justifier de vouloir éliminer les juifs, Hitler les accusait de désirer la perte de la race aryenne »…

Sur www.Dailymotion.com/.../xblazn_nicolas-sark...Pascal de Sutter,interrogé par Ursula Gautier présente son livre sur d’autres « fous », plus actuels, à des degrés divers. Ségolène Royalest méticuleuse, ambitieuse, consciencieuse, intègre, rigide et autoritaire. Nicolas Sarkozy est ambitieux dominant, narcissique compensatoire, inventif, hyperactif, méfiant et instable…

La psychologie politique ne peut pas prévoir le choix, émotif et non rationnel des électeurs. La communication non verbale des candidats est cruciale. (Le sourire de Ségolène Royal fut son meilleur atout). Le plus cocasse est que si les fous sont au pouvoir, c’est parce que nous les y avons mis.

Quitter un monde politique sans conscience suppose l’apparition de contre-pouvoirs efficaces afin que nos futurs élus qui ont toutes les chances de devenir complètement fous ne nous entraînent dans leur perte. L’urgence citoyenne est de se vacciner contre les fous en apprenant le plus possible sur la nature de la psychopathie et son influence sur nous. Il nous faut quitter aussi l’indulgence inouïe que nous avons pour les menteurs, par exemple. (Noël Mamère, pour un entretien, arriva après de Karl Zéro, essoufflé, parce que, venu à bicyclette, il avait lutté contre le vent. Or, sa voiture était à cent mètres! Jacques Chirac, gaspilleur champion en « frais de bouche » voulait lutter contre la fracture sociale)…Sur www.psychotherapeute.blogspot.com

Apprenons ! Jean-Charles Bouchoux, psychanalyste, auteur de « Les pervers narcissiques. Qui sont-ils ? Comment fonctionnent-ils ? Comment leur échapper ? », 155 pages, aux éditions Eyrolles veut aider les uns à se reconstruire, les autres à se remettre en question et chacun à prendre soin de soi dans la bienveillance et le respect de l’altérité.

Extraits discontinus. Les personnalités narcissiques ont des comportements « grandioses ». Elles se placent au-dessus des autres, ont besoin d’être admirées comme des êtres exceptionnels. Elles sont rapidement auto- satisfaites, manquent de modestie et le font sentir aux autres. Elles ont peu de scrupules à abuser des autres, surestiment leurs qualités et sous-estiment leurs erreurs ce qui peut entraîner des situations d’échec et des difficultés relationnelles. Elles ne comprennent pas les affects des autres qui ne sont là que pour les servir. Elles ne présentent aucune culpabilité et cherchent à dévaloriser l’autre, à le discréditer, pour tenter de prendre sa place…Le pervers narcissique, égocentrique, exige de l’autre, la perfection. C’est aussi un menteur. Généralement habile avec la parole, il se sert largement du double sens des mots pour manipuler, se positionner en victime pour se faire plaindre ou rendre l’autre volontairement mal à l’aise. Mais, il n’a aucune valeur propre, il utilise les valeurs des autres et la morale pour arriver à ses fins. Il ne supporte pas la critique mais critique sans cesse. Pour se revaloriser, il se nourrit de l’image de sa victime : plus il la dévalorise, plus il se sent fort. Il projette dans l’autre sa culpabilité en le culpabilisant. La perversion narcissique serait un moyen pour le sujet de ne pas délirer, de faire porter à l’autre son chaos et de ne pas entrer en psychose. Le pervers narcissique colle à sa victime, il ne lui permet pas de s’échapper, il l’englue  avant de l’entraîner dans un climat délétère, mais la retient en même temps : utilise-t-il un mot pour véhiculer une information ou bien pour obtenir un effet, pour blesser ou manipuler l’autre ? Pour justifier ses dévalorisations et se donner un air de respectabilité, il va se positionner en victime, c’est-à-dire qu’il va créer les circonstances qu’il reprochera ensuite à sa victime…Quand un pervers entre dans un groupe, il arrive souvent qu’une partie du groupe devienne perverse et que la communauté se coupe en deux : le pervers a su externaliser ses perversions en utilisant et manipulant une partie des gens, les plus fragiles. La force du pervers est de ne rien donner mais de beaucoup promettre. Le pervers est à l’abri de risques psychiques tant qu’il conserve une victime pour se décharger. Cependant la violence est l’un des mécanismes en réponse à ses attaques. Si la victime peut espérer sortir de son enfer, le pervers, lui, restera prisonnier de sa structure. On ne peut aider que dans la distance juste : distance et neutralité d’un tiers sont nécessaires dans la relation d’aide.

Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychothérapeute, dans « Le Harcèlement Moral, la violence perverse au quotidien », 243 pages, aux éditions Pocket, confirme et enrichit l’analyse précédente.

