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31 juillet 2016

La France sociale-démocrate.

...Les combats internes à la gauche, si inexpiables qu’ils paraissent, sont des combats internes à la social-démocratie. L’opportunisme de François Hollande est résolument un opportunisme social-démocrate, et la radicalité de Jean-Luc Mélenchon est une réalité sociale-démocrate...

Qu’est-ce enfin que la gauche dans sa totalité ? Le parti des acquis sociaux, le parti de l’intégralité sociale-démocrate...

Dans les pays anglo-saxons et scandinaves, là-bas, la social- démocratie c’est trois choses : l’articulation organique partis-syndicats, la négociation sociale à tous les niveaux, la culture du compromis. Aucun de ces ingrédients ne figure comme tel dans le melting-pot social-démocrate des Français. En France, la social- démocratie, c’est la protection sociale maximale sous l’égide de l’Etat...

En France, pour être agréée, une réforme ne doit pas paraître avoir été octroyée, ni même négociée, mais « arrachée ». Le réformisme pour y réussir, ne peut s’y répartir d’un certain puritanisme de classe, voire d’une certaine esthétique de la violence, héritée de 1789...

Car la politique française, c’est le plus souvent 90 % d’imaginaire pur, avec de temps en temps 10 % d’intrusion du réel...

Si elle veut être autre chose que le parti du capital et de la tradition, la droite classique devra bien reconnaître que tous ses projets libéraux seront confrontés à cette résistance sociale-démocrate.

On peut à loisir déplorer que l’idéal social-démocrate, à base protectionniste et sécuritaire, l’ait emporté en France sur l’idéal républicain, qui impliquait le dépassement de l’individualisme par un projet de mobilisation autour d’objectifs nationaux communs...

Si aujourd’hui, en France, la République ne mobilise plus guère, c’est faute d’un destin collectif. La France n’existe plus comme objet politique. Il n’y a plus que les Français.

La nation aura-t-elle la ressource de faire surgir de ses profondeurs, l’Idée, l’Homme, le Mouvement capables de transformer son attachement légitime à la protection sociale en un élan collectif ? Renouer avec un destin, de cela aussi les Français, d’un bout à l’autre de notre horizon politique, ressentent l’obscur besoin...

Extraits du Carnet de Jacques Julliard. Le Figaro du 6/06/2016.

15 juin 2011

L'élite

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Il existe en France une élite de l’élite, une superélite coiffant les élites particulières, qui fait régner une connivence de tous les instants entre la banque, les affaires, l’administration, la politique, le barreau, les arts et les lettres, parfois le journalisme, l’édition, l’université. Tous ces gens-là échangent des points de vue et des informations, des adresses et des services, des fonctions, des femmes- ou des hommes- des appartements l’hiver, et, l’été, des villas au bord de la mer. Beaucoup de dirigeants politiques en font partie. Faut-il en parler ? Je pense que oui, tant dans ce domaine la France vit dans l’hypocrisie et le mensonge ; tant la double vie de nos responsables explique leur duplicité politique…

Extrait de l’éditorial de Jacques Julliard. Marianne mai 2011

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01 septembre 2010

La République exemplaire sous Nicolas Sarkozy

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Juin- Juillet 2010. Les événements, sur ce même sujet, d'Août et de Septembre 2010, seront publiés ultérieurement.

Les faits contredisent le discours politique vertueux. La rigueur pour le Peuple ne peut s’accommoder de faveurs pour les nantis.

1. RAPPELS DE FAITS, CONTRE L’OUBLI

Christine BOUTIN, ministre de la santé, éconduite, a reçu, en compensation, une rémunération de 9500 € nets par mois pour « une mission ». Sous la pression médiatique, elle a renoncé à cette rémunération. Elle garde sa voiture avec chauffeur, ses bureaux et son secrétariat particulier. Cette rémunération s’ajoutait à son indemnité de conseillère régionale de 2605 € bruts et à sa retraite de députée voisine de 6000 €.

Rama YADE, secrétaire d’Etat aux sports, a dénoncé le prix élevé des chambres de l’hôtel de luxe de l’équipe de France de football, en Afrique du Sud. Mais la chambre d’hôtel qui lui fut réservée avait un prix supérieur!

Christian BLANC, secrétaire d’Etat au Grand Paris, a dépensé 12000 €, en 10 mois, sur fonds publics, pour ses cigares « havanes ». Il s’est engagé à  rembourser 3500 €, puis 1000 € de plus et a recherché un bouc émissaire dans son environnement proche !

Alain JOYANDET, secrétaire d’Etat à la coopération, a obtenu un permis de  construire « amical » pour agrandir sa villa provençale, permis d’agrandir auquel il vient de renoncer. Le 22 mars 2010, il avait affrété un jet privé pour une visite éclair aux Antilles. Le coût du déplacement avait été de 116 500 €.

Fadela AMARA, secrétaire d’Etat à la ville et Christian ESTROSI, ministre de l’industrie, ont prêté leur logement de fonction, qu’ils n’habitent pas, à leur famille. Fadela a, de plus, prêté le cuisinier attribué par l’Etat!

Eric WOERTH, ministre du travail, au cœur de la négociation sur les retraites, ancien ministre du budget, trésorier de l’UMP, est pris dans la tourmente. Son épouse a géré certains actifs de Liliane BETTENCOURT, héritière de la fortune l’Oréal, soupçonnée d’évasion fiscale. Madame WOERTH vient d’annoncer sa démission de son poste. François-Marie BANIER, photographe soupçonné d’avoir profité financièrement de la vulnérabilité de Liliane BETTENCOURT a été décoré de la légion d’honneur. Le ministre du budget, François BAROIN s’engage à ce que l’administration fiscale examine la totalité des actifs de Liliane BETTENCOURT …

Six ministres, Roselyne BACHELOT (à la santé), Michèle ALLIOT-MARIE (à la justice), Patrick DEVEDJIAN (à la relance), Michel MERCIER (à l’espace rural), Henri de RAINCOURT (aux relations avec le parlement) et le secrétaire d’Etat Jean Marie BOCKEL ont renoncé à percevoir leur retraite de parlementaire cumulée à leurs rémunérations de membres du gouvernement : Cumul légal cependant! Hubert FALCO et Alain MARLEIX, par exemple, s’étaient dispensés de faire valoir leurs droits à la retraite parlementaire.

Gérard COURTOIS, dans « Le Monde » du 22/06/2010 montre que l’on assiste à un concours de petits arrangements, de prébendes et de cynisme et cite MONTESQUIEU, toujours d’actualité : « Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La République est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous ».

Le Premier Ministre, François FILLON, tance, au coup par coup et à posteriori, ceux qui se servent plutôt qu’ils ne servent, mais avec une efficacité réduite car l’exemple parfait de l’indécence financière vient du sommet !

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