Un individu pervers l’est constamment, car il lui est impossible de se remettre en question. Ces individus ne peuvent exister qu’en « cassant » quelqu’un : il leur faut rabaisser les autres pour acquérir une bonne image de soi, et par là même acquérir le pouvoir, car ils sont avides d’admiration et d’approbation. Même si l’on considère, très justement, la perversion comme un aménagement défensif (contre la psychose ou la dépression), cela n’excuse pas le pervers pour autant. Pour lui, la présence de l’autre est vécue comme une menace, pas comme une complémentarité .Si le partenaire du pervers est trop docile, le jeu n’est pas excitant. Il faut qu’il y ait suffisamment de résistance pour que le pervers ait envie de poursuivre la relation, mais pas trop pour qu’il ne se sente pas menacé. Au moment où la victime donne l’impression de lui échapper l’agresseur éprouve un sentiment de fureur et se déchaîne. Les marques d’hostilité sont là d’une façon constante, permanente, à petites touches, tous les jours et plusieurs fois par semaine, pendant des mois, voire des années. L’agression est distillée lorsqu’il y a des témoins. Si la victime réagit et tombe dans le piège de la provocation en haussant le ton, c’est elle qui paraît agressive et l’agresseur se pose en victime. Comme le pervers donne peu et demande beaucoup un chantage est implicite : si je me montre plus docile, pense la victime, il pourra enfin m’apprécier ou m’aimer. Cette quête est sans fin car l’autre ne peut être comblé. Bien au contraire, cette quête d’amour et de reconnaissance déclenche la haine et le sadisme du pervers-narcissique. Si la victime réagit, elle est génératrice du conflit, si elle ne réagit pas, elle laisse se répandre la destruction mortifère. Ne pas emmener les autres dans le registre de la violence est un échec pour un pervers, c’est donc le seul moyen d’enrayer la propagationdu processus pervers. Les mots, pour lui, n’ont aucune importance, seule importe la menace. La version des faits, par la victime, n’intéresse pas le pervers qui refuse de l’écouter. Il s’agit de retirer à quelqu’un toute qualité, de lui dire et lui répéter qu’il (ou qu’elle) ne vaut rien, jusqu’à l’amener à le penser. Un paradoxe consiste également à faire ressentir à la victime de la tension et de l’hostilité sans que rien ne soit exprimé à son égard. Ce sont des agressions indirectes ou le pervers s’en prend à des objets : il peut jeter des objets et nier ensuite l’agression. Le discours du pervers est un discours totalisant qui énonce des propositions qui paraissent universellement vraies. Lorsqu’un pervers a désigné une proie, il ne la lâche plus: le seul but est de l’empêcher de vivre. Et il s’arrange pour que cela devienne vrai, sans aucune culpabilité: il ne le fait pas exprès, il ne sait pas faire autrement pour exister. Le moteur du noyau pervers c’est l’envie, le but, c’est l’appropriation. Pour le pervers-narcissique, tout commence et s’explique par le Narcisse vide, construction en reflet, à la place de lui-même et rien à l’intérieur, de la même manière qu’un robot est construit pour imiter la vie, sans la vie. De nombreux politiques pervers ne s’embarrassent pas de MORALE pour liquider un rival. Ils se posent en sauveurs pour obtenir le pouvoir et s’y maintiendront par des grandes et petites corruptions

.Image : www.bioutiful-photos-net 

www.atelier-idees.org Annie Keszey.


13 octobre 2011

Une analyse persuasive de l'actualité politique

Entre les deux tours des Primaires de la gauche.

Philippe Bilger est avocat général à la cour d’appel de Paris. Sur son blog « Justice au singulier », il commente, en général, pour ses lecteurs, des affaires judiciaires.

Actuellement cependant, entre les deux tours des Primaires de la gauche, nouvelle pratique démocratique, il publie une analyse politique « Charles de Gaulle à toutes les sauces », dont un extrait suit.

« Charles de Gaulle, mythifié sans mesure, ne saurait cependant constituer un argument décisif pour toutes les causes. Il est incongru, presque choquant, de le voir mis en avant dans le cadre d'une polémique conjoncturelle, alors que pour l'essentiel, notamment la pratique de l'Etat, l'éthique personnelle et la morale publique, le comportement privé et l'attitude présidentielle, ces quatre dernières années ont été sans doute les plus éloignées qui soient du gaullisme dans ce qu'il avait de respectable pour tous. Il est trop facile de faire surgir le Général à mauvais escient pour oublier sa mémoire quand tant d'épisodes,  d'épreuves et de scandales auraient justifié qu'on y songeât à bon escient ! »

Philippe Bilger articule les paroles et les actes des principaux acteurs politiques du moment : Nicolas Sarkozy, François Fillon, de droite, Arnaud Montebourg, François Hollande, Martine Aubry, Eva Joly, de gauche, Hervé Morin et Rama Yade, des centres. Le site www.philippebilgert.com publie ce texte raisonnable et convaincant terminé par… « la droite est gauche » !

www.atelier-idees.org

Annie Keszey